Le d'artillerie lourde () est une unité de l'armée française, créée en 1912. Engagé dans la Première Guerre mondiale, il est dissout fin 1915. Quatre de ses groupes forment en particulier le le .

Création et différentes dénominations 1912 : création du d'artillerie lourde 1915 : dissous

Chefs de corps

Historique des garnisons, campagnes et batailles vignette|Défilé du le à Longchamp. Avant la mobilisation de 1914, l'artillerie lourde française n'est qu'embryonnaire. L'Armée recherche un matériel extrêmement mobile, de portée plus grande que le canon de 75, d'une puissance de destruction plus considérable, ni trop lourd ni trop léger ; un matériel tirant vite et bien. Les progrès réalisés dans la construction automobile permettent l'espoir de fonder une artillerie dont les pièces seraient traînées par de petits tracteurs légers.

Les essais commencent en 1912. Le canon adopté comme répondant aux exigences du moment est le 120 L de Bange, avec cingolis (pièces de bois placées autour des roues pour améliorer la mobilité en tout-terrain). Les tracteurs sont des Panhard 35 HP (K11), à quatre roues motrices et directrices.

Le premier régiment qui est doté de ce matériel, avec avant-train modifié pour la traction automobile, est le régiment d'artillerie lourde mobile, formé le Loi du 24 juillet 1909, modifiée par la loi du 15 avril 1914, relative à la constitution des cadres et des effectifs de l'armée active et de l'armée territoriale en ce qui concerne l'artillerie, suivie des instructions du 16 avril et du 8 juin 1914 pour son application. Il est désigné pour les premiers essais aux grandes manœuvres des pièces à tracteurs.

Dès le début de 1914, l'Armée regroupe des chauffeurs professionnels pour conduire les tracteurs. Formé d'un seul groupe automobile de deux batteries de six pièces, le RAL participe au défilé du à l'hippodrome de Longchamp. Le trajet entre Versailles et Longchamp permet de tester les matériels.

Première Guerre mondiale Affectations

1914 Fin , lorsque la guerre se déclenche, le régiment compte 10 batteries de canons de 120 de Bange mais sa motorisation est loin d'être terminée : un seul groupe peut débuter la guerre avec des tracteurs, les deux autres restent provisoirement hippomobiles.

Les et batteries du partent de Versailles à l'aube du , au reçu du télégramme de couverture (dans le cadre du Plan XVII). Ces batteries uniquement composées des jeunes classes présentes sous les drapeaux, d'un certain nombre de réservistes qui faisaient alors une période de vingt-huit jours et de quelques chauffeurs mobilisés avec leur véhicule par ordre spécial. Par Saint-Cloud, et en contournant Paris et Saint-Denis, le groupe parvient à Villetaneuse, où se fait l'embarquement en chemin de fer. Le lendemain, au petit jour, le groupe débarque à Lérouville et de là fait route par ses propres moyens jusqu'au fort du Camp des Romains.

Les deux autres batteries, dites de dédoublement ( et ), composées d'une plus forte proportion de réservistes appelés par l'ordre de mobilisation générale du , rejoignirent le , dans la vallée de la Meuse. Le groupe du comprend donc quatre batteries, auxquelles était adjointe une colonne légère. Le est constitué de la , mobilisée à Lorient, et de la , mobilisée à Guyancourt. Ces batteries perçoivent leur matériel (canons de 120 L) puis rejoignent également la Meuse le 12 et le . La () se dédouble pour former la . Ces deux dernières batteries sont hippomobiles, par manque de tracteurs.

Des opérations de grande envergure se dessinent dans la région de Longwy. Le groupe est appelé et mis à la disposition du corps de la armée (général Sarrail et général Herr, commandant l'artillerie).

Peu de temps après, la batterie (capitaine Olivier) exécute un des premiers réglages par avion de la guerre, sur une batterie et des rassemblements ennemis, aux environs de Pretz, en Argonne. Ce tir, dû à l'initiative de l'aviateur et du commandant de batterie et mené avec système de conventions très simples, donne d'excellents résultats.

Mais les Allemands avancent après la bataille des Frontières par la Belgique envahie et le nord de la France. Le groupe prend part à la retraite générale, jusqu'à la bataille de la Marne. Toujours avec le , il participe à la défaite de l'armée du Kronprinz, puis prend part à la poursuite, lorsqu'un ordre du Grand Quartier général le met, le , à la disposition du corps combiné du général Humbert (futur corps). Par ses propres moyens, le groupe rejoint la Champagne en seulement deux jours. Entre le et le , le a parcouru plus de tout en restant en batterie pendant l'équivalent de quinze jours. Ce record de mobilité ne sera pas également pendant la Guerre.

Seule artillerie lourde de la région, il répond à toutes les nécessités que comporte la situation et satisfait à tous les besoins de l'infanterie. Du au , le groupe manœuvre constamment. Les batteries, se divisant en sections et même en pièces isolées, occupent le front de Reims à Berry-au-Bac.

Les tirs, exécutés avec autant d'à-propos que de précision, réussissent à faire échouer plusieurs attaques de la Garde prussienne. Le général Humbert, témoin oculaire de ces opérations, adresse au groupe la lettre de félicitations suivante :

La « course à la mer », qui s'est engagée pendant ce temps, est presque terminée; mais les Allemands menacent alors les passages de l'Yser. Le groupe est dirigé en toute hâte vers le Nord. Le , départ pour les environs d'Amiens, où arriva bientôt l'ordre de se rendre en Belgique par étapes forcées. En quatre étapes, il se transporte de Reims à Furnes où, du au , il prête son concours à l'armée belge pendant la bataille de l'Yser. Là encore, il est la seule artillerie lourde présente. Il intervient d'abord pour interdire le passage de l'Yser, aux portes de Schoorback et de Keyem et sur les passerelles lancées par les Allemands à hauteur de Pervyse, puis à Dixmude avec les fusiliers marins. Les pièces sont avancées chaque nuit pour effectuer des tirs à grande distance sur les principaux points de communication de l'ennemi.

L'aide puissante qu'apporte le groupe contribua pour une large part à la stabilisation du front en Belgique et à l'arrêt définitif de la poussée allemande en direction de Dunkerque et de Calais. Enfin, deux participations, l'une à la bataille de Ramscappelle (27 au ), l'autre aux opérations qui aboutissent en décembre, à la prise de la maison du Passeur, et la guerre de mouvement est momentanément terminée pour le groupe. Son extrême mobilité ne peut plus lui servir à la poursuite de l'ennemi. Elle doit servir au déplacement rapide de ses pièces puissantes d'une extrémité du front à l'autre, en réaction ou en prévision des attaques ennemies.

À la fin de l'armée 1914, le groupe avait tiré de canon. Souvent les pièces sont à très petites distances de l'ennemi ; parfois même, comme à la défense de Linde et d'Hetsas, elles se trouvent à moins de des premières lignes. Pendant toute cette première période, le camouflage nécessité par l'activité de l'aviation ennemie est constitué par des simples branchages, par des gerbes de céréales, par la disposition irrégulière des pièces sur le champ de bataille.

1915 vignette|Passage d'un canon de 120 du à Saleux en 1915. Les très grands services rendus par l'artillerie à tracteurs entraînent la formation d'un grand nombre de groupes nouveaux.

Un est créé en novembre- avec 25 Panhard K11 et des 120 L. Le du , créé en avec des canons de 120 L tractés par des Latil TH, devient opérationnel en .

Les et sont créées le avec des canons de 95, formant un nouveau groupe.

Le groupe est scindé. Deux batteries ( et ) forment le nouveau groupe du 4e RAL, les deux autres ( et ) forment le groupe.

Les tubes sont usés, le matériel automobile usagé, le groupe se reforme à Charenton du au , lorsqu'il est appelé d'urgence en Belgique, sur l'Yser, où les Allemands font pour la première fois usage des gaz asphyxiants, puis vient en Artois pour les attaques de mai et juin (Carency, Ablain-Saint-Nazaire, etc.). Le groupe, qui s'était également reformé, participait avec le groupe, à l'offensive du 25 septembre en Artois, occupant diverses positions dans les secteurs sud et nord d'Arras.

Dans l'intervalle, le groupe, récemment formé, apparaissait également pour l'attaque du . Le , arrivé de Vincennes vers le , faisait, lui, ses premières armes en Belgique avec du matériel de 100 T. R. et participait aux attaques de l'armée britannique dans la région d'Ypres.

Le , le prenait le nom de d'artillerie lourde à tracteurs. Le groupe du devient le groupe du , le groupe du devient le groupe du , le groupe du le du et le du le du . Le du devient le le du . Les et batteries forment le du RAL.

Étendard L'étendard du régiment ne porte aucune inscription Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007.

Personnalités ayant servi au Gustave Alric (1894-1967) Georges Thill, résistant tué en 1944, incorporé au en 1914.

Références

Bibliographie . . Loi du 24 juillet 1909, modifiée par la loi du 15 avril 1914, relative à la constitution des cadres et des effectifs de l'armée active et de l'armée territoriale en ce qui concerne l'artillerie, suivie des instructions du 16 avril et du 8 juin 1914 pour son application

Liens externes

Articles connexes

Ordre de bataille de l'armée française en août 1914

Artillerie lourde à grande puissance

Catégorie:Unité d'artillerie française dissoute