Lapalud est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie La commune de Lapalud est située à l'extrême nord-ouest du département de Vaucluse, à une cinquantaine de kilomètres au nord d'Avignon.

Du fait de sa position, elle est limitrophe de communes d'autres départements. On trouve ainsi au nord de la commune, Pierrelatte dans le département de la Drôme, puis à l'ouest, Saint-Marcel-d'Ardèche et Saint-Just-d'Ardèche en Ardèche. Nous sommes aussi à proximité de Pont-Saint-Esprit dans le Gard, bien que cette commune ne soit pas limitrophe avec celle de Lapalud.

Pour le Vaucluse, on trouve au sud Lamotte-du-Rhône et à l'est, Bollène.

Accès Du nord, depuis Pierrelatte, arrive au bourg la route nationale 7, qui repart au sud, tout comme la route départementale 63 (vers Lamotte-du-Rhône et Pont-Saint-Esprit dans le Gard). Les routes départementales 204 (vers Saint-Paul-Trois-Châteaux), 204a et 8 (vers Bollène) partent vers l'est.

La ligne de Combs-la-Ville à Saint-Louis (LGV) et la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles (ligne classique) passent sur la commune.

Relief Avec une altitude minimale de et une altitude maximale de , la commune présente une topographie relativement plate.

Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

Hydrographie Le Rhône passe en bordure ouest de la commune et celle-ci est traversée par le LauzonRobert Bailly, , ..

Le Rhône a par le passé de nombreuses fois débordé, voire changé de cours. Ses crues furent dévastatrices, les plus désastreuses furent celles de 1840 et surtout de 1856 où 120 maisons furent détruitesRobert Bailly, , .. Mais les anciens construisaient leur maison à des emplacements privilégiés, légèrement en hauteur, empêchant les eaux boueuses de faire de gros ravages. Ils mettaient leurs bêtes dans une écurie surélevée, « lou recati ». Les animaux pouvaient y accéder par une pente et s'y abriter en cas d'inondation. Les deux dernières furent en 2002 et 2003.

Un plan d'eau est présent à l'est du bourg et le lac de Deves au sud-est.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Pont-Saint-Esprit », sur la commune de Pont-Saint-Esprit à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Lapalud est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LapaludUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pierrelatte, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (84,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (82 %), zones urbanisées (9,9 %), forêts (4,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La forme la plus ancienne est de Palude, attestée en 1138 qui évolua ensuite vers Paludis, en 1267, puis in villa de Palaude, en 1268. Ce toponyme est formé du mot latin palus (marais) auquel a été accolé le suffixe -ud conformément à l'étymologieAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, ..

Lapalud doit son nom aux marais qui s'étendaient à l'ouest et au nord-ouest, et qui, partant des remparts allaient rejoindre le Rhône. Le nom latin d'un marais est palus, de plusieurs marais : paludes. L'usage et le temps en ont fait La Palud, d'abord en deux mots puis en un seul. Sur certaines plaques à la sortie du village il y a , le nom était encore écrit en deux mots. Ces marais couvraient entièrement le quartier des Planières, une partie des Frémigières et du quartier des Oriols. Ils rendaient le pays insalubre et permettaient au Rhône de venir battre les remparts à la moindre inondation. Certaines parties de ces marais étaient assez profondes, elles atteignaient la nappe d'eau naturelle et on pouvait y circuler en barque toute l'année.

Le béal des Barrinques fut alors creusé, certainement en même temps que la construction du pont de Pont-Saint-Esprit sous la direction des frères pontifes. Il était à l'origine très profond et ce fut une réussite, car il assécha une grande partie du pays. Il rendit cette surface cultivable.

L'autre béal, dit le béal de La Palud, n'avait d'autre but que d'évacuer les eaux qui faisaient tourner la roue d'un important moulin qui se trouvait à la jonction de la déviation et de la rue du Vieux-Moulin. Puis la construction du canal Donzère - Mondragon a pratiquement asséché les terres de la commune.

Histoire

Le territoire de Lapalud, situé dans le couloir rhodanien, proche d'un des rares ponts, au Moyen Âge, franchissant le Rhône, traversé par la route reliant Paris à Marseille, a vu passer bien des hommes, certains ont apporté la joie, mais la plupart ont amené effroi, tristesse et désolation..

L'histoire du village ne commence pas avec le , date de sa fondation. Elle commence bien avant.

Dès 5400 avant J.-C., des hommes, certainement des pêcheurs habitant dans des huttes, ont vécu sur notre territoire. En effet, lors des fouilles réalisées pour le tracé du chemin de fer du TGV, sur le site des Petites Bâties à Lamotte-du-Rhône, on a découvert des traces d'habitat datant de cette époque. Si des hommes ont été enterrés au sud de Lapalud, il est bien évident que de leur vivant, certains d'entre eux ont vécu sur le territoire de pêche, chasse et cueillette.

Préhistoire et Antiquité .

vignette|Cadastres d'Orange. ont mis en évidence sur la commune de Lapalud, au lieu-dit les Girardes, un important vignoble. Ses étaient à cheval sur quatre centuries du cadastre B d’Orange. Le domaine incluait une villa rustica et trois nécropoles, les vignes se répartissant autour en monoculture à l’exception de quelques terres céréalières. Ce vignoble fut exploité jusqu’à la fin du où les indices de la viticulture disparaissent. En effet, en 90, un décret de Domitien imposa l’arrachage de la moitié des vignes de la Gaule narbonnaise et les archéologues ont noté une nette remontée des aquifères (Lapalud signifiant le marais) et une reconquête de la forêtPhilippe Boissinot, Les vignobles antiques du Tricastin, in Archéologie sur toute la ligne. Les fouilles du TGV Méditerranée dans la moyenne vallée du Rhône, Éd. Le Musée de Valence - Éditions d'Art Somogy, 2001, - 57 ..

Moyen Âge Vers la fin du , Lapalud se composait d'une centaine de maisons. Au , on construisit une ceinture de murailles larges de et haute de . Il y avait des tours rondes et carrées à 8 ou d'intervalle et ils s'ouvraient par deux portes. La promenade des Platanes et le cours du Barry étaient de grands fossés profonds et pleins d'eau. Le village se divisa, dès lors, en deux parties. Le bourg neuf hors des remparts, le bourg vieux circonscrit dans les fortifications.

En 1265, Lapalud fait partie du Comtat Venaissin. Tout au long du Moyen Âge, un péage était établi à Lapalud sur le halage des navires remontant le Rhône, halage exclusivement humain jusqu’à la fin du M. Rossiaud, « Les haleurs du Rhône au », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public. , Rennes, 1976 : « Les transports au Moyen Âge ». 286..

Durant près de deux siècles, le village ne se développa pas. En effet, au , la route entre Avignon et Valence, ne passe pas par Lapalud mais par Saint-Paul, Bollène et Mondragon. Heureusement, au début de , la construction du pont Saint-Esprit développa le Bourg. Auparavant, seulement trois ponts romains subsistaient encore dans la vallée de Rhône à Vienne, Viviers, Beaucaire. Ils étaient vieux et menaçaient ruines. La confrérie des hospitaliers du Pont du Saint-Esprit entreprit la construction d'un pont près d'un petit hameau qui s'appelait Saint-Saturnin du Port. Après de travaux, en 1306, ce pont fut utilisable et fut nommé pont du Saint-Esprit. Toute la population de Nîmes, Narbonne, et de toutes les villes du Languedoc qui voulait se rendre dans le Dauphiné, traversa le Rhône ici. À l'inverse, les pèlerins de l'Allemagne, du Sud de la Suisse, qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, s'arrêtèrent à Lapalud avant de traverser le Rhône. De là découle la création de nombreuses auberges et hôtelleries pour loger les voyageurs.

Sous la papauté d'Avignon plusieurs évènements changèrent le cours des choses. Tout d'abord, en 1317, Jean XXII récupéra pour le Magistère tous les biens des hospitaliers. Puis, de 1360 à 1361, les grandes compagnies investirent la ville et le pont du Saint-Esprit. Et de là firent maintes incursions dans le Comtat Venaissin. À chaque raid, le village pâtit. Plus tard, lors du Grand Schisme d'Occident, la Révérende Chambre Apostolique - le ministère des Finances pontificales - qui était Dame foncière de Lapalud l'inféoda au cardinal Jean de La Grange auquel l'Église devait d'importantes sommes d'argent.

Les Hospitaliers