René Egger, né le à Marseille où il est mort le Relevé des fichiers de l'Insee, est un architecte français. Il travaille avec Fernand Pouillon de 1944 à 1953, notamment au sein de leur agence Egger-Pouillon créée en 1947. Au cours de sa carrière, il conçoit de nombreux bâtiments à Marseille dont plus de 150 bâtiments universitaires et scolaires. Il réalise l'hôpital nord, connu comme « le plus moderne d'Europe » lors de son achèvement en 1952 ou encore l'extension du commissariat de police « l'Evéché » dans le arrondissement.« Décédé en février 2016 à l’âge de 100 ans, René Egger reste pourtant l’un des grands oubliés de l’architecture française. Anonyme tel ses édifices publics qui peuplent la ville, mais que l’on ne regarde pas. Ignoré, tel ce décor de béton si omniprésent qu’il en devient invisible. Il existe, à son propos, peu d’écrits. »René Egger est admis le à l’école régionale d’architecture de Marseille. Le il est autorisé à transférer son inscription à l’école des beaux-arts de Paris. Il devient alors en 1938, élève de Roger-Henri Expert. En 1941, il obtient son diplôme sous la direction de ce même enseignant, il fera ainsi partie de la promotion de la section architecture. Le sujet de son diplôme était « l’habitat d’un collectionneur » qui recevra la mention très bien.
Il sera par ailleurs blessé pendant la guerre mais gardera une très bonne mobilité. De retour à Marseille, il travaillera chez Eugène Beaudouin où il sera rapidement envoyé dans une mission au Niger (réalisation du plan d’urbanisme de la ville de Ségou). Dans un même temps, il sera chargé de l’installation des affaires civils pour le compte de l’US Army (Delta Base Section) tel que le camp du Grand Arénas. Un an après son diplôme, en 1942, il sera nommé conseiller technique du ministère de l’éducation nationale. Il conserve ce titre acquis grâce à Eugène Beaudouin qui le recommanda au ministère pendant qu’il travaillait dans son agence.« Beaudouin avait recommandé Egger auprès du ministère de l’éducation nationale et il a reçu le titre d’architecte conseil de l’éducation nationale il lui servi que dix en plus tard afin de constituer la "maffia qui devait s’attribuer sans concurrence de talents, les milliards prévus pour les travaux scolaires et universitaires. Bien entendu, le conformisme et les jérémiades étaient de rigueur dans le groupe aux dents longues. »Il est resté discret malgré l’ampleur de ces constructions. Cela est en partie dû à son association avec Fernand Pouillon.« Pouillon était l’homme de la culture et du rêve, l’homme de la communication, du verbe ; un parleur, un séducteur…. Ce que n’était pas René Egger. »Très proche des ministères et de la ville de Marseille il a souvent collaboré avec les grands architectes marseillais tels que Beaudouin, Castel, Devin… l’aventure des commandes qui lui ont été confiées a parfois attisé les curiosités. Cependant, René Egger et Gaston Defferre n’étaient pas amis. René Egger reconnaît à Paul Rollin dans 26 siècle d’éducation à Marseille la dénomination de couple de constructeurs.
L'architecte de Marseille Son œuvre la plus importante et celle qu’il préfèrera est la faculté de médecine de la Timone. Lors du cinquantenaire de la Faculté de médecine de Marseille, il en disait :« Je me suis assis dans un fauteuil et puis j’ai regardé les étudiants à travers la vitre en bas qui circulaient, qui avaient l’air heureux, qui avaient l’air contents de ce bâtiment qu’on a fait pour eux. Je me disais, quel beau métier que le mien, faire des Facultés pour les enfants de mon pays. Puis est venu un orchestre de chambre qui de temps en temps jouait mais cette musique envahissait la Faculté, c’était euphorique. C’était comme un hymne, un hymne à la liberté retrouvée celle de l’architecture. »Peu après sa nomination au titre d’architecte des bâtiments civils et palais nationaux (en 1953), la première mission qui lui sera confiée sera l’agrandissement de l’hôtel de Police de Marseille non loin de la cathédrale la Major, en association avec Fernand Pouillon. A l’issue de sa collaboration avec Fernand Pouillon, il rejoindra l’atelier Delta (en 1968), il construira notamment la faculté de médecine Nord de cette association. Finalement, des recherches m’ont permis de recenser 150 écoles construites selon son modèle et 100 supplémentaires suivant le modèle GEEP Industries. Finalement, près de 200 constructions supplémentaires peuvent lui être attribuées dont la plupart regroupent des établissements d’enseignement. Il aura conçu des bâtiments pour les villes de Aix-en-Provence, Avignon, Cassis, Châteauneuf-les-Martigues, Fontvieille, Gardanne, La Ciotat, Marignane, Marseille, Menton, Montpellier, Nice, Nîmes, Port-de-Bouc, Saint-Étienne, Saint-Raphaël, Salon de Provence, Sceaux, La Seyne-sur-mer et Toulouse (cf. : classification des édifices en annexe).
Le , René Egger est fait Chevalier de la Légion d’Honneur par Gaston Defferre (lui-même officier de la Légion d’Honneur). Le procès-verbal de la nomination, conservé aux Archives Nationales de la Grande ChancellerieN°280.433, Dossier de nomination officier et chevalier de la Légion D’honneur René Egger, Archives Nationale de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur, service de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire., fait référence aux fonctions, distinctions et missions qui lui font valoir cette médaille. Il est ainsi reconnu par l’Etat Français représenté par le service de la Légion d’Honneur en qualité de « Conseiller technique du ministère de l’éducation nationale pour les constructions scolaires, universitaires, techniques et d’équipement sportif (10 années d’activité), Architecte en chef des bâtiments civiles et palais nationaux, Chargé d’un projet pour la réfection des Hôpitaux de Marseille, Chargé de mission au Soudans Français : chargé de plans d’hôpitaux – maternités indigènes, logements, plans d’urbanismes, (etc.…) », Architecte de 1600 logements à Marseille, Chef de groupe pour la construction d’immeubles pour le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, Aussi de nombreuses constructions scolaires dont 2 500 000 000 francs pour Nîmes, 600 000 000 francs pour Nice et 4 500 000 000 francs pour Marseille (au moment de sa nomination).
Le , il sera promu officier de Légion d’Honneur par Jean Laporte, alors préfet de la région PACA (lui-même commandeur de la Légion d’Honneur). Dans son arrêté de nomination est évoqué son titre d’architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux (depuis le ) et de conseiller technique du ministère de l’éducation nationale (depuis le ). Il est ainsi architecte du gouvernement pour le ministère de l’éducation nationale, ancien combattant, officier de réserve, blessé de guerre et a été président du groupe de travail technique au sein de la commission de l’éducation nationale au commissariat général du plan de 1956 à 1958 (3 ans de poste).
Son dossier de nomination contient également un avis du directeur de l’équipement scolaire, universitaire et sportif J. Raymond qui valorise René Egger pour ces 20 ans d’actions au sein du ministère et sa participation très active aux recherches concernant la construction d’équipements scolaires et universitaires. Aussi, un grand nombre de constructions scolaires ont été édifiées selon ses plans types et il est l’ « un des premiers à avoir compris l’intérêt des études de typification des bâtiments d’enseignements et de recherche »
Il s’éteindra en 2016 à l’âge de 100 ans laissant derrière lui une œuvre immense. Une chronologie présentée en annexe permet de mieux cerner l’étendue de son engagement et des missions qu’il a pu réaliser successivement. De nombreux écrits évoquent la collaboration entre René Egger et Gaston Defferre, cependant peu de traces réelles existent/ont persisté. En effet, les archives privées de ces deux personnages conservés aux archives départementales et municipales ne laissent que peu de correspondances entre les deux hommes. Leurs collaborations ont souvent attiré les convoitises, a commencé par celle de Fernand Pouillon.
Aussi, il est souvent attribué à Gaston Defferre les différents plans de construction avec René Egger, En revanche, il est à noter que différents plans de constructions de René Egger ont bel et bien commencé sous la mandature de M. Carlini et non M. Defferre. Cependant, Gaston Defferre s’est beaucoup battu afin d’obtenir des subventions afin de construire des établissements d’enseignements primaires de qualités et d’obtenir le transfert de certaines facultés dans sa ville. Dans le fonds privé de Gaston Defferre est notamment conservée une lettre de Gaston Defferre à M. Sudreau, ministre de la Construction, où il lui adresse une demande de transfert de plusieurs grandes écoles dans la ville qui lui est à charge, Marseille.« J’ai été étonné de constater qu’aucune décision n’avait été prise en ce qui concerne Marseille qui offre pourtant des possibilités et où les jeunes pourraient être à même de poursuivre des études dans une ville intéressante à bien des points de vue, et bénéficieront en outre d’un climat particulièrement sain.
Je serai personnellement très heureux que puisse être envisagé le transfert d’une ou plusieurs grandes écoles à Marseille ou dans la région Marseillaise. Je compte sur vous pour examiner cette question. »Archives Municipales de Marseille, Fonds 100 IIFinalement, c’est une étroite collaboration entre le recteur académique et le ministre de l’Éducation Nationale qui a permis la conception d’un plan global à Marseille et l’élaboration d’une subvention de 1 milliard d’anciens Francs concernant les constructions d’établissements scolaires.
L'agence Egger Pouillon René Egger et Fernand Pouillon se sont connus à l’école d’architecture. Ils ont par la suite travaillé au sein de l’agence d’Eugène Beaudouin. C’est lors de cette période que Eugène Beaudouin fera nommer René Egger auprès du ministère de l’éducation nationale, poste qui lui vaudra beaucoup de commandes par la suite. Très rapidement, René Egger propose à Fernand Pouillon de s’associer afin de concevoir ensemble un projet dont René Egger sollicitait son aide. Dans Mémoires d’un architecte, Fernand Pouillon évoque la proposition de Egger afin de mener à bien une mission du ministère des prisonniers et des réfugiés. René Egger avait besoin de l’expertise technique de Pouillon afin de résoudre le manque de matériaux.
L’association entre René Egger et Fernand Pouillon au sein de l’agence Egger Pouillon dure de 1944 à 1953. Ils auront finalement assez peu collaboré, en effet, nombreux de leurs projets sont individuels alors même qu’ils collaborent au sein de la même entité. D’abord installé dans la rue Longue des Capucins, l’agence déménagera au 73 Building de la Canebière en 1952. Les premiers projets que l’agence a réalisés concernaient l’installation des affaires civiles de la Delta Base Section. Pour leur compte, ils ont construit de nombreux bureaux. La seconde commande très importante de l’agence concernait le ministère des prisonniers, des déportés et des réfugiés, pour lequel ils ont notamment construit le camp du grand aréna à Marseille. Ce projet a été réalisé en un temps record et avec des matériaux limités et des moyens financiers presque nuls. Dans ces mémoires, Fernand Pouillon évoque même le vol de la matière première du chantier, les milliers de fusées de céramiques inventées par Jacques Couelle à l’armée américaine.
Par la suite, les chemins des deux architectes vont rapidement se séparer, Fernand Pouillon va conserver sa liberté de création alors que René Egger va accepter le monopôle de la commande publique. Fernand Pouillon évoquera la volonté de vouloir travailler avec des maîtres d'ouvrage divers et variés et de pouvoir concevoir les projets qu’il souhaite.