Isabelle Pinson est une peintre française née à Paris le et morte à Saint-Germain-lès-Corbeil le . Spécialiste du portrait et des scènes de genre, elle expose au Salon de Paris de 1796 à 1812.
Plusieurs portraits signés et datés de la seconde moitié du , attribués à Isabelle Pinson, ne peuvent en aucun cas être de sa main et seraient plutôt l'oeuvre de Simon Pinson (vers 1740-après 1800).
Biographie
Née à Paris le Bulletin des lois du royaume de France, (Règne de Louis-Philippe , roi des Français) (Ordonnances), , tome 6, Ordonnances d'intérêt local ou particulier publiées pendant le second trimestre de 1834, bulletin , : « Ordonnance du roi qui autorise l'inscription au Trésor public de quatre cent quatre-vingt-six pensions civiles et militaires, », . et baptisée à l'église Saint-Sulpice, Isabelle Proteau est la fille d'un couple de domestiques au service de la famille de Jaucourt, mariés en 1768.
vignette|gauche|redresse|Portrait présumé de la mère de l'artiste, Marie Bourdereau, veuve Proteau, non daté. Sa mère, Marie Bourdereau (1740-1823)Acte de décès reconstitué de Marie Bourdereau du , Archives de Paris, état civil reconstitué, décès, 5Mi1 1204, vue 28/49, page consultée le ., appartenait à une famille originaire du village de Brinon-les-Allemands qui comptait plusieurs membres entrés au service du seigneur du lieu, le marquis de Jaucourt, et des siens ; Marie elle-même devint en 1758 la femme de chambre d'Isabelle de Jaucourt (sœur de l'encyclopédiste Louis de Jaucourt), qui habitait un hôtel particulier, rue de la Chaise.
Son père, Fabien Proteau, un Bourguignon originaire du village de Genlis, près de Dijon, était le valet de chambre du vicomte de Jaucourt, logé à l'hôtel de Noaillac, sis au 88, rue de Grenelle. Il mourut dès le .
Cette mort affecta peu la jeune orpheline de père sur le plan matériel, grâce en grande partie à la protection et à la générosité de sa marraine de qui elle tenait son prénom, Isabelle de Jaucourt, patronne de sa mère. Cet appui lui permit de bénéficier d'une éducation soignée, notamment sur le plan artistique. Ayant sans doute montré assez tôt des aptitudes pour le dessin., elle reçut des leçons de certains peintres les plus réputés de l'époque, Jean-Baptiste Regnault, François-André Vincent et Adélaïde Labille-GuiardSes maîtres de peinture sont connus par les livrets du Salon. Aux Salons de 1801 et 1810, elle se dit élève de , c'est-à-dire François-André Vincent et Jean-Baptiste Regnault, mais aux Salons de 1804 et 1806, elle indique plutôt . , pour les contemporains, désigne Adélaïde Labille-Guiard après son mariage en 1800 avec François-André Vincent. L'enseignement reçu par Isabelle Pinson de Vincent et Regnault est mentionné par l'ensemble des études, mais celui de Labille-Guiard n'a été signalé que par ..
Le , à l'âge de 23 ans, Isabelle Proteau épouse le chirurgien, anatomiste et artiste céroplasticien André-Pierre Pinson (1746-1828), de 23 ans son aîné, qui occupait les fonctions de chirurgien-major de la compagnie des Cent-Suisses, garde personnelle du roi, jusqu'à son abolition récente en . Le mariage est célébré à Clichy-en-Launois, où le promis avait acheté l'année précédente une propriété au duc d'Orléans, son ancien protecteur.
Les nouveaux époux sont particulièrement intimes avec le sculpteur Jean-Antoine Houdon, qui a peut-être joué un rôle dans leur rencontre et qui est témoin du marié à la fois lors de la signature du contrat de mariage et lors de la cérémonie. Ils fréquentent aussi beaucoup le miniaturiste Lié Louis Périn, l'un des meilleurs amis d'André-Pierre Pinson, qui réalise vers cette époque deux portraits des Pinson...
Après la nomination du chirurgien Pinson au poste de modeleur sur cire de la nouvelle École de santé de Paris, le couple emménage en 1795 en face de l'École, rue de l'Observance, dans les locaux dépendant de l'hospice.
Isabelle Pinson participe pour la première fois au Salon en 1796 en présentant trois portraits.
Elle meurt à Saint-Germain-lès-Corbeil le Archives de l'Essonne, Saint-Germain-lès-Corbeil, naissances, mariages, décès : registre d'état civil (1842-1857), 4E/2569, image 132 sur 156, Acte de décès d'Isabelle Proteau () dressé le pour un décès survenu la veille..
Œuvre Envois aux Salons Œuvres non localisées, sauf mention contraireListe dressée d'après et la base Salons, sauf mention contraire..
1796 : Trois Portraits (). 1800 : Une jeune personne dans son atelier, regardant dans son porte-feuille (). 1801 : Tableau. Une jeune femme grecque filant () ; Tableau de fleurs () ; Tableau. Portrait du citoyen T***, médecin, membre de l’Institut () ; portrait du chirurgien Jacques Tenon, peut-être celui légué par le modèle à sa mort en 1816 à son confrère et ami Philippe-Jean Pelletan. vignette|redresse|Autoportrait de l'artiste avec une petite fille, non daté, localisation inconnue, probablement Salon de 1804, . 1804 : L'Étude () ; Une femme à son chevalet, avec une petite fille près d'elle (), probablement la toile proposée aux enchères à Paris chez Christie's, le (lot ), sous le titre Autoportrait au chevalet avec une petite fille : ., non daté, huile sur toile, .. 1806 : Une jeune femme devant une glace () ; description contemporaine : , cité par . ; Une femme endormant son enfant () ; description contemporaine : ; Une jeune fille dessinant (). 1808 : Une mère posant sur la tête de sa fille le chapeau virginal () ; L’Attrapeur de mouches (), huile sur toile, , Notre Dame, de l'université de Notre-Dame, 2011.024.001.. 1810 : Portrait de , docteur et membre de la faculté de médecine () ; portrait de Pierre Sue, 1809, huile sur toile, , donné en 1816 par les héritiers du modèle à la Faculté de médecine de Paris, collection du musée d'Histoire de la médecine à Paris.. 1812 : Offrande de deux époux à Philémon et Baucis, métamorphosés en arbres ().
Autres œuvres
Portrait de Philippe Petit-Radel, avant 1815, huile sur toile, donné en 1816 par le neveu du modèle à la faculté de médecine de Paris. Paris, musée d'Histoire de la médecine. Rencontre de saint Germain et sainte Geneviève, dit aussi Saint Germain distribuant des aumônes, 1821, huile sur toile, , Saint-Germain-lès-Corbeil, église Saint-Vincent-Saint-Germain, nef de l'église (), don de l'artiste., page consultée le .. Autoportrait, 1823, huile sur toile, , conservé par la famille Darblay au château du même nom, Saint-Germain-lès-Corbeil, jusqu'à la dispersion de ses collections aux enchères à Paris, chez Christie's, le (lot 470), localisation inconnue.. Portrait présumé de la mère de l'artiste, Marie Bourdereau, veuve Proteau, non daté, huile sur toile, , conservé par la famille Darblay au château du même nom, Saint-Germain-lès-Corbeil, jusqu'à la dispersion de ses collections aux enchères à Paris, chez Christie's, le (lot 317), localisation inconnue. Modèle identifié de façon erronée dans la source comme « », patronyme de l'époux de sa fille. Les travaux de Boulinier permettent d'identifier correctement la mère de l'artiste..
Attributions erronées
Plusieurs portraits datés de la seconde moitié du et signés ont été attribués à tort à Isabelle Pinson : créés souvent alors qu'elle n'était pas née ou trop jeune, signés d'un patronyme qu'elle ne porte qu'à compter de son mariage en 1792, elle ne peut en aucun cas les avoir peints. Selon Xavier Salmon, historien de l'art spécialiste du et directeur du département des arts graphiques du musée du Louvre, ces œuvres seraient plutôt à attribuer à Simon Pinson (1740-après 1800) .
Iconographie
La plus ancienne représentation connue d'Isabelle Pinson est une miniature réalisée par Lié Louis Périn dans les années 1790, la dépeignant debout dans un paysage, de trois quarts à droite, tenant une palette et des pinceaux, vêtue d'une robe blanche et d'un châle jaune pâle. Ce portrait était considéré comme l'un des plus remarquables du miniaturiste par le fils de ce dernier, le peintre Alphonse Périn. Isabelle Pinson donna l'œuvre à celui-ci, en même temps qu'une miniature représentant son époux également réalisée par Lié Louis PérinLa notice du Louvre indique à tort que les deux miniatures sont toujours demeurées dans la famille Périn, alors que la écrite par son fils affirme expressément qu'Isabelle Pinson en fit don à ce dernier.. En 1853, les deux œuvres intégrèrent les collections du musée du Louvre...
L'autoportrait le plus connu d'Isabelle Pinson, peint en 1823, la représente vêtue d'une robe d'indienne. Cette toile a été conservée au château de Saint-Germain-lès-Corbeil, propriété de la famille Darblay dont les ancêtres avaient voisiné avec l'artiste, jusqu'à la dispersion des collections de la demeure aux enchères, en .
D'autres autoportraits ont aussi été réalisés par l'artiste. L'historienne de l'art Marie-Jo Bonnet croit en identifier trois qui auraient été présentés au Salon, d'après la description des livrets de l'exposition : il s'agirait d’Une jeune personne dans son atelier, regardant dans son porte-feuille (Salon de 1800), Une femme à son chevalet, avec une petite fille près d'elle (Salon de 1804) et Une jeune fille dessinant (Salon de 1806). Voir la liste des , . L'hypothèse semble se confirmer en ce qui concerne le second de ces trois tableaux, Une femme à son chevalet, avec une petite fille près d'elle, que l'historienne de l'art Patricia Simons propose d'identifier avec l’Autoportrait de l'artiste avec une petite fille proposé aux enchères en 2003. Une comparaison du visage de l'artiste dans ce dernier tableau avec l'autoportrait peint en 1823 confirme qu'il s'agit bien d'une représentation d'Isabelle Pinson.
Bibliographie
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Notes et références Notes
Références
Liens externes
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