En mathématiques et plus particulièrement en analyse, une application contractante., , ., ou contraction., est une application qui « rapproche les images » ou, plus précisément, une application -lipschitzienne avec . Le théorème de point fixe le plus simple et le plus utilisé concerne les applications contractantes.
Définition et exemples Une application d'un espace métrique dans lui-même est dite k-contractante si et si, pour tout couple de points et de , . Elle est dite contractante si elle est -contractante pour une certaine constante .
Un endomorphisme d'espace vectoriel normé dont la norme est strictement inférieure à 1 (ou une application affine associée à un tel endomorphisme) est une application contractante. L'exemple le plus simple est celui d'une homothétie de rapport λ avec |λ| < 1.
Plus généralement, l'inégalité des accroissements finis permet de montrer qu'une fonction dérivable de dérivée bornée en norme par est contractante ; c'est par exemple le cas sur R de l'application , avec .
Théorème du point fixe pour une application contractante
La preuve classique consiste essentiellement à montrer que pour toute suite vérifiant , on a .
Ce théorème est souvent mentionné comme le théorème du point fixe de Banach — qui l'a énoncé en 1920 dans le cadre de la résolution d'équations intégrales, reproduit dans Travaux de Stefan Banach, p. 305-348 (thèse présentée en juin 1920 à l'université de Lviv), chap. II, § 2, Théorème 6. — ou théorème du point fixe de Picard.
Corollaire pour une application dont une itérée est contractante Le corollaire suivant est utilisé dans certaines preuves du théorème de Cauchy-Lipschitz., ce qui dispense des précautions de la preuve usuelle (trad. de l'éd. en russe de 1954)., destinées à se placer dans une situation où l'application est contractante.
Remarque Comme dans le théorème, la convergence de la suite est au moins géométrique (de raison k si est k-contractante).
Approximations successives
Ces résultats donnent un algorithme de calcul du point fixe (c'est la « méthode des approximations successives. ») contrairement à d'autres théorèmes de point fixe qui nous assurent seulement de l'existence de points fixes sans indiquer comment les déterminer. De plus, l'énoncé donne un majorant de l'erreur.
On peut remarquer que dans le théorème principal, si l'on note la constante de Lipschitz de , on a majoré par . , ce qui explique que la majoration précédente de soit souvent pessimiste. En faisant sur une hypothèse un peu plus forte que celle du corollaire ci-dessus, mais pas autant que celle du théorème, on peut aboutir à de meilleures majorations (par exemple dans le cas de la résolution des équations différentielles) : si, pour tout entier , l'application est -lipschitzienne et si la série de terme général est convergente — ce qui permet d'appliquer le corollaire puisque pour q assez grand — alors, en notant comme précédemment le point fixe de et (pour un point arbitraire x de ),
Applications classiques Résolution d'équations numériques, voir notamment méthode de Newton Résolution approchée de systèmes linéaires par itération Résolution d'équations différentielles : théorème de Cauchy-Lipschitz Théorème des fonctions implicites Application à la définition de l'attracteur d'un système de fonctions itérées
Notes et références
Articles connexes Application non expansive Théorème du point fixe de Caristi
Catégorie:Analyse réelle Catégorie:Analyse numérique Application Contractante