Les Groupes d’autos-mitrailleuses et autos-canons (GAMAC), connus également sous divers autres noms et abréviations, sont créés en par le général Gallieni à partir de quelques éléments de la Marine pour apporter une puissance de feu mobile aux armées combattant dans le Nord et en Belgique. À la fin de 1914, les grandes unités de cavalerie disposent de 16 groupes d'autos-canons de la Marine, rejoints par le le . Ces petites unités s’avèrent, dans leurs débuts, d’un emploi délicat au combat du fait des caractéristiques des véhicules, poids trop élevé, blindage trop mince. Leurs contributions efficaces dans divers types d'opérations à la fin 1917 et dans les campagnes de 1918 consacrent l'utilité de l'arme blindée motorisée au sein des unités de cavalerie. vignette|300px|droite| vignette|300px|droite|

Identification Ces unités, d’une grande nouveauté en 1914, pour l’Armée en général et la cavalerie en particulier, sont l'objet d'une relative imprécision dans leur identification. Leur dénomination fluctue selon les unités de rattachement, les rédacteurs des comptes-rendus officiels, les auteurs d’historiques d’unités et les périodes de la guerre. Les marques de reconnaissance, insignes d'arme, tampons d'unités, n'apparaissent que tardivement. Dénominations Parmi les noms et abréviations désignant ces unités on relève : . . (Auto-mitrailleuse-auto-canon). (Autos-mitrailleuses de la Cavalerie). . , intitulé officiel des Journaux de marche et opérations ouverts en 1916Exemple : le .. Cette dénomination est fréquemment simplifiée en « Groupe mixte ».

Marques de reconnaissance Insigne de type d’unité Il faut attendre une instruction de pour que les GAMAC soient pourvus d'un insigne spécifique symbolisant deux canons en X, surmontés d'une grenade et enserrant les lettres A M. Cet insigne, déclinaison de l'insigne de l'artillerie spéciale, est cousu sur la manche gauche et sur les pattes de col de la veste d'uniforme. Il apparait parfois peint sur les véhicules comme sur cette auto-mitrailleuse du présentée pour une revue en , devant le château de Nampcel (Oise), en ruines.

Timbre d’unité Même s'il ne dispose pas de l'autonomie administrative (voir ci-dessous) chaque GAMAC est bien une unité constituée avec son Journal des marches et opérations et son timbre d'unité à l'instar de celui du apposé au dos d'une photo de groupe de permissionnaires en attente d'embarquement dans un train. Unités d'autos-mitrailleuses et/ou d'autos-canons autres que les GAMAC Créées avant, pendant et immédiatement après la Première guerre, plusieurs unités d'artillerie légère dont les dénominations intègrent les expressions « autos-mitrailleuses » et/ou « autos-canons » ne doivent pas être confondues avec les GAMAC. Bien que certaines mettent en action des moyens techniques similaires à ceux des GAMAC, elles n'en partagent ni la composition, ni les affectations. Les sections d'autos-mitrailleuses des grandes unités de cavalerie en 1914 vignette|droite| Le Corps de cavalerie Sordet sous l'impulsion du capitaine Boucherie, spécialiste des autos-mitrailleuses, se dote de deux sections de 3 autos-mitrailleuses chacune qui accompagnent l'état-major du corps dès son départ vers la Belgique le . L'auto-mitrailleuse n'est qu'une voiture de tourisme, débarrassée de sa carrosserie, sur le plancher de laquelle a été fixé le trépied d'une mitrailleuse fournie par le dépôt du 147e régiment d'infanterie. La dissolution du corps Sordet le met fin à l'expérience. L'état-major du 2e corps de cavalerie compte fin 1914 un petit détachement de 3 « autos-mitrailleuses, simples voitures de liaison munies d'un armement de fortune », commandé par le capitaine de Bourbon-Chalus qui commande ensuite les autos-mitrailleuses de l'armée d'Orient puis le . L'état-major de la 2e division de cavalerie s'adjoint à l'automne 1914 une section d'autos-mitrailleuses similaire à la précédente. La 10e division de cavalerie reçoit pour son état-major, fin 1914, deux autos-mitrailleuses Peugeot, remplacées en par une section d'auto-mitrailleuses détachée du 19e régiment de dragons. Le Corps expéditionnaire d'Orient incorpore courant 1915 un groupe d'autos-mitrailleuses à 3 sections dont la composition, les effectifs et les armements sont proches de ceux des GAMAC. Ce groupe sous le commandement du capitaine de Bourbon Châlus opère en Serbie et en BulgarieGaspard Charles Joseph de Bourbon Châlus (Paris 1876- Châlus (Haute-Vienne) 1936), officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre, lieutenant de réserve du de Cuirassiers comptant à la Division de Cavalerie prend part à l’attaque de Lombartzyde les 15 et dans le cadre du Groupement de Nieuport, constitué le 14 décembre aux ordres du Général de Mitry. Il prend le commandement des Autos Mitrailleuses de l’Armée d’Orient puis celui du et enfin celui de l’A.S.317 du B.C.L ou 319 du B.C.L. (A. Gougaud, op. cit., p. 42). Batterie d'auto-canons mitrailleuses « Batterie d'auto-canons mitrailleuses »JMO GAMC, vol. 1.. Le groupe d'autos-canons de 47. Un groupe de 4 autos-canons armés du canon à tir rapide modèle 47 mm TR est créé en et placé sous le commandement du Lt de vaisseau de Villeneuve-BargemonLe groupe à la tête duquel le Lt de vaisseau Villeneuve-Bargemon se distingue, reste en Belgique plusieurs mois (Excelsior, , p. 4, col. 1 (Lire en ligne).. Les sections d'autos-canons de 75 Armées de canons de modèle 1910, les « sections autos-canons » ou « sections de 75 automobiles » relèvent de l'Artillerie Anti-Aérienne (AAA). Cette destination opérationnelle leur impose mobilité et autonomie sur l'ensemble du théâtre des opérations. Elles peuvent ne pas avoir d'affectation précise autre que de relever d'un Groupe AAA à la disposition d'une grande unitéAinsi la section de 75 remorques, se place en juillet 1918 sous les ordres du chef d'escadron commandant l'AAA II, qui, selon les opérations, regroupe avec elle les et sections d'autos-canons de 75 (JMO de la section de 75, -, SHDGR, 26 N 1247/4).. À partir de 1916 la plupart des sections de 75 antiaériennes sont affectées à un régiment d'artillerie de défense contre avions comme la section affectée au d'artillerie de défense contre avion et remarquée en 1918L’Ouest-Éclair, 9 novembre 1918, p. 2..

La défense antiaérienne compte 77 sections d'autos-canons de 75, composées chacune d'une soixantaine d'hommes et de deux pièces de sur plateau ou remorque.

Historique Au préalable, lever les réticences Les groupes d'autos-mitrailleuses et autos-canons sont la résultante de plusieurs courants dont la convergence ne pouvait être acquise à la déclaration de guerre en . De nombreuses réserves bloquent l'innovation, comme ces conclusions de la Commission d'enquête des et présidée par le Colonel Rouquerol, commandant l’Artillerie de la 12e division d’infanterie statuant sur l'opportunité d'emploi d'une Charron Girardot Voigt 1902, armée d'une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1901 :

Pour arriver à lever ce type de réticence, il faut faire confluer : Les courants d'évolutions techniques : Possibilité de fixer une mitrailleuse sur un véhicule, de la faire pivoter sur son arbre Possibilité de fixer sur un véhicule un canon de petit diamètre à tir rapide Possibilité de monter une protection (blindage) sur ces véhicules Disponibilité de véhicules suffisamment robustes et vastes pour recevoir équipage, armes, munitions et blindage Les courants d'évolutions de la doctrine militaire : Acceptation de la diminution de l'efficacité de la cavalerie montée Acceptation par la hiérarchie de la possibilité de tirer à la mitrailleuse depuis un véhicule, une « auto mitrailleuse » Acceptation par la hiérarchie de tirer au canon depuis un véhicule, une « auto canon » Aptitude des chefs de corps à intégrer des véhicules armés dans la tactique Gallieni : le catalyseur de septembre 1914 Les premières semaines de combats aboutissant à la bataille de la Marne font prendre conscience de la nécessité d'évoluer très rapidement dans de nombreux domaines. La mobilité de l'artillerie légère devient une priorité. Le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, fort du succès et de l'impact psychologique de l'opération des taxis de la Marne s'empare du projet d'unités d'autos-mitrailleuses et d'autos-canons sur lequel travaille le lieutenant Lesieure Desbrières. Le Général Gallieni est définitivement convaincu de l'intérêt de ce nouveau moyen lors de la création de la batterie d'autos-mitrailleuses du capitaine Drouet à l'instigation du gouverneur militaire du Havre. Le il ordonne à l'établissement d'artillerie de Vincennes de monter des canons de 37 sur des véhicules Renault et charge le Lieutenant de vaisseau Hergault, assisté du lieutenant Lesieure Desbrières, de conduire cette opération dans les meilleurs délais. Les groupes autos-mitrailleurs et autos-canons commandés par des officiers de marine, préfiguration des GAMAC sont lancés.

Près d'un an plus tard, la Chambre des députés approuve l'initiative du futur maréchal :

Dates charnières Le général Eugène Féraud, à la tête du Corps de cavalerie de à fin , constate avec quatre années de recul la profonde transformation de la Cavalerie française devenue « une puissance de feux » grâce aux modifications de l'armement, c'est-à-dire grâce à l'introduction fin 1914, et au développement au cours du conflit, de l'artillerie légère et mobile dans les grandes unités de cavalerie :

Bilan positif en fin de guerre Ces nouvelles unités et leurs moyens mécaniques sont évalués au cours de la campagne contre l'Allemagne et quelques années après par les stratèges. Fin , à l'issue d'un fort engagement dans la zone Montdidier-Roye (Oise), l'état-major de la Division de cavalerie résume :

En un observateur souligne :

En 1923, l'historien du corps de cavalerie souligne à son tour l'entrée définitive des GAMAC dans la cavalerie :

Disparition des GAMAC En 1919, les groupes d'autos-mitrailleuse et d'autos-canons voient d'une part leur nombre réduit de seize à onze, et d'autre part leur dénomination changer en "groupes d'autos-mitrailleuses de cavalerie". Deux décisions de 1922 marquent la disparition définitive des GAMAC et de leur organisation : Le , en termes d'organisation, deux groupes d'A.M.C. forment dorénavant un "groupement d'autos-mitrailleuses de cavalerie" sous le commandement d'un chef d'escadronsMinistère de la Guerre, circulaire 4/2 du 8 février 1922, citée dans La France militaire, , p. 1, col. 3-4 (Lire en ligne sur Retronews).. Le , le devient un (E.A.M.C.), toujours commandé par un capitaine. Deux E.A.M.C. forment un (G.E.A.M.), au commandement d’un chef d’escadrons, affecté à une division de cavalerie, sauf de la DC de Paris dont le GEAM dispose de trois EAMCMinistère de la Guerre, circulaire 4/2 du 20 octobre 1922, citée dans La France militaire, , p. 1, col. 4 (Lire en ligne sur Retronews)..

De 1922 à 1931-32, l’automitrailleuse White, seule automitrailleuse en service en France équipe les GEAM avant qu'elle ne soit remplacée par des véhicules plus modernes comme les automitrailleuses semi-chenillées Schneider P16.

En 1939, par des regroupements d'escadrons d'auto-mitrailleuses de cavalerie, sont constitués cinq régiments d'automitrailleuses qui sont dissous un an plus tard.

Unités et affectations principales Les GAMAC n'ont pas d'autonomie administrative. Ceci est vraisemblablement dû à leur petite taille, environ 70 hommes, et à leur rattachement opérationnel direct à l'état-major d'une division de cavalerie qui, selon les nécessités des opérations, peut les détacher, temporairement et sans préavis, soit à une autre division de cavalerie, soit à une division d'infanterie. Affectations administratives Initialement, à l'automne 1914, les groupes d’autos-canons de la Marine, composés chacun de deux sections, sont rattachés administrativement au Dépôt des équipages de la Flotte de Paris implanté au Grand Palais des Champs-Élysées à Paris.

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