thumb|250px|La maison d'enfance de Carl Nielsen. thumb|250px|Carl Nielsen âgé de 14 ans à Odense. thumb|250px|Anne Marie, femme de Carl Nielsen. thumb|250px|Carl Nielsen devant sa maison d'enfance (1927). thumb|250px|Pierre tombale de Carl Nielsen au cimetière Vestre à Copenhague. Carl August Nielsen (né le en Fionie près d'Odense — mort le à Copenhague) est un compositeur danois. Il est l'un des plus grands représentants parmi les compositeurs scandinaves. Auteur de deux opéras, de musique de chambre et symphonique et notamment de six symphonies, composées entre 1895 et 1925 et qui reflètent son évolution stylistique.
Biographie Carl Nielsen vit les deux dernières années de son enfance dans une chaumière, au de la route d'Odense à Faaborg, près du village de Nørre Lyndelse, où ses parents vécurent jusqu'en 1891. Cette maison est devenue un musée. Il est issu d'une famille nombreuse et très modeste, dont il est le des douze enfants. Son père était ouvrier peintre en bâtiment ; il était également très apprécié comme musicien du village et il apprit à jouer du violon à ses enfants. En 1879, à l'âge de quatorze ans, Carl quitte sa famille pour occuper une place de cornettiste dans l'orchestre militaire d'Odense, situation qu'il occupe pendant quatre ans (1879–1883), avant de rejoindre Copenhague pour sa formation musicale. Il y travaille le violon avec V. Tofte et la théorie avec Johann Peter Emilius Hartmann et Orla Rosenhoff, l'histoire de la musique avec Niels Gade et P. Matthison-Hensen entre 1884 et 1889. Il est ensuite violoniste au sein de la Chapelle royale de Copenhague de 1889 à 1905. Tout en travaillant avec Rosenhoff, il remporte son premier succès de compositeur avec sa Suite, opus 1 en 1888. Il reçoit les encouragements notamment d'Edvard Grieg qu'il rencontre chez Emil Hartmann. Entre 1908 et 1914, il dirige l'orchestre du théâtre royal, puis le Musikföreningen, toujours à Copenhague, jusqu'en 1927. Il est aussi chef invité en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande. De 1916 à 1919, il enseigne la théorie au Conservatoire et en est nommé directeur l'année de sa mort.
Carl Nielsen épouse la peintre et sculptrice Anne Marie Carl-Nielsen (née Brodersen). Ils ont deux filles, Irmeline Johanne (née en 1891) et Anne Marie Frederikke (1893) et un garçon, Hans Börge (1895). Il meurt le à Copenhague et il y est enterré au cimetière Vestre.
L'Association française Carl Nielsen a été fondée par le musicologue Jean-Luc Caron en 1985. Elle édite un bulletin annuel régulierAssociation française Carl Nielsen, sur data.bnf.fr..
Œuvre
Carl Nielsen laisse environ , dont seuls 59 ont été publiés de son vivant. Deux catalogues musicologiques permettent de classer l'œuvre. Celui de Dan Forg et Torben Schousboe (FS) et le catalogue thématique de 446 numéros, CNW..
Nielsen a écrit six symphonies dont certaines sont d'une puissance expressive remarquable. La troisième contient notamment un mouvement lent (Andante pastorale) faisant appel à une soprano et un ténor. Les adagios de la quatrième et de la sixième peuvent quant à eux évoquer ceux des futures symphonies de Dmitri Chostakovitch. La violence, l'humour noir du dernier mouvement de la quatrième symphonie, ou du premier mouvement de la cinquième se retrouveront aussi dans les productions de l'école russo-soviétique. La sixième déconcerta profondément les auditeurs et les critiques lors de sa création en raison de son caractère hermétique.
Nielsen, violoniste virtuose, a écrit un concerto pour violon qu'a redécouvert Yehudi Menuhin. Il a écrit des ballets (Aladdin, pour grand orchestre et chœurs mixtes), des opéras (Saül et David et surtout Maskarade) et des lieder. Contrairement à celui de son contemporain Sibelius, le langage harmonique de Nielsen ne s'enrichit pas d'une inspiration populaire, et sa musique n'est pas à l'écoute de la nature. Nielsen se considérait comme un héritier du classicisme et de Johannes Brahms, dont il appréciait la rigueur dans la construction et l'absence de sentimentalisme. On peut reconnaître toutefois dans ses trois dernières symphonies, écrites entre 1914 et 1925, l'écho de l'angoisse et des déchirements de son temps. Quant au deuxième mouvement de la dernière symphonie, il reflète le scepticisme de Nielsen vis-à-vis des nouveaux courants musicaux de son époque. Le triptyque que forment ces trois chefs-d'œuvre soutient la comparaison, du point de vue de l'unité spirituelle et de l'homogénéité de l'inspiration, avec ces monuments de la musique symphonique que sont le groupe des symphonies , 5 et 6 de Piotr Ilitch Tchaïkovski et celui, plus proche encore de l'inspiration de Nielsen, des symphonies , 6 et 7 de Gustav Mahler et Sibelius.
Opéras et musique de scène Snefrid, mélodrame (1893– ; rév. 1899) Saul og David (1898–1901) création, Copenhague . Maskarade (1894–1906) création, Copenhague . Aladdin (1919)
Orchestre Petite Suite, pour cordes, op. 1 (1888 ; rév. 1889) création, Copenhague . Symphonie en sol mineur, op. 7 (1890-1892) création, Copenhague . Symphonie , « Les quatre tempéraments », op. 16 (1902) création, Copenhague . Composée juste après Saül et David, le musicien y introduit un élément philosophique et extra-musical – mais sans programme — en figurant, avec une remarquable vitalité, les différentes caractéristiques attribuées dans la tradition à la nature humaine, par le biais d'un ensemble de gravures populaires qu'il avait découvert : le colérique (nerveux ou bileux), le flegmatique, le mélancolique et le sanguin. Helios, ouverture, op. 17 (1903) création, Copenhague . Saga-Drøm [« Rêve de Saga »], op. 39 (1907–1908) création, Copenhague . Symphonie , « Sinfonia Espansiva », op. 27 (1910–1911) création, Copenhague . Composée juste avant le Concerto pour violon, les deux œuvres sont créées lors du même concert. Le titre veut donner une vision souriante de la Nature, dans la mesure où elle permet à l'humain d'y épancher sa soif de vie. Le second mouvement introduit deux voix solistes (soprano et baryton) qui chantent la joie de vivre et l'insouciante gaîté. Symphonie , « Inextinguible », op. 29 (1914–1916) création, Copenhague . La préface porte la phrase suivante : Les quatre mouvements sont enchaînés sans pause. Pan et Syrinx, pastorale, op. 49 (1917–1918) création, Copenhague . Franz Neruda in memoriam (1918) Sept Pièces d'après Aladdin (1919) Symphonie , op. 50 (1922) création, Copenhague . La , dont l'auteur exceptionnellement n'attache aucun titre, ne comporte que deux mouvements, mais très amples. Cette symphonie est esthétiquement indissociable de la précédence : et la complète. Symphonie , « Semplice » (1925) création, Copenhague . Un voyage imaginaire vers les îles Féroé (1927), ouverture rhapsodique Bohemisk-Danks folketone [« Airs traditionnels bohémiens et danois »], paraphrase pour cordes (1928) création, Copenhague .
Concertos Nielsen envisageait dès le début des années 1920, de composer cinq œuvres pour vent à destination de ses amis du Quintette à vent de Copenhague pour qui est conçu le Quintette à vent, op. 43 (1922) et . Seuls deux concertos sont achevées en raison de la mort du compositeur.
Le Concerto pour violon, écrit la décennie précédente, lors d'un séjour dans la propriété de Grieg, est une partition lyrique en quatre mouvements. L'œuvre composée en même temps que l'« Espansiva », est créée le même jour. Concerto pour violon, op. 33 (1911) création, Copenhague . Concerto pour flûte (Florence, 1926 ; rév. pour la création d'Oslo) création, Paris . Dédiée au flûtiste et ami de Nielsen Holger Gilbert-Jespersen. Concerto pour clarinette, op. 57 (1928) création, Humlebaek par son dédicataire, Aage Oxenvad. Deux Fantaisies pour hautbois.
Œuvre chorale Hymnus amoris, op. 12 (1896–1897) Nielsen compose cette œuvre en hommage à sa jeune épouse, après un voyage de noces en Italie, où ils découvrent une toile du Titien : un homme tuant sa femme par jalousie. Ils se promirent d'en réaliser l'antithèse. Nielsen commande un poème à Axel Olrik et le texte danois est traduit en latin par J.L. Heiberg. Søvnen [« Le sommeil »], op. 18 (1904) — sur un poème de Johannes Jørgensen. Fynsk forår [« Printemps en Fionie »], pastorale, op. 42 (1921) — sur un texte de Aage Berntsen, lui aussi originaire de Fionie, île natale de Nielsen. Hyldest til Holberg [« Hommage à Holberg »] (1922) Trois motets, a cappella, op. 55 (1929) — sur les Psaumes 37, 22 et 30. Hymne til Kunsten [« Hymne à l'Art »] (1929) Diverses cantates, dont celle pour le de l'union danoise (1931)
Voix soliste Quarante chants danois (1914, 1917), en collaboration avec Thomas Laub et En Snes danske Viser (1915) sur runeberg.org Vingt mélodies populaires (1921) Dix petits chants danois (1924)
Musique de chambre Les quatuors à cordes, sont au nombre de quatre, plus deux autres qui sont exclus du catalogue par l'auteur. Le premier conservé (sol mineur) est révisé plus tardivement et porte en fait le numéro deux. C'est également le cas d'une première sonate pour violon, l'instrument du compositeur. Nielsen écrit tardivement deux pages pour le violon seul. Sonate pour violon en sol (1882) Quatuor à cordes en fa majeur (1887) Quintette à cordes en sol mineur (1888) Quatuor à cordes , op. 5 en fa mineur (1890) Quatuor à cordes , op. 13 en sol mineur (1888; rév. 1899) Sonate pour violon , op. 9 (1895) Quatuor à cordes, , op. 14 en mi bémol majeur, (1897–1898) Ved en ung Kunstners Baare (« Auprès du cercueil d'un jeune artiste ») (1910) — dédié au peintre Oluf Hartmann, mort dans sa trentième année; pour quintette à cordes ou orchestre à cordes. Serenata in vano, pour clarinette, basson, cor, violoncelle et contrebasse (1914) Quatuor à cordes en fa majeur, , op. 44 en sol mineur (1906 ; rév. 1919) Le quatrième quatuor à cordes est le plus immédiatement danois, avec son tempérament ensoleillé. Julius Korngold évoque un « Strauss danois » pour parler de Nielsen. Sonate pour violon , op. 35 (1912) Le critique musical et compositeur danois, Rudolph Simonsen fait l'éloge de la partition et de son auteur : L'œuvre est en trois mouvements et d'un poids comparable aux œuvres de Roussel ou Bartók. Quintette à vent en la majeur, pour flûte, hautbois (cor anglais), clarinette, cor et basson, (1921–) création à Gothembourg. Le Quintette à vent est destiné à ses amis du Quintette à vent de Copenhague. C'est une œuvre au caractère essentiellement gai et comique, de facture classique, d'une grande clarté de forme et inspirée du modèle mozartien, celui de la Sinfonia concertante qu'il avait entendu jouer par les dédicataires. Nielsen ménage à chaque instrument des apparitions virtuoses où le soliste peut se mettre en valeur, notamment dans les variations finales, admirablement écrites. Prélude et thème avec variations, op. 48 pour violon seul (1923) Prélude et presto, pour violon seul (1928)
Piano vignette|alt=un homme jouant au piano|Carl Nielsen au piano dans son bureau de travail, vers 1915. Nielsen ne pratiquait l'instrument qu'en amateur. Dans un premier temps, l'influence va de Grieg (Cinq pièces) à Brahms (op. 8) et la difficulté destine ces œuvres à de bons déchiffreurs et pianistes accomplis, telle la Suite symphonique. Dès la Chaconne, se succèdent trois chefs-d'œuvre de la musique pour clavier du , dans un art très personnel. Pour l'essentiel, le piano de Nielsen s'inscrit dans le mouvement qui exploite de manière renouvelée les formes classiques, illustré par Reger et Busoni, avant les néo-classiques de l'entre-deux-guerres. Deux pièces caractéristiques (1882–1883) Cinq Pièces, op. 3 (1890 ; pub. 1891) dédié à la pianiste Orpheline Olsen. Suite symphonique, op. 8 (1894 ; pub. 1895) création par le par Louis Glass. Six Bagatelles humoristiques, op. 11 (1894–1897 ; pub 1897) Il s'agit de pièces enfantines, dont la seconde, La toupie en forme de mouvement perpétuel, est la plus difficile.