La Trahison des clercsJulien Benda, La Trahison des clercs, Les Cahiers rouges, Grasset, 2003 . est un ouvrage de Julien Benda paru initialement en 1927 et réédité en 1946 avec une longue préface de l'auteur, et réédité depuis lors plusieurs fois et en plusieurs langues.

Une nouvelle édition sortit en 1975, dont la préface fut rédigée par André Lwoff.

Description À une époque où de nombreux intellectuels et artistes se tournent vers la politique et les idéologies, Julien Benda leur reproche de se détourner des « valeurs cléricales », c'est-à-dire la recherche du beau, du vrai, du juste, et qui sont pour lui « statiques » et « rationnelles ».

Cet ouvrage vise plus particulièrement les intellectuels qui prônent l'ordre, un État fort, en particulier les intellectuels fascistes ou nationalistes des années 1930, mais aussi les communistes. Il reproche particulièrement aux écrivains « engagés » de prétendre servir ces valeurs (le vrai, le juste) alors qu'ils servent une idéologie. C'est en cela que consiste leur « trahison » : ils tiennent un discours qui se veut désintéressé et rationnel, alors que celui-ci est fondé sur des émotions idéologiques et non sur la raison. Il défend le clerc, adepte de l'activité libre et désintéressée qu'est le simple exercice indépendant de la raison. Et s'il admet que celui-ci s'engage en politique, il soutient que ce ne doit être qu'au nom des valeurs morales absolues, statiques qu'il défend, et non en soutien à un mouvement politique et à son idéologie.

C'est un essai très critique envers le nationalisme réactionnaire français des années 1930, dont il analyse longuement les racines et démonte patiemment l'argumentaire. Cette critique va même au-delà, attaquant le concept même du nationalisme, et préparant le terrain pour un autre ouvrage fameux de Benda, le Discours à la nation européenne.

Réactions Ce livre peut être lu comme un manifeste de méfiance face aux idéologies et aux idéologues qui ont dominé les s. Il valut à son auteur d'être attaqué très violemment par la quasi-totalité des intellectuels de son temps, à l'exception de la Nouvelle Revue française qui fera de lui un de ses journalistes politiques phares jusqu'en 1940.

Extraits

L'ouvrage s'achève sur un long alinéa évoquant la possibilité, terrifiante aux yeux de Benda, de voir le nationalisme s'élever au niveau de l'espèce humaine contre les autres espèces, au lieu que ce fût nation contre nation. Il peint alors ce tableau, avec l'œil noir de l'ironie :

Notes et références

Voir aussi Bibliographie La Révolte des élites et la trahison de la démocratie (The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy - 1995), ouvrage du sociologue américain Christopher Lasch Pascal Engel, Les Lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison, Paris, Ithaque, 2012. Voir aussi "Julien Benda : un clerc pour toutes saisons" Contrelignes, 2012.

Articles connexes 1927 en philosophie

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