vignette|227x227px|Une affiche électorale créée pour le Parti conservateur britannique lors des élections générales britanniques de 1929.

En politique, la droite regroupe généralement des courants politiques ayant une doctrine ou une tradition libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan sociétal. La droite exprime ces positionnements, en s'opposant d'abord à la gauche et selon une classification plus précise au centrisme, par un attachement à l'économie de marché, l'autorité, la famille traditionnelle, la religion, l'identité nationale et aux traditions de manière généraleClark, William Roberts (2003). Capitalism, Not Globalism: Capital Mobility, Central Bank Independence, and the Political Control of the Economy ([Online-Ausg.]. ed.). Ann Arbor [u.a.]: University of MichiganLukes S. Epilogue: The grand dichotomy of the twentieth century. In: Ball T, Bellamy R, eds. The Cambridge History of Twentieth-Century Political Thought. The Cambridge History of Political Thought. Cambridge University Press; 2003:602-626.Carlisle, Rodney P. (2005). Encyclopedia of Politics: The Left and the Right. Thousand Oaks [u.a.]: SAGE Publishing. ..

Le terme désignait à l'origine la partie droite de l'Assemblée nationale élue lors de la Révolution française. Les députés favorables au régime monarchique se placèrent à droite de l'hémicycle, désignant ceux qui sont restés attachés à une vision conservatrice de la politiqueClaude Polin et Claude Rousseau, La Cité dénaturée. Cité classique contre cité moderne, Poitiers, Éditions PSR, 1997..

D'après Michel Winock, on ne devrait pas parler de droite au singulier, mais davantage des droites, qui, dès l'origine, ont divergé et se sont opposées. Les mouvements de droite connaissent en effet une grande diversité en fonction des pays et de sociétés allant du conservatisme libéral inscrit dans la démocratie, majoritaire en Europe occidentale et septentrionale, au nationalisme conservateur autoritaire, plus implanté en Russie et en Europe orientale et méridionale, en passant par le mouvement libertarien aux Amériques, l'islamo-conservatisme dans les pays à majorité musulmane ou encore le nationalisme hindou dans le sous-continent indien.

Concept vignette|Le traitement du roi français est l'objet de profondes divisions dans le paysage politique français après 1789 : la question du veto royal sur les décisions de l'Assemblée, puis celle de la condamnation à mort du roiLes Montagnards, la gauche d'alors, étant favorable à un régicide, alors que les Girondins s'y opposaient. Ce sont les premières controverses qui vont diviser ce qui sera convenu d'appeler la droite et la gauche.

L'origine du terme « droite » remonte à la Révolution française, bien qu'il faille un certain temps avant que cette division devienne caractéristique de la politique française. Lors des débats de l'Assemblée constituante de la monarchie constitutionnelle de 1791 et à la position occupée par les partis politiques dans l’hémicycle. Lors du vote sur la question du veto royal le , les députés favorables au maintien d'un pouvoir de blocage du roi, c’est-à-dire d'un contrôle du pouvoir législatif par l'exécutifConformément à la théorie de la de Montesquieu, c'est-à-dire les députés favorables au veto, royalistes et conservateurs, se rangèrent à droite du président de séance, les députés hostiles au veto royal se rangèrent à gauche.

Ils se placèrent à droite car symboliquement la droite représente dans la tradition ce qui est préférable et doit servir de règle. On retrouve notamment ce sens dans les expressions suivantes : « Être assis à la droite du père » et « Être le bras droit de quelqu'un ». En latin, « dexter » veut d'ailleurs dire « à droite » ou « favorable », tandis que « sinister » est « à gauche » ou de « mauvais augure ».

La pratique est restée et s'est ensuite largement étendue dans le reste de l'Europe.

Histoire En France Révolution française Il faut distinguer dès sa création deux branches de la droite : la droite contre-révolutionnaire, hostile à tous changements et réformes induits par le processus révolutionnaire, cherchant à préserver l'Ancien Régime ; et la droite libérale, avec à sa tête Jean-Joseph Mounier, qui recherche des réformes profondes de la France d'alors, avec comme modèle la monarchie parlementaire anglaise.

On a aussi pu évoquer les Girondins, ancêtres de la droite, ainsi que les Montagnards (qui siégeaient haut dans l'hémicycle), qui représentaient alors la gauche, ainsi que la Plaine, sorte de centre d'alors.

Le fait de devenir majoritaire pour les opposants d'origine, n'a pas entraîné de permutation de places dans l'Assemblée. La disparition du royalisme n'a pas non plus modifié la structuration des places de l'Assemblée.

Il est une autre division, que le succès de la division droite-gauche met au second plan : c'est la division haut-bas. Cette dernière implique plus franchement une hiérarchie des catégories ordonnées et est pour cela rejetée par la révolution française au profit des deux pôles droite-gauche alignés sur un plan horizontalL'Histoire, nr162, janvier 1993, La droite, 1789-1793, Les hommes, les idées, les réseaux.

L'historien Dale Van Kley considère que les origines de la droite seraient beaucoup plus lointaines que leur formalisation. Elles remonteraient au moins à la fondation du parti dévot, vers 1750, voire à la ligue ultra-catholique et gallicane des guerres de Religion du . À l'inverse, les origines de la gauche seraient, selon ce même auteur, à chercher dans le jansénisme voire dans le calvinismeDale van Kley, Les Origines religieuses de la révolution française Sur le site ahrf.revues.org.

Troisième république La Troisième République est gouvernée à gauche jusqu’en 1902 (René Rémond), cette conclusion étant « ratifiée par l’école historique française » (Jean-François Sirinelli). La Troisième République est gouvernée au centre et non pas à gauche jusqu’en 1902. C'est le point de vue de Jean-Pierre RiouxJ.-P. Rioux, Les Centristes de Mirabeau à Bayrou, Fayard, 2011, qui est contesté par Jacques Julliard. Il n’existe pas d’homme de gauche au , selon Alain CorbinA. Corbin dans J.-J. Becker et G. Candar (dir.), Histoire des gauches en France, vol. 1, La découverte, 2004. Cela reste contesté par Jacques Julliard et Maurice Agulhon. Au , le langage gauche-droite était réservé à la topographie parlementaire. C’est seulement vers 1900 qu’il commence à se répandre dans la population. Ce fait, établi par Marcel GauchetM. Gauchet, dans P. Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, est entériné par Jacques JulliardJ. Julliard, Les Gauches françaises. Histoire, politique et imaginaire 1762-2012, Flammarion, 2012, ainsi que par les nouvelles générations qui étudient le sujetS. Aebischer, Gauche-Droite. Au-delà de cette limite la politique n'est plus pensable, éd. N. Philippe, 2003, ; M. Dury, La Droite et la Gauche. Les lois de la représentation politique, éd. ESKA, 2001, ; C. Voilliot et X. Landrin, dans J. Le Bohec et C. Le Digol, Gauche-droite. Genèse d’un clivage politique, PUF, 2012.

Dans le monde

Royaume-Uni vignette|Margaret Thatcher, une des premières femmes chef de gouvernement du monde moderne, en lançant la de la décennie 1980, est caractéristique de la droite de la deuxième moitié du , tant par ses positions conservatrices que par son libéralisme économique.Au Royaume-Uni, le Parti conservateur, également connu sous le nom de Tories, est le principal parti politique conservateur. Fondé en 1834, il a évolué pour devenir une force dominante dans la politique britannique. Formé en 1834 sous Robert Peel, le Parti conservateur s’est d’abord concentré sur la préservation des institutions traditionnelles et des hiérarchies sociales, tout en soutenant le libre-échange. Au , le conservatisme britannique a pris des formes variées. Sous Winston Churchill et Harold Macmillan, les conservateurs ont soutenu un modèle économique de consensus, équilibrant intervention de l'État et libre marché.

Le positionnement politique du Parti conservateur est centré sur la défense du marché libre, le respect de la propriété privée et la promotion de la responsabilité individuelle. Historiquement, les conservateurs britanniques ont été des défenseurs du monarchisme et de l'Église anglicane, bien que ces aspects aient moins d'importance dans le discours moderne. Le parti prône également une politique étrangère pragmatique et un rôle fort de l'État dans la défense et la sécurité.

Sous les leaderships de figures telles que Margaret Thatcher, le Parti conservateur a mis en avant des politiques de déréglementation économique, de privatisation et de réduction de l'influence des syndicats, reflétant une tendance néolibérale. Cependant, le parti maintient un engagement envers des institutions traditionnelles et des valeurs sociales conservatrices, telles que le soutien à la famille et la souveraineté nationale. Au , le Parti conservateur a poursuivi son adaptation aux nouvelles réalités politiques. David Cameron, Premier ministre de 2010 à 2016, a introduit des politiques d'austérité en réponse à la crise financière de 2008 et a dirigé le pays lors du référendum sur l'Union européenne. Boris Johnson, élu en 2019, a marqué son mandat par la réalisation du Brexit, une décision qui a redéfini les relations du Royaume-Uni avec l’Europe et l’a plongé dans une série de défis post-Brexit, dont les questions de commerce, d'immigration et de politique internationale.

États-Unis La droite américaine, incarnée principalement par le Parti républicain, a évolué depuis ses origines au . Ce parti a évolué pour devenir l'un des deux principaux partis politiques du pays. Le positionnement politique du Parti républicain est caractérisé par un engagement en faveur du libre marché, des réductions d'impôts, de la déréglementation et du fédéralisme, qui prône une limitation du pouvoir du gouvernement fédéral au profit des États individuels. Le Parti républicain met également l'accent sur des valeurs sociales conservatrices, telles que l'opposition à l'avortement, la défense du droit de porter des armes et le soutien à des politiques familiales traditionnelles. Sur le plan international, le parti adopte généralement une posture interventionniste, soutenant une politique étrangère forte et une défense robuste.

Le Parti républicain a été fondé en 1854 en tant qu'opposition à l'expansion de l'esclavage, avec Abraham Lincoln comme premier président. Ce parti a d'abord représenté des positions antiesclavagistes et fédéralistes, mais a progressivement évolué vers un conservatisme économique et social plus marqué. Abraham Lincoln, républicain, s'est opposé aux démocrates du Sud esclavagistes et le mouvement progressiste a soutenu le président Theodore Roosevelt.

Au début du , les Républicains ont souvent adopté des politiques pro-business, comme en témoignent les administrations de Calvin Coolidge et Herbert Hoover. Cependant, la Grande Dépression a conduit à un renouveau des politiques économiques avec une plus grande intervention de l'État.

Depuis les années 1960 avec la candidature de Barry Goldwater à l'élection présidentielle de 1964, puis la révolution conservatrice menée sous Ronald Reagan, le parti républicain est globalement considéré comme plus conservateur.Les années 1980 ont marqué un tournant avec l'élection de Ronald Reagan, qui a promu des politiques néolibérales, y compris des réductions d'impôts et une dérégulation économique. Cette période a consolidé une orientation économique conservatrice au sein du Parti républicain. Au , la droite américaine a pris un tournant plus populiste sous Donald Trump, avec des politiques nationalistes et une rhétorique anti-immigration. Les débats actuels continuent de se concentrer sur les questions économiques, de justice sociale et de politique étrangère.

En Allemagne