Anfa (en tamazight : ⴰⵏⴼⴰ, en arabe : أنفا), est un des 16 arrondissements de la Commune de Casablanca. Il relève de la préfecture d'arrondissements de Casablanca-Anfa.

En 2024, la population d'Anfa était de 66 202 habitantsRGPH 2024.

Il est délimité au nord par l'Océan Atlantique, à l'est par le boulevard Mohamed Zerktouni, au sud par les boulevards d'Anfa, Abdelkrim El Khattabi et Abdelhadi Boutaleb, et à l'ouest par la Commune de Dar Bouazza, qui relève de la Province de NouaceurRapport justificatif Anfa.

Le siège de l'arrondissement est situé à l'angle de la rue Skhirat et la rue Ain Atiq. Le terme « Anfa », signifiant « colline », est aussi le nom berbère de la ville de Casablanca.

Au lendemain des élections communales de 2021, le Président de Anfa est monsieur Mohamed Chabak (محمد الشباك).

Arrondissement

Gestion Le siège de l'arrondissement Anfa est situé sur l'angle des rues Skhirat et Ain Atiq. Les élus du conseil d'arrondissement se reunissent obligatoirement trois fois par an, au cours des mois de janvier, juin, et septembre.. Ils peuvent aussi se reunir sur convocation du Président.

Liste des élus Depuis les élections communales de 2021, le Président de l'arrondissement Anfa est Mohamed Chabak (محمد الشباك). +Liste des élus locaux de AnfaMohamed Chabak محمد شباكPrésident de l'arrondissement Député RNI au Parlementاميمة الادريسيMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaحسن شمسيMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaنادية توقةMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaمحمد سليميMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaفدوى رضوانيMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaزكرياء فضيلMembre du conseil d'arrondissement d'AnfaSaïd Al Chramiسعيد الشراميMembre du conseil d'arrondissement d'Anfa Leader de la liste Istiqlal. السعدية بيضMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaادريس صبريMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaادريس صبريMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaخديجة رجاءMembre du conseil d'arrondissement d'AnfaMohamed Ali Benjellounمحمد علي بنجلون وجديMembre du conseil d'arrondissement d'AnfaMalika Mezouarمليكة مزورMembre du conseil d'arrondissement d'Anfaفاطمة البوهتانيMembre du conseil d'arrondissement d'AnfaRedouane Lahlayssiرضوان لحلايسيMembre du conseil d'arrondissement d'Anfa Lors des élections communales :

- La liste de Mohamed Chabak obtient 47,6% des voix . Ce qui lui assure 7 sièges au conseil arrondissement d'Anfa.

- La liste de Saïd Al Chrami obtient 17.1% des voix. Ce qui leur assure 4 siège au conseil d'arrondissement Anfa.

- La liste de Mohamed Ali Benjelloun obtient 9.4% voix. Ce qui leur assure 3 sièges au conseil d'arrondissement Anfa.

- La liste de Redouane Lahlayssi obtient 5.07% des voix. Ce qui leur assure 1 siège au conseil d'arrondissement Anfa. +LeaderListe% des voix Siège au conseil d'arrondissement Anfa Mohamed ChabakRassemblement national des indépendants 47,637Saïd Al ChramiParti de l'Istiqlal (PI)17,194Mohamed Ali BenjellounParti authenticité et modernité (PAM)9,483Redouane LahlayssiParti des Néo-Démocrates5,071 Les autres listes (PSU, FFD, PJD, MP, AFG, UC, Parti de la liberté) ne parviennent pas à se qualifier.

Élections communales de 2015 Lors des élections communales et régionales de 2015, Yasmina Baddou est réélue présidente de l'arrondissement.

Démographie Selon le dernier Recensement général de la population et de l'habitat 2024 organisé par le Haut-Commissariat au Plan, l'arrondissement Anfa compte 66 202 habitants. C'est donc le moins peuplé des 16 arrondissements de Casablanca, et aussi celui dont la densité de population est la plus faible. +DatePopulation1994179 296RGPH 20042004180 394201494 504RGPH 2014202466 202

Histoire

Origine incertaine La fondation d'Anfa reste un mystère et sujette à plusieurs points de vue.

D'après Léon l'Africain, né en 1490, elle aurait été fondée par les Romains. Pour Luis del Mármol Carvajal, né en 1524, son origine serait phénicienne. Cependant, aucune de ces deux affirmations n'est étayée.

Pour Ezzayani, né en 1734, la ville aurait été fondée par les Berbères, plus précisément les dirigeants des ZénètesCasamémoire : Histoire de Casablanca: .

Histoire ancienne Grotte des Rhinocéros La grotte des Rhinocéros est un site d’intérêt préhistorique inventorié et sous la protection de la Direction du Patrimoine. Il présente un caractère exceptionnel et une importance patrimoniale par son abondance d'outillage acheuléen associé à une très riche faune de mammifères, dont l’âge est estimé aux environs de Raynald, J.P. et al. (1993) "La Grotte des Rhinocéros (Carrière Oulad Hamida 1, anciennement Thomas III, Casablanca), nouveau site acheuléen du Maroc atlantique", C.R. Acad. Sci. Paris, t. 316, série II, p. 1477-1483.

Avec plus de trente espèces de mammifères, quelques reptiles et plusieurs différentes espèces d'oiseaux, on considère les vestiges de la faune préhistorique découverte sur ce site comme étant la plus riche du Quaternaire nord-africainRaynald, J.P. et al. (1993) La Grotte des Rhinocéros (Carrière Oulad Hamida 1, anciennement Thomas III, Casablanca), nouveau site acheuléen du Maroc atlantique, C.R. Acad. Sci. Paris, t. 316, série II, p. 1481.

La présence de huit crânes plus ou moins complets de rhinocéros blancs demeure néanmoins la découverte la plus exceptionnelle du gisement, d'où le nom qu'on lui a attribué.

Anfa l’antique Le site de Casablanca actuel fut habité par l’Homme durant l’époque paléolithique. Les origines de la ville ne sont pas connues exactement mais il semble que la ville d’Anfa se trouvait autrefois au même endroit qu’actuellement.

Les découvertes archéologiques à Sidi Abderrahman (sortie sud de Casablanca) attestent d’un peuplement du site depuis la Préhistoire. Il semble qu’Anfa était occupée par des pêcheurs berbères depuis la plus haute Antiquité, époque à laquelle l’endroit sert d’escale aux navires phéniciens en route pour les îles Purpuraires au large d’Essaouira. Au Moyen Âge Anfa fait partie du royaume berbère de Berghouata, du nom d’une secte hétérodoxe qui dominait toute la région de la Chaouia, avant d’être prise par les Almohades en 1188.

On ne sait au juste qui, des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains ou des Berbères, fonda Anfa mais elle joua un rôle important dans l’histoire marocaine à la fin du et au début du .

Sous la dynastie des Mérinides, le port prospère grâce aux relations commerciales avec la péninsule Ibérique, mais le déclin du pouvoir de Fès amène les habitants d’Anfa à se rendre indépendants et à multiplier des raids de piraterie sur les côtes portugaises.

Durant le , le nom d’Anfa revient très souvent. Anfa entre véritablement dans l’Histoire au , en l’an 1469, et c’est pour sa mise à sac, son incendie et sa destruction par les Portugais.

Les Portugais, en 1469, décident d’attaquer la ville avec 50 navires et . Les habitants d’Anfa, n’étant pas en mesure de défendre la ville, la désertent définitivement pour se rapatrier sur Rabat et Salé. La ville détruite, restera inhabitée pendant trois siècles.

Les corsaires d’Anfa furent attaqués en 1469 par une flotte puissante commandée par Ferdinand du Portugal.

À ce spectacle de mort, Léon l’Africain raconte qu’il ne put retenir ses larmes : rien ne restait d’une ville «très policée et prospère parce que son territoire était excellent pour toutes sortes de céréales. En vérité, c’était le plus beau site de toute l’Afrique». Mais les habitants d’Anfa armaient dans leur petit port «des fustes avec lesquels ils commettaient de grands ravages dans la presqu’île de Cadix et sur toute la côte du Portugal».

C’est pourquoi le roi de Portugal décide de se venger, et c’est ainsi que l’infant Dom Ferdinand, fort d’une flotte de cinquante vaisseaux et d’une puissante artillerie, débarque et rase Anfa. La ville, rapporte Léon l’Africain, était «dans un tel état qu’il n’y avait plus d’espoir qu’elle soit jamais habitée à nouveau». Cette prophétie, en fin de compte, ne s’est pas réalisée.

La ville subit une autre attaque portugaise en 1515. Soixante ans plus tard, les Portugais s’installèrent dans l’ancienne ville qui fut fortifiée, reconstruite et baptisée du nom de Casa Blanca. Les attaques incessantes des tribus voisines et les ravages provoquées par le terrible tremblement de terre de 1755 obligèrent les Portugais à se retirer de Casablanca.

Durant le règne de Sidi Mohammed Ben Abdellah (1757-1790) elle fut habitée par les Berbères… La ville fut fortifiée et reconstruite. Elle s’appelait à cette époque Dar el Beida, nom que les Espagnols transformèrent en Casablanca.

En 1770, le sultan Mohamed Ben Abdallah, qui venait de perdre la ville de Mazagan (El Jadida), décide de reconstruire cette place pour la préserver d’un débarquement portugais. La ville est appelée "Dar El Beida" (maison blanche) ou casa blanca (en espagnol). D’emblée, le sultan la dote d’une mosquée, d’une médersa et d’un hammam.

Au , la ville devint un important centre commercial. Au milieu du , le rôle commercial, de la ville s’accrut et en 1862 un service régulier entre Marseille et le Maroc fut établi. Mais elle restera une petite bourgade jusqu’au milieu du .

À partir du , la ville se développe grâce à l’accroissement de l’industrie du textile, et Casablanca deviendra l’un des plus grands fournisseurs de laine du bassin méditerranéen. En 1860 la ville comptait pour à la fin des années 1880. La ville décide donc de se doter d’un port moderne, aidée par la France, détrônant ainsi Tanger comme premier port marocain dès 1906. La population sera en 1921 de dû en grande partie aux bidonvilles. center|thumb|400px|Détail d'une gravure représentant Anfa en 1572

Conquête almoravide Le conquérant almoravide Youssef Ibn Tachfin se heurta en Tamesna (région qui s'étendait de l'Oum Rabiî au Bouregreg) à la résistance des hérétiques berbères les Berghouata. Il réussit à conquérir Anfa en 1068. Au , le géographe Al-Idrissi décrit la ville comme étant un port commercial actif.

Dynasties almohade, mérinide et wattaside Du au , Anfa est une ville importante, Les Almohades et Mérinides se la disputeront puis ce seront les Mérinides et les Wattassides. À la fin de cette dernière, Anfa formera une république de corsaires.

Destruction de la ville Elle fut démolie de fond en comble une première fois en 1468 à la suite d'une expédition punitive menée par les Portugais à la suite des attaques incessantes de leurs navires marchands par les corsaires d'Anfa.

Dynastie alaouite Au après une ellipse de trois siècles, le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah y construisit médersa et mosquée et la repeupla de Berbères. À la fin du , il accorda aux Espagnols le privilège du commerce du port de la ville qu'ils renomment Casablanca, nom toujours employé aujourd'hui.

De "Anfa" à "a-Ddar al-Baïdaâ" En 1794, la ville devient la résidence du gouverneur de la province de Chaouia sous le nom de a-Ddar al-Baïdaâ', littéralement « la Maison blanche », devenue Casablanca en espagnol, mais prononcée en français, durant la colonisation.

La ville comptait en 1850 quelques centaines d'habitants, elle en comptait près de en 1866, dont musulmans, juifs et plus d'une centaine d'Européens. La démographie de la ville augmente considérablement sous le règne de Moulay Hassan ().

Protectorat français left|thumb|Conférence de Casablanca (1943), Henri Giraud, Franklin Delano Roosevelt, Charles de Gaulle et Winston Churchill.

Pendant le Protectorat, pour renforcer leur présence et consolider sa pérennité, les Français décidèrent de construire un port pour la ville. Cette décision a eu pour effet de lui donner un nouveau souffle économique et démographique. À partir des années 1920, cette colline fut aménagée pour accueillir les nouveaux venus (principalement français et marocains) qui s'y firent construire de luxueuses villas.

Renouveau de la ville