vignette|500px|Carte mondiale des paysages forestiers intacts (en vert) et des zones forestières dégradées (en jaune). Selon l'évaluations des ressources forestières mondiales en 2010 de la FAO, les forêts couvrent 31 % de la superficie des terres émergées (soit 10 % de la surface du globe), les prairies et pâturages s'étendent sur 26 %, les terres arables sur 12 %, le reste allant aux terres incultes et artificialiséesPotapov P., Yaroshenko A., Turubanova S., Dubinin M., Laestadius L., Thies C., Aksenov D., Egorov A., Yesipova Y., Glushkov I., Karpachevskiy M., Kostikova A., Manisha A., Tsybikova E., Zhuravleva I. (2008) [Mapping the World’s Intact Forest Landscapes by Remote Sensing]. Ecology and Society 13 (2):51. vignette|redresse=2|Selon la FAO qui analyse la place des forêts dans l'ensemble des biomes mondiaux, en 2010, 93 % de la superficie des forêts du monde est formée de forêts naturelles (forêts primaires et forêts secondaires qui se sont régénérées naturellement). Les forêts primaires occupent 36 % de la superficie forestière totale. Les autres forêts naturellement régénérées en représentent 57 %, tandis que les forêts plantées en représentent 7 %. vignette|upright=1.3|Vue d'une forêt tempérée mixte. vignette|upright=1.3|Vue intérieure d'une forêt tempérée mixte en France. vignette|upright=1.3|Bush australien. vignette|upright=1.3|Forêt inondée en Pologne. vignette|upright=1.3|Forêt tempérée de résineuxîles San Juan, État de Washington. alt=|vignette|344x344px|Forêt tropicale d'Amérique du Sud.

Une ou un massif forestier est un écosystème, relativement étendu, constitué principalement d'un d'arbres, arbustes et arbrisseaux (fruticée), ainsi que de l'ensemble des autres espèces qui lui sont associées et qui vivent en interaction au sein de ce milieu. On distingue quatre grands types de forêts sur Terre : la forêt boréale (ou taïga), la forêt tempérée, la forêt méditerranéenne et la forêt tropicale. Entre cette dernière et le milieu maritime se développe également un écosystème forestier intermédiaire aux caractéristiques spécifiques : la mangrove. Les espèces animales, végétales ainsi que les champignons qui vivent au sein des forêts sont qualifiées d'espèces forestières. Les forêts abritent une grande richesse écologique, concentrant 80 % de la biodiversité terrestre mondiale recensée.

Cette richesse est largement utilisée par l'homme, la forêt actuelle peut ainsi être naturelle ou exploitée par l'homme en sylviculture. Elles sont un milieu de vie et une source de revenus pour l'être humain : au début du , plus de cinq cent millions de personnes, dont plusieurs peuples autochtones, vivent en forêt ou à ses abords et subsistent directement grâce à ses ressources. Plus largement, les forêts peuvent être classées en fonction de leur degré d'anthropisation : on distingue ainsi les forêts primaires, les forêts secondaires et les forêts dites urbaines, avec les gradients intermédiaires.

L'action de l'Homme dans plusieurs régions de la planète conduit à une destruction ou une surexploitation des forêts. Cela engendre une importante déforestation qui concerne surtout actuellement les forêts tropicales et la taïga. La moitié des forêts de la planète a été détruite au cours du . Il n'y a pas de gouvernance mondiale des forêts, ni de convention internationale, mais l'ONU a mis en place un Forum des Nations unies sur les forêts (FNUF).

Un boisement de plus faible étendue est dit bois, boqueteau ou bosquet selon son importance.

Étymologie Un dérivé de foresta vignette|upright=1.1|Forêt de lauriers (laurisylve) sur l'île de la Palma. vignette|upright=1.1|En boisements plus ouverts, la strate herbacée, plus éclairée, s'exprime plus densément.

L'origine du mot forêt est complexe. Il remplace à partir du , sous la forme forest « vaste étendue de terrain peuplée d'arbres »Site du CNRTL : origine du mot forêt., l'ancien français selve, du latin silva, « forêt ». L'anglais forest est un emprunt au françaisT.F. Hoad, English Etymology, Oxford University Press 1993. p. 179a.Harper, Douglas. "etymology". Online Etymology Dictionary., l'allemand Forst, forêt exploitée (vieux haut allemand forst, attesté vers 800)Origine du mot Forst (allemand). est sans doute également apparenté.

Le mécanisme de cette substitution semble passer par les rois mérovingiens puis carolingiens, sous lesquels le terme bas latin foresta désigne un territoire à part, dont la jouissance est réservée au roi, les forêts royales. Ces territoires pouvaient aussi bien être des bois, des landes, voire des étendues d'eau (rivières, étangs, lacs et même mer), mais étaient généralement non cultivés et réservés à la chasse ou à la pêche.

Ainsi Jacques-Joseph Baudrillart écrit-il en 1825, dans son Dictionnaire général des Eaux et ForêtBaudrillart Jacques-Joseph, Dictionnaire général des Eaux et Forêt, Paris, 1825. à l'article « Forêt » : « Nos premiers rois avaient des domaines particuliers, appelés villa regia, ou foreste dominicum, qu'ils faisaient administrer par des officiers désignés sous le nom de juges, auxquels ils recommandaient particulièrement la conservation de leurs forestae, mot générique qui comprenait alors les étangs royaux pour le poisson, en même temps que le bois pour le pâturage. »

On trouve dans les capitulaires de Charlemagne (747-814) l'expression silva forestis pour désigner des étendues boisées relevant du domaine royal. Les termes foresta, ou silva forestis ont alors valeur juridique, désignant un « territoire soustrait à l'usage général » zone dans laquelle il est défendu de défricher et où la chasse ou la pêche sont réservées donc gardées. Progressivement, le terme s'est spécialisé pour ne plus désigner que les étendues boisées relevant du roi ou d'un seigneur, tandis que d'après Baudrillart apparaissait l'expression les eaux et forêts, ou les eaux-forêts, dans un sens proche du sens initial de forestae.

Sous Charles le Chauve, on parle de la foresta des pêches de la Seine.

vignette|Forêt tropicale.

Trois hypothèses sur l'origine du mot foresta L'origine de foresta est controversée. Trois hypothèses ont été proposées.

La première hypothèse est celle, longtemps évoquée, d'une origine germanique, un mot vieux bas francique *forhist (non attesté), avec perte du [h] à l'époque mérovingienne *forist, qui serait un dérivé du vieux bas francique *forha « sapin » (allemand Föhre « pin sylvestre », anglais fir « sapin »), le suffixe -ist ayant une valeur collective, d'où le sens de « sapinière, forêt de sapins ». Cette explication est aujourd'hui abandonnée, l'origine de foresta semblant plutôt romane, mais avec deux hypothèses concurrentes.

Selon la deuxième hypothèse, fondée sur le sens juridique donné à foresta par les textes mérovingiens et carolingiens, il viendrait du latin classique forum (forum, puis tribunal)Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 2011.. Bien que cette hypothèse ait la faveur des ouvrages étymologiques français, aucune forme intermédiaire permettant de l'étayer n'est cependant fournie.

La troisième hypothèse fait dériver foresta de foris, « dehors »Félix Gaffiot, Dictionnaire latin français, Hachette, 1934. (forum dérivant aussi de foris) et plus précisément de forestis, « ce qui est en dehors, ce qui est hors de l’enclos » au sens de « ce qui est en dehors de là où l’homme vit, où réside le pouvoir ».

Le grammairien Lactantius Placidus connaît un adjectif forasticus (« extérieur ») dérivé de foris ; cet adjectif a des dérivés en italien (forastico), en sicilien (furestico) ou en occitan (foresgue), qui signifient tous « rude », « rétif ». . L'italien forestiere a aussi le sens d'« étranger, homme du dehors ». L'ancien français forestier avait également le sens d'étranger, et l'italien actuel foresta conserve le sens de « vaste zone inculte (sans usage agricole), où la végétation, et en particulier les arbres à haut tronc, croissent spontanément (sans intervention de l'homme) ».

Ainsi, le mot foresta aurait pu désigner à l'époque gallo-romaine les espaces restés sauvages, à l'extérieur de ceux mis en valeur par les communautés villageoises (ces derniers incluant aussi des bois, mais aménagés et exploités), les rois et seigneurs francs se réservant par la suite l'usage de ces territoires. On aurait eu un croisement de sens entre foresta « espace sauvage, hors du domaine cultivé », et sauvage, de l'ancien français salvage, du latin silvaticus, « forestier ».

Le mot bois Le mot bois, qui apparaît en 704 sous une forme latinisée boscus et en français vers 1100 sous sa forme actuelle, est issu du vieux bas francique *bŏsk- « buisson » (anglais bush). Contrairement au mot « forêt », il n'a pas de connotation juridique. Les formes modernes bosc, trouvées essentiellement dans l'onomastique, sont d'origine normande ou occitane.

« Forêt » et « bois » ont remplacé tous les termes antérieurs, ainsi que le mot latin lignum (« bois » au sens de matériau (cf. italien legno, espagnol leña), mais on utilise encore l'adjectif « ligneux ».

Mots latins et d'ancien français relatifs à la forêt Les Romains disaient silva pour « forêt », mais Virgile et Cicéron la nomment aussi nemus (« bois »), , « nul homme, personne »homo a pour génitif hominis ; le génitif de nemo est donc neminis.).

Salluste utilise le terme saltuosus, adjectif formé sur saltus, pour désigner un espace boisé. Durant le haut Moyen Âge, le mot saltus désigne fréquemment les zones de bois et landes, surtout quand elles appartiennent au fisc royal.

Le mot nemus ne s'est pas perpétué en gallo-roman et saltus (ancien français sault) n'a pas survécu en français moderne.

Le mot gaulois brogilos (de broga « champ »), devenant broglius désigne au un bois humide, clos ou entouré d'une haie. Il a donné breuil et des toponymes tels que ou par exemple.

Un autre terme existait en ancien français, gaut (ou gault, guault, dialectes septentrionaux waut), pouvant désigner le bois, la forêt ou le bocage. Il est issu du vieux bas francique *wald « forêt » (vieil anglais weald, allemand Wald « forêt »).

Définitions Le monde antique romain oppose ce qui est du « sauvage » (silvaticus) – relatif aux bois – et ce qui est de la civilisation : la cité, la culture, etc.

Débat sur la définition La définition du terme de forêt pour sa classification est variable car elle se réfère à des seuils dont la nature et l'importance varient selon les pays : couvert forestier minimum, surface minimale du peuplement, etc. À l'échelle internationale, la FAO définit les forêts comme des terres occupant une superficie de plus de () avec des arbres atteignant une hauteur supérieure à et un couvert forestier de plus de 10 %. Cette définition exclut les terres dont la vocation prédominante est agricole ou urbaine. Par ailleurs l'observation de l'évolution de séries chronologiques continues nécessitent une stabilité des nomenclatures. Comme le montre une étude de la CEE commandée en 1989 la plupart des pays n'ont pas adopté, ni conservé au fil des ans, la même méthode.

Pour le géographe, la complexité de l'espace forestier, empêche de l'enfermer dans une approche numérique univoque ; elle concerne le dedans, et le dehors de la forêt, son caractère ancien ou nonArnould P., 1991 - Forêts, nouvelles forêts et vieilles forêts. A. Corvol (dir.), La Forêt, actes du Congrès des Sociétés savantes, Strasbourg (5-9 avril 1988), Paris, CTHS, 13-30, voire ses marges. vignette|Forêt d'épicéas scolytés dans les Vosges en 2020.