Nancy Davidson, née le est une artiste américaine principalement connue pour ses grandes sculptures gonflables, abstractions d'un corps féminin hyper-sexualisé.....

Biographie Nancy Davidson naît et grandit à Chicago. Avec un père peintre de paysage, elle est introduite au monde de l'art assez tôt et suit des cours au . Elle obtient un baccalauréat universitaire en éducation en 1965, et commence une carrière dans l'enseignement qu'elle conservera toute sa vie.

Elle étudie l'art à l'université de l'Illinois à Chicago et à l'École de l'Art Institute of Chicago, où elle obtient respectivement un BFA et un MFA...

En 1975, elle commence sa carrière à Chicago, où elle expose des peintures et des dessins dans des expositions collectives et personnelles. Ses premières œuvres, visibles à l'Art Institute of Chicago, au Musée d'Art contemporain de Chicago et au Walker Art Center à Minneapolis, reçoivent des critiques positives dans Artforum et Art in America.... Elle s'installe à New York en 1979, et commence à utiliser du tissu dans son travail. Elle expose régulièrement durant les années 1980, pour des expositions collectives au MCA ou à la galerie d'art Albright-Knox, ou pour des expositions personnelles, surtout à la galerie Marianne Deson à Chicago.

Au début des années 1990, le travail de Davidson évolue vers la sculpture, et elle commence à réaliser les assemblages de ballons pour lesquels elle est connue... À la suite de ce changement, son travail est présenté dans des expositions collectives au Whitney Museum of American Art, au Musée d'art moderne Aldrich et à la Corcoran Gallery of Art ; des expositions solo sont notamment présentées à l'Institute of Contemporary Art (Philadelphie) (1999) et au Centre d'art contemporain Rosenthal (2001)... Elle participe également à la fameuse exposition féministe « » en 1994.Marcia Tucker (ed.), Bad Girls, New York: New Museum of Contemporary Art, 1994.. À cette époque, elle s'intéresse aussi à la vidéo et à la photographie.... Durant les deux décennies suivantes, des expositions lui sont consacrées au Boca Raton Museum of Art (2013) ou au (2020–1)...

Aux MTV Video Music Awards 2019, Lizzo a chanté devant un décor comprenant une grande sculpture en ballon, ressemblant beaucoup à une œuvre de Davidson..

En parallèle de sa carrière artistique, Davidson enseigne dans plusieurs institutions, dont l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign, le Williams College, le , où elle est titulaire durant .

Œuvre Présentation Davidson aborde de nombreux médias, mais se concentre surtout sur la sculpture. Bulbeuses et évoquant la chair, ces dernières ressemblent à des fesses et des seins, et jouent sur les signifiants culturels érotiques.... L'humour, les limites et leur dépassement (l' selon Davidson) sont les thèmes directeurs de son œuvre.

vignette|Un exemple de sculpture minimaliste : Sans titre, par Donald Judd (1984).|alt=dans une plaine aride, un gros bloc de béton évidé, qui permet de voir à travers, comme une fenêtre.

S'il s'inscrit dans la mouvance du postminimalisme, son travail offre un contrepoint féministe à la sculpture minimaliste des années 1960, largement dominée par les hommes, ainsi qu'aux codes culturels impliquant des corps que les œuvres elles-mêmes invoquent..... Avec son humour et son sens de l'absurde, Davidson s'empare de ces codes pour les célébrer et les subvertir, invitant à la réflexion sans se prendre au sérieux ni jouer les moralisatrices..... Robert Raczka (Sculpture Magazine) écrit : .

Durant les deux premières décennies, le travail de Davidson se concentre sur la peinture., les dessins en frottage.. et le textile... Au début des années 1990, elle commence à expérimenter avec des ballons météo en latex et à partir de 1993, elle expose les sculptures anthropomorphes féminines qui l'ont faite connaître.. Elle expose de façon traditionnelle, dans le sens où elle met en scène des œuvres distinctes, mais elle les agence souvent en tableaux ou dans un environnement immersif, à la manière d'une installation.

Influences Les sculptures de Davidson s'inspirent du travail de Donald Judd et d'Eva Hesse. Elle convoque aussi des figures littéraires, comme Mikhaïl Bakhtine et Jeanette Winterson. On peut également penser à François Rabelais, dans sa manière de faire passer la critique sociale par la satire, l'humour paillard et le grotesque.

Féminisme Le sujet et les matériaux utilisés, ainsi que la taille et le minimalisme des pièces, ont conduit les critiques à décrire le travail de Davidson comme une réponse féministe à la sculpture minimaliste majoritairement masculine des années 1960.. Si l'échelle et niveau d'abstraction des sculptures de Davidson font écho à ce courant, leur souplesse, leur légèreté et leur féminité exubérante contrastent fortement avec les œuvres rigides, lourdes et sobres, coulées dans l'acier et le béton par ses prédécesseurs. Davidson assume cette opposition : ainsi l'une de ses plus grandes pièces, (2003) est conçu comme un contrepoint féminin à la sculpture géante en forme de X de (, 1965).. est une commande pour l'atrium de la Corcoran Gallery of Art, où avait été présenté en 1967.

Les critiques décèlent également une subversion féministe subtile dans la façon dont Davidson utilise des codes culturels impliquant des corps et la désirabilité. Pour Travis Diehl (Art in America), .

De couleur vive, de grande taille et faisant référence à des icônes de la culture pop comme Elvis Presley ou Mae West, ces sculptures semblent célébrer ces corps excessifs et idéalisés, tout en sapant les forces qui les sous-tendent : .

Des critiques font des rapprochements entre les sculptures de l'artiste et la représentation d'un corps plantureux popularisé par des vedettes comme Kim Kardashian.

Premières sculptures en ballon Si le travail de Davidson aborde plusieurs mediums, elle est surtout connue pour ses grandes sculptures abstraits en ballon, qui évoquent de manière érotique les formes du corps féminin.. Fabriquées à partir de ballons-sondes en latex, les œuvres, à l'aspect bulbeux et charnu, sont perçues comme des abstractions hyper-féminisées et érotisées de parties du corps féminin, une interprétation renforcée par l'utilisation de textiles sexualisés (dentelle, résille, corde…) pour orner, resserrer et donner forme aux ballons..

Une des premières approches consiste en un assemblage de ballons individuels dans un corset, avec des renflements en haut et en bas, imitant les courbes des fesses et des seins. Ce design a donné plusieurs œuvres, que l'artiste et les critiques appellent la série des Lulus, à la suite d'une trilogie portant ce nom en 1993. Dans cette série, on peut inclure Maebe (1994) et Blue Moon (1998), qui font respectivement référence à Mae West et Elvis Presley.. est présenté dans l'exposition collective « » (Landesgalerie, 1998) d'abord montrée à Linz en Autriche, puis à Chemnitz en Allemagne..

Parmi les œuvres exploitant l'idée de sous-vêtement, on peut citer également (1998), en forme d'œuf, ainsi que (1998) et (1999), deux sculptures en forme de pilier de plus de quatre mètres de haut. Comme avec Lulu, Davidson revisite avec (2016).. (1999) présente deux boules rouges prises dans un filet suspendu.

Cette période du latex voit également l'introduction dans la sculpture de Davidson du thème récurrent et littéral du « regard », par le biais de formes sphériques faisant ouvertement référence à l'œil humain. (1998-99) montre un mur sur lequel sont alignés douze paires d'yeux enveloppés de tissu. En 2001, elle installe au Centre d'art contemporain Rosenthal un monticule de paires d'yeux cartoonesques, présentés avec un élément sonore immersif. Dans sa pièce de 2017, Eyeenvy, un œil de de haut regarde les visieteurs du haut d'une plate-forme à quatre pattes..

Sculptures ultérieures Au début des années 2000, Davidson commence à utiliser du nylon enduit de vinyle comme matériau principal. La commande une pièce à Davidson en 2002, pour sa Biennale. Elle crée , qui remplit un côté de atrium de la galerie. en écho a sa pièce précédente , l'œuvre montre une double sphère rouge anthropomorphe, visible d'en-dessous et d'au-dessus, suspendue par son centre par une fine corde bleue.

En 2005, une bourse de finance un nouveau corpus d'œuvres, explorant la figure de la cow-girl. Elle présente les œuvres dans deux expositions personnelles, (2012) et (2013). On y voit notamment des structures gonflables géantes en nylon. La pièce intitulée (2012) est basée, selon Davidson, sur la représentation, issue des bandes dessinées, des bagarres comme une grosse (). L'œuvre est formée de trois formes bulbeuses, rose, jaune et bleue, avec des bottes et des franges, suspendues autour d'un point central, jambes en l'air. La pièce (2013) reprend le personnage rose, dans une position debout..

Entre 2016 et 2018, Davidson réalise plusieurs expositions solo, dont (2016) et (2017-8), où elle montre de nouvelles directions dans son travail.. Abordant l'idée de point de vue privilégié, on y voit des globes oculaires et des nœuds perchés à différentes hauteurs.

En 2020, Davidson collabore avec l'artiste et historienne Lakshmi Ramgopal sur l'exposition , présentée pendant un an au . Cette installation immersive comprend sculpture, son et lumière. Deux sculptures de Davidson de de haut remplissent la verrière du pavillon Kinkead, tandis que Ramgopal a créé un paysage sonore abstrait avec respiration, soupirs, murmures. Les structures gonflables de Davidson sont douces, roses et arrondies et contrastent avec l'architecture postmoderne anguleuse du bâtiment. Les deux sculptures sont éclairées de l'intérieur et clignotent selon un rythme prédéfini. semble découler d'une autre pièce de Davidson, plus petite, , visible en 2017-2018 dans l'exposition .

Photographie et vidéo Davidson réalise également des photographies et des vidéos, dont la plupart utilisent ses sculptures comme sujet.

Dans son exposition solo (1998-1999), Davidson expose des séries de photographies de ses deux sculptures (1994) et (1995). Les images reprennent des détails des sculptures, présentées en miroir le long d'un axe central, la symétrie évoquant les courbes des seins et des fesses, à la manières des autres œuvres de Davidson. Le recadrage des sculptures les rend plutôt méconnaissable : on a parfois l'impression de voir des photos de corps humain. Les critiques relèvent les implications féministes de la série : (Ken Johnson, The New York Times).

En 1999, Davidson expose sa première vidéo, , dans le cadre d'une exposition immersive à l' de Philadelphie. On y voit en alternance un ballon météo rose en train de se dégonfler qui rebondit dans tous les coins d'une pièce, et le ballon qui se fait regonfler, le tout de façon sonore.

En 2009, ses recherches sur le rodéo pour son travail autour des cow-girls ont conduit à la création de , une vidéo de cinq minutes montrant au ralenti des hommes en train de faire du rodéo. Plusieurs effets sont rajoutés, notamment un effet de flash et une musique ralentie..

Elle réalise également une vidéo de 7 minutes du Gotham Girls Roller Derby intitulée (2016), destinée à être jouée en boucle dans une installation vidéo..

Récompenses 1979 : bourse du 1981, 1984 : bourse du Massachusetts 1997 : Prix Anonymous Was A Woman.. 2001 : bourse de la . 2005 : Bourse . 2014 : Bourse Guggenheim. 2015 : bourse de la

Nancy Davidson a également bénéficié de résidences à Yaddo., à la MacDowell Colony (2003). et à la ..

Notes et références

Liens externes

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