Le Mitsubishi A6M est un chasseur-bombardier japonais léger embarqué utilisé par la Marine impériale japonaise de 1940 à 1945.

Alors que le nom de code officiel utilisé du côté allié pour cet avion était Zeke, il était plus connu sous le nom de Zero dans la Marine impériale japonaise et sous la désignation complète de , officiellement abrégé en Rei-sen du côté japonais.

L'abréviation la plus populaire parmi les pilotes japonais de l'époque (comme parmi le public japonais actuel) reste tout de même celle de « Zero-sen », car les mots anglais « Zero » et français « Zéro » furent introduits au Japon dès la fin du par les ingénieurs français et britanniques que le Japon se plaisait à recevoir en vue de se constituer une industrie et une armée modernes, avant l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale. L'appareil était donc populairement connu comme « Zero » ou « Zéro » parmi les Alliés et comme « Zero-sen » parmi les Japonais. Il est par ailleur probablement l'avion japonais de la Seconde guerre mondiale le plus connu.

Conception Le Mitsubishi A5M Claude entrait juste en service au début de l'année 1937 lorsque la Marine impériale japonaise se mit à la recherche d'un éventuel successeur. En , elle avait établi un cahier des charges pour un nouveau chasseur embarqué qui fut transmis à Nakajima et à Mitsubishi. Les deux entreprises commencèrent leur travail tout en attendant d'autres éléments.

Se fondant sur l'expérience de l'A5M en Chine, la Marine japonaise formula des spécifications complémentaires en octobre et exigea ainsi à et une vitesse ascensionnelle de en . Ils avaient besoin d'une autonomie de à puissance normale qui devait monter jusqu'à en vitesse économique avec des réservoirs supplémentaires. L'armement devait comporter deux canons de et deux mitrailleuses de , et l'avion devait pouvoir emporter deux bombes de . Tous les futurs Zéro devaient être pourvus d'un équipement radio. Enfin, la manœuvrabilité devait être au moins aussi bonne qu'avec l'A5M, tandis que l'envergure devait être inférieure à pour pouvoir tenir sur les porte-avions.

Nakajima trouva les nouvelles exigences impossibles à réaliser tandis que le chef de l'équipe de Mitsubishi Jirō Horikoshi, déjà concepteur de l'A5M Claude, convint qu'elles pouvaient être respectées à la seule condition de fabriquer l'avion aussi léger que possible. Ainsi, tout fut mis en œuvre pour gagner en poids et les concepteurs firent un usage intensif d'un nouvel alliage d'aluminium, l'Extra Super Duraluminium (ESD) mis au point par Sumitomo Metals.

Le premier prototype du Mitsubishi A6M vola dès le et la production débuta en juillet de la même année.

Doté d'une excellente manœuvrabilité, d'une puissance de feu importante (en 1940) et d'un très long rayon d'action, cette supériorité initiale du Zéro et son rayon d'action exceptionnel pèseront lourd sur la balance lors du choix des Japonais de lancer l'attaque de Pearl Harbor.

Systèmes de désignation du Mitsubishi A6M vignette|upright=1|A6M2 lors de la bataille des îles Santa Cruz en 1942.

Code de désignation du projet Établi dès 1931, il était utilisé pour les avions qui étaient en phase de projet, ceux qui n'étaient encore que couchés sur les papiers d'un bureau d'études. Pour chaque type d'appareil (chasseur embarqué, chasseur terrestre, torpilleur embarqué, hydravion de reconnaissance) on attribuait un nombre, connu comme le nombre Shi, correspondant à l'année de règne de l'empereur Hirohito (nom posthume Shōwa), année où le projet avait été lancé. Le projet du sixième chasseur embarqué japonais (le Mistubishi A6M) fut lancé dans la douzième année du règne de l'Empereur Shōwa ; son nom de projet fut donc chasseur embarqué 12 Shi.

Code de désignation du type d'appareil Ce système de désignation attribuait un nombre à deux chiffres aux avions produits en série et mis en service, une fois que le projet était approuvé par les intéressés, la Marine ou l'Armée. Ce nombre à deux chiffres était basé sur les deux derniers chiffres de l'année du calendrier impérial où l'appareil était mis en service.

Pour un avion entré en service en 2598 du calendrier impérial japonais (1938 dans le calendrier grégorien) le type d'appareil était donc le Type 98. Dans le cas du Mitsubishi A6M, l'année de mise en service fut 1940, c'est-à-dire l'année 2600 du calendrier impérial japonais. En ignorant le double zéro, les appareils de cette année furent simplement appelés « de type 0 » et le Mitsubishi reçut ainsi le nom de « Chasseur embarqué de type 0 ». C'est à la suite de ce système de désignation que le « Zéro » reçut son nom le plus populaire, autant parmi ses pilotes que parmi ses adversaires.

Code de désignation de la Marine Quand un nouvel appareil était livré et mis en service dans ses rangs, la Marine impériale lui donnait son propre code de désignation. Il était constitué d'une suite de quatre caractères : une lettre correspondant à un type d'appareil (« A » dans le cas d'un chasseur embarqué), un chiffre correspondant au nombre de modèles différents de ce type ayant été mis en service jusqu'à la date (le sixième modèle de chasseur embarqué dans le cas du Mitsubishi A6M), la première lettre du nom de l'avionneur (le « M » de Mitsubishi dans le cas du Mitsubishi A6M), et finalement à nouveau un chiffre, celui qui correspondait aux versions dérivées du même modèle (dans le cas du Mitsubishi A6M : A6M1, A6M2, A6M3, A6M4, A6M5, A6M6, A6M7 et A6M8).

Les versions A6M1, A6M4, A6M6 et A6M8 ne furent jamais fabriquées en série, elles restèrent à l'état de prototypes. Comme la première lettre de ce code correspondait au type d'appareil, si une extrapolation se faisait vers un autre type d'appareil la première lettre était conservée et celle correspondant au nouveau type d'appareil était ajoutée à la fin du code. Par exemple le A6M2 fut extrapolé en avion d'entraînement biplace mais aussi en hydravion de chasse. La version d'entraînement reçut le nom de code A6M2-K (« K » pour avion d'entraînement) et la version extrapolée en hydravion de chasse reçut le nom de code A6M2-N (« N » pour hydravion de chasse).

Code d'identification allié Au cours de l'année 1942, les alliés (notamment les Américains) mirent en place un code pour faciliter l'identification des avions japonais. Les chasseurs et hydravions monomoteurs reçurent un prénom masculin, exemple : Kawanishi N1K1-J (George). Les bombardiers, les gros avions de reconnaissance ou hydravions (bimoteurs ou plus) tel que le Mitsubishi G4M (Betty) héritèrent d'un prénom féminin. Le Mitsubishi A6M étant un appareil de chasse, il fallut lui choisir un prénom de garçon, ce fut « Zeke » (prononcé Zik) une abréviation en anglais du prénom Ezekiel (« Ézéchiel » en français).

Deux versions de Zero-sen furent pourtant suffisamment différentes de la forme générale de l'avion pour que les Américains les prissent pour de nouveaux modèles d'avion japonais, en leur donnant leur propre nom de code. La version d'hydravion de chasse (A6M2-N) fut baptisée Rufe et le A6M3-32 (dont les saumons d'ailes étaient droits et non pas arrondis, ce qui fut à l'origine de la confusion) fut appelé « Hamp ».

Il y eut deux variantes de la version A6M3, la 32 ( de cellule, de moteur) et la 22 (retour au de cellule, de moteur). Pour ce qui est de sa cellule le A6M3-22 n’était pas essentiellement différent d’un A6M2-21 ( de cellule) et il fut toujours identifié par les alliés comme étant un « Zeke ». Mais il arriva que le modèle précédent, le A6M3-32, avait les saumons d’aile droits et raccourcis (« à ailes coupées », de cellule) et les Américains le prirent pour un nouveau type d’avion japonais auquel ils considérèrent qu’il fallait attribuer un nouveau nom de code. Le service qui attribuait ces noms de code avait d’abord baptisé ce prétendu nouvel appareil japonais « Hap » en honneur du commandant en chef de l’USAAF, le général Henry Harley Arnold. Arnold avait plusieurs surnoms mais « Hap » lui était resté depuis son enfance. Une de ses tantes avait d'abord eu l'habitude de l'appeler « Happy » (« content ») mais son surnom devint vite tout simplement « Hap ». Le général n’apprécia pas ce nom de code pour un appareil ennemi puisque les pilotes américains pouvaient désormais faire des blagues du genre « je viens de descendre un Hap » en faisant en réalité référence à leur commandant en chef. Il demanda que le nom de code de ce prétendu nouvel avion japonais fût changé. On rajouta alors un « m » au milieu du mot et le A6M3-32 devint le « Hamp », ce qui en anglais ne signifie rien. Ce n'est qu'ensuite que les Américains réalisèrent qu'il s'agissait en réalité d'un « Zeke », mais le nom de code « Hamp » pour le A6M3-32 lui persista dans le jargon des pilotes alliés.

Variantes et sous-variantes Dans le système de désignation de la Marine impériale et dans le système de désignation du type d'appareil, exposés précédemment, les variantes de chaque version étaient exprimées selon deux chiffres. Le premier correspondaient au type de cellule, le deuxième au type de moteur.

La première version du Mitsubishi A6M à entrer en service (A6M2) fut donc le « chasseur embarqué de type zéro modèle 11 » selon le système de désignation de type d'appareil et le « A6M2-11 » selon le système de désignation de la Marine. Le premier « 1 » correspondait au premier type de cellule et le deuxième « 1 » correspondait au premier type de moteur à équiper la production en série. Lorsqu'en 1941 les ailes de l'avion furent modifiées pour pouvoir se replier et occuper ainsi moins d'espace dans les hangars des porte-avions, la cellule avait changé et l'appareil reçut la désignation « chasseur embarqué de type zéro modèle 21 » dans le système de désignation de type d'appareil et « A6M2-21 » dans le système de désignation de la Marine. Ceci valait pour les variantes, lorsqu'une sous-variante dérivait d'une variante la Marine ajoutait un caractère kana, dans un ordre qui équivaut plus ou moins à l'ordre alphabétique de l'alphabet latin. C'est pourquoi les A6M5-52, A6M5-52 Ko, A6M5-52 Otsu et A6M5-52 Hei sont connus parmi les Occidentaux respectivement comme des A6M5, A6M5a, A6M5b et A6M5c.

Parfois, les Occidentaux ont aussi utilisé les lettres de l'alphabet latin pour désigner les variantes elles-mêmes et pas seulement les sous-variantes. Par exemple, les A6M2-11 et A6M2-21 sont parfois cités comme des A6M2a et A6M2b respectivement. Exemple de lecture de la nomenclature d'un chasseur Mitsubishi A6M5-52 Otsu : sous-variante Otsu de la variante 52 (deuxième type de moteur, cinquième type de cellule) de la cinquième version, fabriquée par Mitsubishi, du sixième chasseur embarqué de la Marine impériale japonaise.

Productions et différentes versions de l'appareil Un total de construits a été comptabilisé : par Mitsubishi et par la compagnie Nakajima Épisodes Enoki Flying Board.

Autre source (Francillon), un total général de . Soit: A6MFrancillon 1979, p. 377., 327 A6M2-NFrancillon 1979, p. 428., 508 A6M2-K et 7 A6M5-K construitsFrancillon, 1979, p. 399..

PériodesMitsubishi Jukogyo K.K.Nakajima Hikoki K.K.TOTALA6M1A6M2A6M3A6M5A6M6A6M7A6M8Mars 1939 Mars 1942 7221158374833Avril 1942 Mars 1943 7299601689??Avril 1943 Mars 1944 116422683432??1619Avril 1944 Mars 1945 11452342348734861Avril 1945 Août 1945 11988510048851172Total général387965701044943432903599011172 (Non inclus dans ce tableau: 327 A6M2-N, 508 A6M2-K et 7 A6M5-K)

A6M1