Ailurus, les Ailures, mais plus communément désignés sous le nom de Panda ou plus précisément sous ceux de Petit panda ou Panda roux, sont un genre de mammifères de l'ordre des carnivores de la famille des Ailuridés, dont ils sont les uniques représentants actuels.

Originaires d'Asie, ils se rencontrent dans une zone montagneuse s'étendant de l'Himalaya jusqu'au Sud-Ouest de la Chine, où ils privilégient les forêts tempérées riches en bambou.

D'une taille comparable à celle d'un chat, les petits pandas possèdent une fourrure épaisse brun roux, une longue queue touffue cerclée d'anneaux et des pattes antérieures plus courtes leur conférant une démarche dandinante. Exclusivement arboricoles, ils sont dotés d'un « faux pouce » facilitant la manipulation de la nourriture. Bien qu’ils appartiennent à l'ordre des carnivores, les pandas ont un régime alimentaire largement herbivore, concentré en grande partie sur la consommation de bambou. Solitaires et discrets, ils sont principalement actifs au crépuscule et à l’aube.

Bien qu’ils partagent cette forte consommation de bambou avec le Panda géant (Ailuropoda melanoleuca), au point de mettre complètement en déroute les anatomistes du et du , la taxonomie contemporaine, basée sur les études génétiques et moléculaires, a conclu l’absence de liens de parenté étroits entre les ailures et les Ursidés, reclassant alors les petits pandas dans leur propre famille, ainsi que dans la super-famille des mustéloïdes, qu’ils partagent avec les Procyonidés, les Méphitidés et les Mustélidés.

Longtemps considérés comme une unique espèce : le « Panda roux », déclinée en deux sous-espèces, géographiques, les ailures ont vu leur taxonomie renouvelée par des analyses génétiques récentes. Celles-ci distinguent désormais deux espèces distinctes ayant divergé il y a environ : le Panda fuligineux (Ailurus fulgens), présent dans l'Himalaya et dans une partie du sous-continent indien, ainsi que le Panda de Styan (Ailurus styani), établi en Chine et dans le Nord de la Birmanie.

Aujourd'hui, ces deux populations sont confrontées à un risque élevé d'extinction et figurent parmi les espèces en danger sur la liste rouge de l'UICN. Leur déclin démographique continuel est principalement imputable à la destruction et à la fragmentation de leurs habitats par la déforestation, ainsi qu'au braconnage. Ils font l'objet de programmes de conservation internationaux, tant locaux qu'à travers un élevage conservatoire mondial en milieu zoologique.

Dénominations et étymologies

Nom scientifique valide : Ailurus Cuvier, 1825 selon ; Nom normalisé anglais : Red pandaMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad., Lesser panda, small pandaNom en anglais d'après Nordiq ., Panda, Cat-bear, Firefox ; Noms vulgaires typiques en français : Petit panda, Panda rouxNom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN. ; Autres noms vulgaires : Panda fuligineux, Panda éclatantMeyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. . Montpellier, France, Cirad. []., Panda rougeNom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen. ., Panda doréPanda sur Le Trésor de la Langue Française Informatisé (TLFI)., Panda mineur, Ailure éclatant ; Noms vernaculaires : Ailure, PandaA pour espèce nominale Ailurus fulgens puisqu’il s’agit de l’espèce-type du genre., Renard de feuA pour espèce nominale Ailurus styani de par l’origine géo-linguistique du nom.. Étymologies Le nom scientifique Ailurus a été choisi par Frédéric Cuvier en raison de sa ressemblance avec le chat. Il est dérivé du mot de grec ancien (ailouros), qui signifie « chat »Perseus Digital Library. Greek Dictionary αἴλουρος Headword Search Result. (composé de racines signifiant littéralement « balance-queue »). Le nom fut également écrit sous les graphies Aelurus et Ælurus. Le genre se décline également sous le synonyme Arctaelurus, formé à partir du grec ancien (arktos), signifiant « ours », et de (ailouros), « chat », dont l'espèce type est Ailurus fulgens . Certaines bases de données comme , affirment que le protonyme initial d’Ailurus écrit par Cuvier, était Aelurus, mais ce n’est pas ce que l’on retrouve dans la description originale de juin 1825.

Le nom de genre peut se franciser en « Ailure », mais il est le plus souvent vulgarisé par le nom de « Panda ». Dès 1827, René-Primevère Lesson établit formellement le nom Panda pour le genre Ailurus et Panda éclatant pour l’espèce type Ailurus fulgens. Noms locaux

+Noms locaux et autochtones pour Ailurus fulgensGroupe ou zone linguistiqueNom(s) autochtone(s)Anglais (pour l'Inde)Red panda, Lesser panda.Bhutia (tibétain)བཀྲག་དོན།, འོག་སྒྲོན། (Wakdonda, Woker, Oakdnka, U′któnka)Birmanကျောင်ဝွန် (Kyaung-wun)Chine , Dzongkhaཨ་ཅུ་གདོང་དཀར་ (Achhu Dongkar)JinghpoRuLepchaᰛᰩᰵᤀᰤᰩᤵ (Sa Nums, Sankam, Thóng-wah, Thó-kyé)Limbuᤀᤠᤳᤑᤠ (Walsar, Jho, Kye, Wáh, Oá, Yé, Nigála pónya)Népal central (Népalais)होब्रे (Hobrey)Shotia (tibétain / dialecte)ཝ་ཧེ (Wahe)Sikkimའོག་སྒྲོན (Workar)

Taxonomie Découvertes et premières descriptions alt=Aquarelle d'un panda roux sur une branche avec trois représentations séparées des pattes en haut|vignette|Aquarelle du Wha commandée par Thomas Hardwicke ..|gauche La présentation en 1821 par le major-général Thomas Hardwicke d'un article intitulé à la Linnean Society of London est souvent considérée comme le moment où le Panda est devenu une espèce authentique dans la science occidentale. Hardwicke a proposé le nom et expliqué : . Cependant, le document d'Hardwicke n'a pas été publié avant 1827, alors que Frédéric Cuvier avait déjà publié sa description et une figure. Le nom taxonomique proposé à l'origine par Hardwicke a été retiré de la publication de son article en 1827 avec sa permission, et le nom est maintenant attribué à Cuvier...

En 1847, Hodgson a décrit un panda roux sous le nom d'Ailurus ochraceus. Pocock a conclu qu'il représente le même type quAilurus fulgens car la description des deux est très proche. Il a subordonné les deux types au panda fuligineux (Ailurus fulgens).

Phylogénétique

En juin 1825, dans lHistoire naturelle des mammifères avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivans, Frédéric Cuvier publia alors la description du spécimen qu'il a reçu du beau-fils de son frère, Alfred Duvaucel, qui l'avait envoyé , où il perdit la vie, emporté par la fièvre jaune. Le Panda est un animal singulier, que Cuvier a cherché à comparer à plusieurs groupes de carnivores plantigrades connus avant de déterminer sa position systématique. S'il rapproche étroitement sa dentition de celle des Ratons (Procyon) et observe des similitudes avec les Ours (Ursus), les Ictides (Arctictis) ou encore les Genettes (Genetta), il constate d'importantes divergences anatomiques, notamment dans le nombre de prémolaires, la structure des tubercules dentaires et la présence de poils sous la plante des pieds. Considérant que cette espèce forme un type générique entièrement nouveau servant de lien entre la famille des Civettes (Viverra) et celle des Ours (Ursus), Cuvier décide de créer pour elle le genre Ailurus, nom inspiré par la ressemblance extérieure de sa tête et de ses proportions avec celles d'un chat domestique.

À l’instar d’autres petits carnivores, au corps allongé mais à la démarche plantigrade, comme les Ratons, les Coatis ou encore le Binturong, le Panda était considéré à cette époque comme un membre du groupe des « Subursins » (Subursina, ou « petit ours »). Ce groupe passera des Viverridés, aux Ursidés , jusque dans la famille des Procyonidés à la fin du .

Cependant, la conformation particulière de leur crâne et de leurs pattes, adaptées à la consommation de bambou, fera qu’au cours du , le genre se retrouvera au sein de la sous-famille des Ailuropodinés (Ailuropodinae) qu’il devra partager avec l’Ailuropode (Ailuropoda), c’est-à-dire l’ours noir et blanc des bambous, ou Panda géant (Ailuropoda melanoleuca), découvert par le moine franciscain lors d’un voyage en Chine en 1869, qui sera progressivement désigné sous le nom de « Grand panda » à la suite de ce reclassement. Placés au sein de la famille des Procyonidés, ces deux genres seront considérés comme les seuls membres de ce groupe vivant hors du continent américain et pouvant figurer dans la Checklist of the paleoartic and Indian mammals, parue en 1951. Dans la première édition du Mammal Species of the World publiée en 1982, le genre est toujours dans la famille des Procyonidés, mais est reclassé dans la famille des Ursidés dans la seconde édition de 1993. Cette incertitude dans la classification vient de la difficulté à déterminer si certaines caractéristiques des Ailures sont phylogénétiquement conservatrices ou si elles sont dérivées et convergentes avec des espèces aux habitudes écologiques similaires.

Finalement, des preuves basées sur les fossiles, la sérologie, la caryologie, le comportement, l'anatomie et la reproduction reflètent des affinités plus étroites avec les Procyonidés qu'avec les Ursidés. Cependant, des spécialisations écologiques et de fourrageage, ainsi qu'une distribution géographique distincte par rapport aux Procyonidés modernes soutiennent la classification dans la famille distincte des Ailuridés. Par la suite, des recherches génétiques (ADN) par phylogénétique moléculaire récentes ont montré que cette famille était en fait très éloignée des Ursidés et faisait partie de la grande super-famille des Mustéloïdes (Musteloidea) qui comprend également différentes familles de petits carnivores : les Mustélidés, à savoir les belettes (Mustelinae), les loutres (Lutrinae) et les blaireaux (Melinae) ; les Méphitidés (Mephitidae) comprenant les moufettes (Mephitinae) et les télagons (Mydainae) ; et enfin les Procyonidés, comprenant notamment les ratons, les coatis ou le Kinkajou (Potos)....

Phylogénie Le cladogramme est fondé sur la phylogénie moléculaire de six gènes par Flynn et al. (2005), avec les mustéloïdes mis à jour selon l'analyse multigénique de Law et al. (2018) :

Évolution Les ailures sont considérés comme des fossiles vivants de par leurs caractéristiques basales par rapport aux autres Mustéloïdes : des fossiles d'Ailuridés éteints comme ceux de Parailurus anglicus ont été déterrés dans toute l’Eurasie, de la Chine à l'Est jusqu'à la Grande-Bretagne à l'Ouest.. En 1977, une dent de Parailurus a été découverte dans la formation pliocène de Ringold, au Washington. Ce premier signalement nord-américain est presque identique aux spécimens européens et révèle l'immigration de cette espèce en provenance d'Asie.. En 2004, la dent d'une espèce d'Ailuridés jamais vue auparavant en Amérique du Nord a été découverte sur le , dans le Tennessee. La dent date d'il y a 4,5 à d'années. Cette espèce, décrite sous le nom Pristinailurus bristoli, indique qu'une deuxième lignée ailurine plus primitive habitait l'Amérique du Nord pendant le Miocène. L'analyse cladistique suggère que Parailurus et Ailurus sont des taxons frères.. D'autres fossiles de Pristinailurus bristoli ont depuis été découverts sur le site de fossiles de Gray en 2010. et en 2012 Barber, Rex (). Second red panda skeleton uncovered at Gray Fossil Site. Johnson City Press. Consulté le ..

La découverte en Espagne des restes de Simocyon batalleri, un parent du panda roux vivant au Miocène, soutient l'hypothèse d'une relation de groupes frères entre Ailuridés et Ursidés. Cette découverte suggère que le du panda roux est une adaptation à la locomotion arboricole, indépendante de l'adaptation du panda géant pour manipuler le bambou. Il s'agit en zoologie de l'un des cas les plus remarquables de convergence évolutive chez les vertébrés..

Spéciation