Isaac Albalag est un érudit et un philosophe juif espagnol de la seconde moitié du .

Philosophie La critique d'Al-Ghazâlî Philosophe, rationaliste et averroïste, Albalag franchit la limite qu'avait tracé Moïse Maïmonide : son interprétation du récit de la création suit de près la thèse d'Aristote sur l'éternité du monde et il est traité d'hérétique pour cela.

Son œuvre la plus connue est la traduction qu'il fit du Mahahid al-Falasifa (les tendances des philosophes) d'Al-Ghazâlî. Il n'en a traduit en réalité que les chapitres concernant la logique et la métaphysique. Cependant, il fit également œuvre de commentateur, corrigeant les vues des philosophes comme l'avait fait Al-Ghazâlî dans son Tahafut al-Falasifa (L'Incohérence des Philosophes).

Albalag remarque qu'Al-Ghazâlî ne réfute pas les philosophes mais ses propres erreurs, qu'il avait commises en se fondant non sur les textes originaux d'Aristote, mais sur ces commentateurs, comme Avicenne. Albalag adresse d'ailleurs ce même reproche à Maïmonide, lorsque celui-ci ne suit pas Aristote, notamment sur l'éternité du monde.

Philosophie et religion En composant son travail, Albalag travaille à un but principal : démonter l'idée que la philosophie tend à saper les bases de la religion. Au contraire, elles s'accorderaient (selon lui) dans les principes fondamentaux de toute religion positive, à savoir : la croyance en la rétribution, récompense ou châtiment la croyance en l'immortalité de Dieu la croyance en un Dieu juste la croyance en un Dieu Providentiel.

Par ailleurs, elles partagent le même but : le bonheur de l'humanité. La philosophie s'adresserait à l'individu, alors que la religion s'adresserait aux masses, ce qui explique leurs différences dans l'établissement des vérités : la philosophie démontre, alors que la religion enseigne.

Cependant, Albalag, inspiré par Averroès, ne prétend pas que les doctrines philosophiques doivent entièrement coïncider avec les doctrines religieuses : la vérité philosophique nue est délétère pour les masses, obligeant les Écritures Saintes à adapter leur langage : C'est pourquoi il est doublement dans l'erreur, celui qui rejette une vérité philosophique parce qu'elle semble entrer en contradiction avec l'Écriture : premièrement, parce qu'il n'a pas compris le sens véritable de l'Écriture; deuxièmement, parce qu'il en tire que les arguments véritables de la philosophie ne peuvent être concluants.

La double vérité

. C'est ainsi qu'Albalag n'hésite pas à soutenir dans son texte Redressement des doctrines que deux positions contradictoires, l'une relevant de la foi et l'autre d'un effort rationnel, peuvent se côtoyer sans problème dans l'esprit du philosophe : .

Il semble toutefois qu'il y soit parvenu à la suite de ses propres spéculations, en combinant les théories inconciliables d'Averroès et d'Al-Ghazâlî : l'enseignement philosophique est vrai d'un point de vue spéculatif et l'enseignement révélé est vrai à un niveau supérieur, celui de la prophétie, ces deux points n'étant pas les mêmes. Le prophète ne peut être compris que par le prophète, et le philosophe que par le philosophe, ainsi que le professe Al-Ghazâlî dans un travail ultérieur, le Munkid.

Source Article de la Jewish Encyclopedia sur Isaac Albalag

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