La principauté d'Orange est un fief du Saint-Empire romain germanique, érigé à la fin du , en principauté souveraine, jusqu'à sa disparition en 1713.

Son territoire est entièrement enclavé dans le Comtat Venaissin, avec pour capitale la ville d'Orange, situé dans l'actuel département de Vaucluse.

Créée à la fin du en faveur de la famille de/des Baux, la principauté passe par mariage aux Chalon, en 1393, puis à un neveu issu de la maison de Nassau, en 1530. Ces derniers la conservent jusqu'à leur renoncement officiel en 1713, après plusieurs occupations françaises et la mort de son dernier représentant Guillaume III d'Orange-Nassau (), roi d'Angleterre.

Le titre de princesse d'Orange est actuellement porté par une descendante des Orange-Naussau, la princesse héritière Catharina-Amalia des Pays-Bas.

Histoire Selon Joseph de La Pise, greffier au Parlement d'Orange et auteur d'une histoire de la principauté d'Orange, à la suite de son père Jacques de la Pise (1607), qui dédie ses travaux en 1639 à son prince le stathouder Frédéric-Henri d'Orange-Nassau., la principauté a appartenu à « quatre races qui y ont régné souverainement »., les Nice-Orange, les Baux, les Chalon, les Nassau.. Il désigne comme fondateur de cette principauté « Guillaume au Cornet », un héros légendaire médiéval, farouche guerrier, défenseur de la papauté et libérateur de la cité d'Orange occupée par les Sarrasins, vers 793, et sujet d'une chanson de geste.

Avant la principauté

À la suite du traité de Verdun (843), le territoire d'Orange relève de la Francie médiane, puis du royaume d'Arles, avant de devenir un fief du Saint-Empire.

Au milieu du siècle, les Mévouillon .

Le territoire passe vers le milieu du au lignage provençal des Nice-Orange-Mévouillon, le miles Raimbaud (entre 1032 et 1062) porte dans un acte l'épithète d'Orange (Cartulaire de la cathédrale de Nice, 8, , Raimbaldus Autdeperus, plus probablement Aurasicensis)... (Varano, 2011), des historiens se sont intéressés à la provenance de ces biens dans les environs d'Orange, optant soient par l'achat, soit par deux des trois mariages de Raimbaud, selon l'hypothèse de Ripert-Monclar (1907). Raimbaud et sa femme Adélaïde/Azalaïs de Reillanne acquièrent les biens de l'Église d'Orange, expliquant notamment la vacance du siège épiscopal vers 1064/1070.

Son petit-fils, Raimbaud II, est qualifié de comte d'Orange, ainsi que la fille de ce dernier, Tiburge d'Orange (Tiburgis de Aurasica civitate).

Les Baux, premiers princes d'Orange

Françoise Gasparri (1985), archiviste-paléographe, rappelle que la principauté est fondée, dans des circonstances qui restent inconnue en l'état actuel des connaissances, par Tiburge II (). La maison seigneuriale des Baux obtient le contrôle de la seigneurie d'Orange, vers la fin du , à la suite du mariage de Tiburge II avec son second époux, vers 1163, ..

En 1163, l'empereur Frédéric Barberousse érige Orange en principauté.. À partir de 1176, Orange relève directement du Saint-Empire.

À la mort de , en 1181, et à la suite du règne de son troisième fils, Guillaume V/ (1181-1224), la principauté est codirigée par ses deux fils, Guillaume VI/ et Raymond I (1225-1239). Pour Florian Mazel (Mazel, 2006) est l' (Mazel, 2006).

Raymond I .

Les Chalon-Arlay-Orange (1393-1544)

La principauté passe aux Chalon-Arlay, tige des Chalon, en 1393 à la mort de , à la suite du mariage de sa fille et unique héritière, Marie des Baux-Orange, avec , seigneur d'Arlay..

En 1544, le dernier descendant de la maison de Chalon, René, fils de Henri III de Nassau-Breda et de Claude de Chalon, meurt sans descendance.

Guillaume d'Orange-Nassau (1544-1584) Il laisse la principauté à un cousin en ligne paternelle Guillaume de Nassau-Dillenbourg le Taciturne (1533-1584), qui n'est donc pas un descendant des princes originels.

Celui-ci, âgé de 11 ans, doit abjurer le protestantisme et vit ensuite aux Pays-Bas, sous le contrôle de la régente Marie de Hongrie, sœur de l'empereur Charles Quint, souverain des Pays-Bas ainsi que roi de Castille et d'Aragon. Devenu adulte, Guillaume d'Orange-Nassau entre au service de Charles Quint, alors très souvent en guerre contre la France (sixième à dixième guerres d'Italie), puis de son fils Philippe (onzième guerre d'Italie).

Occupée par l'armée française, la principauté d'Orange est annexée unilatéralement par le roi Henri II en 1551 et intégrée au Dauphiné. Cependant, en 1559, les traités du Cateau-Cambrésis prévoient qu'elle soit restituée à Guillaume. La restitution a lieu peu après la mort d´Henri II, sous le règne de François II.

Après le retour de la paix, Philippe part vers l'Espagne dont il est devenu le roi Philippe II, confiant la régence des Pays-Bas à sa demi-sœur, Marguerite de Parme. Guillaume d'Orange, membre du Conseil d'État, est un des premiers personnages du gouvernement au début des années 1560.

Mais les tensions entre le roi d'Espagne et les Néerlandais aboutissent au soulèvement de 1568, dont Guillaume prend la tête. En 1581, sept des dix-sept provinces font sécession, formant ce qui va devenir la république des Provinces-Unies. Guillaume est assassiné en par un agent de Philippe II.

En tant que prince d'Orange, Guillaume est notamment à l'origine de la publication en 1567 d'un recueil d'ordonnances de la principauté :

Principauté aux mains des Orange-Nassau (1584-1713)

En 1701, le revenu de la principauté d'Orange est estimé à ..

Fin de la principauté occupe plusieurs fois le territoire de la principauté dans le cadre des guerres contre les Provinces-Unies (couramment appelées « Hollande »), dont la personnalité politique principale est alors le stathouder (roi d’Angleterre et d’Écosse à partir de 1688) : en , , et .

meurt en et avec lui s'éteint la première maison d'Orange-Nassau. profite des démêlés concernant sa succession pour occuper la principautéJacques Cru, Histoire des Gorges du Verdon jusqu’à la Révolution, Édisud et Parc naturel régional du Verdon, 2001, , Mireille Vidor-Borricand, Une université méconnue. L'université d'Orange, , Aix-en-Provence, Éditions Borricand, 1977 , en pleine guerre de Succession d'Espagne.

Il engage une procédure devant le Parlement de Paris, qui lui reconnaît la propriété éminente sur la principauté en attribuant la propriété utile à François-Louis de Bourbon-Conti, héritier des Chalon.

Cette annexion est reconnue lors des traités d'Utrecht en par la maison d'Orange-Nassau, qui renonce à ses droits sur Orange.

La principauté d'Orange est réunie au Dauphiné en .

En , son territoire est réuni à celui du département de Vaucluse.

Territoire right|thumb|Carte de la principauté dans la première moitié du , reproduite de l'Atlas Maior de Willem Blaeu (1627). Le nord est en bas.

thumb|Agrandissement et coloriage d'une partie de la section 121 de la carte de Cassini, mettant en évidence, en jaune, les enclaves de la principauté d'Orange dans le bas-Dauphiné, en bleu, les enclaves provençales, en rouge, celles du Comtat Venaissin.

Délimitation et situation D'une superficie d'environ , la principauté avait un territoire d'environ de long sur de large, s'allongeant du Rhône aux Dentelles de Montmirail.

La frontière sur le Rhône était limitrophe du royaume de France (vicomté de Nîmes, puis province du Languedoc), les autres du Comtat Venaissin.

Elle comportait aussi trois enclaves en Dauphiné, terre d'Empire qui devient française au .

Paroisses enclavées dans le Comtat Venaissin En plus d'Orange, la principauté comprenait les communautés d'habitants suivantes : Bouchet (du seulement); Causans, aujourd'hui partie de Jonquières ; Châteauneuf-de-Redortier, aujourd'hui, partie de Suzette) ; Courthézon ; Derboux, aujourd'hui, partie de Mondragon) ; Gigondas ; Jonquières ; Montmirail ; Montréal-les-Sources ; Montségur, en Provence ; Saint-Blaise, aujourd'hui dépendant de Bollène (il y subsiste un donjon ruiné et une chapelle romane) ; Suze-la-Rousse Suzette ; Saint-André-de-Ramières, aujourd'hui, partie de Gigondas ; Tulette, du (annexion par la France et rattachement au Dauphiné) ; Violès.

Paroisses enclavées dans le Dauphiné Condorcet ; Monbrison ; Villebois-les-Pins, pour laquelle, en 1256, il y a un hommage du seigneur Guillaume des Baux, prince d'Orange, au sénéchal de Provence.

Revendication du titre de prince d'Orange Maison d'Orange-Nassau

Guillaume III désigna dans son testament comme héritier Jean Guillaume Friso de Nassau, descendant en lignée mâle du frère du Taciturne et par les femmes du Taciturne lui-même. Jean-Guillaume Friso fut désigné héritier des princes d'Orange aux Pays-Bas, et plusieurs de ses descendants furent stadhouders. Cette prétention se fondait sur la loi salique et sur le testament de Guillaume III, mais sans possession territoriale réelle depuis 1702 († de Guillaume) / 1713 (Paix d'Utrecht). La France ne leur permit en effet jamais d'obtenir quoi que ce soit de la principauté elle-même, mais ils en portèrent le titre chez eux. C'est ainsi que ce titre fit partie, comme titre souverain, de la titulature des derniers stadhouders des Provinces-Unies et de la famille royale néerlandaise actuelle, la maison d'Orange-Nassau.

Maison de Mailly-Nesle

Après l'annexion par la France en 1673, Louis XIV autorisa en 1706 Louis de Mailly-Nesle, marquis de Nesle (1689-1764), héritier de la maison de Coligny (et de la maison de Chalon comme vu plus haut), à porter le titre de prince d'Orange. Ce dernier n'eut que des filles, mais cela n'était pas un obstacle empêchant une éventuelle succession (par trois fois les femmes avaient transmis le titre : Tiburge d'Orange, Marie des Baux, Claude de Chalon), et Charles de Vintimille (bâtard présumé de Louis XV mais officiellement fils légitime de Pauline-Félicité de Mailly-Nesle et de Jean-Baptiste (1720-1777) comte de Vintimille du Luc) était sans doute apte à recueillir l'héritage. Cependant, une branche cadette de la famille de Mailly, non issue du bénéficiaire, prit ensuite le titre de courtoisie de « prince d'Orange » avec Adrien-Joseph-Augustin-Amalric (1792-1878) et son fils Ferry-Alexandre de Mailly d'Haucourt (1821-1872)Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome IV, page 506. Eric Hamoir, Qualité princière et dignités nobiliaires: essai comparatif sur les distinctions de dignités au sein du second ordre dans divers pays, Éditions de la Librairie Encyclopédique, 1974, page 84..

Maison de Bourbon-Conti Louis XIV réunit Orange à la Couronne et donna cette principauté en 1712 à Louis Armand II de Bourbon-Conti (1695-1727 ; descendant de Marie de Luxembourg ci-dessus), fils de François-Louis, le Grand Conti (1664-1709), lui-même l'héritier de Jean-Louis d'Orléans dernier duc de Longueville, à la mort de ce dernier en 1694.

Liste des seigneurs d'Orange Famille de Nice-Orange

Maison des Baux

N°NomBlasonNaissanceCréé prince d'OrangeCessé d'êtreprince d'OrangeMortAutres titresConjoint(e) 1. Bertrand des Baux 100px 1110/1115 v.1173héritage d'Orange par son mariage avril/ Seigneur des Baux et de Berre, Thiburge II d'Orange 2. Guillaume 100px 1155 avant le Premier prince d'Orange, seigneur des Baux 1. Ermengarde de Mévouillon2. Alix 3. Guillaume II 100px - avant le Coprince (avec ses frères); Seigneur des Baux Précieuse 4. Raymond 100px - avant le 1282 Seigneur des Baux Malberjone d'Aix 5. Bertrand II 100px - 1282 après le Seigneur des Baux Éléonore de Genève 6. Raymond II 100px - après le 1340, après le Seigneur des Baux et de Condorcet Anne de Viennois 7. Raymond III 100px - après le après le 1. Constance of Trian2. Jeanne de Genève 8. Marie des Baux - wikt:Dame d'Arlay, Cuiseaux et Vitteaux Jean

Maison de Chalon-Arlay Les Chalon, seigneurs d'Arlay sont une branche cadette de la maison de Chalon. Elle accède à la tête de la principauté par le mariage de Jean III de Chalon-Arlay avec Marie des Baux, héritière d'Orange.