Jean-François Cailhava dit de L'Estandoux, né le à Toulouse et mort le à Sceaux, est un poète, critique et dramaturge français.

Biographie Issu d’une respectable famille toulousaineIssu d’une famille d’un rang assez élevé pour avoir le droit d’ajouter une particule à son nom et de donner à son fils la qualification honorifique de , Cailhava ne s’est jamais prévalu dans ses œuvres de cette appellation à consonance féodale, qui lui a valu, malgré tout, quelques railleries dans , de la part de Rivarol, qui tombait pourtant sous le coup de la même critique., qui le destinait à une carrière militaire, Cailhava a néanmoins suivi sa passion irrésistible pour le théâtre. Après avoir fait jouer deux petites pièces bien accueillies à Toulouse, il décide de prendre le chemin de la capitale pour se consacrer entièrement à l’art de la comédie.

Installé à Paris, à l’âge de 26 ans, fort de plusieurs manuscrits qu’il était bien décidé à faire jouer au Théâtre-Français, sans se laisser décourager par les refus des comédiens, puis les sifflets du public à ses premières œuvres. .

Séduisant, spirituel et d’une gaieté constante, Cailhava s’est vite fait remarquer à Paris, mais sa franchise lui a valu de puissantes inimitiés. À une époque où la scène était dominée par le style précieux de Marivaux, fait de subtilités sentimentales et de jargon mondain, il a défie le gout du jour en prônant le retour à la comédie de caractère, dans la lignée de Molière, de Plaute et de Térence.

Désireux de débarrasser le théâtre de ses ornements superflus pour revenir à l’intrigue et à la vérité des mœurs, il a tenté, en 1765, de mettre ses théories en pratique avec le Tuteur dupé, que Grimm a longuement analysé, dans la Correspondance littéraire : Cette initiative lui a, de surcroit, attiré l’hostilité des auteurs à la mode et des comédiens, qui voyaient en lui une menace pour leurs succès, le plus hostile étant Molé, qui lui a fermé la Comédie-Française.

Mis à l’index par la Comédie-Française, il a dû, par pure passion pour son art, multiplier les humiliations, les ruses et les démarches pour parvenir à faire jouer ses pièces. Il a néanmoins fini par atteindre au succès. Ses meilleures pièces sont, après le Tuteur dupé, le Mariage interrompu et les Étrennes de l’Amour. Le Jeune Présomptueux et dans l’Égoïsme comportent quelques bonnes scènes dans, mais la portée de ces deux ouvrages en cinq actes parait être au-dessus des forces de l’auteur. Il a également obtenu plusieurs succès à la Comédie-Italienne, et, quoique la plupart des pièces qu’il y a données, ne soient en quelque sorte que des canevas, toutes ont un certain fond d’esprit et d’imagination. Une de ces pièces, et même la meilleure, les Nouveaux Mariés ou les Importuns, a été reproduite depuis au Vaudeville, sous le titre de Ziste et Zeste.

Le plus acharné de ses adversaires a été La Harpe, qui l’a violemment pris à partie dans le Mercure . La riposte de Cailhava a consisté à porter le duel sur les planches, en 1782, avec la comédie en 3 actes et en prose les Journalistes anglais, fustigeant les critiques de presse et ciblant explicitement La Harpe, dont le public a identifié sur-le-champ les méthodes partiales et l’esprit querelleur.. On y trouve de bonnes scènes de comédie, des aperçus vrais et un grand nombre de détails qui ne manquent ni d'esprit, ni de gaité, et il aurait peut-être été plus adroit de ne pas laisser survivre cet ouvrage à la circonstance qui l'avait inspiré, plutôt que de le reproduire quatre ans après l'époque de sa réception, dans un moment où toutes les haines étaient éteintes et où sa cible principale avait abandonné le journalisme.

En 1772, il a publié De l’art de la comédie, un traité en quatre volumes issu de son mémoire, Éloge de Molière, présenté en 1768 à un concours de l’Académie française. Défense passionnée des principes classiques du théâtre, à l’heure où le marivaudage, les intrigues de boudoir et un jargon précieux menaçaient, selon lui, de dégrader la scène française, ce travail, trop long pour le prix de l’Académie, a été considérablement enrichi pour devenir un ouvrage de référence. Lors de la seconde édition, de 1786, il a élagué les citations inutiles et réduit son recueil de moitié, la faisant ainsi passer de quatre à deux volumes plus denses et plus lisibles.

On lui doit également un recueil de contes libertins, désavoué par crainte de compromettre son entrée à l’Académie. Pour se protéger, il a fait paraitre l’ouvrage sous le nom de son frère, ancien capitaine de cavalerie. Finement ciselées, ces anecdotes piquantes et spirituelles ont été remaniées deux ans avant sa mort afin d’en atténuer la crudité. Toutefois, en dépit d’un visa de censure favorable et d’un rachat à bas prix par un libraire, cet opuscule révisé n’a à jamais paru, pour des raisons qui sont demeurées inconnues.

Adorateur inconditionnel de Molière, à qui il vouait un véritable culte, il projetait depuis longtemps un commentaire complet sur le patron de la Comédie-Française. Cailhava maitrisait parfaitement son sujet mais il a dû renoncer, contraint par l’âge, à cette œuvre d’envergure, pour se contenter de publier une partie de ses observations sous le titre d’Études sur Molière et sur la manière de jouer ses pièces (1802). Quoique inachevé, cet essai a été une ressource précieuse pour les chercheurs et les comédiens. Si l’on a salué le succès de ses analyses, la critique a néanmoins relevé des défauts de style : un langage parfois trop familier, des tournures gasconnes persistantes et une certaine incorrection formelle, qui trahissaient ses origines toulousaines et nuisaient à la rigueur académique attendue.

D’une probité à toute épreuve et d’un désintéressement qui a souvent nui à sa fortune, sans ambition comme sans désirs, il a passé sa vie au milieu de quelques amis qu’il a toujours conservés, dont le prince de Rohan, dont il a longtemps été l’ami, le secrétaire, le procureur fondé. Alors qu’il aurait pu sortir de chez ce prélat nanti de ressources suffisantes pour le reste de sa vie, il s’y est refusé, préférant conserver son estime et son amitié. Ami fidèle de Jean Sylvain Bailly, ce dernier lui a confié, pendant sa courte administration, la périlleuse mission d’assurer l’approvisionnement de Paris, mission délicate non sans risques, une tâche délicate qu’il a accomplie non sans risques.

Vivant, depuis 1812, pour ainsi dire retiré du monde, tourmenté presque sans relâche par la goutte, il quittait, sur le conseil de ses médecins, son logis du 61 rue Saint-André-des-Arts, pour se rendre à la campagne, pour y trouver du soulagement. il a finalement succombé à ses maux chez M. Richard, Grande Rue à Sceaux. Il a été inhumé, non loin de Florian, dans l’ancien cimetière de Sceaux avant d’être transféré à la fin du , vers le cimetière actuel de Sceaux..

Hommage Sa ville natale a donné son nom à l’impasse Jean-François Cailhava, dans le quartier Barrière-de-Paris.

Œuvre Théâtre Le Tuteur dupé, comédie en 5 actes et en prose, sujet tiré de Plaute, acte deuxième du Soldat fanfaron, Paris, Comédiens français ordinaires du roi, 30 septembre 1765. Les Étrennes de l'amour, comédie-ballet en un acte, Paris, Comédiens italiens ordinaires du roi, 1 janvier 1769. La Fille supposée, comédie en 3 actes et en vers, Paris, Comédiens français, 10 avril 1769. Le Mariage interrompu, comédie en 3 actes et en vers, Paris, Comédiens français, 20 avril 1769. Le Jeune Présomptueux, ou le Nouveau Débarqué, Paris, Comédiens français, 2 août 1769. Le Nouveau Marié, ou les Importuns, opéra-comique en 1 acte, Paris, Comédiens italiens ordinaires du Roi, 20 septembre 1770. Arlequin Mahomet ou le Cabriolet vivant, drame philosophi-comi-tragique-extravagant en trois actes et en prose, Paris, Comédiens italiens du roi, 1770. La buona figliuola, opéra-comique en 3 actes, parodiée en français sur la musique du célèbre Piccini, Paris, Comédiens italiens du roi, 17 juin 1771. L'Égoïsme, comédie en 5 actes, Paris, Comédiens français, 19 juin 1777. Les Journalistes anglois, comédie en 3 actes et en prose, 1782. Athènes pacifiée, comédie en trois actes et en prose, tirée des onze pièces d'Aristophane, 1796. L'Enlèvement de Ragotin et de Mme Bouvillon ou le Roman comique dénoué, comédie en deux actes, 1798. Les Ménechmes, grecs, comédie en 4 actes, précédée d'un prologue, Paris, Théâtre-Français, 1791. Le Dépit amoureux, rétabli en 5 actes, hommage à Molière, 1801. Théâtre complet, 5 vol., 1802.

Études sur le théâtre De l'Art de la comédie, ou Détail raisonné des diverses parties de la comédie et de ses différents genres, suivi d'un traité de l'imitation, où l'on compare à leurs originaux les imitations de Molière et celles des modernes, terminé par l'exposition des causes de la décadence du théâtre et des moyens de le faire refleurir (4 volumes, 1771). Réédition : Slatkine, Genève, 1970. Études sur Molière, ou Observations sur la vie, les mœurs, les ouvrages de cet auteur, et sur la manière de jouer ses pièces, pour faire suite aux diverses éditions des Œuvres de Molière, 1802. . Contes Le Soupé des petits maitres, ouvrage moral, 1770, , .

Adaptations Le Tuteur dupé, opéra-comique en trois actes d'Eudoxie Péan de la Roche-Jagu.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie .

Sources . Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, .

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