Le musée égyptien de Turin (en italien : Museo egizio), ou « musée des Antiquités égyptiennes de Turin », possède l'une des plus importantes collections égyptologiques du monde.

Il expose , dont dans les « galeries de la culture matérielle », sur près de .

C'est le premier musée italien à avoir été partiellement privatisé en décembre 2005 dans le cadre de la création d'une fondation (Fondazione museo delle antichità egizie di Torino)..

Histoire En 1759, Vitaliano Donati, le premier européen à effectuer des fouilles en Égypte, découvre dans le temple de Mout à Karnak les statues des déesses Isis et Sekhmet et du pharaon , qu'il ramène à Turin. Avec l'acquisition pour piémontaises de la collection de , dont une centaine de sculptures, issue des fouilles de Bernardino Drovetti, consul de France en Égypte, Charles-Félix de Savoie fonde en 1824 le premier musée égyptien au monde, qui est installé dans le Collège des Nobles construit en 1679 par Michelangelo Garove et qui ouvre au public en 1832. Ses collections furent considérablement développées et augmentées de près de par l'archéologue et égyptologue Ernesto Schiaparelli , grâce aux fouilles qu'il entreprit à partir de 1903, puis son collaborateur Virginio Rosa, et que son successeur Giulio Farina poursuivit jusqu'en 1937, pour finalement porter la collection à près de . La mission archéologique italienne en Égypte découvre alors plusieurs tombes de la vallée des Reines à Thèbes, dont celle de la reine Néfertari et celle intacte de Khâ et Merit son épouse, ainsi que le village de Deir el-Médineh.

En 1824, Jean-François Champollion vient étudier durant neuf mois les nombreux papyrus du Musée de Turin pour valider ses recherches sur le déchiffrement des hiéroglyphes effectué en 1822 et cataloguer la collection, où il découvre le canon royal de Turin, l'un des trois seuls conservés donnant la chronologie des pharaons égyptiens.

En 2014, Christian Greco prend la direction du musée.. Le , le musée entièrement rénové a été rouvert avec une surface plus que doublée, portée à d'espaces de visite, par une extension de comprenant une salle d'expositions temporaires et des espaces didactiques. La visite suit un parcours chronologique sur quatre niveaux, dont un sous-sol. Certains de ces travaux d'agrandissement ont été réalisés grâce au jeu de loto, basé sur les dispositions de la loi 662/96Christian Greco, l'Indiana Jones d'Egitto : « Io, custode dei faraoni in missione nel deserto »..

En janvier 2019, le musée prend la direction du projet d'envergure européenne « Transformer le musée égyptien du Caire ». Pour célébrer son bicentenaire, le musée lance la restauration de sa cour intérieure qui deviendra libre d'accès au public..

Visite vignette|gauche|Le Musée égyptien de Turin dans sa nouvelle présentation, en 2017. Le musée reçoit chaque année , ce qui le classe parmi les plus fréquentés du pays.

La visite commence au sous-sol par les deux salles d'histoire du musée et se poursuit en montant au troisième étage consacré aux expositions temporaires ou, au deuxième étage, avec les salles consacrées à l'époque préhistorique et à l'Ancien Empire, les tombes à fresques et le salon qui abrite les objets découverts dans les sites provinciaux d'Assiout, Gebelein et Qau el-Kebir, datant pour la plupart de la Première Période intermédiaire et du Moyen Empire.

vignette|gauche|Galerie présentant les statues de la déesse Sekhmet. Au premier étage, la présentation est plus thématique, avec des salles consacrées à Deir el-Médineh, la galerie des sarcophages, la tombe de Khâ et Merit, la vallée des Reines et les « galeries de la culture matérielle ». Les périodes gréco-romaine et Coptes puis islamique sont traitées à la fin du parcours.

Au rez-de-chaussée, on entre dans les deux grandes salles renfermant les statues monumentales du musée, dont vingt-et-une représentant la déesse Sekhmet avant de découvrir le temple d'Ellesiya, construit par en Nubie.

Collections Parmi tous les musées d'art égyptien du monde, le musée de Turin se distingue par sa collection inégalée, hors du musée du Caire, de plus d'une cinquantaine de statues monumentales, en très bon état de conservation, notamment celles des pharaons , , Horemheb avec Amon, , ou , mais aussi par ses importantes collections de textiles, de sarcophages ou les rares fresques de deux tombes égyptiennes (tombe d'Iti et Néférou et tombe de Maia).

Tombe de Khâ et Mérit (TT8)

La sépulture de l'architecte Khâ (responsable des travaux de la nécropole de Thèbes sous , et ) et de sa femme Mérit, a été découverte par Schiaparelli en 1906. C'est la sépulture complète non royale la plus abondante () jamais trouvée en Égypte, révélant des informations importantes sur la façon dont les individus de haut rang étaient traités après leur mort.

En 2022, une analyse par spectrométrie de masse des gaz émanant des objets (notamment des bocaux scellés et des coupes contenant les restes de nourriture) a permis d'identifier dans deux tiers d'entre eux, après leur dépôt, des aldéhydes et des hydrocarbures à longue chaîne caractéristiques de la cire d'abeille, de la triméthylamine associée au poisson séché et d'autres aldéhydes couramment présents dans les fruits....

Temple d'Ellesiya  Le temple d'Ellesiya, reconstitué, a été offert par l'Égypte en 1967 pour la contribution de l'Italie à la sauvegarde des monuments nubiens, lors de la construction du Haut barrage d'Assouan.

Ce temple rupestre, construit par , était situé près du site de Qasr Ibrim, en Nubie. Il était dédié aux divinités Amon, Horus et Satis.

Table isiaque

La mensa isiaca, ou table isiaque fut découverte lors du sac de Rome de 1527 et acquise par le cardinal Bembo. Sur la table de cuivre sont représentés les mystères d'Isis et les divinités égyptiennes avec leurs attributs distinctifs. La table isiaque est probablement d'origine romaine.

Papyrus  Parmi les papyrus, collectés par Bernardino Drovetti et étudiés par Champollion, figurent le canon royal de Turin, le papyrus judiciaire de Turin, le papyrus érotique de Turin et le papyrus minier de Turin.

Statues et bas-reliefs les bas-reliefs de Djéser : fragments en calcaire d'un monument consacré par le pharaon Djéser, découverts à Héliopolis par Ernesto Schiaparelli en 1903 ;

les statues des déesses Isis et Sekhmet et celle de découvertes par Vitaliano Donati dans le temple de la déesse Mout à Karnak.

Objets divers Objet Description Origine et datation 150pxOstrakon avec une danseuse

Tesson de poterie figurant une ballerine en position acrobatique.

Calcaire.

Collection DrovettiDeir el-Médineh

Nouvel Empire

ou

Entre 1291 et 1076 av. J.-C.150pxMaquette d'une boulangerie

Scène montrant les diverses phases de la fabrication du pain.

Bois.150x150pxRameurs

Esclaves ramant dans un bateau.

Bois.150x150pxModèle de barque

Bois.Découvert à Gebelein. Première Période intermédiaire150x150pxPaire de sandales

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Wolfgang Kosack, Schenute von Atripe De judicio finale. Papyruskodex 63000.IV im Museo Egizio di Torino. Einleitung, Textbearbeitung und Übersetzung herausgegeben von Wolfgang Kosack, Berlin, 2013, Verlag Brunner Christoph, . Wolfgang Kosack, Basilios "De archangelo Michael": sahidice Pseudo - Euhodios "De resurrectione": sahidice Pseudo - Euhodios "De dormitione Mariae virginis": sahidice & bohairice : < Papyruskodex Turin, Mus. Egizio Cat. 63000 XI. > nebst Varianten und Fragmente. In Parallelzeilen ediert, kommentiert und übersetzt von Wolfgang Kosack. Verlag Christoph Brunner, Berlin, 2014, .

Liens externes

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