Cette page présente la chronologie des événements qui se sont produits durant l'année 2024 en astronautique.
Les faits marquants de l'année 2024
Sondes spatiales
Lune La sonde spatiale chinoise Chang'e 6 réalise une première mondiale en ramenant un échantillon de 2 kilogrammes du sol de la face cachée de la Lune (tous les échantillons de sol lunaire ramenés sur Terre étaient jusque là prélevés sur la face visible à la composition différente) qu'elle a collecté dans le bassin Pôle Sud-Aitken..
Trois atterrisseurs lunaires américains sont envoyés sur la Lune en 2024 dans le cadre du programme CLPS :
L'atterrisseur Nova-C, placé en orbite par une fusée Falcon 9, doit déposer six instruments dans la région Oceanus Procellarum.. La mission Peregrine Mission One est lancée le par la fusée Vulcan, qui effectue son vol inaugural. Elle emporte une vingtaine d'expériences dont quatre spectromètres fournis par la NASA. Dès le début de la mission, une fuite d'ergols, provoquée par la rupture d'un réservoir, rend impossible tout atterrissage sur la Lune. La trajectoire de l'engin spatial est volontairement modifiée de manière à ce qu'il se désintègre durant sa rentrée dans l'atmosphère terrestre.. La mission IM-1 est lancée le par une fusée Falcon 9, et se pose le dans le cratère Malapert-A, à 300 km du pôle sud de la Lune, dans une zone qui constitue un des sites d'atterrissage envisagés pour la première mission avec équipage du programme Artemis. Elle devient ainsi le premier engin spatial américain à se poser à la surface de la Lune depuis Apollo 17 en 1972. Elle emporte onze expériences scientifiques et technologiques dont six fournies par la NASA. La mission est un demi-succès car l'atterrisseur s'est couché sur le flanc, empêchant le fonctionnement de plusieurs charges utiles..
Le , la NASA annonce l'annulation de l'astromobile lunaire VIPER, dont le lancement était prévu en , à la suite de dépassements répétés du budget initial..
La petite sonde spatiale expérimentale japonaise SLIM, dont l'objectif était d'ordre technologique, s'est posée à la surface de la Lune malgré une défaillance de sa propulsion et a rempli ses principaux objectifs (précision de l'atterrissage, prises d'image, déploiement de petits astromobiles).
Reste du sytème solaire Deux missions d'exploration du système solaire sont lancées en 2024 : La mission Hera de l'ESA est lancée le par une fusée Falcon 9 à destination de l'astéroïde binaire , qu'elle doit atteindre en . Son objectif est d'étudier les effets de l'impact de DART sur Dimorphos survenu le , afin de valider la méthode de déviation d'un astéroïde sur une trajectoire de collision avec la Terre par impact cinétique. La mission Europa Clipper de la NASA, qui a pour objectif d'étudier la lune Europe en se plaçant en orbite autour d'elle afin de déterminer si les conditions qui y règnent pourraient permettre la vie, est lancée le par une fusée Falcon Heavy. L'hélicoptère Ingenuity de la NASA a effectué son 72ème et dernier vol à la surface de Mars. L'engin spatial a largement démontré que, malgré la faible densité de l'atmosphère martienne, un hélicoptère était viable et Ingenuity devrait avoir un successeur plus puissant pur pouvoir embarquer des instruments scientifiques et disposer de plus d'autonomie.. Cet accident, probablement dû à un choc de la pale avec le sol, conduit à la fin de la mission, l'hélicoptère n'étant plus capable de voler.
À la suite du dépassement budgétaire de sa mission de retour d'échantillons martiens Mars Sample Return, la NASA a décidé d'étudier des scénarios alternatifs..
Satellites scientifiques
Deux satellites scientifiques ont été placés en orbite en 2024 : Le télescope spatial rayons X chinois Einstein Probe qui a pour objectif de détecter les phénomènes astronomiques transitoires et d'étudier les objets variables. Il doit effectuer des observations dans les longueurs d'onde 0,5 à 4 keV (rayons X mous) à l'aide de deux instruments : un télescope grand angle (1 stéradian) de résolution spatiale et énergétique moyenne et un télescope à champ étroit (1°x1°) bénéficiant d'une meilleure résolution. Le satellite mettra en œuvre la technique des concentrateurs à galette de micro-canaux. Il doit être lancé fin 2023. Le télescope spatial franco-chinois SVOM est chargé de détecter les sursauts gamma et d'en déterminer les caractéristiques. Il observe à la fois les émissions de rayons X mous, de rayons gamma et de lumière visible. Il met en œuvre la technique des micro-canaux pour l'observation du rayonnement X..
Satellites d'observation de la Terre
Plusieurs satellites d'observation de la Terre scientifiques ont été placés en orbite en 2024 :
Le satellite d'observation de la Terre PACE doit étudier le phytoplancton ainsi que les aérosols et les nuages. Le satellite EarthCARE développé conjointement par les agences spatiales européenne et japonaise a pour objectif d'améliorer notre compréhension du bilan radiatif de la Terre et de ses effets sur le climat. Le petit satellite MethaneSAT chargé de localiser les sources des émissions mondiales de méthane liées aux activités d'extraction du pétrole et de gaz et de mesurer les concentrations et les flux afin de lutter contre le changement climatique a été lancé en . L'agence spatiale européenne a par ailleurs renouvelé sa constellation consacré au contrôle et la surveillance de l'environnement terrestre avec le lancement des satellites Sentinel-1C et Sentinel-2C.
vignette|Le lanceur lourd américain Vulcan peu avant son vol inaugural.
Missions spatiales habitées
Lanceurs
Six nouveaux lanceurs spatiaux, dont quatre moyens et lourds, ont effectué leur premier vol en 2024.
Pour les lanceurs lourds et moyens ce sont :
Le lanceur européen Ariane 6. Le lanceur américain Vulcan. Le lanceur américain Starship a effectué plusieurs vols dont un avec retour au sol du premier étage. Le lanceur chinois Longue Marche 12 (12 tonnes en orbite basse) a effectué son vol inaugural le .
Le premier vol des lanceurs légers suivants a eu lieu en 2024 :
la fusée à propergol solide Gravity-1 de la société chinoise Orienspace. Le lanceur japonais à propergol solide KAIROS a été lancé à deux reprises (échecs).
Lors de son cinquième vol (IFT-5) le premier étage du lanceur géant Starship de SpaceX a réussi pour la première fois à se poser entre les bras de la tour de lancement. Cet événement constitue une première spatiale remarquable compte tenu de la précision requise et de la taille de l'étage et marque une étape importante dans la mise au point de la fusée..
Programme spatial américain
Une année contrastée
Sur le plan scientifique, 2024 a été marqué par l'aboutissement du développement et le lancement de la sonde spatiale Europa Clipper, un engin spatial particulièrement complexe qui doit étudier Europe, une des lunes de Jupiter. Les astromobiles Curiosity et Perseverance poursuivent leur collecte fructueuse de données à la surface de Mars mais l'hélicoptère Ingenuity a cessé de fonctionner après avoir toutefois effectué 72 vols. Les deux premières missions du programme CPLS consacré à l'étude de la surface de la Lune à l'aide d'atterrisseurs commerciaux (missions IM-1 et Peregrine Mission One) ont été des échecs tandis que la mise au point de l'astromobile VIPER a été arrêté. La très ambitieuse mission de retour d'échantillons martiens, dont l'enveloppe budgétaire a explosé, est en cours de refonte. Deux satellites d'observation de la Terre ont été lancés : d'une part PACE qui doit étudier le phytoplancton ainsi que les aérosols et les nuages et d'autre part le petit satellite MethaneSAT qui mesure des émissions de méthane.
Dans le domaine des lancements, la société SpaceX continue en 2024 de dominer le marché avec 134 tirs de ses lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy dont 70% ont été utilisés pour poursuivre le déploiement de sa constellation de satellites de télécommunications Starlink. Le dernier lanceur de la famille Delta, une Delta IV Heavy, a été lancé. La fusée Vulcan de ULA qui remplace les Delta et à terme les Atlas V a effectué son vol inaugural mais par contre le lancement de la New Glenn de Blue Origin a été repoussé en 2025. 2024 a été une mauvaise année pour les sociétés du NewSpace développant des lanceurs avec le retrait de la société ABL (lanceur RS-1), la faillite d'Astra et l'avenir incertain de la fusée Terran R de Relativity Space.
En ce qui concerne le programme spatial habité, le vaisseau spatial Starliner de Boeing a effectué un premier vol avec équipage mais des problèmes dans le système de propulsion ne lui ont pas permis de ramener les astronautes sur Terre. Le programme Artemis qui doit ramener des astronautes américains sur la Lune accumule également les retards. La mission Artemis II a été officiellement repoussée à (problème avec le bouclier thermique du vaisseau spatial Orion) tandis que Artemis III pourrait désormais décoller en 2027. Le lanceur géant Starship a fait des progrès très nets avec une récupération spectaculaire du premier étage mais il existe encore beaucoup d'étapes à valider avant de disposer d'un lanceur opérationnel et le développement de l'atterrisseur lunaire Starship HLS semble bien lent pour tenir le planning prévu (premier vol opérationnel en 2026).
Ventilation du budget 2024 de la NASA vignette|upright=2|Ventilation du budget de la NASA en 2024.
En 2024 le budget de la NASA se monte à 37,19 milliards US$. Les principaux postes de dépense sont par ordre d'importance décroissant le programme spatial habité (programme Artemis de retour vers la Lune et Station spatiale internationale), les missions scientifiques (exploration du système solaire, astrophysique, héliophysique et observation de la Terre), la gestion des établissements (informatique, maintenance des équipements, etc.), le développement des technologies spatiales, le support aux missions (télécoms, lancement) et la recherche aéronautique : Le programme spatial habité dispose du budget le plus important (41% du total) divisé entre deux postes : la Station spatiale internationale et le programme Artemis : La Station spatiale internationale dont la date de fin est régulièrement repoussée (en 2024 elle est programmée pour le début de la décennie 2030) absorbe 12% du budget de la NASA. Les dépenses se répartissent entre les fonctions de support (1,3 milliard US$) et les missions de ravitaillement et de relève des équipages (1,96 milliard US$). Le programme Artemis, qui doit ramener des hommes à la surface de la Lune vers 2027, absorbe plus de 29 % du budget de l'agence : 2,5 milliards US$ sont consacrés au développement et à la fabrication du lanceur géant Space Launch System 1,9 milliard US$ sont consacrés au développement de l'atterrisseur lunaire HLS 1,22 milliard US$ sont consacrés au développement du vaisseau Orion 914 millions US$ sont consacrés au développement de la station spatiale lunaire Lunar Gateway 380 millions US$ sont consacrés au développement de la combinaison spatiale extravéhiculaire. Les missions scientifiques représentent le deuxième poste de dépenses en 2024 (30,4% du budget total). Les thématiques sont : l'exploration du système solaire à l'aide de sondes spatiales (3,38 milliards US$) l'astrophysique dominée par la réalisation et l'exploitation de télescopes spatiaux ; (3,38 milliards US$) l'étude du Soleil (750 millions US$). les sciences de la Terre qui regroupent l'étude depuis l'espace des différentes couches atmosphériques, de la surface de la Terre et de l'environnement spatial (2,473 milliards US$) ; Le support aux missions représente 3,85% du budget (1,05 milliard US$). Le principal poste de dépenses sont les télécommunications (580 millions US$) 14,1 % du budget est consacré aux activités de gestion des établissements et des infrastructures de recherche : informatique, administration des centres spatiaux, maintenance et réalisation d'équipements.