Avec près de (plus de 23 % des naissances en métropole) et une population de 12 millions de personnes en 2016, l'Île-de-France est une des régions d'Europe démographiquement les plus dynamiques. À titre de comparaison, le nombre des naissances est supérieur à celui des Pays-Bas dont la population dépasse les dix-sept millions, et correspond à la moitié du chiffre enregistré dans une Pologne de plus de d'habitants.
Selon une étude de l'Insee publiée en 2012, 43 % des Franciliens âgés de 18 à 50 ans en 2008 ont un lien direct avec la migration vers la métropole, sur deux générations, au sens d’être immigrés, descendants d’immigrés, natifs d’un département d’Outre-Mer (DOM) ou descendants de natifs de DOMLes descendants d'immigrés se sentent au moins autant discriminés que les immigrés, Pierre-Emile Bidoux, Insee Île-de-France, octobre 2012Étrangers en 2008 : comparaisons régionales, Insee, RP2008 exploitation principale. Parmi ces 43 %, 11 % sont d'origine européenne et 32 % d'origine non européenne (14 % du Maghreb, 7 % d'Afrique Subsaharienne, 4 % des DOM, 3 % d'Asie, 3 % d'autres régions)Patrick Simon, Les Après-Midi de Profession Banlieue, numéro 33, octobre 2016, .
53,1 % des enfants nés en Île-de-France en 2016, soit sur , ont au moins un parent né à l'étranger (quelle que soit sa nationalité) ou dans un DOM ou une collectivité d'outre-mer, soit la plus forte proportion devant la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (35,3 %) et l'Alsace (33,7 %)État civil : naissances et décès en 2016, Insee, octobre 2016.
Évolution de la population Historique
Tout au long du la région d'Île-de-France connut une croissance spectaculaire de sa population, liée surtout à l'attraction qu'exerçait la ville de Paris sur les provinces. En 1911, Paris dont la population constituait déjà l'essentiel de celle de l'Île-de-France ( sur ), était la troisième ville la plus peuplée du monde (après Londres 7.160.441 et New York 4.766.883, et avant Vienne 2.083.630 et Berlin 2.071.257).
Entre la première Guerre mondiale et 1945, la population de l'Île-de-France ralentit quelque peu, à la suite des guerres, mais se maintint malgré la dénatalité qui sévissait dans le pays.
De 1946 à 1975, la population de la région fit un bond de près de 50 %. Les vingt-cinq années suivantes se caractérisent par une croissance nettement moindre, liée avant tout à une émigration importante vers d'autres régions de France (régions atlantiques et méridionales), et cela malgré un dynamisme des naissances et une fécondité devenue supérieure à la moyenne du pays, et malgré l'apport d'un courant migratoire positif en provenance de l'étranger. Depuis la fin des années 1990 cependant, il semble que l'on assiste à une nouvelle période de croissance soutenue.
En 2014, l'Île-de-France représente 18,2 % de la population française, un chiffre stable depuis 1999.
Évolution récente par département
Alors qu'entre 1990 et 1999 la population de la région n'avait augmenté que de - soit par an -, le rythme d'accroissement s'est considérablement accéléré depuis lors.. De 1999 à 2009, l'accroissement annuel moyen a été de 0,69 % soit plus de annuellement, principalement dû à l'excédent naturel. Au premier , la population de l'Île-de-France était passée ainsi à .. Elle est estimée par l'INSEE à au ..
Mouvement naturel de la population
Voici les données du mouvement naturel de la région pour les dernières annéesINSEE - La population francilienne au premier janvier 2005 INSEE - Nombre de naissances et de décès en France métropolitaine :
AnnéeNombre denaissancesNombrede décèsAccroissementnaturel1999167 30074 80092 5002000174 20073 600100 6002001173 00073 70099 3002002173 50073 200100 3002003173 50077 10096 4002004175 30068 500106 8002005176 50070 500106 0002006182 75869 072113 6862007179 26469 082110 182
Naissances et décès par département
Chiffres fournis par l'INSEEINSEE - La population de la France en 2000 INSEE - L'année économique 2005 - Démographie ..
Département 2000 2004 2005 2006Naiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeParis31 94016 28615 65431 80014 30017 50031 37814 66616 71231 74814 07617 672Seine-et-Marne17 8518 2539 59817 7007 9009 80018 3178 09910 21818 9867 89811 088Yvelines20 3048 44311 86119 4008 00011 40019 7668 11911 64720 4388 07212 366Essonne17 1627 06410 09817 6006 60011 00017 7536 92010 83318 2816 83811 443Hauts-de-Seine24 69910 07114 62824 7009 20015 50024 5889 64714 94125 4269 24916 177Seine-Saint-Denis25 0828 88116 20126 3008 20018 20026 7608 33318 42727 9168 45219 464Val-de-Marne19 7598 65011 10919 9007 90012 00019 9478 09911 84820 9487 95912 989Val-d'Oise17 3786 79410 58417 9006 40011 40018 0126 61811 39419 0156 52812 487Île-de-France174 17574 44299 733175 28268 500106 800176 52170 501106 020182 75869 072113 686
Département 2007 2010Naiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeParis30 82014 01016 81031 44014 19217 248Seine-et-Marne18 9788 26410 71419 7048 32311 381Yvelines19 8997 93111 96820 3078 47111 836Essonne17 9326 89011 04218 5067 26911 237Hauts-de-Seine24 9379 28315 65425 1839 63315 550Seine-Saint-Denis27 7438 09319 65028 5058 42820 077Val-de-Marne20 3317 97812 35321 3848 06013 324Val-d'Oise18 6246 63311 99119 4966 88012 616Île-de-France179 26469 082110 182184 52571 256113 269
Les chiffres publiés par l'INSEE pour l'année 2007, montrent, comme dans le reste de la France, une légère diminution des naissances, qui régressent de près de par rapport à l'année précédente (soit 1,9 %). Cela porte le nombre des naissances de la région à .. L'Île-de-France conforte néanmoins sa position en Europe, où elle atteint presque, cette année, le chiffre des naissances observé aux Pays-Bas, pays peuplé de d'habitants. Plus spectaculairement, le chiffre des naissances de l'Île-de-France dépasse désormais les chiffres cumulés des Länder allemands de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat pourtant peuplés ensemble de plus de d'habitants (voir Natalité des Länder allemands).
Par département, la hausse des naissances observée sur sept ans, entre les années 2000 et 2007, est particulièrement nette pour les départements de Seine-Saint-Denis (plus , soit 10,6 %) et du Val-d'Oise (plus soit 7,2 %). Elle est par contre négative à Paris (moins 1 120, c'est-à-dire -3,5 %) et dans les Yvelines (moins 405, soit -2 %). Ce sont les départements qui avaient déjà la plus haute fécondité en 2000 qui progressent le plus.
Durant ces sept ans, la mortalité a également baissé ; en 2007, on comptabilise en effet plus de de moins qu'en 2000. Les mouvements combinés de hausse des naissances et de baisse des décès ont provoqué un bond assez important de l'excédent annuel des naissances (excédent naturel), en hausse de 10,5 % en six ans. Alors que l'ensemble de la France métropolitaine affiche un excédent naturel de , l'Île-de-France s'en adjuge pas moins de , soit 38,2 % de la totalité de la croissance naturelle de la population du pays. L'émigration interrégionale (de l'Île-de-France vers d'autres régions) est insuffisante à équilibrer ce "boom" démographique, car comme nous l'analysons plus loin, elle est elle-même compensée en grande partie par une intense immigration d'origine étrangère. Si ces paramètres se maintiennent dans les dix prochaines années - et il n'y a guère de raisons d'en douter -, on doit s'attendre à voir s'imposer l'urgence d'investissements massifs dans certains secteurs tels le logement et l'infrastructure des transports en commun.
Fécondité par département
Depuis 2007, le nombre moyen d'enfants par femme ou indice conjoncturel de fécondité a été le suivant, pour chaque département et pour l'ensemble de la régionInsee - Population - Données détaillées (date de mise en ligne : juin 2016). :
DépartementFécondité2007Fécondité2008Fécondité2009Fécondité2010Fécondité2011Fécondité2012Fécondité2013Fécondité2014Paris1,581,571,591,611,561,531,541,56Seine-et-Marne2,092,112,112,142,152,122,082,11Yvelines2,092,112,132,192,162,162,182,15Essonne2,162,202,182,232,212,192,182,21Hauts-de-Seine1,961,991,992,001,991,981,982,00Seine-Saint-Denis2,382,412,422,442,432,442,442,50Val-de-Marne2,032,062,092,132,082,082,052,13Val-d'Oise2,232,252,242,342,332,312,312,32Île-de-France1,992,012,022,052,032,022,012,04France entière1,982,012,002,032,012,011,992,00
Dans les années 1960, l'Île-de-France faisait partie des régions françaises "à basse fécondité", au même titre que l'ensemble des régions du centre et du sud du pays. À cette époque la région de haute fécondité formait un vaste croissant appelé "croissant fertile" qui partait de Bretagne et de Vendée à l'ouest en direction de la Picardie et du Nord-Pas de-Calais, puis s'incurvait vers le sud-est, englobant la Champagne, la Lorraine et la Franche-Comté, mais contournant l'Île-de-France par le nordINSEE - carte du croissant fertile dans les années 1960 et fécondité en 1998-2000 (page 2) . Depuis lors la région a bénéficié d’un phénomène général d’homogénéisation de la fécondité dans les diverses régions de métropole. La fécondité a moins baissé là où elle était faible mais a sérieusement baissé là où elle était élevée, et globalement, l’écart entre les régions les plus fécondes et les moins fécondes s’est fortement réduit depuis lors. Ainsi la région d'Île-de-France est avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), celle qui a connu la plus faible diminution de fécondité entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970. Celle-ci s'est mise à remonter dans la région à partir du milieu des années 1970 (+ 0,07 enfant par femme entre cette période et 1997-1998). Comme dans l'ensemble de la France, elle a encore grimpé depuis la fin du . Ainsi, depuis la fin des années 1990, l'Île-de-France est devenue l'une des régions les plus fécondes de France, caractéristique qu'elle partage désormais avec l'ensemble du nord-ouest françaisINSEE Première - La Fécondité dans les régions à la fin des années 1990.
Cette tendance a probablement été renforcée, en Île-de-France, par l’importance du flux d'immigration. En effet, les mères étrangères constituent une part importante des mères de la région. En 1999, 22,1 % des femmes qui accouchaient en Île-de-France étaient étrangères (en PACA 11,2 %, en Corse 17,3 %, en Rhône-Alpes 10,0 % et en Languedoc-Roussillon 8,8 %), et ce chiffre atteignait déjà 25,9 % en 2004. Les femmes étrangères ont, dans la région comme ailleurs, une fécondité plus importante que les Françaises (3,10 contre 1,67).
Ce n’est cependant pas le comportement des mères étrangères qui explique tout de la croissance de la fécondité. Depuis 1975 leur part est restée assez stable entre les deux dates et leur fécondité a diminué. En fait la fécondité des femmes de nationalité française a augmenté dans la région depuis 1975, comme le montre le tableau suivant.
Indicateur conjoncturel de fécondité par nationalité
EnsembleFrançaisesÉtrangères1974-19761998-20001974-19761998-20001974-19761998-2000France entière1,951,811,811,723,312,80Île-de-France1,791,881,601,673,203,10
Évolution démographique depuis 1962
Sources : INSEEINSEE Recensement de 1999 - Fiche profil - Évolutions démo 1962 - 1999
1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 2000 2004 2005 2006 2007Populationdébut depériode8 470 015Naissances910 400Idem annuel151 733161 178152 612161 208164 542174 175175 282176 521182 758Décès508 428605 208595 209653 290695 16573 56868 45770 50169 072Solde naturel401 972523 038473 072636 373785 714100.607106 825106 020113 686Solde migrat.376 644106 896-278 578-48 878-494 257-20 330-27 478-14 300-27 700Variation totale778 616629 934194 494587 495291 457Idem annuel129 76989 99127 78573 43732 38480 27779 34791 70086 000
Mouvements de la population depuis 1999
Sources : INSEEINSEE - Estimation de population au janvier, par région, sexe et grande classe d'âge INSEE - Mouvements de la population par département et région ..