L’égalité entre les femmes et les hommes a été consacrée grande cause du quinquennat par le Président de la République Emmanuel Macron, lors de son discours à l’Élysée, le . Représentant 20 % de l’emploi en France, la fonction publique se doit d’être exemplaire en matière d’égalité professionnelle, de façon à favoriser la cohésion sociale et à être représentative de la société qu’elle sert.. Ce principe d’égalité entre les sexes est d’ailleurs affirmé à l’article 6 bis de la loi du portant droits et obligations des fonctionnaires.
Un protocole d’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, concernant les trois fonctions publiques, a été signé le au niveau national, afin de rendre effective cette égalité professionnelle, selon quatre axes d’action :
- le dialogue social comme élément structurant pour parvenir à l’égalité professionnelle
- les rémunérations et les parcours professionnels de la fonction publique
- la meilleure articulation entre la vie professionnelle et la vie privée
- la prévention des violences faites aux agents sur leur lieu de travail
Le dialogue social comme élément structurant pour parvenir à l’égalité professionnelle
Le dialogue social. s’inscrit dans le cadre du principe de participation des agents publics leur permettant d’être associés aux décisions qui les concernent. Ce dialogue social est mis en place à travers différents organismes consultatifs au sein desquels siègent les délégués des agents. Il est important que ces délégués soient représentatifs du personnel dont ils portent la voix. C’est pourquoi, le protocole d’accord relatif à l’égalité entre les hommes et les femmes dans la fonction publiquehttps://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/politiques_emploi_public/20130308-Protocole-d-accord-egalite-professionnelle.pdf fait du dialogue social son axe numéro 1, afin d’avoir une meilleure représentativité des femmes au sein des organismes consultatifs. Cet axe est décliné en trois mesures.
La première mesure est de : « Rendre obligatoire, à chaque niveau pertinent, l’élaboration d’un rapport de situation comparée de l’égalité professionnelle et élaborer des plans d’actions visant à promouvoir l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. »
Cette mesure est une reprise du droit privé vers le droit public. En effet, les entreprises de droit privée ont l’obligation depuis 1983 de produire devant les représentants du personnel un rapport de situation comparée des conditions générales d’emploi des femmes et des hommes dans l’entreprise. Le but est de centraliser l’information sur la thématique de l’égalité hommes/femmes dans un seul document plutôt que d’éparpiller l’information dans différents rapports. En plus de faire un état des lieux de la situation, ces rapports contiennent également des plans d’actions pluriannuels ayant pour but de réduire les inégalités professionnelles décelées par les données statistiques des études. Ainsi, les solutions mises en place correspondent aux problématiques de situations professionnelles observées. Le rapport annuel est présenté devant le conseil commun de la fonction publique et devant les conseils supérieur de chacune des trois fonctions publiques. L’annualité de ce rapport permet de vérifier l’efficacité des mesures prises .
La deuxième mesure consiste à « Engager une réflexion partagée entre les employeurs publics et les organisations syndicales afin d’atteindre une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes au sein des collèges de représentants des personnels dans les instances de dialogue social. »
Les représentants syndicaux ne sont pas soumis par la loi à un pourcentage de représentation de chaque sexe, contrairement aux membres des conseils de la fonction publique. C’est pourquoi le protocole cherche à mettre en place un dialogue pour pousser les organisations syndicales à aller vers une représentation plus paritaire sans utilisation de la contrainte de la loi. Le protocole fait une distinction entre les représentants syndicaux qui sont désignés, pour lesquels il est demandé de faire de nets efforts sur la parité, et les représentants qui sont élus, pour lesquels l’effort n’est demandé que dans un deuxième temps.
Le protocole fonctionne de manière transversale, c’est pourquoi dans ce premier axe concernant le dialogue social, il est fait mention du troisième axe qui concerne l’articulation entre vie professionnelle et vie privée car chaque problème est interdépendant des autres et ce sont des solutions globales qui doivent être mises en place.
La dernière mesure est le fait « d'engager une réflexion avec les employeurs territoriaux afin d’atteindre une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les instances de dialogue social. »
Cette mesure concerne cette fois-ci les membres des conseils territoriaux qui ne sont pas soumis à l’exigence d’une proportion minimale de 40 % de personnes de chaque sexe contrairement au conseil commun de la fonction publique et aux conseils supérieurs des trois fonctions publiques. Cette difficulté concerne à la fois le collège des employeurs territoriaux, les comités techniques et les commissions administratives paritaires. Cette mesure consiste en un simple dialogue et fonctionne donc selon une politique volontariste, comme la seconde mesure, et non pas sur une politique de contrainte législative. Les solutions adoptées et les efforts consentis pourront donc être très variables sur le territoire.
Les rémunérations et les parcours professionnels de la fonction publique
En 2017, la fonction publique territoriale comptait 62% de femmes occupant un poste de catégorie A. Pour autant, toutes les études constatent « plus les responsabilités sont élevées, moins les femmes sont nombreuses ». En effet, la proportion de femmes n'atteint que 37 % des 23 807 postes dans les corps et emplois d’encadrement supérieur et de direction (ESD). Les femmes représentent 31 % des ESD de la Fonction Publique Territorialehttps://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/rapport_annuel/CC-egalite-2019.pdf .
En termes de rémunération, en 2017, le salaire net mensuel moyen (exprimé en équivalent temps plein) est dans la fonction publique territoriale de 1 867 euros pour les femmes et 2 053 euros pour les hommes..
Afin d’amoindrir ces différences, a été votée la loi du relative à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des agents contractuels dans la fonction publique, dite loi Sauvadet.
Depuis le , la loi impose que les nominations de nouveaux agents aux principaux emplois de l’encadrement supérieur des trois catégories de fonction publique soient pourvues par au moins 20 % de personnes de chaque sexe. Ce taux a été porté à 40 % en 2017 et devra aussi être respecté dans les conseils d’administration et de surveillance des établissements publics, dans les instances consultatives de la fonction publique, dans les commissions administratives paritaires, et dans les jurys et comités de sélection.
Toutefois, dans le protocole d’accord relatif à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique du , le Gouvernement et les parties signataires (dont certaines collectivités locales) souhaitent que les employeurs publics veillent à tous les niveaux à une égalité hommes/femmes dans le parcours professionnel. La réussite de cette politique d’égalité professionnelle passe par six mesures proposées par le protocole. Voici une présentation de quelques mesures phares :
Mener une politique volontariste de suppression des inégalités salariales entre les femmes et les hommes : En ce sens, les employeurs territoriaux doivent veiller à ce que les procédures permettant d’apprécier le travail (évaluation, réduction d’ancienneté, attribution des primes) ne pénalisent pas les agents concernés.
Lutter contre les stéréotypes et les discriminations dans le cadre de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique. Les mesures choisies pour y parvenir relèvent d’actions de communication et de formation/d’information dont le contenu rend compte des réalités de situations rencontrées. Ces formations doivent être proposées à l’ensemble des gestionnaires des ressources humaines et cadres. Pour les personnels entrant dans la fonction publique, ces formations seront proposées dans les écoles. Aussi, les communications internes ou externes, les campagnes de recrutement conduites par les collectivités territoriales font l’objet d’une attention particulière (choix des textes et de l’iconographie) afin que n’y soient pas véhiculés de stéréotypes pouvant porter atteinte à l’égalité professionnelle. De même pour les publications et descriptions d’emploi.
Enfin, en matière de recrutement, le protocole propose la mise en place une démarche de vérification du caractère non discriminatoire des processus de recrutement. Cela se traduit concrètement par les rapports de jurys de concours.
La meilleure articulation entre la vie professionnelle et la vie privée
La loi Roudy du est la première loi relative à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes travaillant en entreprise. Concernant la fonction publique territoriale, l’égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives devient un impératif légal depuis la loi du .. Pourtant, 16% seulement des maires de France sont des femmes en 2014.. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler, mais leur proportion est moindre dans les fonctions à haut niveau décisionnel, comme le poste de maire. L’Etat est le premier employeur de France et se dresse à ce titre en exemple au travers de ses politiques publiques. L’objectif d’égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives a également un rôle à jouer dans l’habituation des mœurs à ce que des femmes occupent des postes de direction. Alors les 80% de femmes subissant du sexisme au travail pourraient être de moins en moins nombreuses.
L’articulation du temps entre la vie professionnelle et la vie privée concerne à la fois les femmes et les hommes.. Si les hommes ont par exemple la possibilité de prendre un congé paternité depuis 1977, cela participe à faciliter la conciliation pour les femmes de la vie privée et professionnelle. Cependant, il est en pratique très peu pris par les hommeshttps://www.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2017-2-page-229.htm. En 2013, 46% des pères ne se déclarent pas intéressés a priori par le congé paternité https://www.cairn.info/revue-societes-contemporaines-2007-1-page-175.htm. Les politiques publiques s’engagent pour tendre vers la parité.
Dans l’Union Européenne, le taux de natalité a drastiquement chuté. Dans le même temps, le nombre de femmes qui travaillent a considérablement augmenté. Selon les chiffres, les femmes rencontrent des difficultés à travailler en plus d’avoir des enfants. Il est dès lors primordial de faciliter la conciliation d’une vie professionnelle et d’une vie familiale. C’est le but poursuivi par l’Etat français via ses politiques publiques, mais aussi par la mobilisation d’autres acteurs publics variés comme des associations et des entreprises. Le sujet est d’actualité également au niveau de l’Union Européenne puisqu’une directive “équilibre” relative aux congés parentaux, de paternité et d’aidant a été adoptée à une très large majorité le au Conseil https://www.cairn.info/revue-chronique-internationale-de-l-ires-2019-2-page-3.htm.