Le président de l'Irlande ( ; ) est le chef de l'État de l'Irlande. Institué par la constitution de 1937, il est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois.
Le président possède une charge représentative avec certains pouvoirs limités. Sa résidence officielle est le palais présidentiel situé à Dublin. L'actuelle présidente est Catherine Connolly, en poste depuis le .
Rôles du président Responsabilités du président La Constitution de l'Irlande prévoit un système parlementaire de gouvernement, en vertu de laquelle le rôle du chef d'État est largement cérémoniel. Contrairement aux présidents de nombreuses autres républiques, le président d'Irlande ne détient aucun pouvoir exécutif. Au contraire, celui-ci est expressément dévolu au gouvernement (cabinet). Le gouvernement est tenu, toutefois, de tenir le président informé des questions de politique intérieure et extérieure.
Le président ne peut assurer ses fonctions que dans le strict respect de la Constitution ou de l'accord du gouvernement. Le président peut cependant exercer certains pouvoirs qu'il peut utiliser à sa discrétion.
Parmi les fonctions cérémonielles du chef de l'État, on compte notamment la nomination du Premier ministre et d'autres ministres, et accepte leur démission. Le Premier ministre est nommé sur proposition de l'Assemblée d'Irlande. Le reste du cabinet est nommé sur proposition du Premier ministre et après l'approbation de l'Assemblée. Les ministres sont congédiés sur le conseil du Premier ministre et celui-ci doit démissionner après avoir perdu la confiance de l'Assemblée, à moins qu'il n'y ait une dissolution. Sur les conseils du gouvernement, le président nomme également les membres du pouvoir judiciaire.
Les autres fonctions du président incluent la convocation et la dissolution de l'Assemblée. Ce pouvoir ne s'exerce que sur conseil du Premier ministre. Le président ne peut alors refuser la dissolution que si le Premier ministre a perdu la confiance de l'Assemblée. C'est également le président qui promulgue les lois, en tant que troisième entité du Parlement. Il ne peut s'opposer à une loi qui a été adoptée par l'Assemblée et le Sénat, à moins d'exercer son pouvoir de réserve. En outre, le président représente l'État pour les Affaires étrangères, sur les conseils du gouvernement. Ainsi, il nomme notamment les ambassadeurs et reçoit les lettres de créance des diplomates étrangers. Les ministres signent les traités internationaux au nom du président. Par ailleurs, le président est le commandant suprême des forces de DéfenseConstitution de l'Irlande : Article 13.4, ce qui est assimilable au statut de commandant en chef. Il s'agit néanmoins d'une position nominale car le pouvoir est exercé sur les conseils du Gouvernement. Enfin, le président à le pouvoir de grâceConstitution de l'Irlande : Article 13.6. Cette mesure n'a été utilisée qu'une seule fois, dans le cas de Nicky Kelly Affaire du vol du train de Sallins. Le gouvernement irlandais a annoncé qu'il pourrait pardonner le déserteur de l'IRA, dans le cadre du processus de paix de l'Irlande du Nord. Cependant, le gouvernement a abandonné cette option quand le gouvernement britannique abandonna l'amnistie systématique des déserteurs.
En outre, le président est limité dans son action par certaines dispositions. Ainsi, d'après l'article 12.9 de la Constitution, le président ne peut pas quitter le pays sans l'accord du gouvernementConstitution de l'Irlande : Article 12.9. Par ailleurs, toute adresse ou message à la Nation ou aux chambres du Parlement doit avoir été autorisé par le même gouvernementConstitution de l'Irlande : Article 13.7. À l'exception de ces deux cas, le président ne subit aucune limitation de son pouvoir d'expression. Alors que les présidents précédents étaient très précautionneux lorsqu'il s'agissait de faire un discours devant un public (il le soumettait à chaque occasion au Gouvernement), les présidentes Robinson et McAleese se sont davantage servi de leur droit d'expression, sans l'approbation du gouvernement. Toutefois, par convention, les présidents évitent de critiquer directement l'action du gouvernement.
Pouvoirs discrétionnaires
Le président possède des pouvoirs qu'il peut exercer « à sa discrétion absolue » (chomhairle Féin) d'après la Constitution. Il existe des interprétations différentes de la Constitution qui existe sous deux formes : une en irlandais et l'autre en anglais. Bien que la version irlandaise soit prééminente en cas de conflit d'interprétation, celle-ci n'est pas aussi bien rédigée d'un point de vue légal. Selon les juristes, la version irlandaise qui fait état du « propre arbitre » du Président implique que celui-ci doit prendre ses décisions seul, sans consultation extérieure, alors que la version anglaise qui parle d'« absolue discrétion » semble permettre au président une liberté de manœuvre, comme celle de consulter l'opposition. En conséquence, on considère généralement qu'il est inapproprié pour le Président d'être contacté par les dirigeants des partis politiques dans le but de l'influencer pour qu'il (ou elle) utilise son pouvoir discrétionnaire. Toutefois, avant de pouvoir exercer son pouvoir de réserve, le président doit consulter au préalable le Conseil d'État. Cependant, il ne s'agit là que d'une consultation et le Président n'est pas tenu d'agir conformément à l'avis du Conseil.
Le président peut notamment refuser de dissoudre l'Assemblée. En effet, d'après la Constitution, le Premier ministre est tenu de démissionner s'il a « cessé de conserver l'appui de la majorité » de l'Assemblée, à moins qu'il ne demande au président de dissoudre la chambre. Le président a alors le droit de refuser une telle demande, auquel cas le Premier ministre doit démissionner immédiatement. Ce qui a d'ailleurs eu lieu en 2011. Le Premier ministre, Brian Cowen a demandé à la présidente Mary Mac Aleese de dissoudre l'Assemblée, ce que la présidente a accepté, provoquant des élections législatives anticipées. L'apparente contradiction entre les versions irlandaise et anglaise de la Constitution a dissuadé les présidents d'utiliser ce pouvoir et a conduit à une très stricte application d'une politique de non-contact avec l'opposition. En particulier, en , le président Patrick Hillery a chargé un assistant, le capitaine Anthony Barber, de s'assurer qu'aucun des appels téléphoniques de l'opposition ne lui soit transmis. Néanmoins, trois personnalités de l'opposition, y compris le chef du Fianna Fáil, Charles Haughey, ont exigé d'être mis en relation avec Hillery. Haughey est même allé jusqu'à menacer Barber de mettre fin à sa carrière si ses appels n'étaient pas acheminés. Hillery, en tant que commandant en chef des Forces de défense, enregistra la menace dans le dossier de Barber et y inscrivit que Barber n'agissait que sur son ordre express . Finlay fut informé que la menace de Haughey était : « quand je serais au [pouvoir], je prévois de rôtir ton putain de derrière si tu ne me le passes pas immédiatement.». Même sans ces considérations, refuser une telle demande reviendrait presque à créer une crise constitutionnelle, car il existe une forte convention constitutionnelle qui veut que le chef de l'État accorde toujours une dissolution parlementaire.
Le président peut, après consultation du Conseil d'État, soumettre un projet de loi à la Cour suprême pour étudier sa constitutionnalité. La Cour suprême juge alors de sa constitutionnalité dans sa totalité et le président peut décider de ne pas signer le projet de loi si elle est jugée inconstitutionnelle. C'est le pouvoir de réserve le plus largement utilisé et il a été utilisé par six des huit présidents (les présidents Patrick Hillery et Mary Robinson l'ont utilisé à plusieurs reprises). Toutefois, ce pouvoir ne peut pas être utilisé dans le cas de projets de loi de finances, de projets de loi visant à modifier la Constitution ou de projets de loi urgents dont la durée d'examen a été abrégée par le Sénat (chambre haute du Parlement).
Si une majorité des membres du Sénat et un tiers des membres de l'Assemblée signent une pétition en ce sens, le président peut refuser de promulguer une loi, après consultation du Conseil d'État, à l'exception des projets de loi visant à modifier la Constitution. Cela se produit si le Président considère que le texte revêt une grande importance nationale et qu'il doit être préalablement approuvé par le peuple lors d'un référendum ordinaire ou par l'Assemblée après une nouvelle élection générale, tenue dans un délai de huit mois. Ce pouvoir n'a en pratique jamais été utilisé car le gouvernement détient presque toujours une majorité au Sénat, ce qui empêche au tiers de l'Assemblée que forme l'opposition de remplir les conditions.
Le président a également la possibilité de limiter la période au cours de laquelle le Sénat peut examiner un projet de loi, à la demande de l'Assemblée et après consultation du Conseil d'État. Cela permet d'éviter que le Sénat ne retarde un projet de loi que le gouvernement considère comme urgent. Il peut également convoquer un « Comité des privilèges » à la demande du Sénat et après consultation du Conseil d'État. Ce comité a pour but de résoudre un différend entre les deux chambres du Parlement, notamment pour savoir si un projet de loi est, ou non, un projet de loi de financesConstitution de l'Irlande : Article 22. Après consultation du Conseil d'État et à condition que le texte soit approuvé en bloc par le gouvernement, le président peut s'adresser ou envoyer un message à l'une ou aux deux chambres du Parlement. Ce pouvoir a été invoqué à quatre reprises : une fois par le président Éamon de Valera, à deux reprises par la présidente Robinson et une fois par la présidente McAleese, à la veille de l'an 2000. Par ailleurs, après consultation du Conseil d'État et à condition que le texte soit approuvé en bloc par le gouvernement, le président peut s'adresser ou envoyer un message à la Nation. Ce pouvoir a été utilisé à deux reprises : par Erskine Childers, en 1974, et par Mary McAleese en 2001. Enfin, après consultation du Conseil d'État, le président peut convoquer une réunion d'une ou deux chambres du Parlement. Ce pouvoir permettrait au président d'intervenir si, dans des circonstances extraordinaires, les procédures ordinaires de convocation des chambres avaient échoué.
Processus électoral
Le président d'Irlande est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois. En accord avec la constitution, l'élection a lieu au vote alternatif dans les précédant la fin du mandat précédent.Constitution du juillet 1937 Digithèque MJP.