Dans la mythologie grecque, Séléné (en grec ancien , « lune ») est la déesse de la Lune. Elle est la fille des Titans Hypérion et Théia, et a pour fratrie Hélios (le Soleil) et Éos (l'Aurore). Séléné personnifie plutôt l'astre lunaire lui-même de la même manière que son frère, Hélios, est assimilé à ApollonHard, p. 46 ; Hammond, "SELENE", p. 970–971; Morford, p. 64, 219–220 ; Smith, "Selene"..

Avec Artémis et Hécate qui lui sont souvent assimilées, elle forme une triade — Séléné représente la pleine lune, Artémis le croissant de lune et Hécate la nouvelle lune. L'équivalent de Séléné en mythologie romaine, par syncrétisme, est LunaSmith, "Selene" ; Kerenyi, p. 196–197; Hammond, "SELENE" p. 970–971 ; Hard, p. 46 ; Morford, p. 64, 219–221..

Étymologie gauche|vignette|250x250px|Détail d'un sarcophage représentant Endymion et Séléné, reconnaissable grâce à sa couronne lunaire et son voile.Stefania Sorrenti, "Les représentations figurées de Jupiter Dolichénien à Rome," in La terra sigillata tardo-italica decorata del Museo nazionale romano, "L'Erma" di Bretschneider, 1999), p. 370. L'étymologie de Séléné est incertaine, mais dans le cas où son nom vient du grec ancien, il est probablement dérivé de sélas signifiant « brillant/brillance »Kerenyi, pp. 196–197..

Comme Hélios, qui, de par son assimilation à Apollon, est parfois désigné par l'épithète Phébus, Séléné a souvent pour épithète l'équivalent féminin PhœbéMorford, p. 64; Smith, "Selene".. Cependant, elle n'est pas à confondre avec Phébé, une Titanide mère de Léto et d'Astéria. Comme Artémis, Séléné est parfois appelée CynthiaPannen, p. 96. For example see Ovid, Heroides 15.89 ff...

Séléné était également appelée MeneSmith, "Selene"., mot signifie « lune » ou « mois lunaire », mot dont vient également le nom du dieu phrygien MenKerenyi, p. 196–197 ; Hammond, "SELENE" p. 970–971..

Le philologue Max Müller interprète le mythe de Séléné et Endymion comme une version narrativisée de la terminologie linguistique. Le mot grec endyein signifiant « plonger », le nom Endymion (« le plongeur ») signifiait simplement à l'origine le processus du soleil couchant « plongeant » dans la mer. Ainsi, l'histoire de Séléné embrassant Endymion, représente le soleil couchant et la lune montante.

Origine L'origine la plus connue de Séléné est donnée par Hésiode dans la Théogonie. Hypérion, dieu du feu du Soleil, épouse sa sœur Théia, qui « fit naître le grand Soleil, la Lune splendide et l'Aurore, qui brillent pour tous les hommes et pour tous les dieux habitants du vaste ciel »Hésiode, Théogonie.. L'Hymne homérique à Hélios suit cette tradition : « Hypérion épousa, en effet, sa sœur, l'illustre Euryphaessa, qui lui donna de beaux enfants, Éos aux bras roses, et Séléné aux beaux cheveux, et l'infatigable Hélios »Hymnes homériques, , À Hélios, traduction de Leconte de Lisle (1868).. Ici Théia est nommée par son épithète Euryphaessa.

D'autres écrivains font de Séléné la fille de PallasHard, p. 46; Vergados, p. 313; Hymn to Hermes (4), 99–100., ou encore de HéliosNonnos de Panopolis, Les Dionysiaques, , l. 191..

Les amours de Séléné vignette|Séléné et Endymion. Fresque antique de Pompéi. vignette|366x366px|Séléné et EndymionSebastiano Ricci (1713)Chiswick House, Angleterre.

Amours Séléné est principalement connue pour son histoire d'amour avec le mortel Endymion.

Le couple est vraisemblablement déjà mentionné au par la poétesse Sappho.

Cependant, la première source directe connue de ce mythe date du dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes : Dans les Posthomériques, Quintus de Smyrne dit que, quand Endymion dormait dans sa grotte à côté de son bétail, Quintus de Smyrne, Posthomériques, ..

Le sommeil éternel d'Endymion reste proverbial, et les circonstances de ce sommeil éternel, son rôle et celui de Séléné dans ce mythe sont incertains.

Selon le Catalogue des femmes, Endymion était le fils d'Éthlios, un fils de Zeus, et Zeus lui aurait offert le pouvoir de fixer lui-même le moment de sa mortHésiode, Catalogue des femmes, fragment X..

Un scoliaste d'apollonius dit que, selon Épiménide, Endymion était tombé amoureux de Héra et demanda à Zeus de le plonger dans un sommeil éternel.

Cependant, Pseudo-Apollodore dit dans la Bibliothèque :

Pausanias le Périégète raconte que Séléné et Endymion auraient engendré cinquante filles, qui présidaient aux cinquante mois du calendrier lunaire qui séparaient deux sessions de Jeux olympiques.

Nonnos de Panopolis attribuent également à Séléné et Endymion la naissance de NarcisseNonnos de Panopolis, Les Dionysiaques, ..

D'après Virgile, Séléné aurait également eu une histoire avec le dieu Pan :

Progéniture Selon l’Hymne homérique à Séléné, la déesse eut de Zeus une fille, PandiaFairbanks, p. 162., Hymnes homériques, , À Séléné, traduction de Leconte de Lisle.. Le poète grec Alcman fait de Hersé la fille de Séléné et Zeus. Ils sont également supposément les parents de Némée, nymphe habitant le site éponyme, lieu où Héraclès tua le Lion de Némée et où se tenaient les Jeux néméens. Némée est cependant alternatiment donnée comme une fille du dieu fleuve Asopos. Certains auteurs font également de Séléné la mère de Dionysos, mais cela vient probablement de sa similarité avec le nom de la mère plus commune de Dionysos Sémélé.

Alors que selon Hésiode, le Lion de Némée est né d'Échidna et élevé par Héra, une tradition minoritaire considère Séléné comme sa mèreÉpiménide, Théogonie (3B2) ; l'auteur se présente lui-même comme issu de la lune. ou sa nourrice.

Quintus de Smyrne fait de Hélios et Séléné (le Soleil et la Lune), les parents des quatre saisons, un des groupes connu sous le noms d'Heures. Ils les décrit comme étant au nombre de quatre, suivantes d'HéraHammond, "SELENE", ; Quintus Smyrnaeus, 10.336 ff. ., là où la plupart de auteurs utilisent le terme d'Heures pour désigner une des trois triades de déesses, filles de Zeus et Thémis. Les noms de ces quatre filles sont Eiar (printemps), Theros (été), Phthinoporon (Automne) et Cheiros (hiver).

Séléné est également la mère supposée du poète grec Musée d'AthènesPlaton, République, , l. ..

Le char lunaire À l'instar de son frère Hélios, dieu du Soleil, conduisant un char solaire à travers le ciel chaque jour, il est dit que Séléné conduit également un char. L'Hymne à Séléné pourvoit cette description : La première représentation du char lunaire de Séléné date du sur une céramique à figures rouges attribuée au Peintre de Brygos, montrant Séléné et son char, tiré par deux chevaux ailés, plonger dans la mer. Son char est souvent décrit comme argenté, mais également doré selon PindarePindare, Odes et Fragments, .. Tandis que le char solaire a quatre coursiers, le char lunaire n'en a généralement que deux qu'Ovide décrit blancs comme neigeOvide, Fastes, .. Le char est également quelquefois tiré par des bœufs ou des taureauxNonnos de Panopolis, Les Dionysiaques, ..

Description alt=|vignette|Statue de Séléné montrant le croissant sur son front, tenant une torche dans la main droite et avec son voile au-dessus de la tête. Musées du Capitole. copie d'un original du début du Les descriptions antiques du caractère et du physique de Séléné en tant qu'individu et non pas comme reliée à la Lune sont maigres, et mentionnent surtout les cheveux de Séléné. LHymne à Hélios et lHymne à Séléné utilisant tous deux le mot , « aux beaux cheveux bouclés. ». Elle est également décrite dans l'Hymne à Séléné comme d'une « splendeur éclatante », avec des « ailes déployées » et une « couronne d'or », aux « bras blancs » et « bienveillante ». Eschyle la surnomme « l'œil de la nuit »Eschyle, Les Sept contre Thèbes.. L'Hymne orphique à Séléné l'orne de « cornes de taureau » et la décrit comme « tenant des torches », « qui voit tout », « sage »Hymnes orphiques, , Parfum de Séléné, traduction de Leconte de Lisle..

Iconographie Dans l'Antiquité, Séléné était notamment représentée sur les reliefs, les peintures sur vases, les pièces de monnaie et même les pierres précieusesPour un exemple de représentation de Séléné sur une pièce de monnaie, voir British Museum, R.7248; pour un exemple de représentation de Séléné sur une pierre précieuse, voir 1923,0401.199.. Avant le av. J.-C, elle n'est représentée sur les céramiques à figures rouges que par un buste ou de profil contre un disque lunaireCohen, p. 157.. Plus tard dans l'art, comme d'autres divinités telles que Hélios, Éos ou Nyx (la Nuit), Séléné est représentée traversant le ciel, généralement en conduisant un char ou alors à dos de chevalHard, p. 46; Savignoni, p. 271; Walters, p. 79; Murray (1892) p. 272., de bœuf, de mule ou de bélierHard, p. 46 ; Hammond, "SELENE", p. 970–971 ; Murray (1903) p. 47. Hansen, p. 221 shows two images one captioned "Selene riding a mule", the other "Selene riding a ram". Cf. Pausanias, 5.11.8;..

Elle arbore avec son frère Hélios le front est du Parthénon, entourant une scène représentant la naissance d'Athéna : à gauche, Hélios sort de l'océan avec son char ; à droit, Séléné et son char y plongentNeils, p. 236–237; Palagia, p. 22. Ceci est l'interprétation commune, mais d'autres ont suggéré que la déesse à droite pourrait être Nyx ou Éos. Les deux adelphes apparaissent également sur les métopes du côté nord du Parthénon, où Séléné entre dans l'océan à dos de cheval.. On apprend de Pausanias le Périégète que Séléné et Hélios entouraient également la naissance d'Aphrodite sur le socle de la statue chryséléphantine de Zeus à OlympiePausanias le Périégète, Description de la Grèce, , .. Il y a également des traces d'une telle représentation dans une scène de la naissance de Pandore sur le socle de l'Athéna Parthénos. Séléné apparaît également, à cheval, sur la frise Sud de la Gigantomachie du grand autel de PergameThomas, p.17; Mitchell, p. 92..

Séléné est communément représentée avec un croissant de lune, souvent accompagné d'étoiles : quelquefois, un disque lunaire remplace le croissant de luneSavignoni, p. 270–271 ; Cohen, p. 178–179 ; LIMC Selene, Luna 35; Zschietzschmann, p. 23.. Le croissant de lune est souvent utilisé au-dessus de ses sourcils, sortant de sa tête comme des cornes, ou derrière sa tête et ses épaulesBritish Museum 1923,0401.199; LIMC Selene, Luna 21; LIMC Selene, Luna 4; LIMC Mithras 113; LIMC Selene, Luna 15; LIMC Selene, Luna 34; LIMC Selene, Luna 2; LIMC Selene, Luna 7; LIMC Selene, Luna 9; LIMC Selene, Luna 10; LIMC Selene, Luna 19. For the close association between the crescent moon and horns see Cashford.. La tête de Séléné est parfois entourée d'un nimbe, et tient souvent une torche depuis l'époque hellénistiqueParisinou, p. 34..

Dans l'art funéraire des , l'amour de Séléné pour Endymion et son sommeil éternel était un sujet populaireSorabella, p. 70; Morford, p. 65.. Comme souvent représentés sur les sarcophages romains, Séléné, tenant un voile en forme de croissant qui entoure sa tête, descend de son char pour rejoindre son amant qui sommeille à ses piedsPar exemple, des sarcophages au Musée du Capitole à Rome, deux au Metropolitan Museum of Art à New York et un à la Galerie Doria-Pamphilj à Rome..

Après la Renaissance, Séléné est généralement représentée comme une jeune femme d'une très grande beauté, avec un visage pâle et de longs cheveux noirs conduisant un char argenté tiré par un joug de bœufs ou deux chevaux.

Culte vignette|Séléné, déesse de la lune, entourée des Dioscures ou de Phosphoros (l'étoile du matin) et Hespéros (l'étoile du soir).