Stefano Garzelli, né le à Varèse en Lombardie, est un coureur cycliste italien professionnel de 1997 à 2013 devenu ensuite directeur sportif. Garzelli est un grimpeur, spécialiste des courses par étapes et des classiques vallonnées. Il a notamment remporté le Tour d'Italie 2000. En 2002, il a fait l'objet d'un contrôle antidopage positif à la probénécide, un produit masquant, ce qui lui a valu une suspension de neuf mois.
thumb|Stefano Garzelli lors du Tour d'Italie 2011
Repères biographiques Stefano Garzelli naît le à Varèse en Lombardie. Il commence le cyclisme à l'âge de dix ans à la Polisportiva Besanese.
Il réside actuellement à Mendrisio, dans le canton du Tessin en Suisse.
Carrière cycliste Début de carrière (1996-1999) Victoire au Tour de Lombardie amateurs (1996) Garzelli se fait repérer en 1996 alors qu'il court dans la catégorie espoirs : il termine cinquième du Tour de la vallée d'Aoste, glanant des places d'honneur lors de plusieurs étapes de montagne, et surtout remporte le Tour de Lombardie amateurs, dans sa région nataleLa Storia-origini. stefanogarzelli.com.. Cette victoire achève de convaincre Giuseppe Martinelli, à l'époque membre de l'encadrement de l'équipe Carrera, qui forme alors l'équipe Mercatone Uno autour de Marco Pantani, de retour après une longue période d'absence consécutive à son accident survenu dans Milan-Turin en octobre 1995. Garzelli débute ainsi sa carrière professionnelle dans cette équipe aux côtés de Marco Pantani, surnommé Il Pirata. Rapidement, Stefano Garzelli, considéré parfois comme son successeur, devient Il PiratinoIl Giro di «Piratino» Garzelli, il gregario che s' è inventato campione Intervista a Pantani: «Pronto per il Tour ma che sofferenza non stare con i primi». Corriere della Serra. 5 juin 2000.
Débuts réussis chez les professionnels (1997) Dès sa première saison professionnelle, en 1997, Garzelli brille. Il obtient ainsi une au Tour de l'EtnaLa Storia-1997. stefanogarzelli.com.. Il parvient à être sélectionné pour le Tour d'Italie dès cette année en effectuant des prestations convaincantes dans le Grand Prix du canton d'Argovie et dans Liège-Bastogne-Liège. Il devient rapidement leader de l'équipe Mercatone Uno sur le Giro 1997 après la chute de Pantani dès la première semaine dans la Mondragone-Cava de Tirreni. Malgré le temps perdu ce jour-là pour attendre son leader malchanceux, il termine neuvième de l'épreuve, à 18 minutes et 8 secondes du vainqueur Ivan Gotti, après plusieurs places d'honneur obtenues dans les Dolomites, notamment une troisième place dans la , décisive, entre Raconiggi et Breuil-Cervinia remportée par le futur vainqueur. Ensuite, il obtient une huitième place au Tour de Suisse, après avoir longtemps suivi Jan Ullrich sur la route montagneuse de Kandersteg. Il termine également meilleur grimpeur de ce Tour de Suisse.
Première grande victoire (1998) 1998 est l'année de la confirmation. Il entame le Tour d'Italie affaibli par une grippe contractée quelques jours avant le départLa Storia-1998. stefanogarzelli.com.. Garzelli aide néanmoins son leader Marco Pantani à remporter le Giro. Dans l'étape de Selva Gardena qui permet à Pantani d'enfiler le maillot rose, Garzelli termine huitième. Il chute néanmoins dans la dernière étape de montagne, dans la descente du Crocedomini, et perd alors de précieuses minutes au classement général. Il termine finalement de ce Tour d'Italie. Un mois plus tard, il s'impose de fort belle manière sur le Tour de Suisse, en présence de coureurs comme Jan Ullrich, Laurent Jalabert, Francesco Casagrande ou Bjarne Riis. Après une troisième place dans sa ville natale, Varèse, il s'empare du maillot de leader après avoir gagné deux étapes dans la station de Lenzerheide, la deuxième étant remportée devant l'italien Leonardo Piepoli, alors que selon ce dernier, Garzelli lui avait promis de lui laisser la victoire d'étape. Ce contentieux aura des conséquences un mois plus tard, dans l'étape du Plateau de Beille au Tour de France, au cours de laquelle Piepoli aidera Ullrich à chasser derrière Pantani, échappé et finalement vainqueur d'étape. Finalement, Garzelli montre qu'il est un coureur complet en résistant notamment à l'enfant du pays Beat Zberg dans le dernier contre-la-montre à Berne. Sur ce Tour de Suisse, Garzelli gagne également le classement du meilleur jeune et le classement du meilleur grimpeurLa Storia-1998. stefanogarzelli.com.
Premier creux (1999) Son année 1999 est moins concluante. Garzelli fait pourtant un très bon début de saison. Il s'impose au Grand Prix Miguel Indurain et dans une étape du Tour du Pays basque. Il termine également de Tirreno-Adriatico, puis de Milan-San Remo au sprint, après que son leader Pantani se fut échappé dans la Cipressa. Au cours de cette classique, Garzelli montre ainsi une nouvelle facette de son talent : sa capacité à réaliser de beaux sprints. Garzelli participe donc au Tour d'Italie avec de hautes ambitions. Mais sur cette épreuve, où il joue le rôle d'équipier de luxe pour Pantani, il est contraint à l'abandon la veille de l'arrivée, comme l'ensemble de son équipe, à la suite de l'exclusion du « Pirate » en raison d'un hématocrite supérieur au plafond de 50 %. En juillet, en l'absence de Pantani, il participe au Tour de France comme leader mais ne parvient pas à y brillerLa Storia-1999. stefanogarzelli.com.
La consécration (2000) Garzelli commence la saison 2000 de la meilleure manière en terminant de Milan-San Remo au sprint. Sa victoire au Tour d'Italie, en juin 2000, est la confirmation définitive de son talent. thumb|alt=Pantani|Marco Pantani, leader de Garzelli à la Mercatone Uno entre 1997 et 2000 Garzelli entame l'épreuve avec un statut ambigu. Au sein de son équipe Mercatone Uno, il paraît être en mesure de jouer pour la première fois le rôle de leader. Néanmoins, le retour de Pantani, leader historique de cette équipe, un an après son expulsion à la veille de l'arrivée du Giro 1999, paraît fragiliser ce statut. Mais la méforme de Pantani en début de Giro lui facilite les choses. Le début du Tour d'Italie est largement dominé par l'Italien Francesco Casagrande, vainqueur un mois auparavant de la Flèche wallonne. Après une deuxième place dans l'étape de l'Abetone, remportée par Francesco Casagrande, Garzelli remporte une étape au sommet de Prato Nevoso, réglant l'ensemble des favoris au sprint. Puis, Garzelli s'accroche à la roue du maillot rose Francesco Casagrande lors de l'étape de Briançon, par-delà le col de l'Izoard, grâce à l'appui précieux de Marco Pantani, enfin de retour au plus haut niveau et qui termine deuxième de l'étape. Le lendemain, lors du dernier contre-la-montre à Sestrières, Garzelli parvient à déposséder Casagrande de sa première place en obtenant une troisième place. Il remporte ainsi le Giro devant Casagrande, qui finit à une minute et vingt-sept secondes, et Simoni, qui finit à une minute et trente-trois secondes. Garzelli participe ensuite au Tour de Suisse dans l'espoir de rééditer son succès de 1998. Une défaillance au cours de la troisième étape l'empêche néanmoins de bien figurer au classement général. Garzelli remporte finalement l'étape-reine à La Punt ainsi que le classement du meilleur grimpeur. Une chute et une irritation à la selle le contraignent cette année-là à arrêter sa saison plus tôt que prévuLa Storia-2000. stefanogarzelli.com.. Garzelli conclut l'année à la du classement UCI.
Passage mitigé chez Mapei (2001-2002) Une année difficile (2001) Soucieux de s'émanciper de la tutelle de Pantani, il rejoint la Mapei en 2001, équipe puissante, dont le patron, Giorgio Squinzi, est à la recherche d'un leader pour les grands tours. Après avoir remporté le Giro, Garzelli considère qu'il n'est plus possible pour lui de participer aux grandes courses dans les habits d'un gregario, fût-il de luxe, de Marco Pantani.La Storia-2001. stefanogarzelli.com.. Garzelli se prépare au Giro en participant à la Semaine catalane et au Tour du pays basque, dont il gagne le premier tronçon de la cinquième étape, première victoire avec sa nouvelle équipe. Il remporte également le Grand prix du commerce et de l'industrie à Larciano. Leader de son équipe sur le Giro, Garzelli fait un bon début de course en terminant de l'étape arrivant au sommet de Montevergine. Il doit ensuite abandonner en raison d'une grippe. Après une nouvelle victoire d'étape en montagne au Tour de Suisse, il participe au Tour de France. Peu à l'aise dans les Alpes, Garzelli réalise de bonnes performances dans les Pyrénées, mais ne parvient qu'à accrocher une quatorzième place au classement généralLa Storia-2001. stefanogarzelli.com..
Les problèmes de dopage (2002) En 2002, il réalise un bon début de saison. Dans Liège-Bastogne-Liège, son équipe Mapei domine largement le peloton. Garzelli semble être le plus fort ce jour-là. Il s'échappe dans le final avec son coéquipier Paolo Bettini auquel il ne dispute que mollement la victoire au sprint. Il finit ainsi deuxième de Liège-Bastogne-Liège derrière son coéquipier. Bettini rend alors hommage à son coéquipier et l'assure de son soutien pour le Tour d'ItalieLionel Chami, « Bettini réveille la doyenne », dans Le Parisien, 22 avril 2002 [texte intégral [archive]. Garzelli confirme son excellente forme en remportant le Grand prix de Camaiore en battant au sprint Giuliano Figueras et Francesco CasagrandeLa Storia-2002. stefanogarzelli.com.. L'esprit de Garzelli est déjà tourné vers son grand objectif de la saison : le Tour d'Italie. À la tête de l'équipe Mapei, il remporte deux étapes, dont une en Belgique, sur les routes de Liège-Bastogne-Liège. Mais il est ensuite contrôlé positif au probénécide, un produit masquant figurant sur la liste des produits interdits, alors qu'il porte le maillot rose de leader. Il invoque alors l'ingestion d'un poulet avarié. Il est exclu de la course, puis suspendu 9 mois par la fédération suisse à laquelle il est affilié.
Le retour (2003-2006) Retour réussi au Giro (2003) Le contrôle positif de Garzelli invite le patron de la Mapei, Giorgio Squinzi, à se retirer du cyclisme. Garzelli rejoint alors une formation moins prestigieuse, l'équipe Vini Caldirola-Sidermec, habituée à accueillir les champions de retour de suspension. De retour le , il remporte sa première course : la première étape, en montagne, du Tour du Trentin, entre Arco et Moena.Luca Gialanella«Ed è subito Garzelli». La Gazzetta dello Sport, 25-04-2003. Deuxième de la deuxième étape du Tour du Trentin, Garzelli termine également deuxième du classement général de cette épreuve, à seulement sept secondes de Gilberto SimoniLa Storia-2003. stefanogarzelli.com., annonçant ainsi ses ambitions pour le Giro.
Il réalise ensuite un grand Tour d'Italie : il remporte d'abord la troisième étape entre Policoro et Terme Luigiane, qui s'achève dans un sprint en côte. Vient ensuite l'arrivée au sommet de Terminillo, station des Apennins au cours de la septième étape. Garzelli résiste aux attaques de Gilberto Simoni et remporte l'étape au sprint devant ce dernier et le vétéran Andrea Noe. Il enfile le maillot rose ce jour-là. Néanmoins, au sein de sa modeste équipe, il ne peut s'appuyer sur des coureurs de très haut niveau pour l'épauler face à Gilberto Simoni. Seul l'Italien Eddy Mazzoleni peut l'aider en montagne. Garzelli ne conserve donc le maillot rose que trois jours. Lors de la entre Montecatini et Faenza, Simoni attaque et trouve le soutien de Kurt Asle Arvesen, finalement vainqueur de l'étape. Garzelli, isolé dans un groupe avec notamment Mazzoleni et Pantani, ne parvient pas à refaire son retard. Ses espoirs de victoire sont définitivement anéanties après sa chute avec Marco Pantani dans la descente du col du Sampeyre au cours de la dix-huitième entre Santuare di Vicoforte et Chianale. Il finit deuxième au classement général final à 7 minutes et six secondes du vainqueur Gilberto Simoni et seulement cinq secondes devant le troisième Yaroslav Popovych.