Albert Billeter, né le à Männedorf et mort le à Paris, est un horloger suisse qui a travaillé dans plusieurs grandes villes d'Europe.

Ses œuvres marquantes sont quatre horloges astronomiques et le mouvement de la cathédrale de Barcelone.

Biographie Albert Billeter est né à Männedorf, canton de Zurich le et il est mort à Paris le . Adolescent, il est tout d'abord formé par son père, horloger, puis rejoint à 15 ans La-Chaux-de-Fonds, canton de Neuchâtel, pour parfaire sa formation.

En 1841, il épouse Anna Dorothea Kappeler. De cette union naissent 6 enfants : 3 filles et 3 garçons, dont Friedrich qui sera également horloger à Londres. Fin 1849, ils s'installent à Milan, en Italie. Albert y perd à la fois sa fortune et celle de sa femme () et ils rentrent à Zurich en 1852. vignette|Can Pardal à Gracia au 49 Calle Montseny, construit en 1875. En 1854, ils quittent définitivement la Suisse et arrivent à Gràcia, commune de Barcelone, Espagne. Ils s'installent au 83 carrere de l'Angel (actuellement 49 Calle Montseny) et Albert y créa la Fábrica de Relojes. Il y fabrique des horloges .

Il y construit, en autres, deux horloges astronomiques et le mouvement de la cathédrale de Barcelone.

Son épouse Anna meurt en 1855 et l'année suivante, il épouse Louise Santoux, également suisse et résident à Barcelone, avec qui il aura 4 filles.

Vers 1870, en pleine , il quitte l'Espagne et s'installe à Paris, sa seconde épouse est déjà décédée, il part avec Marie Santoux, la petite sœur de Louise avec qui il aura 2 enfants, morts en bas âge. Il y réalise sa plus ambitieuse horloge mais cherche aussi à ouvrir un musée. Il propose aussi un plan pour une horloge astronomique pour la nouvelle basilique du Sacré-Cœur. Il meurt à l'hôpital Tenon, dans le , le , il a alors 78 ans. Il a eu 12 enfants.

Les horloges

L'horloge astronomique du Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel de Neuchâtel (1840) vignette|MAHN horloge astronomique d'Albert Billeter (1840) En 1840, Albert Billeter achève la fabrication de l'horloge astronomique exposée au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel depuis 1931 (offerte par son neveu Alexandre Beguin, reçu de Charles Junod, beau-frère d'Albert).

Le mécanisme de temps comprend un échappement à ancre à chevilles ainsi qu'un balancier à la seconde compensé thermiquement par du mercure. Le cabinet est composé de bois et de verre. Les indications astronomiques sont affichées au moyen d'une plaque de base en laiton supportant des petits cadrans à cartouches émaillés. Les lectures sont les suivantes : temps moyen, temps légal, équation du temps, quantième complet (date, jour, mois et année) signes du Zodiaque, seconde centrale, indexée par des pastilles émaillées sur le pourtour extérieur, lunaison. Le système de remontage fut modifié postérieurement par électrification et la sonnerie ainsi que le système de rattrapage du quantième perpétuel sont manquants. Un cartouche émaillé à 6 heures indique le nom du fabricant de l'horloge Verfertigt von Albert Billeter 1840 (confectionnée par Albert Billeter en 1840). Dimensions totales : hauteur , largeur , profondeur . Entrée au MAHN en 1931.

Cette horloge fut restaurée et remis en marche en 2018 grâce à un plan de sauvegarde initiée en 2015 par l'Association Automates & Merveilles. 679 heures ont été nécessaires à la restauration de l'horloge astronomique et 3 restaurateurs ont œuvré à cette rénovation. Une publication accompagnée d'un film de retracent le travail effectué sur 3 pièces de prestige (Automates & Merveilles - Rêves en trois temps, éditions Alphil, 2018).

L'horloge astronomique du Congrès des députés de Madrid (1854-1857) Au cours des années 1854 à 1857, Albert Billeter a construit dans son atelier de Gracia une horloge astronomique exceptionnelle de boîte haute qui montre en haut la position de la Terre et de la Lune autour du Soleil, avec l'orbite de la Terre encadrée et un cercle zodiacal gradué. En bas se trouvent plusieurs sphères indiquant l'heure locale, les données du calendrier perpétuel, les heures de 20 méridiens différents, l'heure moyenne, l'équation temporelle et les heures quotidiennes de lever et de coucher du soleil. Il y a aussi un espace plus grand contenant un planétarium où la position des principales planètes dans leurs orbites autour du Soleil est indiquée. En dessous, un thermomètre, un hygromètre et un baromètre.

Grâce à la restauration de l'horloge réalisée par l'horloger madrilène Juan José Ontalva en 1982, cette horloge astronomique est toujours en parfait état de fonctionnement dans l'une des salles du Palais du Congrès des députés de Madrid.

L'horloge astronomique de l'Académie royale des sciences et des arts (1859-1869) vignette|Horloge astronomique de l'académie des sciences et des arts de Barcelone. Le succès de l'horloge du Congrès dans les cercles politiques de Madrid a été si grand que peu de temps après, la Reine Isabelle II a chargé Billeter de construire une autre horloge aux caractéristiques similaires à la première mais plus grande, destinée au Palau del Sénat.

En 1859, Albert Billeter a commencé cette horloge astronomique d'une taille de 3 mètres de haut par 2 de large, beaucoup plus grande que la précédente.

L'horloge est située à l'intérieur d'un meuble luxueux surmonté du bouclier Isabelí et protégée par un verre d'environ 2 x 2 mètres, à travers lequel sont visibles tous les mécanismes, esthétiquement disposés, avec une multitude de sphères indicatrices. C'est ce que l'on appelle en langage technique une horloge squelette.

À gauche, la sphère de l'heure locale qui fonctionne avec son propre pendule. Symétriquement, sur le côté opposé se trouve une sphère similaire qui indique les données solaires (l'équation du temps et les heures quotidiennes de lever et de coucher du soleil) avec un deuxième pendule qui contrôle le mouvement de tous les indicateurs astronomiques.

Entre les deux sphères mentionnées se trouve un grand disque gravé des signes du zodiaque qui encadre le système Soleil-Terre-Lune, où on peut voir à tout moment, les positions relatives des trois astres entre eux et par rapport au cercle zodiacal. Il reproduit également les phases de la lune et l'inclinaison de l'axe terrestre par rapport au Soleil qui est la cause des quatre saisons de l'année.

Sous ce système se trouvent 4 petites sphères qui constituent un calendrier perpétuel et où on peut lire le jour du mois, le jour de la semaine, le mois et l'année en cours. Le système mécanique prend en compte le saut automatique des jours nécessaires dans les mois de moins de 31 jours, même en février des années bissextiles.

Un peu plus bas, et à l'intérieur d'un autre cercle zodiacal, se trouve le système planétaire où est montrée la position relative des planètes et des astéroïdes : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Vesta, Cérès, Juno, Pallas, Jupiter, Saturne et Uranus. La roue qui entraîne l'indicateur sur cette dernière planète est le mobile le plus lent de l'horloge, car elle ne tourne que tous les 84 ans. Billeter n'a pas inclus la planète Neptune qui avait été prédite et découverte en 1846, ni, bien sûr, Pluton qui ne le serait qu'en 1930.

Enfin, autour du planétarium, il y a 24 sphères qui marquent le temps de 24 méridiens dans le monde: « Antipodes, Londres, Constantinople, Berlin, Lisbonne, Le Caire, Pékin, Montevideo, Mexico, La Havane, Ceuta, Tenerife, Porto Rico, Manille, Fernando Poo, Rio de Janeiro, New York, Calcutta, Isfahan, Vienne, Berne, Saint-Pétersbourg, Rome, Paris ».

Il a donc fallu 10 ans à Billeter pour terminer cette horloge astronomique, au bout du compte le Sénat n'a pas tenu sa promesse d'achat. Elle fut acquise par la famille Moragas, les artisans du mobilier de l'horloge, les auteurs également du meuble de l'horloge du Congrès.

En 1877, l'horloge a été exposée à l'Université de Barcelone, où elle fut admirée par le roi Alphonse XII, dans le cadre de l'exposition intitulée Manifestación de la Industria Catalana. Il était possible de l’acquérir pour la somme de 10 000$.

En 1888, l'horloge a été exposée au Pavillon des sciences de l'Exposition universelle de Barcelone, où Billeter a reçu une médaille d'or. Après l'exposition, la famille Moragas a déposé l'horloge au siège de l'Académie royale des sciences et des arts. En 1926, elle a été acquise par l'institution, qui l'avait en dépôt, pour pesetas.

L'horloge a, entre les différents cadrans indicateurs, une plaque avec cette inscription : .

En raison de sa mécanique complexe à l'extrême, l'horloge n'a pas fonctionné pendant de nombreuses années, bien qu'elle ait fait l'objet d'études par des horlogers et des universitaires. Ramon Jardí a publié un rapport en 1960 avec une étude exhaustive de son mécanisme avec quelques données historiques (Jardí 1960).

En 1985, elle a été entièrement restaurée par une équipe d'enseignants et d'étudiants du département d'horlogerie de l'IES-SEP La Mercè à Barcelone sous la direction du professeur Ramon Beseran i Claret, doyen du département, qui en a ensuite pris la responsabilité de son entretien laborieux jusqu'à sa mort. À l'heure actuelle, elle peut encore être admirée, en parfait état de fonctionnement, à l'étage de l'Académie royale des sciences, au numéro 115, les Ramblas de Barcelone.

Elle a été restaurée en 2008 par le maître horloger Eduard Farré et ses élèves du département d'horlogerie de l'IES-SEP La Mercè à Barcelone.

L'horloge du Clocher de Gràcia. Barcelone (1862-64) vignette|Clocher de Gràcia avec l'horloge actuelle Entre 1862 et 1864 il achève la fabrication de l'horloge du .

Parallèlement aux obstacles rencontrés par l'horloge astronomique commandée pour le Sénat, Albert Billeter a continué à travailler sur des œuvres de moindre importance artistique mais non moins importantes d'un point de vue technique. En 1862, il a commencé à construire l'horloge du clocher pour la tour qui devait occuper le centre de la Plaça de Orient à Gràcia.

Symbole incontestable de Vila de Gràcia, le clocher élancé est situé au milieu de la Plaça de la Vila de Gràcia, juste en face du siège du district. Auparavant, cet endroit avait été appelé la Plaza de Oriente et la Plaza de la Constitución ; populairement, il a également été connu comme la Plaza de la Vila, le Campanar et le Rellotge, pour des raisons évidentes.

La célèbre cloche de Gràcia, qui sonne les heures, inaugurée le , n'a pas été baptisée mais était autrefois connue sous le nom de La Marieta, elle pèse et mesure de haut par de diamètre. Depuis la en 1870, lorsque la cloche de l'horloge s'est fissurée lors d'un intense bombardement, le Campanar de Gràcia est devenu le symbole par excellence de la ville, une qualité qu'il conserve, et la cloche a acquis une forte charge symbolique. Derrière un symbole aussi important, cependant, il y avait un mécanisme silencieux.

L'horloge construite par Albert Billeter restera dans son emplacement dans le Campanar de Gràcia jusqu'en 1929 où elle devait être remplacée par une nouvelle machine venue du Pays Basque. Le remplacement, cependant, n'a pas pu être effectué immédiatement, car avec l'Exposition universelle de cette année, la machine basque a été installée au sommet de l'hôtel situé au numéro 1 de la Plaza Espanya pour donner l'heure au public de l'exposition.

L'horloge de Billeter est donc restée en place jusqu'en 1943, date à laquelle la machine de la Plaça Espanya a pu être récupérée et finalement installée à Gràcia. L'horloge basque a été remplacée en 1952 par une machine de l'usine Blasco de Roquetes. Cette horloge a fonctionné pendant trente ans, jusqu'en 1982, puis elle a été remplacée par une horloge électronique.

L'horloge du (1864) vignette|Pasaje del Reloj. À Barcelone, il y a un passage qui va de la Carrer de Escudellers à la Carrer dels Còdols, qui s'appelle toujours Pasaje del Reloj, bien qu'il n'y ait aucune trace de l'instrument qui lui a donné son nom.