Le FESPACO 1985 est la édition du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou. Il se déroule du au à Ouagadougou au Burkina Faso.

Le thème de cette édition est « Cinéma et libération des peuples et le colloque est intitulé Littérature et cinéma africain ».

Le film Histoire d'une rencontre de Brahim Tsaki décroche l'Étalon de Yennenga.

Contexte Alimata Salambéré devant suivre son mari Emmanuel Salambéré, nommé en 1983 ambassadeur de la Haute-Volta, elle propose à Thomas Sankara de nommer Filippe Savadogo à sa place comme secrétaire général du Fespaco. Elle raconte que le conseil des ministres hésite devant son jeune âge (29 ans) mais qu'elle rappelle à Sankara qu'il n'a lui-même que 35 ans. Filippe Savadogo est donc nommé au poste pour l'édition 1985, et y restera 12 ans. Il est vite persuadé que la survie du festival passe par , ce qui implique de renforcer sa dimension continentale.

Selon Gaston Kaboré, Thomas Sankara . Le nombre de salles passe de 15 à 50. Une Semaine nationale de la Culture (SNC) est instituée et la première radio privée du pays, Horizon FM, peut voir le jour. . Il soutient par ailleurs l'Union nationale des cinéastes voltaïques (UNCV) devenue l'Union nationale des cinéastes du Burkina (UNCB), et aide à obtenir une appui financier de l'Union européenne pour organiser le 3ème congrès de la FEPACI durant le festival. A l'issue de ses travaux, le congrès élit Gaston Kaboré comme secrétaire général et décide le transfert du siège de la fédération de Dakar à Ouagadougou. Le Burkina Faso fournit des locaux sur l’avenue Kwamé Nkrumah.

Le thème « Cinéma et libération des peuples » est illustré dans les rues par des banderoles comme « Libérez les écrans africains », « Fespaco 1985, arme de la libération des peuples » ou « Fespaco 1985, hommage aux peuples en lutte ».

On note cependant une résistance des cinéastes qui souhaitent conserver la maîtrise de leurs films. , déclare Ousmane Sembène à Catherine Ruelle sur RFI. Alors que pour Kwesi Owusu, , John Akomfrah pense que .

Au niveau de l'organisation panafricaine de la distribution et de la production, 1984 est l'année de la faillite du CIDC (Consortium interafricain de distribution cinématographique) et de CIPROFILM (Centre interafricain de production de films) qui avaient commencé à fonctionner en 1979. La question de la production et diffusion des films en Afrique est posée de plus belle.

Déroulement Cette édition marque . Lors de son discours lors de l'inauguration de la place des cinéastes le , Ousmane Sembène reprend la célèbre phrase de Sankara : . Il participe le , lors d'une journée largement médiatisée, à « la Bataille du rail », en compagnie des autres cinéastes africains présents, pour . Le prolongement de la voie ferrée en provenance d'Abidjan vers Kaya puis vers le manganèse de Tambao et enfin le Niger devait permettre de transporter les minerais et contribuer au désenclavement du Burkina Faso, mais la dissolution en 1989 de la Régie des chemins de fer Abidjan-Niger à la suite de désaccords entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso mit un terme à ce chantier. Le , la Révolution Démocratique Populaire (RDP) organise une marche de soutien aux cinéastes. Dans cette optique, le cinéma est un cinéma pour le peuple. L'éveil d'une conscience de civilisation africaine lui incombe. Il s'agit donc de mettre le cinéma à la portée de la plus grande masse, ce que permettent les projections populaires et la décentralisation qui ne concerne plus seulement Bobo-Dioulasso mais dont l'extension restera limitée à cette édition .

Un programme de films latino-américains est proposé, en liaison avec le Festival du film de la Havane, fondé en 1979. Selon Lindiwe Dovey, cela tient au fait que Thomas Sankara .

Les organisations de libération sont également invitées, telles que l'ANC, représentée par le cinéaste Lionel Ngakane, sachant que le Fespaco a boycotté les films officiellement sud-africains jusqu'en 1995 et n'a présenté que les films issus de l'ANC. Sont également invitées, la SWAPOet l'OLP. Une rétrospective sur les épopées de la guerre d'Algérie est organisée. Une quarantaine de réalisateurs sont invités.

L'artisanat fait son apparition au festival avec la création de la « rue marchande » (sur l'avenue de l'Indépendance entre le siège du Fespaco et l'Hôtel Indépendance) pour . Il s'agissait de montrer concrètement les bijoux, instruments et tissus que l'on voit dans les films et pouvoir les acheter en souvenir. L'idée en avait été lancée par Moustapha Laabli Thiombiano, homme de médias ami de Sankara, qui l'a organisée sur l'avenue de l'IndépendanceCf. le documentaire Laabli, l'insaisissable, de Youlouka Luc Damiba (2023), 37ème minute.

Le colloque Littérature et cinéma africain réunit notamment des écrivains comme Mongo Beti ou Kitia Touré, des cinéastes comme Ousmane Sembène ou Haïlé Gerima. Il aborde surtout les notions de représentation, de vraisemblance et de fidélité au texte original dans les adaptations. Haïlé Gerima y suggère que la littérature orale est une source d'inspiration plus riche et authentique .

Des projections spéciales de films de la diaspora ont lieu et un séminaire réunissant les cinéastes et historiens afro-américains est organisé à l'Institut africain d'éducation cinématographique (INAFEC) sur les questions de distribution, coproduction et échanges entre étudiants et chercheurs. Manthia Diawara indique que la question de la participation future des cinéastes de la diaspora à la compétition officielle est posée mais qu'.

Créé en 1983, le Marché international du film africain (MIFA) regroupe 22 longs métrages et 23 courts et moyens dans les stands de visionnage réservés aux acheteurs.

Chiffres. Selon Hamidou Ouédraogo, les films sont issus de 33 pays africains et de 22 pays non-africains, neuf organisations internationales et mouvements de libération ainsi que participants étrangers sont invités, le nombre de spectateurs est estimé à .

Palmarès PrixLauréat FilmPaysGrand prix Étalon de YennengaBrahim TsakiHistoire d'une rencontrePrix du artRuy Duarte de CarvalhoNelisitaPrix Oumarou GandaPaul ZoumbaraJours de tourmentsPrix du meilleur court métrageNangaoma Ngoge, Ron MulvihillMariaamu's Wedding, Prix de la meilleure musiquePierre AkendenguéLes Coopérants d'Arthur Si-BitaPrix de la meilleure imageGeorges BarskyLes Baliseurs du désert de Nacer KhémirPrix de la critique internationaleKukurantumi, Road to AccraPrix de la ville de OuagadougouSéverin AkandoHistoire d'une viePrix de la meilleure interprétation féminineClarion Chukwura (rôle de Yemi)Money Power d'Ola BalogunPrix de la meilleure interprétation masculine Kodjo Eboucle (rôle de l'aviateur escroc)Ablakon de Roger Gnoan M'BalaPrix de la caméra d'orChris Hesse pour son cadrageSolidarity in Struggle, documentaire de la Ghana Film Industry CorporationPrix de la perche d'orFawzi Thabet (preneur de son)Les Baliseurs du désert de Nacer KhémirPrix de la manivelle d'or Moufida Tlatli (monteuse)Cinéma de Carthage de Ferid BoughedirPrix du meilleur scénarioRoger Kwami Mambu ZingaN'GamboPrix du meilleur spectateurUn voyage en 1985 au festival d'Amiens jumelé avec Ouagadougou.Adama DioupPrix du publichors palmarès officiel, 26 % des suffrages sur 1200 spectateurs.Euzhan PalcyRue Cases-Nègres La création du prix de l'Organisation de l'Unité africaine marque la reconnaissance du Fespaco de la part des instances continentales.

Autres films projetés Ont été remarqués par divers auteurs, avec notamment des films de la diaspora : Cinéaste FilmPaysOla BalogunMoney PowerBenoît RamampyDahalo, DahaloRoger Gnoan M'BalaAblakonMustapha AlassaneKokoaMenelik ShabazzBurning an IllusionLarry ClarkKathleen Collins 18 courts métrages sont présentés au festival.

Bibliographie

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Notes et références

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