Le tozinaméran. (DCI), nom de code BNT162b2, communément appelé le vaccin Pfizer-BioNTech contre la Covid-19 et vendu sous la marque Comirnaty, est un vaccin contre la Covid-19 mis au point par BioNTech en collaboration avec Pfizer.
Au début du mois de , les autorités sanitaires du Royaume-Uni ayant accordé une autorisation d'utilisation d'urgence pour ce vaccin, ce pays commence une campagne de vaccination de masse. D’autres autorités sanitaires autorisent son usage dans les jours qui suivent : Canada, États-Unis, Suisse, Union européenne… L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a accordé une homologation d'urgence à ce vaccin.
Il doit être stocké à de plus basses températures que les températures habituelles de stockage des vaccins.. Toutefois, la Food and Drug Administration (FDA) et Santé Canada autorisent sous certaines conditions le transport et la conservation des doses dans des conditions moins extrêmes. Le tozinaméran est un vaccin à ARN messager qui doit être injecté dans les muscles. Il atteint son efficacité maximale lorsque deux doses sont injectées à un intervalle de trois semaines..
Histoire alt=Lot de vaccins Comirnaty/PfitzerBioNTech prêts à être injectés dans le cadre de la phase 1 de la campagne de vaccination contre la Covid-19 aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg le |vignette|Lot de vaccins Comirnaty prêts à être injectés dans le cadre de la phase 1 de la campagne de vaccination contre la Covid-19 aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg le . vignette|Injection du vaccin Comirnaty à une personnelle de santé, dans le cadre de la phase 1 de la campagne de vaccination contre la Covid-19 aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg le
BioNTech développe les premières versions du vaccin. Elle s'associe ensuite à Pfizer, société qui est chargée de poursuivre le développement, soutenir la logistique, monter les cadres financiers, organiser et superviser les essais cliniques, ainsi que fabriquer pour le marché mondial à quelques exceptions. est chargée de la distribution et de la fabrication des vaccins pour le marché chinois, car elle a acquis une licence de BioNTech et a investi dans cette dernière... BioNTech est responsable de la distribution en Allemagne et en Turquie. Pfizer a indiqué en que de doses seraient disponibles à la fin de l'année 2020. Elle a aussi annoncé avoir des ententes d'achats d'environ US$ pour la fourniture de vaccins aux États-Unis, dans l'Union européenne, au Royaume-Uni, au Japon, au Canada, au Pérou et au Mexique.
En aout 2022, le vaccin bivalent (souche originale et Omicron BA.4/BA.5) est autorisé par la Food and Drug Administration (FDA)..
En , la FDA approuve une version monovalente actualisée du vaccin ciblant le variant Omicron XBB.1.5. .
En aout 2024, la FDA approuve une version monovalente actualisée du vaccin ciblant le variant Omicron JN.1..
Description vignette|Schéma de fonctionnement du vaccin contre la Covid-19 par morceaux d'ARN (exemple pour Moderna, Pfizer-BioNTech)
Composition
Le vaccin est composé"Fact Sheet for Recipientsand Caregivers" de l'Administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (Food and Drug Administration en anglais) consulté le . : d'ARNm faisant produire aux cellules la protéine Spike ; des lipides suivants : ALC-0315, ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyl)bis(2-hexyldécanoate) ; ALC-0159, 2-[(polyéthylène glycol)-2000]-N,N-ditétradécylacétamide ; de ou 1,2-Distearoyl-sn-glycero-3-phosphocholine, une phosphatidylcholine ; de cholestérol ; de chlorure de potassium aussi appelé sel amer ; de phosphate de monopotassium, additif alimentaire E340(i) ; de chlorure de sodium, composant principal du sel de table ; de phosphate de bisodium, additif alimentaire ; de saccharose ; d'eau. Ce vaccin ne contient pas d'adjuvant.
Fonctionnement Le vaccin est composé d'ARN messagers à nucléotides modifiés qui encodent une forme mutée du péplomère du SARS-CoV-2. Les ARN messagers sont encapsulés dans des . (ici des liposomes), vésicules artificielles formées par des bicouches lipidiques concentriques...
Ils sont composés de quatre lipides ayant des fonctions différentes. L'ALC-0315 est un lipide cationique qui forme des structures appelés lipoplexes avec l'ARN messager, chargé négativement. Le DSPC et le cholestérol forment la bicouche lipidique du liposome. L'amide Péglyé (l'ALC-0159) forme des « cheveux » à la surface du liposome, ce qui repousse les autres particules et prolonge sa survie dans le sang.
Les sels (le chlorure de potassium, le phosphate de monopotassium, le chlorure de sodium et le phosphate de bisodium) permettent de rendre le mélange isotonique, de sorte qu'une fois injecté, « il a la même tonicité qu'un environnement biologique. Sans eux, la solution pourrait faire éclater des cellules une fois injectée ».
Séquence de l'ARNm vignette|203x203px|Schéma des différentes parties de la séquence de l'ARN messager. L'ARN messager encodant le péplomère du Covid-19 est composé de reliés en chaine par 3 groupements phosphates notés ACGΨ. Il s'agit, respectivement, de l'adénosine, de la cytidine, de la guanosine et du 1-méthyl-3'-pseudouridylyle. Ce dernier est utilisé à la place de l'uridrine notée U. Ce changement permet à l'ARN d’échapper aux défenses immunitaires tout en étant traduit en protéine normalement.
Par rapport au génome original du SARS-Cov-2, beaucoup de nucléotides C et G sont présents. Cela permet d'augmenter l'efficacité de la traduction de l'ARNm en protéine. Leur présence ne change pas la nature des protéines codées grâce au fait que plusieurs codons (groupes de 3 nucléotides) codent le même acide aminé ; c'est la redondance génétique.
L'ARN messager comporte, dans l'ordre : une coiffe ; une région 5' non traduite (ou 5'-UTR) issue d'une version modifiée du 5'-UTR de l’hémoglobine alpha humaine choisie pour sa capacité à produire de nombreuses protéines ; un peptide signal de 16 nucléotides instruisant à la protéine de sortir de la cellule via le réticulum endoplasmique. le code de la protéine spike du SARS-COV2 où les codons 3 et 4 ont été modifiés, substituant la lysine et la valine par deux prolines. Cette modification permet à la protéine de conserver sa forme même si elle n'est pas fixée sur une membrane. Autrement, elle se serait recroquevillée sur elle-même. Le code se termine par deux codons stop, soit un de plus que dans le génome original du virus ; la région 3' non traduite ; une queue poly(A) de 30 résidus d'adénosine, un lien et 70 autres résidus d'adénosine.
Réaction et mémoire immunitaire Une fois la traduction génétique de l'ARN messager effectuée, les protéines S produites se présentent à la surface des cellules où elles ont été produites. Des interférons de type I sont produits, stimulant la réponse adaptative. Les lymphocytes T vont reconnaître l'antigène et se différencier en cellules effectrices et cellules mémoire. C'est ces dernières qui permettent l'effet à long terme de la vaccination.
Selon un article publié dans Nature le , les effets de fièvre et de douleur sur le site d'injection parfois plus importants lors de la deuxième injection peuvent être dus à des changements à court terme aux cellules immunitaires innées comme à une activation des cellules T et B mémoire.
Essais cliniques BioNTech déclare avoir procédé aux premiers essais cliniques en ; en novembre de la même année, le vaccin a été testé sur plus de .. Une des données des essais a montré une efficacité potentielle préventive de l'infection excédant 90 % dans les sept jours suivant l'injection de la seconde dose..
Pfizer déclare, le , commencer des essais cliniques de son vaccin sur les enfants de moins de 11 ans, « disant espérer qu’il soit disponible pour eux début 2022 ». Des essais sont en cours d’étude sur plus de de 12 à 15 ans. Ces essais sont effectués de manière plus tardive du fait que les enfants sont, selon l'âge, moins impactés et moins contagieux que les adultes..
Efficacité
Des résultats de l'essai clinique de phase 3 sur ont été annoncés le . L'efficacité trouvée est de 90 %.
L'essai clinique de phase 3 de Pfizer sur de 12 à 15 ans établit l'efficacité du vaccin à 100 %.
En , les deux entreprises assurent que le vaccin est sûr pour les 5 - 11 ans.
Effets secondaires D'après l'Agence européenne des médicaments (AEM), les effets secondaires les plus communs sont : « douleur légère à modérée » post-injection, fatigue et mal de tête, fièvre, douleurs musculaires et articulaires.
Au , des observations d'effets secondaires graves, comme des réactions allergiques, sont qualifiées de « très rares ».
Le , paraissent les résultats d'une étude clinique de phase 3 sur américains de 12 à 15 ans qui ont reçu deux doses du vaccin ou un placebo à 21 jours d'intervalle. Comparativement aux 16-25 ans, les adolescents de 12 à 15 ans ont montré « une fréquence accrue de maux de tête, de frissons et de fièvre »"Jusqu'à 66,2 % des 12-15 ans a éprouvé de la fatigue, 64,5 % des maux de tête, 41,5 % des frissons et jusqu'à 19,6 % de la fièvre", https://www.lci.fr/sante/covid-19-le-vaccin-autorise-pour-les-ados-ce-que-l-on-sait-des-effets-secondaires-sur-les-12-15-ans-2187180.html, mais aucun évènement indésirable grave ni aucun décès n'est signalé.
Cependant, une étude menée pendant quatre mois à l'Université d'État de Californie à Sacramento affirme que des garçons âgés entre douze et quinze ans, sans problèmes de santé, sont quatre à six fois plus susceptibles d'être atteints d'une myocardite que d'être hospitalisés pour la CovidBoys more at risk from Pfizer jab side-effect than Covid, suggests studySARS-CoV-2 mRNA Vaccination-Associated Myocarditis in Children Ages 12-17: A Stratified National Database AnalysisTeenage boys more at risk from vaccines than Covid. Ces effets semblent se produire préferentiellement quelques jours après la seconde injectionMyocarditis and Pericarditis After mRNA COVID-19 VaccinationMyocardite : c'est quoi, symptômes, après Pfizer, traitementMyocardites et vaccins à ARN m contre la COVID-19 : d’une simple alerte à une relation causaleMyocardites après administration du vaccin anti-Covid de Pfizer : un signal de sécurité désormais confirmé en France.
Qualité des essais cliniques Un article publié le sur le site internet du British Medical Journal relate le témoignage de Brook Jackson, ancienne employée de Ventavia, sous-traitant de Pfizer pour l'essai clinique. Selon elle, l'entreprise n'aurait pas respecté le protocole défini par Pfizer et la Food and Drug Administration (FDA), faussant potentiellement les données de l'essai clinique pour (sur au total). Brook Jackson mentionne des manquements, ; la FDA aurait pris acte de son signalement mais sans donner suite.. Pfizer pour sa part considère ces manquements comme mineurs. Selon l'article, qui pointe un manque de moyens, la FDA a mené des inspections sur 9 des 153 sites sur lesquels était mené l'essai clinique, mais pas ceux de Ventavia. Selon un autre ancien employé de Ventavia, cité dans l'article, Pfizer a pour sa part effectué un audit de la société, à la suite du signalement du non-respect du protocole..
Autres études sur le vaccin Au Qatar, pays où sévit au printemps 2021 un mélange des deux variants Alpha et Bêta (alors dits et ), l'étude publiée en mai par des chercheurs qataris dans la revue scientifique The Lancet avance une efficacité contre les cas graves de 97,4 % alors qu'il était craint une moindre efficacité contre le virus, à l'instar du Vaxzevria produit par AstraZeneca...
Études observationnelles en Israël