La rose est la fleur du rosier, arbuste du genre Rosa et de la famille des Rosaceae. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués, qui lui donne sa forme caractéristique.
Appréciée pour sa beauté et sa senteur, elle est célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains ainsi que par des peintres, pour son parfum et pour ses couleurs qui vont du blanc pur au pourpre foncé, en passant par le jaune et toutes les nuances intermédiaires. Elle est présente dans presque tous les jardins et dans de nombreux bouquets. Elle est devenue la « reine des fleurs » dans le monde occidental .
La rose est l’une des plantes les plus cultivées au monde et elle occupe la première place dans le marché des fleurs. Mais les rosiers sont aussi des plantes sauvages (le plus connu en Europe est l’églantier) aux fleurs simples à cinq pétales, qui sont devenus à la mode, pour leur aspect plus naturel, depuis le XVIIIe siècle et sont connues sous le nom de « roses botaniques ».
Les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs millénaires de transformations, d’abord empiriques puis, à partir de la fin du , méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés sont innombrables, on estime à plus de trois mille le nombre de cultivars disponibles dans le mondeMarie-Thérèse Haudebourg, Roses et jardins..
Histoire Selon une étude génétique (2025), l'ancêtre de toutes les roses était jaune..
Les poètes Hésiode, Archiloque de Paros au , Anacréon de Téos la chantaient déjà, 30.. Puis Théophraste, au , parle le premier de la culture de la rose dans son ouvrage Des odeursChapitre VIII, frag. au sujet de mélanges (frags. 42, 48, 51, 52, 55). et Histoire des plantes, où, au Livre I, il parle du rosier comme d'un sous-arbrisseau.. Au Livre II, il écrit qu'elles se reproduisent par fragments de tige. ; au Livre IV, comparant ses boutons à ceux des grenades. ; au Livre VI de Histoire des plantes, où il le définit comme sous-arbrisseau et « plante buissonnante ». et lie le parfum des roses à leur terroir. et au Livre IX., pour mettre la couleur du laurier-rose en comparaison avec celle de la rose. Il comprend toutes les roses () sous la dénomination de « sauvage »..
Étymologie Le mot rose, attesté en français au début du Le Robert, dictionnaire historique de la langue française sous la direction d’Alain Rey, 1992 ., remonte au latin , substantif féminin qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-mêmeSite de Dicolatin : sens et déclinaison de rosa.. Le nom de la fleur a ensuite donné son nom à la couleur rose. Il est à noter que contrairement à d'autres adjectifs de couleur issus de noms communs (comme « orange » ou « marron »), « rose » s’accorde généralement en genre et en nombre : des roses roses.
Par contre, l'étymologie du mot latin rosa est controversée : Friedrich Max Müller s'est opposé à une supposée origine sémitique du terme rosaEn témoigne cet extrait de lettre envoyée par Friedrich Max Müller en 1874 à William Wright, où l'auteur reproche à son destinataire de lui contester « l'origine aryenne de rose » « Il y a peu de mots, je crois, sur lesquels l'aryen, le sémitique, et même les érudits hamitiques se sont battus avec autant d'insistance que le nom de Rose. Mais si le professeur Wright est vraiment lui-même convaincu que le corps de Patrocle appartient à l'armée sémitique, et non pas à l'Aryen, je l'espère, il nous donnera ses raisons » (The Academy, Volume 5, Londres, 1874, )., ou encore l'omission par Émile Littré de l'arabe ward(a) « fleur(s) », wardi « rose » au profit du sanskrit vrad, alors que ce dernier mot signifie « adoucir ».
Toujours est-il que les uns rattachent le mot latin au grec ancien , « la rose »ibidem., éolique wrodion, lui-même, dit-on, emprunt à un vieux perse ºwurdiDuden Band 7, Das Herkunftswörterbuch - Etymologie der deutschen Sprache, dir. Günther Drosdowski, 1989 , 599., comparable à l’avestique varǝδa, sogdien ward, parthe wâr, tous au sens de « rose ». Et toujours selon cette même thèse, du vieux perse est aussi issue la racine sémitique, que l'on retrouve dans l’araméen wurrdā ou l’assyrien wurtinnu par exempleAlfred Ernout et Antoine Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, 577.. Ainsi le mot perse, d’où le persan gol, procèderait-il d’une racine indo-européenne ºwr̥dʰo continuée en latin par rubus « ronce ». vignette|Rose rose. Néanmoins, il faut souligner que dès 1822 Antoine Laurent Apollinaire Fée a remarqué que le pourrait bien dériver de l'arabe ورد ward.. En 1874, l'orientaliste William Wrighten a souligné textuellement que « werd n'est ni persan ni indo-européen mais arabe ».. Le linguiste français Michel Masson, en 1989, a non seulement démontré que la prétendue racine iranienne *wrd est sémitique, mais que le supposé dérivé grec de celle-ci « est plus probablement un emprunt à une langue sémitique »... Et , Jean-Claude Rolland a encore démontré à travers une « dissection » morpho-philologique du mot que l'arabe ward ne doit rien au persan ni à l'indo-européen, mais est bien d'origine sémitique.
Il est tentant de rapprocher rose de rosée mais cette similitude apparente, source d’inspiration inépuisable des poètes, est fortuite. Rosée procède, par l’intermédiaire d’un latin populaire º, du latin (substantif masculin), issu d’une racine ºh₁rōs sans ºw initial.
La rose est l’une des très rares fleurs, si ce n'est la seule avec l'églantine, à avoir un nom dédié différent des noms donnés à la plante elle-même : la rose est la fleur du rosier.
Le succès de cette fleur lui vaut également de participer à l'appellation d'autres espèces sans lien avec la famille des Rosacées comme la rose de Noël (Helleborus niger) ou la rose de carême (Helleborus orientalis), Ranunculaceae), la rose de Chine (Hibiscus, Malvaceae), la rose de porcelaine (Etlingera elatior, Zingiberaceae)
Classification botanique Espèces
La description botanique, la génétique, l’origine, la distribution et la classification des espèces botaniques sont traités dans l’article rosier vignette|gauche|Églantine, fleur de l'églantier, aussi appelé « rose sauvage ». Les espèces botaniques de rosiers, qui appartiennent au genre Rosa, sont au nombre de cent à deux cents selon les auteurs et se répartissent en quatre sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia (parfois considéré comme un genre distinct) et Eurosa.
Le sous-genre Eurosa est subdivisé en onze sections : Pimpinellifoliae (rosiers pimprenelle), Gallicanae (rosiers galliques), Caninae, Carolinae, Gymnocarpae, Cinnamomeae (rosiers cannelle), Chinenses, Banksianae, Laevigatae, Bracteatae et Synstylae. vignette|Roses doubles. Les travaux de génétique montrent que cette classification ne reflète pas l'évolution des espèces de roses. Cette classification n'est donc utile que pour la détermination d'un rosier trouvé dans la nature.
Seules une douzaine d’espèces et leurs taxons dérivés (variétés, formes), ont été utilisées pour créer la plupart des rosiers cultivés, généralement à fleurs dites « doubles » ou « pleines », aux très nombreux pétales. De plus en plus de formes « naturelles » sont cultivées dans les jardins, ce sont les « roses botaniques », dont la forme simple, aussi appelé églantine, et la rusticité s’accordent bien avec la tendance d'un jardin plus « sauvage ». Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa pour introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.
Classes de roses Les spécialistes distinguent généralement les « roses anciennes » des « roses modernes ».
De nombreux cultivars de roses, anciennes ou modernes, portent des noms de personnalités célèbres
Roses anciennes
Les roses anciennes sont généralement les variétés datant d’avant 1867, dont beaucoup ont été perdues. Parmi celles qui sont encore cultivées figurent : des « roses galliques » (Rosa gallica), telles que 'Officinalis', 'Impératrice Joséphine', 'La Belle Sultane', 'Président de Sèze', 'Cardinal de Richelieu', 'Victor Parmentier' ou 'Belle Isis' ; des « roses à cent feuilles » (Rosa ×centifolia)»., telles que « Pompon Rose » (dit 'Pompon de Meaux') et « Pompon Rouge » (dit 'Pompon de Bourgogne') ; des rosiers mousseux qui sont des mutations stériles de centifolia (ou de rosiers de Damas) comme 'Salet', 'Duchesse de Verneuil', 'Comtesse de Murinais', 'Blanche Moreau', 'Souvenir de Pierre Vibert' ou 'Mousseline' ; les « rosiers de Damas » (Rosa ×damascena), hybrides naturels apparus en Asie Mineure, de Rosa gallica × Rosa phoenicia, avec la 'Rose de Puteaux' cultivée pour ses pétales séchés et la 'Rose de Recht', très répandue en Angleterre., ou encore 'Madame Hardy' obtenue en 1832 ; quelques « rosiers de Portland », comme 'Jacques Cartier', 'Yolande d'Aragon' ; les « rosiers de Noisette », ou « thé noisette », tels que 'Gloire de Dijon', 'Rêve d'Or', 'Madame Alfred Carrière' et 'Crépuscule' ; quelques « Bourbon » tels que 'Adrienne de Cardoville', 'Coupe d'Hébé', 'Louise Odier' et 'Souvenir de la Malmaison' ; les « rosiers blancs » : Rosa ×alba, la rose d’York, Rosa alba semiplena, 'Cuisse de Nymphe émue', 'Pompon Blanc Parfait' et 'Reine du Danemark' ; des hybrides, comme 'Belle Amour', rose issue de Rosa ×damascena (rose de Damas) × Rosa ×alba'Belle Amour' sur le site de Daniel Schmitz , 'Unique Panachée', issue de Rosa ×centifolia, aux fleurs blanches striées de rose Plants Database.
Roses modernes
En 1867, la création de 'La France', la première hybride de thé (dérivée des roses importées de Chine avec les cargaisons de thé) marque le début des « roses modernes » que sont les rosiers « à grandes fleurs », les « floribunda » et les « rosiers anglais ».
Histoire de la culture
thumb|upright|Rosa 'Zéphirine Drouhin', « rosier Bourbon ». thumb|upright|'Bengale rouge'.
Antiquité et Moyen Âge Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis cinq mille ans et en Grèce depuis l’âge du bronze. Littérature et poésie antiques se réfèrent souvent à la rose, sans qu'il soit aisé d'en définir l'espèce ou la variété avec certitude.
Hérodote rapporte que le roi Midas au , lorsqu'il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine.. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de Rosa canina, cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l’intensité du parfum de la rose de Cyrène.
Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle décrit vingt sortes de rosiers nommées par le nom de leur lieu de provenance. Leurs descriptions permettent des suggestions d’identification. : la rose de Præneste semble être Rosa gallica versicolor ; la rose de Campanie est une forme de Rosa ×alba semiplena ; la rose de Tachys est une forme de Rosa ×damascena ; la rose de Milet rouge à une dizaine de pétales est une variété de Rosa gallica ; la rose de Pangée est une autre Rosa gallica ; la rose d’Alabande est une Rosa ×alba ; la rose d'automne ressemble à Rosa sempervirens ; Spinolea est Rosa pimpinellifolia Myriacantha ;