Le est la date, dans le calendrier grégorien, d'au moins deux événements historiques : l'entrée en vigueur du premier des deux actes de capitulation du Troisième ReichPour les de la reddition nazie, Reims se veut « berceau de la paix » AFP 7 mai 2025 Sondage : la Seconde Guerre mondiale est l'événement le plus important depuis 1900 pour 41 % des Français AFP le 08/05/25 de la capitulation de l'Allemagne Guadeloupe, la , 8 mai 2025 « La Rivière-de-Corps commémore avec émotion le de la capitulation de l’Allemagne nazie », dans L'Est éclair, 8 mai 2025, Le du 8 mai célébré par près de trois-cents enfants à Cesson-Sévigné, Ouest France, 8 mai 2025, , signé le et entrant en vigueur le lendemain, avant la signature du second le , alors que la Seconde Guerre mondiale dure encore plusieurs mois, jusqu'aux bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki au Japon, qui ne capitule que le . En France, la date du est un jour férié entre 1953 et 1959, puis à nouveau depuis 1981. les manifestations indépendantistes algériennes réprimées par l'armée française lors des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, qui ont été la cause de plusieurs dizaines de milliers de morts.
Capitulation du Troisième Reich Événements vignette|Signature de la reddition de l'Armée allemande à Reims, . vignette|Deux femmes lisant la une du Montréal Daily Star annonçant la capitulation allemande et la fin imminente de la Seconde Guerre mondiale, .
L'amiral Dönitz, désigné par Hitler comme son successeur, ainsi que son état-major, a compris que toute résistance est vaine. Dönitz consacre son énergie à ce que les troupes allemandes se rendent aux Alliés occidentaux et non aux Soviétiques, avant tout pour que les prisonniers allemands soient traités selon les conventions internationales, et non massacrés ou déportés en Sibérie. Aussi souhaite-t-il des capitulations partiellesTelle la capitulation partielle des troupes allemandes actives aux Pays-Bas, au Danemark et en Allemagne du Nord, demandée par l'amiral Hans-Georg von Friedeburg au général Montgomery. Ce dernier qui ne peut s'engager aussi loin, ne signe qu'un cessez-le-feu le . à l'ouest afin de soustraire autant de troupes que possible du front occidental et poursuivre les combats sur le front oriental, en rapatriant le maximum de population.
C'est dans cette intention que Dönitz envoie une première fois, à Reims, au PC avancé du SHAEF d'Eisenhower, l'amiral Hans-Georg von Friedeburg pour tenter de convaincre les Occidentaux de conclure une paix séparée. Le général américain l'éconduit, tout en prévenant Staline des tentatives allemandes. Le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union soviétique se sont en effet mis d'accord sur une capitulation totale et inconditionnelle du gouvernement allemand et de l'OKW sur tous les fronts, n'acceptant des redditions ponctuelles que dans le cadre des engagements (unités déposant les armes et se constituant prisonnières) et non dans le cadre d'un traité. Dönitz réitère ses avances le en désignant alors le général Jodl, son chef d'état-major, mais ce dernier essuie le même refus. L'intransigeance d'Eisenhower est en effet implacable depuis le , date à laquelle il a découvert horrifié les charniers d'Ohrdruf, annexe du camp de concentration de Buchenwald qui vient d'être libéré.
C'est donc le lundi , à , que la reddition de l'Armée allemande est signée à Reims dans une salle du Collège technique et moderne (actuel lycée Roosevelt) abritant le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force, par le maréchal allemand Alfred JodlVoir scoop Associated Press avant l'annonce officielle., en présence des généraux américains Walter B. Smith et Eisenhower, du général français François Sevez et du général soviétique Sousloparov, les combats devant cesser le à 23 h 01. L'acte signé est purement militaire.
Ceci provoque la fureur de Staline qui veut que la capitulation de l'Allemagne soit signée dans sa capitale, à Berlin, où les soldats de l'Armée rouge règnent en maîtresBeevor, La Chute de Berlin, 2002, éditions de Fallois, .. Les journalistes occidentaux répandent rapidement la nouvelle de la capitulation, précipitant ainsi les célébrations. Les combats continuent cependant toute la journée du mardi suivant sur le front de l'Est.
L'exigence de Staline est honorée par l'organisation d'une seconde cérémonie à Berlin, ville que l'Armée rouge a conquise et qu'il souhaitait voir officiellement consacrer la capitulation. Celle-ci se tient le à 22 h 43 (heure de Berlin), dans une villa de Karlshorst, quartier général du maréchal Gueorgui Joukov dans la banlieue Est de Berlin (aujourd'hui le musée germano-russe Berlin-Karlshorst). Les représentants de l'URSS, de la Grande-Bretagne, de la France et des États-Unis arrivent peu avant minuit. Après que le maréchal Gueorgui Joukov eut ouvert la cérémonie, les représentants du Haut commandement allemand, dont le maréchal Wilhelm Keitel, sont invités à signer l'acte de capitulation. Celui-ci entre en vigueur à 23 h 01, heure localeEarl F. Ziemke, The US Army in the Occupation of Germany, 1944-1946, Chapitre : « The Victory Sealed », . (heure d'Europe centrale), soit le à 1 h 01, (heure de Moscou). Ce n'est pas un nouvel accord mais une ratification solennelle du texte signé à Reims, destinée à associer l'URSS à la victoire. La différence de date de commémoration entre la France (8 mai) et la Russie (9 mai) tient au seul décalage horaire entre l'Europe centrale et Moscou. C'est l'amiral Hans-Georg von Friedeburg et le maréchal Keitel qui contresignent l'acte de capitulation.
La reddition a ainsi lieu le pour les Soviétiques et les pays est-européens alliés qui partagent les fuseaux horaires UTC+02:00 et plus, ayant déjà passé minuit à ce moment. De ce fait le Bloc de l'Est prit l'habitude de commémorer cette capitulation le , sous le nom de Jour de la Victoire.
Il faudra cependant attendre la capitulation officielle du Japon le (« V-J Day », pour « Victory over Japan Day », annoncé le ), lorsque le ministre des Affaires étrangères Mamoru Shigemitsu signe les articles de la reddition des forces japonaises sur le pont de l' dans la baie de Tokyo, pour que la Seconde Guerre mondiale prenne fin.
Chronologie
Les bombardements alliés ont fait fuir de Berlinois entre et puis reprennent massivement en « Berlin de 1939 à 1946 », article des universitaires Sully Ledermann et Charles Corcelle dans la revue Population en 1947 , mais le régime nazi refuse sa défaite, prêt à « sacrifier la population », via un « appareil de terreur » conservant une « fascination morbide » pour le Führer, constitué de commandos de SS qui « traquent ceux qui refusent de mourir à leurs côtés »Berlin Finale, par Heinz Rein en 1947, aux Éditions Belfond et multiplient les « mensonges à la population », présentant toute nouvelle défaite comme un simple « piège » à l'ennemi. Les événements du début mai à Berlin et ailleurs en Allemagne ne se passent cependant pas comme il l'avait prévu après les suicides d'Hitler et de son successeur GoebbelsBerlin 1945. Récit de la chute du Reich au jour le jour, La Fabrique de l'Histoire, synthèse de l'émission de France Inter le 22 juin 2021, sur la base du livre Berlin Finale, écrit en 1945 et publié par Heinz Rein en 1947, et réédité aux Éditions Belfond . Ils sont dès 1945 détaillés au jour le jour, à chaud, par l'ex-journaliste socialiste Heinz Rein, dans Berlin Finale, mettant en scène un jeune déserteur qui rencontre dans un Berlin « qui croule sous les bombes » un groupe de résistantsBerlin Finale, la lente débandade du , compte-rendu de lecture par Johann Chapoutot, dans Libération, le 10 octobre 2018 . : suicide d'Hitler dans son bunker ; : suicide de son successeur, Joseph Goebbels ; Karl Dönitz investi de fait ; et : série de redditions allemandes dans Berlin ; : Dönitz fixe ses objectifs, combattre encore à l’Est mais négocier des redditions avec les Occidentaux ; : formation du gouvernement de Flensbourg après la mort d'Hitler annoncée la veille ; : le portrait d'Hitler retiré des bâtiments publics ; : tous les journaux français titrent sur la mort d'HitlerLe suicide d'Adolf Hitler et « l'autodestruction de la société allemande », par Stéphanie Trouillard, France 24, 30 avril 2025 ; : le salut nazi interdit dans la Wehrmacht ; : les gardes du camp de Mauthausen fuient ; : interdiction des actions du Werwolf, contraires aux lois de la guerre ; : ordre à tous les sous-marins de se rendre ; : Hans-Georg von Friedeburg signe une première capitulation, des armées de Hollande, du Danemark et de l'Allemagne du Nord-Ouest ; : les gardes de Mauthausen remplacés par d'ex-policiers évacués de Vienne ; : Hans-Georg von Friedeburg amène à Reims Fritz Poleck et Alfred Jodl ; : libération du camp de Mauthausen par la US ; : Himmler et Rosenberg démis de leurs fonctions ; : Dönitz ordonne de renoncer à la politique de la terre brûlée des ordonnances du ; : la capitulation signée à du matin ; ( à Moscou) : seconde capitulation signée avec les Soviétiques. : la capitulation entre en vigueur ;
Commémoration La capitulation nazie est fêtée différemment dans les différents pays d'Europe. Aux Pays-Bas, on la célèbre par le Jour de la Libération le .
Russie (ex-URSS) et Israël Dans l'ex-URSS, la capitulation nazie est commémorée depuis 1965 par un jour férié de commémoration le et en Israël, c'est aussi le , depuis 2017.
En France La loi du pose le principe de la commémoration annuelle de la victoire du . C'est la loi du 20 mars 1953 (n° 53-225) qui est fixée au de chaque année (jour férié), sinon le dimanche suivant.
Jour férié de 1953 à 1959 Ce statut de jour férié ne dure que six ans.
Les associations d'anciens combattants réclament la reconnaissance du comme jour férié et chômé et organisent leur propre manifestation. L'adoption de la loi N° 53-225 du clarifie la situation : le est déclaré jour férié (mais non chômé) de commémoration en France. Cela n'empêche pas les cérémonies de revêtir un réel éclat de 1953 à 1958..
Jour commémoré mais plus férié, de 1959 à 1975 Le président Charles de Gaulle, par le décret du , supprime le caractère de « jour férié » et fixe la date de la commémoration au deuxième dimanche du mois de mai, en précisant que seul le sera exceptionnellement férié, pour le , afin de limiter le nombre de jours fériés en mai. Puis le décret du décide que le sera commémoré chaque année, à sa date, en fin de journée en mai sans rétablir de jour férié.
Jour ni commémoré ni férié, de 1975 à 1981 En 1975, le président Giscard d'Estaing supprime la commémoration, en se justifiant « au titre de la réconciliation franco-allemande et de la relance de la construction européenne », mais le Sénat contesta dès 1979 en rappelant que ce jour férié symbolisait « la victoire contre le nazisme »« Au jardin des incertitudes : la mémoire française des relations franco-allemandes », article de Claire Demesmay, professeur à la chaire Alfred Grosser de Sciences Po Paris, et Julien Thorel, docteur en histoire des relations internationales, spécialiste des relations franco-allemandes, dans la revue Allemagne d'aujourd'hui en 2009 , d'autant que la décision a suscité un tollé général de la part des associations d'anciens combattants..
Jour commémoré et férié, depuis 1981