Clotilde, Chrodichild ou ChrodechildeÉcrite aussi Chrodichild, Chrodechilde, Chrodechildis, en latin Chrodigildis ; les formes médiévales du nom (Chlothilde, Clothilde, Clotilde), sont dérivées de ces noms originels., née vers 474 ou 475selon le Larousse 2011 et également selon Christian Bouyer (Dictionnaire des Reines de France, 1992). peut-être à Vienne, Montmirey-Le-Chateau, Lyon ou Genève, morte autour de 545La date traditionnelle de 545 n'est pas certaine ; Stéphane Lebecq, Les Origines franques, page 45, indique 544 (son long veuvage de 511 à 544 ; M. Heinzelmann, "Gallische Prosopographie 260-527", dans Francia, 1982, page 584, indique 548, de façon apparemment mieux étayée. à Tours, est une princesse burgonde, devenue reine des Francs en épousant Clovis vers 492/493 ou 502. Cette sainte est vénérée en Occident comme en Orient.

La majorité des informations sur sa vie provient de Grégoire de Tours, qui écrit des passages hagiographiques à son propos.

Elle est canonisée vers 560 par le pape .. L'Église orthodoxe et l'ancien Martyrologe romain la fêtent le (Dies natalis), et l'Église catholique le St Clotilda, Catholic Encyclopedia.Sainte Clotilde sur nominis.cef.fr..

Biographie Origine familiale Clotilde est une princesse burgonde qui est la fille du roi burgonde , lui-même fils du roi Gondioc et frère de Gondebaud, Godegisile et Gondemar, et de Carétène (ou Agrippine)... avec qui il se partage le royaume des Burgondes. Sa mère est inconnue, et si certaines sources la lient à Carétène, il semble que celle-ci est l'épouse de Gondebaud, son oncle.

L'enfance et la jeunesse de Clotilde se déroulent à la cour burgonde sous les règnes de Gondioc, mort dans les années 470, puis de , mort vers 480, puis sous le règne conjoint des quatre fils de Gondioc. Deux d'entre eux, Gondemar et , père de Clotilde, disparaissent durant les années 480, laissant la place à Gondebaud et Godegisile, seuls rois des Burgondes dans les années 490. Cette disparition de deux des frères est l'objet d'un certain nombre d'interrogations.

Mort de Chilpéric et mariage Dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours donne une version tragique de la disparition de . Selon lui, le père et la mère de Clotilde seraient exécutés par Gondebaud, son oncle, mais il ne précise pas pour quelles raisons, ni dans quelles circonstances. Le récit, très court, du massacre est ensuite repris par le Liber historiæ Francorum, chronique du , qui en augmente la portée tragique en introduisant deux fils de Chilpéric, décapités par l'oncle régicideSur cette affaire, voir notamment ..

Cependant, les chercheurs remettent en question désormais cet assassinat renseigné dans l'ouvrage de Grégoire de Tours en y voyant une condamnation par l'évêque nicéen de l'arianisme de Gondebaud, qui aurait pu le pousser à accentuer les traits négatifs du récit, ou à plus vraisemblablement l'inventer complètement..... Il est probable que Gondebaud soit lui-même nicéen, bien que Grégoire de Tours semble l'ignorer.

Selon Grégoire de Tours, Clotilde et sa sœur Croma échappent au massacre. Chez Frédégaire, sa sœur se nomme Sedeleuba et non Croma.. Croma est condamnée à l'exil selon Grégoire et le Liber historiæ Francorum, qui disent que Croma , ce qui est interprété comme le choix de la vie monastique par Frédégaire. Pour Grégoire, Clotilde est aussi exilée, alors que chez Frédégaire, elle est laissée dans un statut indéterminé et dans le Liber historiæ Francorum, elle demeure à la cour de Gondebaud.

Chez Grégoire, Clovis entend parler de Clotilde, la fait venir par ambassadeur et l'épouse dès qu'il la voit. Dans le Liber historiæ Francorum et pour Frédégaire, Clotilde se trouve à la cour de Gondebaud où des ambassadeurs francs la remarquent et la signalent à Clovis, qui envoie son conseiller Aurélien pour la demander en mariage, avec des récits différents dans les deux ouvrages quant aux actions d'Aurélien, de Clotilde et de Gondebaud.

Quoi qu'il en soit de la véracité de ces épisodes et de ces récits contradictoires, Clotilde reçoit vraisemblablement de sa jeunesse une éducation soignée et chrétienne, peut-être transmise par la reine chrétienne Carétène, que l'on pense épouse de Gondebaud..

Les noces de Clotilde et de Clovis ont lieu sans doute à Soissons à une date incertaine (les historiens les ont datées vers 492-493 au mais penchent plutôt vers 502, soit au Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie académique Perrin, 1992 .., la princesse devenant sa seconde épouse. La rencontre a eu lieu à Villery (Villariacum) à quinze kilomètres au sud de Troyes, sur la voie romaine.. Il s'agit très probablement d'un mariage politique, pour rapprocher le royaume des Francs et le royaume des Burgondes, s'il s'agit de 492-493, la volonté était peut-être de signer une alliance, s'il s'agit de 502, cela pourrait faire suite aux traités de paix signés après la guerre de 500 opposant les Francs et les Burgondes, puisqu'il est habituel entre les royaumes germaniques de signer des actes de paix, par des mariages royaux.. Cela pourrait, de surcroît, expliquer le récit de Grégoire de Tours, qui mentionne l'envoi d'ambassadeurs à la cour burgonde, qui auraient été envoyés principalement pour signer la paix avant de revenir avec un mariage royal, pour sceller la paix.

Reine des Francs thumb|left|165px|Vitrail de l'atelier Charles Champigneulle (1895) représentant sainte Clotilde, église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe. vignette|170px|Le baptême de Clovis par saint Remy avec le miracle de la Sainte Ampoule. Plaque de reliure en ivoire, Reims, dernier quart du . Musée de Picardie à Amiens.Selon Grégoire de Tours, elle a exercé une influence pour l'amener au baptême. Avant cet événement, dont la date n'est pas connue avec une absolue certitudeStéphane Lebecq, page 51, le situe en 498 (sous réserves) ; Régine Le Jan, page 14, en 508., elle prend même l'initiative de faire baptiser ses deux premiers fils sans prendre l'avis de son époux. Le premier, appelé Ingomer, meurt immédiatement après le baptême.. Grégoire de Tours rapporte que le roi en éprouve de l'amertume et en fait le reproche à la reine.. La même chose faillit arriver après la naissance de Clodomir (vers 495), mais ce dernier se rétablit. Le couple a d'autres enfants, d'abord deux fils, Childebert (vers 497) et Clotaire (vers 498), puis une fille, Clotilde, qui sont tous baptisés et parviennent à l'âge adulte.

Grégoire de Tours raconte que, au cours de la bataille de Tolbiac (496), Clovis invoqua le "Dieu de Clotilde" (Jésus) en lui promettant que, s'il était vainqueur, il se convertirait.

Le baptême du roi Clovis accompagné de 3000 guerriers et de ses deux sœurs Alboflède et Lanthechilde. fut célébré lors d'un Noël, vraisemblablement entre 496 et 499Didier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses, , Pygmalion, Paris 2006.Claude Gauvard, Joël Cornette et Emmanuel Fureix, Souverains et rois de France, , Éditions du Chêne, Paris 2005 : « On ignore à quelle date se situe le baptême de Clovis, en 496 ou en 499, mais on sait que la cérémonie a lieu à Noël, par immersion dans le baptistère de Reims dont on a retrouvé les traces archéologiques dans l'allée centrale de la cathédrale gothique, et que l'évêque Remi en a été l'instigateur et le célébrant. » par l'évêque Remi, à Reims.

Clovis et Clotilde résident le plus souvent à Clichy, Épineuil, Chelles, Rueil ou Bonneuil. Après sa victoire de Vouillé sur les Wisigoths en 507, le roi fait de Paris sa capitale.

Avant que Clovis ne meure en 511, le couple souverain avait fait bâtir la basilique des Saint-Apôtres sur la rive gauche de la Seine, où le roi fut inhumé.Didier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses, ..

Le veuvage à Tours Selon Grégoire de Tours, la reine restait encore à Paris, en continuant probablement à influencer ses trois fils, Clodomir, Childebert et Clotaire, mais notamment afin de soutenir Clodomir et sa famille. .

Puis, vraisemblablement à la suite de la mort de Clodomir en 524, Clotilde se retira à Saint-Martin de Tours.

Selon Grégoire de Tours, l’expédition franque contre le royaume burgonde des fils de Gondebaud, s’explique par son influence, avec l’idée de venger ses parents assassinés (assassinat que seul Grégoire de Tours mentionne). Son fils Clodomir fut tué pendant cette guerre, à la bataille de Vézeronce.

Elle tenta de protéger les trois fils de Clodomir, mais ne put sauver que Clodoald, le futur saint Cloud, qui était près d’elle, tandis que les deux autres étaient massacrés par leurs oncles.

vignette|gauche|<center>Sainte Clotilde, 1888-1889,Joaquin Sorolla,musée du Prado, MadridMusée du Prado..

Pour secourir sa fille envoyée en Espagne dès 511 (et également prénommée Clotilde), elle poussa Childebert à attaquer l'époux de celle-ci, le roi wisigoth Amalaric qui la maltraitait. À Tours, elle imposa des évêques burgondes réfugiés auprès d'elle.

Veuve très pieuse, Clotilde est la première reine chrétienne qui ait fondé plusieurs établissements religieux. Si, faute de documents sûrs, certains restent légendaires tel l'ancien couvent royal aux Andelys.., de nos jours, deux édifices sont certainement attribués à cette reine. D'une part, il s'agit de la basilique Saint-Germain d'Auxerre. Des recherches archéologiques indiquent que l'aménagement de celle-ci remonte à l'époque de Clotilde. Comme elle était une princesse de Bourgogne, ce soutien peut être effectivement expliqué.Auparavant, avant ces recherches archéologiques, cette attribution était contestée, faute de documents certains. Par exemple, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1976_num_62_168_1574 .. D'autre part, dans la villa royale située à Chelles près de Paris, elle fonda un oratoire dédié à saint Georges. Les sources furent soigneusement établies en 1971 par un historien allemandhttp://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1975_num_119_3_13148 .. En raison de cette légitimité, sous le règne des premiers Carolingiens, cet établissement devint l'abbaye royale de femmes la plus distinguée à l'époque, en y accueillant la sœur de Charlemagne, GisèleGodefroid Kurth, Clovis, , Tallandier, 2000.. De plus, saint Grégoire de Tours attribuait, d'après des manuscrits, l'origine de l'abbaye royale Saint-Martin de Tours à Clotilde, à la fin de l'Histoire des Francs Selon la traduction de François Guizot. Celle de Joseph Guadet ne mentionnait que son séjour. Donc, cela dépendrait des manuscrits..

D'ailleurs, il est possible que ses dernières années à Tours aient contribué à la naissance de cette précieuse chronologie de Grégoire, écrite pendant l'époque de la décadence des petits-fils de Clovis. Car, pour les habitants de Tours, il s'agissait d'une reine pieuse et d'un témoin de la conversion de Clovis et du peuple barbare à la foi chrétienne, et non d'un personnage légendairehttp://expositions.bnf.fr/carolingiens/antho/02.htm site officiel de la BNF, Trésors carolingiens..

Décès

thumb|207x207px|Tombeau de et sainte Clotilde. thumb|Statue de Clotilde dans la série Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg à Paris.|201x201px thumb|150px|Tour Clovis dans l'actuel , à Paris. Elle termina ses jours dans la piété, auprès du tombeau de saint Martin, à Tours où elle mourut vers 545. Elle fut inhumée par ses fils Childebert et Clotaire à Paris, aux côtés de son époux Clovis, dans le sacrarium de la basilique des Saints-Apôtres, future abbaye de Sainte-Geneviève, qu'elle avait contribué à fonder en hommage à son amie également future sainte (à deux pas des deux rues qui portent leurs noms, Clotilde infra & Clovis, dans le quartier du Panthéon au sommet de la montagne Sainte-Geneviève).. Des reliques de la sainte sont présentes dans l'église de Vivières (Aisne) ; chaque année un pèlerinage est organisé le troisième dimanche de juin depuis 1947.

Postérité

Nom