vignette|Siège social du fonds de capital-investissement KKR.

Le capital-investissement (en anglais : private equity) est un mode d'investissement de capital où un investisseur ou fonds d'investissement utilise des capitaux pour acheter des parts d'une entreprise non cotée en bourse.

Concept

Définition Le capital-investissement consiste, stricto sensu, en une augmentation de capital d'une entreprise par un apport d'une autre entreprise spécialisée dans l'investissement. Le capital-investissement (private equity) est private car il est apporté à des entreprises qui ne sont pas cotées en bourse. Le private equity s'oppose au public equity, qui désigne des titres qui ont fait l'objet de procédures de cotation publique sur un marché.

Parce que les opérations de capital-investissement ont lieu sur les marchés de gré à gré et non sur les places boursières, les obligations réglementaires et régulations liées au capital-investissement sont moindres. Pour la même raison, la liquidité est également plus difficile à trouver. Pour compenser cet aspect, le capital-investissement vise des performances de long terme supérieures à celles des marchés financiers.

Les sociétés qui apportent le capital sont des fonds d'investissement, aussi appelées sociétés de portefeuilles. Elles gèrent un portefeuille financier, à savoir un ensemble de participations dans des entreprises. Leur objectif est d'acheter une entreprise ou une part d'une entreprise, souvent avec de la dette, pour revendre la part quelques années plus tard en ayant remboursé l'emprunt grâce aux revenus générés par l'entreprise.

Organisation et performance L'investisseur en capital cherche souvent à réaliser une plus-value en cédant ou vendant sa part après 3 à 10 ans (selon le secteur économique). Cette « sortie » se fait de gré à gré, ou par introduction en bourse.

Afin d'optimiser la valeur future de l'entreprise et donc la plus-value à la cession, l'investisseur en capital ne va généralement pas se contenter d'apporter une aide financière. En plus des capitaux injectés, il va donc pouvoir apporter des conseils financiers, un réseau d'affaires et un soutien stratégique aux dirigeants de l'entreprise en portefeuille. L'ensemble des ressources ainsi mobilisées permettent d'accompagner la société dans son développement avant de céder les parts du capital détenues en générant une plus-valueQu'est-ce que le Private Equity ? - Invest Prep.

Le capital-investissement contribue au développement d'une entreprise, qui a besoin de fonds pour croître. Il peut aussi être utilisé pour racheter une société ou une division d'une société, ou encore l'aider à se redresser. En contrepartie du risque pris et de l'immobilisation de son capital sur une certaine période (coût d'opportunité), le fonds de capital-investissement espère un rendement sur le capital investi supérieur à celui des actions cotées, compte tenu de la non-liquidité de son investissement, parfois pour plusieurs années. Souvent, il accompagne aussi la société en portefeuille sur les questions stratégiques, financières, juridiques, et parfois il en prend le contrôle.

Le choix d'investissement de la part du fonds d'investissement repose sur des estimations et des calculs. Il exige un bon choix d'entreprise ainsi que l'évaluation du prix d'achat adéquat ainsi que de la structure d'endettement adaptée (il en existe en effet plusieurs). Cela passe par une modélisation (ex : LBO Model).

Types d'acteurs Le capital-investissement se décline sous plusieurs formes selon l'objectif et la situation de l'entrepriseDéfinitions sur le site de l'AFIC. Les investissements peuvent être réalisés par des sociétés ou fonds d'investissement spécialisés constitués ad hoc, privés ou publics, d'origine industrielle ou financière (capital-investissement institutionnel avec notamment les fonds de pension, les assureurs et les banques), mais aussi par des individus fortunés et expérimentés (business angels ou investisseurs providentiels).

Certains fonds spécialisés de capital-investissement investissent uniquement dans des actifs immobiliersQu'est-ce que le Private Equity en Real Estate ? - AlumnEye. Ces actifs immobiliers peuvent être des résidences étudiantes, des complexes hôteliers, des immeubles de bureaux ou des centres commerciaux. La différence majeure avec le capital-investissement classique tient aux spécificités du secteur immobilier, extrêmement cyclique. Une autre spécificité tient au fait que certains fonds de capital-investissement spécialisés en immobilier investissent dans des projets qu'ils vont eux-mêmes développer. Concrètement, le fonds fait l'acquisition d'un terrain et développe intégralement l'actif immobilier.

Historique

Du Moyen Âge à la Renaissance : formes précoces Le capital-investissement connaît ses balbutiements au Moyen Âge, en Chine et en Europe. Cette forme de marché est dite de gré à gré, entre deux acteurs : d'un côté, l'un dispose de capitaux, par exemple sous forme de liquidités, une monnaie de commodité reconnue par tous, et, de l'autre, un transporteur, par exemple un équipage œuvrant sous la responsabilité d'un capitaine de navire, chargé de réceptionner de la marchandise et de la livrer. Le transporteur doit ramener une cargaison (par exemple d'épices ou de produits précieux). Le profit, la plus-value, était partagé selon des règles proches de celles encore en vigueur dans le capital investissement entre les deux parties.

Cependant, cette forme primitive de capital-investissement n'est pas, en réalité, aussi simple, car les risques sont alors considérables : le transporteur, pour remplir sa part du marché et honorer le contrat passé avec l'investisseur, doit s'assurer de la disponibilité de la marchandise à la réception, il doit ensuite affronter les intempéries et les risques de vol, de guerre, etc. De son côté, l'investisseur doit pouvoir prouver au fournisseur et au transporteur sa solvabilité. C'est pourquoi, dès cette époque, aussi bien en Chine, en Europe et au Moyen-Orient, sont inventées des outils tels que la lettre de change, et des formes primitives d'assurance-risque.

Une pratique qui apparaît après 1945 Au , l'investissement en capital connaît un âge d'or aux États-Unis, dans la Silicon Valley après la Seconde Guerre mondiale d'une part et dans les grandes universités américaines (Stanford, MIT, etc.) d'autre part. Il s'implante ensuite en Europe dans les années 1970.

Depuis les années 1970, de nombreux fonds d'investissement se sont constitués. Ils injectent de l'argent dans des sociétés ayant besoin de capitaux propres ou entrent dans leur capital et leur gouvernance, ou parfois se contentent de rachat d'actions détenues par les actionnaires historiques. L'investissement prend parfois la forme d'obligations convertibles et de produits dérivés (options, bons de souscription d'actions nouvelles notamment). Leurs prises de participation peuvent être unilatérales ou croisées.

En France par exemple, la création des Fonds Communs de Placement à Risque (FCPR) dans les années 1980, des Fonds Communs de Placement pour l'Innovation (FCPI) en 1996 et des Fonds d'Investissement de Proximité (FIP) en 2003, ont encouragé cette activité, qui est toutefois restée moindre qu'en Amérique du Nord, où l'expansion des années 1990 a été facilitée par le succès de la bourse de croissance, le Nasdaq américain, lorsqu'il a bénéficié de la préférence boursière pour les jeunes sociétés, qui a offert des capitalisations boursières sans équivalent dans l'histoire à de nombreux sites Internet (AOL, Amazon, Yahoo et EBay), mais aussi des nouvelles sociétés de biotechnologies (Amgen, Genentech, DeCODE Genetics, 23andMe, Genset, et Transgene).

Depuis 2000 : entre bulles et croissance Le capital-investissement a essuyé l'éclatement de la bulle Internet grâce à une rentabilité avérée à long terme. Il aurait investi en 2006 aux États-Unis d'euros en rachats d'entreprises, contre au premier semestre de 2007, provoquant la prise de contrôle de huit mille sociétés en six mois. Un salarié américain sur quatre - et un salarié français sur douze - travaillerait d'ores et déjà pour ces entreprisesSandrine Trouvelot, Philippe Éliakim, « Les fonds d'investissements, nouveaux maîtres du capitalisme mondial », Capital, Paris, juillet 2007..

La hausse récente des taux d'intérêt a entraîné des doutes sur la capacité de ces institutions, largement financées jusqu'ici par des crédits et obligations à taux bas, non seulement à continuer d'afficher d'importantes plus-values, mais encore à résister à des changements de conjoncture. Le demi-succès de l'introduction en bourse de Blackstone en , le plus important groupe mondial de capital-investissement, a donné un certain corps à ces inquiétudes.

Par ailleurs, le resserrement des conditions de l'emprunt sur les marchés financiers ou credit squeeze à la suite de la crise des subprimes en 2007 a entraîné des difficultés pour de nombreux fonds à lever les capitaux nécessaires à des opérations d'achat à effet de levier (leveraged buy-out ou LBO) importantes. Le marché des acquisitions à effet de levier aux États-Unis et en Europe connaît ainsi une baisse importante : les transactions ont représenté au premier trimestre 2007, 320,6 au second trimestre et 107,8 au troisième trimestrePour la France, les économistes craignent des effets plus sensibles que prévu, Les Échos, 9-10 novembre 2007, page 9.

Depuis il se développe cycliquement, au gré des aléas boursiers, des politiques fiscales incitatives et de la création de nouveaux outils et véhicules de placement stimulant ou facilitant la collecte des fonds. Le capital-investissement aurait ainsi levé en 1991 contre en 2006The business of making money, The Economist, 7 juillet 2007.

La France dénombrait en 2020 plus de 300 fonds d'investissement, tous segments confondus. Leur nombre a régulièrement augmenté de 2010 à 2020, favorisée par l'attractivité de cette classe d'investissement par les souscripteurs des fonds, au détriment des investissements de type obligataire, dans un contexte de taux d'intérêt directeurs bas.

Le capital-investissement est aujourd'hui un secteur de la finance considéré comme très prestigieux, les professionnels de ce domaine sont parfois décrits comme .

Typologie

Capital d'amorçage

Le capital d'amorçage est l'investissement dans un projet entrepreneurial qui n'en est encore qu'à un stade de recherche et développement. L'objectif de cette phase, très risquée sur le plan financier, est de finaliser le développement d'une technologie sous la forme de prototype permettant de valider la réussite du pari technologique, et de commencer à tester l'existence d'un marché. La signature d'un premier client assure la transition au stade du capital-risque.

Capital-risque

Le capital-risque (venture capital) est la branche du capital-investissement qui est spécialisée dans le financement d'entreprises jeunes. Parce qu'elles n'ont pas encore de revenus, ou que peu de revenus, elles ne peuvent faire appel à un financement de marché et ont des difficultés à obtenir des prêts bancaires. Le capital-investissement leur apporte les fonds nécessaires à l'occasion de tours de financement.

Capital-développement

Le capital-développement s'attache à financer le développement de l'entreprise une fois que celle-ci est déjà stable et consolidée. Il s'agit d'entreprises qui ont besoin de fonds importants pour nourrir leur croissance et générer plus de profits, souvent en profitant de rendements d'échelle.

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