Cet article relate le parcours de l'Équipe de France masculine de handball lors des Jeux olympiques de 2000 organisés à Sydney en Australie. Il s'agit de la de la France aux Jeux olympiques.
Huit mois après la quatrième place au Championnat d'Europe 2000 et quatre mois avant le Championnat du monde 2001 organisé en France qui se veut l'apothéose pour la dernière compétition de Daniel Costantini, les Bleus vont chercher à se racheter du tournoi final d'Atlanta (Les Barjots échouent à la quatrième place), pourquoi pas en accrochant une médaille comme à Barcelone (première médaille du handball français). À condition d'arriver à gérer la Russie et la Suède, les premières nations mondiales.. L'équipe a notamment retrouvé l'arrière Jérôme Fernandez, blessé stupidement (brûlé sous la douche) juste avant les championnats d'Europe, en janvier.
Lors du premier match contre la Slovénie, les Bleus ont pourtant montré des qualités, celles d'y croire jusqu'au bout, pour éviter le pire en arrachant le match nul 24-24 grâce à un 5-1 final. Contre la Tunisie, les Français ont mieux maitrisé le match mais ont aussi mieux dû s'employer en fin de match pour faire passer le score de 17-17 à 20-17. Ensuite, ils ont battu avec la manière l'Espagne (25-23) et, avec un peu de métier, auraient également pu accrocher la Suède à leur tableau de chasse (défaite 23-24). Le dernier match face aux hôtes australiens n'est qu'une formalité (28-16) et la France termine ainsi à la deuxième place de sa poule, synonyme de quart de finale a priori abordable dans la course aux médailles. Mais la France rate son quart de finale face à une Yougoslavie pourtant pas exceptionnelle et termine à la au terme des matchs de classement.
Présentation Qualification
La France a obtenu sa qualification en terminant parmi les sept premières équipes du Championnat du monde 1999 en Égypte, plus précisément à la sixième place.
Phase de préparation
La France a notamment terminé deuxième du Tournoi de Paris-Bercy. : 16 juin 2000 : France-Portugal 23-17 17 juin 2000 : France-Égypte 22-23 18 juin 2000 : France-Suède 25-12.
La réelle phase de préparation est organisée en deux blocs : préparation physique du au à Vittel et du au ; matchs de préparation du au .
Dix-sept joueurs ont ainsi été appelés à Vittel le 17 juillet : Anquetil, Burdet, Dinart, Fernandez, Golic, Martini, Omeyer, Puigsegur de Montpellier, B. Gille, G. Gille, Narcisse de Chambéry, Girault et Latchimy du PSG, Wiltberger de Sélestat, Plantin de Toulouse, Cazal d'Irun et Richardson de Pampelune (Espagne).
La première série de 4 matchs ont lieu contre la : à Vittel le : victoire 28-22 (18-09), à Antibes le : victoire 22-18 (10-08), à Valence le : victoire 22-16 (08-08), à Clermont-Ferrand le : victoire 27-12 (09-07).
La France a ensuite participé à l'Eurotournoi, disputé du 30 août au 9 septembre et qui oppose 3 qualifiées pour les JO de Sydney (Allemagne, France et Russie) ainsi que le Portugal, valeur montante du handball mondial. La Russie l'emporte devant l'Allemagne et remportera le titre olympique un mois plus tard. :
France : Christian Gaudin (, 6 arrêts) et Bruno Martini (, 10 arrêts). Didier Dinart 1, Cédric Burdet 2, Guillaume Gille, Bertrand Gille 7, Guéric Kervadec 1, Grégory Anquetil 2 pen., Andrej Golić 2, Olivier Girault 3, Marc Wiltberger 3, Stéphane Joulin 3, Jackson Richardson, Patrick Cazal 6. Portugal. : Sergio Morgado (, 8 arrêts dont 1 pen), Carlos Ferreira (, 9 arrêts), Carlos Galambas 1, Ricardo Andorhino 3 (1 pen), Tiago Silva 1, Eduardo Coelho 4 (3 pen), Ricardo Costa 1, Paulo Araujo, Miguel Povoas 1, David Tavares 1, Luis Gomes 2, Paulo Vieira 2, Joao Lopes, VictorTchikoulaev, Rui Silva. Sélectionneur : Javier García Cuesta. Sortis pour deux minutes : Guillaume Gille (), Olivier Girault (), Cédric Burdet () et Didier Dinart () pour la France ; Andorhino (), Tchikoulaev ( et ), T. Silva (), Tavares () et Gomes () pour le Portugal. S'appuyant en effet, sur une défense très efficace, les Bleus ont poussé l'attaque adverse à la faute. Les Portugais mènent bien 1-3 à la mais Patrick Cazal sortait l'artillerie lourde et avec six buts sur autant de tirs, s'avérait le principal buteur sur jeu placé. Bertrand Gille de son côté s'occupait de la finition des contre-attaques, enfin Marc Marc Wiltberger montrait son art en inscrivant le 7-5 sur un chabala. Ces trois joueurs furent les plus en vue de ce début de match puisqu'ils se partagèrent les dix premiers buts français. Christian Gaudin gardait son but inviolé de la à la , le score passant de 8-6 à 14-7 pour échoir à 16-8 à la mi-temps. Au retour des vestiaires, un peu de précipitation et de déconcentration amenèrent les Français à vendanger quelques occasions mais l'écart ne descend pas sous les six buts (20-14, ), grâce notamment à un Bruno Martini efficace dans les bois. Tout revient cependant rapidement dans l'ordre et les Bleus terminent à 30-16 grâce notamment à Stéphane Joulin et l'inévitable Bertrand Gille. terminant avec un joli 6/7. Dans l'autre match de la journée, l'Allemagne et la Russie sont deux des postulants à une médaille olympique et sont composées de joueurs se connaissant parfaitement puisque onze Russes évoluent en Bundesliga : 25-25 score final.
France : Christian Gaudin (, 2 arrêts) et Bruno Martini (, 6 arrêts, dont 1 pen.) aux buts. Jérôme Fernandez 1, Cédric Burdet 2, Didier Dinart 1, Guillaume Gille 3, Guéric Kervadec 2, Grégory Anquetil 1, Andrej Golić 2, dont 1 pen., Olivier Girault, Marc Wiltberger, Stéphane Joulin 4 dont 1 pen., Jackson Richardson 2, Patrick Cazal 1. Bertrand Gille, blessé au mollet, ne participe pas au match. Allemagne. : (tout le match , 11 arrêts) et Henning Fritz aux buts. , 2, Bogdan Wenta 3, , Christian Schwarzer, , Volker Zerbe, Markus Baur 2, 2, Bernd Roos 3 dont 1 pen., 6, Florian Kehrmann 3. Sélectionneur : Heiner Brand. Dès l'entame, les défenses prennent le pas sur les attaques et le premier but du match n'est marqué qu'à la par Petersen. C'est Grégory Anquetil qui plaçait le premier tir victorieux des Français (1-2, ). De nombreuses passes approximatives et de mésententes en attaque empêchent les hommes de Daniel Costantini de faire la jonction au score. Bernd Roos continuait sur la lancée du match contre les Russes et Jan Holpert fermait la porte de ses cages. Guillaume Gille sonnait bien le réveil français mais les Allemands par Wenta et Lakenmacher, conservent un avantage conséquent à la pause : 6-11. En début de seconde période, les Français semblent dans de meilleures dispositions et s'ils ont à plusieurs reprises des balles de -2, voire de -1 (), Holpert, la barre transversale et quelques décisions arbitrales en décidèrent autrement (19-21, score final). Dans l'autre match de la journée, la Russie s'impose logiquement 28 à 23 contre le Portugal.
France : Christian Gaudin (, 6 arrêts dont 1 pen) et Bruno Martini (, 8 arrêts) aux buts. Jérôme Fernandez 4, Didier Dinart, Cédric Burdet 1, Bertrand Gille 4, Guéric Kervadec 3, Grégory Anquetil 2, Andrej Golić 5 (3 pen), Olivier Girault, Marc Wiltberger, Stéphane Joulin, Jackson Richardson 3, Patrick Cazal 1. Russie. : Maxim Chtchevelev, Andreï Lavrov (tout le match, 13 arrêts) et Pavel Soukossian aux buts. Alexeï Rastvortsev, Dimitri Filippov, Viatcheslav Gorpichine, Oleg Khodkov 9, Édouard Kokcharov 8 (2 pen), Vassili Koudinov, Stanislav Koulintchenko 2, Dimitri Kouzelev 1, Denis Krivochlikov, Igor Lavrov, Sergueï Pogorelov 1, Dimitri Torgovanov 2, Alexandre Toutchkine 1, Lev Voronine 2. Sélectionneur : Vladimir Maksimov. Sortis pour deux minutes : Guéric Kervadec () pour la France ; Kokcharov () et Pogorelov () pour la Russie.
Plus solides, plus complets et mieux inspirés, les Russes ont montré à l'équipe de France que leur statut de favori à Sydney n'était pas usurpé. Et ce notamment grâce à Andreï Lavrov, le mythique gardien de l'équipe d'URSS, de la CEI puis aujourd'hui de la Russie, double champion du monde et double champion olympique, qui a passé son temps à écœurer les tireurs français. Pourtant, appliqués, volontaires et, sans doute, aussi, piqués au vif, les Tricolores avant bien débuté ce match tout tourné vers la défense, Didier Didier Dinart et les siens ayant alors fait jeu égal avec les Russes durant (5-5). Lavrov y mit alors du sien et les Russes, auquel il ne faut décidément ne faire aucun cadeau, placèrent un 0-3 qui laissa les Français à deux buts (7-9 puis 10-12 à a pause). En panne d'arrières (en , ils n'inscrivirent qu'un seul et tout petit but à mi-distance), les Bleus allaient subir la domination des Russes et notamment d'Oleg Khodkov qui s'était mis en tête de prouver qu'il était beaucoup mieux qu'une doublure de Vassili Koudinov et finir la matcha avec un 9 sur 10. La formation tricolore est alors dépassée par la technique russe (11-16 à la ). Lorsque Jérôme Fernandez se décida, enfin, à prendre ses responsabilités, le public se remit à y croire (17-22 mais 20-23 à la et 22-24 à un peu moins de deux minutes du terme), mais ce sont bien les Russes, plus fort, plus complet et, visiblement, plus en confiance, qui s'imposent finalement 26 à 23. Dans l'autre match de la journée, le Portugal a créé la sensation en battant l'Allemagne 24 à 23.
Le quatrième opposition de la seconde série de 4 matchs à lieu le 2 septembre à Hombourg face à l' et s'est conclu par un match nul 21-21 (14-12).
Lors de ces huit matchs, 19 joueurs ont été utilisés. Au plan individuel, si les gardiens Omeyer-Martini, puis Martini-Gaudin ont semblé assurer, les attaquants ont été pour le moins timides : Bertrand Gille 26 buts en 7 matches, Fernandez 25 buts en 6, étant les plus prolifiques. Richardson 14 buts en 8 matches, Guillaume Gille 8 buts en 5 matches ne paraissant pas au mieux. .
L'équipe est arrivée au village olympique le 8 septembre au soir et d'y terminer la préparation, avec notamment : le 12, un entraînement et un match de préparation contre la abordés en 2e degré avec des thèmes de défense "'commandés" à l'avance... le 14, un entraînement et un match de préparation contre la . Celui-ci se passe mal deux collectifs avaient été dégagés, Golic, Wiltberger, Richardson, Kervadec, Cazal, Anquetil en première mi-temps, épaulé par Dinart seront distancés 11 à 14. Girault, Fernandez, G. Gille, B. Gille, Burdet, Joulin en seconde mi-temps ne feront pas mieux (15-18, 26-32 score final).
Effectif
|-class="sortbottom" !colspan=11 style="background: #FFFFFF; border: 1px solid #aaa;" align=center| Gardiens
|-class="sortbottom" !colspan=11 style="background: #FFFFFF; border: 1px solid #aaa;" align=center| Joueurs de champs
Remarques : l'âge des joueurs est calculé au 16 septembre 2000, date du début de la compétition. les statistiques des sélections et des buts sont celle avant l'Eurotournoi, disputé avant le début des JO. à l'occasion du Tournoi de Paris-Bercy, Jackson Richardson est devenu le premier joueur français à atteindre le cap des .. Il portera ce total à 417 en 2005.
Résultats Remarque : toutes les heures sont locales (UTC−3). En Europe (UTC+2), il faut donc ajouter . Phase de groupe Match nul face à la Slovénie La Slovénie de Puc, Banfro et Pušnik, tous d'ex-internationaux yougoslaves, est le premier adversaire de la France et le match de préparation contre la Yougoslavie était aussi pour préparer ce match puisque ces deux équipes ont le même système défensif (zone 3-2-1). Pendant , l'attaque française se résumera en une incapacité à trouver des solutions de loin (G. Gille 0 sur 6, Fernandez 0 sur 4), une certaine inefficacité à 6 mètres n'arrangeant pas les choses (B. Gille 2/5, Kervadec 1/3).