Pierre-Joseph Meeûs, dit Joseph Meeûs, né à Bruxelles le et mort dans cette même ville le , est un industriel et homme politique belge.

Biographie

Famille

Fils d'Henri Joseph Adrien Meeûs, qualifié en 1813 de négociant et de membre du conseil municipal de Bruxelles, et Marie Magdelaine Jeanne Vander Borcht, Pierre Joseph Meeûs naît à Bruxelles le . Jeune homme, il est malade et l'inquiétude est grande. Ses parents assistent à sa guérison et demandent à un artiste de faire son portrait et le remettent sous forme d'ex-voto à l'ancienne église de Laeken à côté de la maison où ils habitaientCe portrait fut rendu à la famille lors de la démolition partielle de l'église..

Alors habitant chez ses parents au 96 rue du Bord du VerreRue qui sera renommée ultérieurement rue du Poinçon., section 2, il épouse en premières noces à Bruxelles le , Thérèse-Françoise Vandermaelen, née à Bruxelles le et morte à Molenbeek-Saint-Jean le , sœur du géographe Philippe Vandermaelen.. En secondes noces Du sept mai mil huit cent cinquante et un, à cinq heures du soir, sont comparus devant nous Maire Officier de l’Etat civil de la commune des Essarts le Roi, le sieur Pierre Joseph Meeus, propriétaire âgé de cinquante sept ans passés, nés à Bruxelles en Belgique le vingt neuf juillet mil sept cent quatre vingt treize, domicilié à St Hubert hameau de la commune des Essarts le Roi, fils majeur légitime de Henri Joseph Adrien Meeus, décédé en la commune de Laeken, arrondissement de Bruxelles (Belgique) et de Marie Magdeleine Jeanne Vander Borcht décédée en la ville de Bruxelles, ses père et mère. Et la demoiselle Louise Esther Lavallée, propriétaire, âgée de vingt neuf ans, née en la ville de Bruxelles en Belgique, le 24 avril mil huit cent vingt deux, domiciliée au dit hameau de St Hubert commune des Essarts le Roi, fille majeure légitime de Pierre Hyacinthe Lavallée, décédé à Molenbeek en Belgique, et de Adélaïde Cherau dont le domicile est inconnu, ses père et mère, Lesquels nous ont représenté leurs actes de naissance, les actes de décès des père et mère du futur, ainsi que celui du père de la future, ensemble les publications de mariage faites en cette commune les dimanches vingt sept avril et quatre mai mil huit cent cinquante et un sans opposition. Après avoir visé ces pièces pour être annexées, nous avons donné lecture aux parties comparantes assistées de quatre témoins ci-après nommés et qualifiés ainsi que du chapitre six du titre du mariage sur les droits et devoirs respectifs des Epoux, Ayant interpellé les futurs de nous déclarer par serment que le lieu du décès de leurs aïeux et aïeules et celui de leur dernier domicile leur sont inconnus, de même que le domicile de la mère de l’Epouse, ils nous ont affirmé par serment n’en avoir aucune connaissance et après avoir fait la même interpellation aux témoins, ils nous ont affirmé par serment bien connaître les futurs mais ignorent le lieu du décès de leurs ascendants et leur dernier domicile ainsi que celui de la mère de la Future Alors nous avons reçu la déclaration du sieur Pierre joseph Meeus qu’il prend pour sa légitime épouse la demoiselle Louise Esther Lavallée et celle de la demoiselle Louise Esther Lavallée qu’elle prend pour son légitime Epoux le sieur Pierre Joseph Meeus. En conséquence nous avons déclaré au nom de la loi que le sieur Pierre Joseph Meeus et la demoiselle Louise Esther Lavallée sont unis par le mariage. Aussitôt les dits Epoux ont déclaré qu’il est né d’eux plusieurs enfants et dont les noms suivent : - Louise Elisabeth Madeleine Anne, de sexe féminin, inscrite sur les registres de l’Etat civil du premier arrondissement de Paris sous les noms susdits en date du six juin mil huit cent trente huit - Marie Josèphe Philomène Agnès Anna, de sexe féminin, inscrite sur les registres de l’Etat civil de la ville de Bruxelles sous les dits noms en date du dix huit janvier mil huit cent quarante - Joséphine Esther Marie Antoinette Anne de sexe féminin, inscrite sur les registres de l’Etat civil de la ville de Bruxelles sous les dits noms en date du seize janvier mil huit cent quarante trois - Jean Louis Marie Walerand, du sexe masculin, inscrit sur les registres de l’Etat civil de la ville de Bruxelles sous les dits noms et en date du dix huit mai mil huit cent quarante-quatre - Marie Julienne Eve Denise Anne, du sexe féminin, inscrite sur les registres de l’Etat civil de la ville de Bruxelles, sus les dits noms, en date du dix sept juin mil huit cent quarante six - Henri Joseph Pierre Michel Godfroid Anne, du sexe masculin, inscrit sur les registres de l’Etat civil de la ville de Bruxelles sous les noms dits en date du trois septembre mil huit cent quarante huit - Philippe Joseph Adrien Pierre Gaëtan Anne, de sexe masculin, inscrit sur les registres de l’Etat civil sous les noms sus dits et en date du six juillet mil huit cent cinquante Lesquels ils reconnaissent pour leurs fils et filles et entendent que ces enfants au moyen de la présente reconnaissance faite d’après l’article 331 du code civil jouissent conformément à l’article 332 du même code, des droits attachés à l’Etat d’enfant légitime que ladite reconnaissance leur confère. Les Epoux nous ont déclaré qu’il a été fait un contrat de mariage entre eux passé devant (en ajout marginal signé par les comparants et témoins : Me Pierre Louis Alfred Planchat, notaire à Paris, le six mai mil huit cent cinquante un). De tout ce que dessus nous avons dressé le présent acte en présence de Messieurs Jean Baptiste Levé, âgé de soixante-un ans, curé de St Germain demeurant à Paris, rue du Pont de la Réforme n° 4, Jean Pezet, âgé de soixante-douze ans, ancien officier, demeurant à Versailles rue de la Paroisse n° 136, aussi ami de l’Epoux, Xavier Leroyer âgé de quarante un ans, architecte demeurant à Paris, rue Nicolas d’Antin n° 6, ami de l’Epouse, et Tranquille Narcisse Avart, âgé de trente quatre ans, potier d’étain, demeurant à Paris, rue St Antoine n° 107, ami de l’Epouse, lesquels après qu’il leur en a été donné lecture ont signé avec nous, Maire et avec les parties contractantes. A la mairie des Essart, les jour, mois et an que dessus. (Suivent les signatures), il épouse le aux Essarts (France) Louise Esther Lavallée (ou parfois nommée ensuite Lavallée de Neven) (BruxellesVille de Bruxelles, acte de naissance de 1822, n° 1248 : Du vingt quatrième jour du mois de avril l’an dix-huit cent vingt deux à une heure Acte de naissance de Louise Ester Lavallée née le même jour à quatre heures du matin, fille de pierre hyacinte Lavallée, instituteur, et d’adelaïde Cherau conjoints, le père natif de Brest, la mère d’aux riceij, demeurant rue aux laines n° 964. Le sexe de l’enfant a été reconnu être féminin. Témoins Charles Willeme âgé de vingt cinq ans demeurant rue susdite et pierre Houteveldt âgé de cinquante ans rue aux choux, ouvriers. Sur la réquisition à nous faite par le père qui a signé ainsi que le premier témoin, le second a déclaré ne savoir écrire. Constaté suivant la Loi, par moi, Baron Louis Devos, chevalier de l’Ordre royal du Lion Belgique, Echevin Officier de l’Etat-Civil soussigné, et duquel acte il a été donné lecture (signé) Lavallée, CF Willeme, Baron Devos. 1822 - BruxellesVille de Bruxelles, acte de décès de 1869, n° 1842 : Le quatorze mars mil huit cent soixante-neuf à neuf heures du matin a été dressé, après constatations, par Nous, Henri Vandermeeren, Officier de l’Etat civil de la ville de Bruxelles, l’acte de décès de Louise Esther Lavallée, décédée le onze de ce mois à onze heures du soir Boulevard de Waterloo n° 79, 1e s(ecti)on, y domiciliée, âgée de quarante six ans dix mois et dix sept jours, née à Bruxelles, épouse de Pierre Joseph Meeûs, propriétaire, fille de Pierre Hyacinthe Lavallée et de Adelaïde Cherau, conjoints décédés. Sur la déclaration de Wallerand Meeûs, fils, propriétaire, âgé de vingt cinq ans domicilié à Ville Dieu et de Henri Meeûs, fils étudiant, âgé de vingt et un ans, domicilié à Bruxelles, duquel acte il leur a été donné lecture (suivent les signatures). 1869) qui lui donne seize enfants, le premier de ces enfants étant né quelques jours après que Louise Lavallée ait atteint ses seize ans. Les sept premiers enfants nés de cette relation avec Louise Lavallée, qui sont cités dans l'acte de mariage, étaient nés alors que Joseph Meeûs se trouvait encore dans les liens du mariage avec sa première épouse. Ces enfantsDans les actes d’état civil de naissance, ces enfants nouveau-nés sont déclarés comme étant les enfants d’une certaine Louise Anne ou Anna ou encore Walerand, noms parfaitement imaginaires. La mère est dite domiciliée à la rue d’Artifice (!) à Bruxelles. Certes la rue d’Artifice existait, dans un quartier assez mal famé cependant, mais c’est une belle trouvaille que d'avoir dénommé de ce nom la rue du domicile de la mère. étaient légalement adultérins et ne pouvaient dès lors pas être légitimésCe qui saute d'ailleurs aux yeux dans l’acte de mariage de 1851 aux Essarts le Roi, c’est qu’il n’est absolument pas fait mention du premier conjoint de Pierre Joseph Meeûs : pas la moindre allusion à ce conjoint ni à son décès. Du point de vue purement juridique, c'est un élément pourtant très important parce que les sept premiers enfants étaient ainsi nés d’une relation adultère. Or, dans la législation sur la filiation en Belgique, les enfants adultérins n’ont absolument aucun droit jusqu’en 1958, et que ce n’est qu’à partir de 1958 qu’ils purent être reconnus et légitimés dans certaines circonstances. En France, la législation était plus large et permettait parfois la légitimation d'un enfant adultérin si le premier mariage était resté stérile. Certes, Louise Esther Lavallée était de nationalité française jusqu'à son mariage, mais les enfants avaient la nationalité belge et suivaient, d'après le droit international privé, la condition juridique du père. Voyez sur ce point de Droit Henri De Page, Traité élémentaire de Droit civil belge, Bruxelles, Bruylant, Deuxième édition, 1948, tome premier, n° 609, page 665, et n° 1225, page 1214 et n° 1230, page 1219 : l’adultère est un fait essentiellement immoral. La loi considère (sa) révélation comme un scandale, comme une chose profondément attentatoire aux intérêts de la société. Elle entend, au nom de la morale outragée, jeter le voile sur les relations de cette nature, et sur les êtres qui en sont issus : elle prohibe toute initiative tendant à établir une filiation adultérine (…) Elle empêche pareille filiation d’arriver à l’existence légale. Elle défend, en conséquence, et la reconnaissance volontaire (art. 335), et la légitimation (art. 331) et la recherche de paternité ou maternité naturelle (art. 342 a), et même l’action alimentaire de l’enfant naturel. (…) Les enfants adultérins (…) sont donc en principe, rejetés du domaine du droit. Leur filiation ne pouvant être établie, ils n’en ont aucune. Ce sont des enfants sans nom, sans famille, des enfants trouvés, « des épaves, des parias » (comme l’écrit le juriste Josserand que cite Henri De Page).Cependant, l’enfant né des œuvres d’un homme marié et d’une femme, qui n’est reconnu que par cette femme est un enfant naturel simple. Et il poursuit : l’enfant adultérin (…) n’a absolument aucun droit. Il est un étranger vis-à-vis de l’auteur qui crée le vice. (…) Toutefois, il pourra, sous certaines conditions, bénéficier des libéralités de son auteur.. Ils le furent néanmoins. Ainsi, la légitimation des enfants nés avant le second mariage de Pierre Joseph Meeûs résulte dès lors de complaisances administratives multiples.

En indivision sur la propriété, les descendants de Jean-Baptiste Meeûs (1647-1694) quittent la résidence familiale du Marly en 1832, à l'issue de plus de 140 ans d'occupation. Joseph Meeûs s'installe à Bruxelles au Quai au Foin, près de son magasin de l'Établissement encyclographique.