L'église Notre-Dame est l'église catholique de la ville de Sainte-Foy-la-Grande en Gironde. Dédiée à la Vierge Marie, elle est située 24 rue des Frères-Reclus. Érigée au , la première église est détruite en 1561 par les Huguenots. Elle est reconstruite entre 1622 et 1686, ne conservant de l'ancien édifice que le porche parmi d'autres rares éléments de style roman. Elle ne prend son aspect actuel qu'avec les travaux d'agrandissement de 1850, complétés en 1871 par une flèche en pierre qui s'élève de son clocher.

Situation vignette|gauche|L'église vue depuis la rue de la République. L'église est située à Sainte-Foy-la-Grande, une bastide fondée en 1255 par Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, sur un territoire à l'époque presque vierge, sur les bords de la Dordogne... Elle se trouve à l'angle de la rue de la République, la voie principale de la commune, et de la rue des Frères-Reclus. (ancienne rue Notre-Dame), une rue étroite qui n'offre pas de dégagement devant la façade principale de l'église.

L'entrée principale est 24 rue des Frères-Reclus. Une entrée secondaire se trouve 41 rue de la République. Sur sa partie sud et est, l'église est longée par le ruet Notre-Dame, une étroite voie piétonne.

Histoire Prémices vignette|La plaque historique. Une plaque de marbre apposée dans l'actuelle église en 1945 raconte que, vers 812, des Bénédictins originaires de Conques auraient édifié une église au confluent de la Dordogne et du Venairol. Dédiée à sainte Foye, elle serait devenu un lieu de pèlerinage dès le XI sièclePlaque historique gravée en 1945 exposée dans l'église..

Le musée du Pays foyen considère qu'il s'agit de . Il fait remonter l'origine de l'église à 1076, quand les moines de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques reçoivent de la part des seigneurs de Pineuilh la « manse du Venairol »..

L'église du XIII au XIX siècle vignette|gauche|Plan orthonormé de Sainte-Foy. Moyen Âge et guerres de religion En 1255, cette manse est offerte par Bernard de Saint Astier à Alphonse de Poitiers pour bâtir une bastide, dont le nom provient donc de l'abbaye, qui conserve un reliquaire de sainte Foy.

Au XIII siècle, en parallèle de la construction de la bastide, une église est érigée au même emplacement que l'actuel édifice. Il s'agit d'une parcelle d'environ 50 mètres sur 25 mètres, longeant la Grande rue (actuelle rue de la République), près de la place publique (actuelle place de l'Hôtel de ville). Elle aurait été en partie détruite lors de la guerre de Cent Ans. Avec le développement de la Réforme, Sainte-Foy-la-Grande devient une ville à majorité protestante. En 1561, peu avant les guerres de Religion, alors que cette dernière accueille un synode provincial protestant qui cristallise les tensions, l'église est détruite par des Huguenots, de même que le couvent des Cordeliers (mentionné pour la première fois en 1343). Ne subsiste alors de l'église que la façade donnant sur la rue des Frères-Reclus, avec la base du clocher, l'oratoire, la chapelle des fonts baptismaux et la tribune., toutes de style roman..

En 1587 est inauguré quelques rues plus loin un temple protestant. En 1610, les consuls de la jurade, qui sont tous des protestants, demandent la reconstruction du clocher de l'église afin d'y réinstaller la cloche. C'est en effet une nécessité car elle permet de signaler la réunion de l'assemble municipale et les prêches des pasteurs protestants. Le maçon et architecte Pierre Bonis est chargé des travaux.

Le , après la défaite définitive des protestants face à l'armée catholique, le roi Louis XIII vient à Sainte-Foy-la-Grande assister à une messe, au milieu des ruines de l'église. Il demande qu'elle soit reconstruite, donnant de l'argent dans ce but. Sainte-Foy se soumet désormais à l'autorité royale, les protestants sont exclus des charges politiques mais les controverses théologiques demeurent. Les Franciscains peuvent revenir au couvent des Cordeliers vers 1625, et le couvent des Récollets est créé en 1630. Le temple est détruit en 1683 et les protestants doivent abjurer, si besoin par le recours à la force. Deux ans plus tard, l'édit de Nantes est révoqué par celui de Fontainebleau. Constatant que la nouvelle église, à moitié achevée, ne sera pas suffisante pour accueillir tous les fidèles de la ville et du village voisin de Pineuilh, les consuls demandent l'aide du roi pour terminer l'église, reconstruire celle de Pineuilh et entretenir quatre à cinq prêtres pour veiller sur les nouveaux convertis. Toujours en 1685, Louis XIV accepte et participe au financement des travaux, qui sont menés par le curé Jacques Andrault. Les matériaux utilisés pour la construction sont les mêmes que ceux du mur d'enceinte de la ville. L'église est consacrée en 1686 par Jules Mascaron, évêque d'Agen, Sainte-Foy appartenant à son diocèse jusqu'en 1802. En 1686 également, des Filles de la foi s'installent à Sainte-Foy.

Le , la foudre détruit la moitié du clocher. En 1731 puis en 1749, un inventaire est dressé des ornements lingers et des objets de culte conservés dans la sacristie. Des échoppes sont construites entre les arcs-boutants extérieurs de l’église en 1736, procurant une rente au conseil de fabrique de l'église. Visitant l'église en 1759, le prêtre prieur de Blanquefort et curé de Saint André- de Cabeauze Pierre Andrault note la présence de trois tableaux : l'un représente Notre Dame de Pitié avec le Christ, mort, sur ses genoux, un autre le Christ en croix, et un dernier figurant sainte Foy et saint Caprais. Il mentionne également une chaire sculptée en noyer, toujours présente dans l'église de nos jours (voir plus bas). Derrière l'église se trouve un petit cimetière, qui sert à inhumer les enfants. Andrault décrit enfin l'extérieur de l'édifice : . Une nouvelle fois, un inventaire est dressé des biens et ornements liturgiques.

Faute de place et par souci d'hygiène, les enterrements dans l'église sont interdits en 1775. Par ailleurs, le cimetière des enfants est fermé, suivant un édit du roi. Lors de travaux réalisés à Notre-Dame de 1781 à 1783, le couvent des Cordeliers prête son église pour l'exercice du culte.

Révolution, Empire et première moitié du XIX siècle En 1791, sous la Révolution, les cloches sont confisquées afin de fabriquer des canons : celles des deux couvents de Sainte-Foy sont retirées mais l'église parvient à conserver les siennes. En 1793, le clergé foyen refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé. L'église n'en est pas moins convertie en temple de la Raison. La petite place installée à l'emplacement de l'ancien cimetière est par ailleurs renommée « place de l'Égalité ». 2 frimaire an II, le maire Sambellie saisit l'argenterie de l'église. Plus tard, il propose de la transformer en magasin à fourrage, ce qui lui vaut des protestations du député Pierre-Anselme Garrau. Nommé commissaire exécutif dans le district de Sainte Foy et de Bergerac par l'arrêté du 11 nivose an IV, Garrau autorise qu'on célèbre dans l'église le culte catholique (le matin) et le culte protestant (l'après-midi). Par l'arrêté municipal du 20 prairial an III, le presbytère est affermé au profit de la commune. Le , une fête de l'Être suprême est organisée à Sainte-Foy : un cortège fourni se déverse devant le temple de l'Être suprême et crie « Vive la république ! » ; Garrau, désormais commissaire du Directoire exécutif auprès de l'administration de Sainte-Foy, prononce ensuite un discours à la tribune.

Plusieurs projets d'agrandissement ou de reconstruction sont proposés mais ne voient pas le jour. Ainsi en 1807, sous le Premier Empire, le conseil de fabrique propose de réparer la toiture et de reconstruire l'autel, détruit lors de la Révolution. Le clocher est réparé en 1820 par Baptiste Brunet, sur les plans du conducteur des Ponts et Chaussées de l’arrondissement de Libourne, M. Sylvestre ; cependant, la municipalité émet une contestation, le prix demandé dépassant le devis initial, tandis que des experts nommés par le préfet constatent plusieurs malfaçons.

En 1824 ouvre le collège protestant de Sainte-Foy (il fermera en 1882) et, trois ans plus tard, l'actuel temple protestant de la rue Pasteur. Le clocher de l'église est une nouvelle fois réparé en 1829, puis en 1836. En 1843, une souscription est lancée pour la rénovation de l'église.

Depuis le milieu du XIX siècle Reconstruction vignette|Le porche. En 1849, le conseil municipal adopte à l'unanimité un projet d'agrandissement de l'église Notre-Dame. Pour ce faire, elle rétrocède à l'institution religieuse l'ancienne place de l'Égalité. Propriétaire de l'immeuble de nos jours occupé par une agence du Crédit mutuel, Madame Paris demande que les travaux restent mesurés, craignant que la petite voie située entre son immeuble et l'église devienne une androne. Les travaux supprimant la place de l'Égalité et ne lui permettant plus de faire passer une charrette, elle reçoit un dédommagement.

Les travaux commencent en 1850, dirigés par l'architecte L'Abbé de Bordeaux ; par rapport à l'ancien bâtiment, la pierre utilisée est plus compacte et plus jaune. L'église est alors presque intégralement reconstruite. Ses voutes sont rehaussées. Ne restent de l'église originelle que la façade occidentale et l'oratoire. La première pierre est posée le par le curé Pierre-Henri Gérault de Langalerie. Le , elle est consacrée par l'évêque d'Agen Jean-Aimé de Lévézou de Vézins, en présence de l'archevêque de Bordeaux Ferdinand-François-Auguste Donnet. Le maire de l'époque est L. de Brugière. L'autel accueille des reliques de trois saints, conservées dans une petite boîte en plomb. Il s'agit d'un don de Langalerie à sa ville natale ; il les avait reçues d'un trésorier de mont-de-piété, qui les avait recueillies après le pillage de l'église des Capucins de Bordeaux, où elles se trouvaient avant la Révolution (hormis les ossements de sainte Foy, qui ont été rajoutés). Les inscriptions sur la boîte, illisibles, laissent cependant deviner les lettres « F… S… et B… ». Le musée du Pays foyen, qui considère cette hypothèse fantaisiste, relève que la plaque historique de 1945 située à l'entrée de l'église évoque qu'il s'agirait de saint Fauste, saint Sulpicien et sainte Bibiane (il existe une dizaine de saints du nom de Fauste, saint Sulpicien n'a jamais existé, contrairement à saint Sulpice et saint Servilien, quant à sainte Bibiane, il s'agit d'une légende médiévale).

L'archevêque Donnet inaugure le collège catholique de Sainte-Foy en 1852 ; il est agrandi en 1869. Au sujet des travaux d'agrandissement de l'église, il faut préciser que Donnet est à l'origine d'une entreprise de restructuration de nombreux bâtiments religieux en Gironde, qui abandonnent leur style roman caractéristique au profit d'un nouveau, jugé plus majestueux. Cela lui vaut les critiques d'archéologues, dont la profession commence à se structurer. En 1869, le clocher est agrandi, béni deux ans plus tard par Pierre-Henri Gérault de Langalerie (devenu archevêque d'Auch) avec les deux nouvelles cloches, Anne-Foy et Jeanne-Marie Louise ; cette dernière porte le prénom de la sœur de l'archevêque, Marie-Louise de Langalerie ; elle en est la marraine. Le parrain de la première est le maire, M. Borderie. Le , sainte Foy est proclamée patronne de la ville de Sainte-Foy-la-Grande par le pape Pie IX. Une relique de la sainte est translatée depuis l'église de Conques le . En 1880, les voies autour de l'église sont pavées par un trottoir en céramique, avec des bordures en granit. Le beffroi métallique est reconstruit en 1895.

Jean Corriger, érudit local et président-fondateur en 1948 de la société d'histoire Les amis de Sainte-Foy et sa région, rapporte que dans les années 1900, la municipalité décida d'expulser un cordonnier dont l'échoppe se trouvait entre les arcs-boutants de l'église, rue de la République ; il refusa, conduisant les autorités à la détruire de nuit et y installer des grilles, encore visibles plusieurs décennies après.