Plougrescant est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.
Géographie Situation
Commune la plus septentrionale de la Bretagne (voir la liste de points extrêmes de la France). Commune côtière, elle a pour voisines Penvénan et Plouguiel au Sud. De cette commune dépend aussi l'ile d'Er. Plougrescant est une presqu'île.
Plougrescant est bordé par la Manche et, côté est, par la Rivière de Tréguier (estuaire du Jaudy). La commune est située dans le nord-ouest du département des Côtes-d'Armor.
Relief
Anatole Le Braz a décrit le littoral de Plougrescant : « C'est un des plus beaux paysages que je connaisse. De toutes parts surgissaient autour de nous de gigantesques profils de pierre, des figures énigmatiques et colossales. Le rocher du Château, avec sa toison de lichens, gardait l'entrée du port dans l'attitude d'un sphinx de bronze vert et, vis-ä-vis, l'île Saint-Gildas dormait, paresseusement étendue à l'ombre de son bois de pins (..). Plus loin, vers le septentrion, s'égrenaient, comme les têtes débandées d'un troupeau à la nage, les innombrables récifs épars le long du littoral de Plougrescant »..
La dolérite de la Pointe de Castel Meur est présente sous forme d'inclusions dans le granite. Cette roche dure de couleur vert sombre a été extraite dans des carrières visibles sur l'estran à marée basse, pour servir de pierres de construction.. Ces filons témoignent de l'ancienne activité volcanique dans la région : ce sont les restes de conduits d'alimentation du magma basaltique, refroidis en profondeur et datant de 615 millions d'années environ..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée principalement par le Lizildry, qui lui sert de limite sud-est avec Plouguiel et qui se jette dans la Rivière de Tréguier (estuaire de la Baie d'Enfer)..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlougrescantLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Plougrescant est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (78,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (86,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (53,7 %), terres arables (21,4 %), zones urbanisées (9,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,7 %), forêts (4,6 %), prairies (3,7 %), zones humides côtières (2,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Plebs Crescentis aux et , Ploegresquant en 1228, Ploegresquen et Ploegresquent en 1330, Plocresquen vers 1330, Ploecresquant à la fin du , Ploegresquant en 1420, Ploegresguen en 1455, Ploegresquent en 1539, Ploegrescant en 1554, Plouegrescant en 1596, Plougrescant en 1731..
Plougouskan en breton moderneBernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. ArMen-Chasse-Marée. 1992..
Plougrescant est composé de deux mots celtiques : plou et grescan ou crescan, qui signifie « paroisse qui s’agrandit, qui croit ».
« La configuration de cette paroisse représente une langue de terre attenant à la terre ferme par le sud et s'avançant au nord dans la Manche, qui l'enveloppe de ses eaux de trois côtés. Cette langue de terre forme donc une presqu'île, séparée par la rivière de Tréguier seulement de celle dite de Lézardrieux. Ces deux points du littoral sont les parties les plus avancées vers le nord de tout le département »Benjamin JOLLIVET : Monographies des villes et villages de France. Côtes-du-Nord. Arrondissements de Lannion et Loudéac. Volume IV. 1859. Réédition Res Universis. 1990 / Rassorts Lorisse. 2002.
Histoire
Préhistoire Le menhir de Kergonnet et le tumulus du Castel attestent une occupation humaine du littoral dès la Préhistoire..
Sur le rivage entre la Pointe du Château et le Gouffre de Castel-Meur, des habitats protohistoriques et des vestiges de tailleries de silex ont été identifiés..
En 1845, à l'occasion des labours, un cultivateur découvre une épée constituée d'une grande lame de bronze de de long, et large par endroits de plus de , pesant , caractéristique du type dit de Tréboul-Saint-Brandan, site daté de 1700 à 1550 avant notre èreSon poids est important, elle est épaisse, la lame ne semble pas avoir servi et ne possède pas de poignée. Elle fut conçue pour ne pas en posséder. Rien ne permet la fixation d'une poignée, tout comme les cinq autres connues : l'épée de Beaune (British Museum), celle d'Oxborough (British Museum), celle de Rudham (Norwich Castle), ainsi que celle de Jutphaas (musée national des antiquités de Leyden) (cf. Rolande Simon-Millot, Léonard Dumont, « L'épée de Plougrescant, quand les hommes fabriquaient des épées pour ne pas s'en servir », Archéologia, , décembre 2019, ).. Cette épée est conservée au musée d'archéologie de Saint-Germain-en-Laye.
Moyen Âge
Plougrescant est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui englobait Penvénan, Trévou-Tréguignec, Camlez et Coatréven..
Saint Gonéry, au près avoir quitté la forêt de Brenguilly (dans les environs de Vannes) vint s'installer à Plougrescant, « y passant le reste de ses jours dans le service de Dieu (..) Ses biographes placent sa mort au 18 juillet sans préciser l'année. Il est probable que fut vers la fin du . Après sa mort de nombreux miracles s'opérèrent sur son tombeau. Les habitants de Plougrescant, reconnaissante de tant de bienfaits, bâtirent une chapelle sur le lieu de sa sépulture. Cet édifice existe encore de nos jours. On y conservé la tête et les ossements de saint Gonéry. (..) Raoul Rolland, évêque de Tréguier, renouvela au le culte de ce saint et fixa sa fête au U 18 juillet »..
En 1233, Étienne, évêque de Tréguier, unit les dîmes de la paroisse à la mense épiscopale. Le château de Kergrescan ou Kergrefq appartenait, en 1380, à Charles du Halgouët. Keranstivel ou Keramssinel appartenait, en 1400 , à Jean Cillart, sieur de la Villeneuve : ses enfants lui succédèrent..
Le duc Jean V, par lettres-patentes données à Nantes le , conféra les terres qu'il possédait dans les paroisses de Plouguiel et de Plougrescant, confisquées, pour cause de félonie, sur Olivier de Blois, à son bien amé et féal chevalier Henri du Parc, seigneur de la Roche-Jagu, et à ses héritiers mâles de lui procréés..
Temps modernes
« Guillaume du Halgouët fut évêque de Tréguier en 1594, et mourut dans son palais épiscopal le ; son corps fut inhumé dans la chapelle de Saint-Gonnery, en Plougrescant, qu'il avait enrichie, et où il s'était fait préparer une sépulture de son vivant. MargueriteMarguerite et non Magdeleine comme l'écrit Jean-Baptiste Ogée. du Halgouët, sa sœur, fut abbesse de l'abbaye Saint-Georges de Rennes ».
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plougrescant en 1778 :
Le Un décret publié en 1830 indique que les pilotes chargés du service sur la rivière de Tréguier « feront leur service de l'embouchure jusqu'à La Roche-Derrien et doivent habiter du côté de Plougrescant..
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plougrescant en 1853 :
Cependant, sainte Elibouban est plus généralement considérée comme la mère de saint Gonnery et non pas sa cousine, d'après la tradition locale. Le pardon de sainte Eliboubane se déroulait le 25 juillet, lundi des Rogations. Il a été décrit en 1894 par Louis Tiercelin : « (..) Les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. La statue de sainte Eliboubane est portée par des femmes vêtues de noir (..)». Ce pardon a cessé dans les dernières années du ..