Marco Pantani, né le à Cesena et mort le à Rimini, est un coureur cycliste italien. Il fut l'un des meilleurs grimpeurs de l'histoire du cyclisme sur route et l'un des coureurs les plus populaires. Il a notamment remporté un Tour de France et un Tour d'Italie.
Sa carrière atteint son apogée en 1998, lorsqu’il remporte successivement le Tour d'Italie et le Tour de France. Il est le septième coureur de l'histoire à l'avoir fait, cet exploit lui vaut le Vélo d'or. Son style offensif et ses excès, en course et hors course, sont à l'origine de son surnom d’il Pirata (« le pirate » en italien). Il cultivera ce surnom à travers son look : oreille percée, tatouage, bandana, etc. Il est également surnommé Elefantino (le nom de Dumbo en italien), en raison de ses oreilles décollées.
Sa carrière connaît un grave revers en 1999 quand il est interdit de départ lors de l'avant-dernière étape du Tour d'Italie qu'il était sur le point de remporter, et ce, à la suite d'un contrôle antidopage sanguin révélant un hématocrite trop élevé. Cet épisode précipitera la fin de sa carrière.
En , il est retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de Rimini, dans laquelle il s'était cloîtré depuis plusieurs jours. Selon les conclusions des deux enquêtes menées sur cette affaire, son décès serait dû à l'association combinée d'une dose trop forte d'antidépresseurs et de cocaïne. Des doutes subsistent notamment quant aux circonstances exactes de sa mort.
Biographie
Les débuts (1970-1992) Jeunesse et apprentissage (1970-1991) Marco Pantani naît dans une famille modeste d'Émilie-Romagne, à Césène, et grandit dans la station balnéaire de Cesenatico, sur la côte Adriatique. Dès son plus jeune âge, il se découvre une passion pour la course et la compétition cycliste.
Victoire au Baby Giro et passage chez les professionnels (1992) Chez les amateurs, Pantani se fait rapidement remarquer par ses performances en montagne. Il termine ainsi troisième du Baby Giro, le Tour d'Italie réservé aux amateurs, en 1990, puis deuxième en 1991. Il gagne la compétition en 1992, après avoir remporté deux étapes. Déjà, il surclasse ses rivaux en montagne, et impressionne les principaux observateurs, qui voient en lui le successeur potentiel de Claudio Chiappucci. C'est d'ailleurs l'équipe de ce grimpeur italien (Carrera-Tassoni) que Pantani rejoint dans un premier temps, chez les professionnels.
L'ascension (1992-1997) Débuts professionnels (1992-1993) Pantani commence sa carrière en dans l’équipe Carrera Jeans. En 1993, Pantani obtient ses premières places d'honneur chez les professionnels: du Tour du Trentin, du Grand Prix de Larciano, du Tour du Pays basque notamment. Ses performances lui valent une sélection pour le Tour d'Italie, course dans laquelle il confirme ses exploits amateurs. Il fait partie des vingt premiers et accompagne souvent les meilleurs dans la montagne, avant qu'une chute n'interrompe sa progression et le contraigne à l'abandon au cours de la . À partir de ce moment, sa carrière sera en permanence marquée par les chutes.
La révélation (1994) En 1994, il revient sur le Tour d'Italie, où il remporte deux étapes coup sur coup. La première victoire a lieu en solitaire à Merano. Mais c'est surtout la deuxième victoire, à Aprica, le lendemain, qui suscite l'attention. Dans cette étape, il parvient, au cours de l'ascension du Passo di Mortirolo, à asphyxier le maillot rose Evgueni Berzin ainsi que Miguel Indurain, qui tente vainement de défendre son titre obtenu sur la « course rose » en 1992 et 1993. Pantani termine finalement deuxième de l'épreuve derrière Berzin mais devant Indurain.
Il confirme son potentiel quelques semaines plus tard en finissant du Tour de France après avoir attaqué dans presque toutes les étapes de montagne. Ce comportement offensif lui vaut plusieurs places d'honneur : troisième à Lourdes-Hautacam (repris à moins d'un kilomètre de l'arrivée par Luc Leblanc et Miguel Indurain), troisième à Val-Thorens, deuxième à Luz-Ardiden ainsi que lors du contre-la-montre en côte de Morzine-Avoriaz. Pantani termine également meilleur jeune cette année-là.
Premières difficultés (1995-1996) La saison 1995 semble bien commencer. Pantani monte progressivement en puissance, comme l'attestent une à Liège-Bastogne-Liège, une à la Flèche wallonne et une cinquième place au Tour des Apennins. Mais Pantani est de nouveau victime d'une chute, à l'entraînement, le . Blessé au genou droit, il ne peut se présenter au départ du Tour d'Italie. Pantani participe finalement au Tour de Suisse, où il remporte la en solitaire au sommet du Flumserberg, et où il termine du classement général. Il se présente ensuite au départ de son deuxième Tour de France. Après des débuts discrets et beaucoup de temps perdu dans le premier contre-la-montre de Séraing, il remporte de façon spectaculaire la entre Aime et l’Alpe d'Huez en établissant le record de cette ascension (36 min 50 s).. Il récidive dans la , entre Saint-Orens et la station ariégeoise de Guzet-Neige : il attaque dans l'avant-dernier col du parcours (le Port de Lers) puis avale la dernière ascension en solitaire, son avance s'établissant sur la ligne d'arrivée à plus de 2'30'' sur le groupe des leaders. Il conclut ce Tour à une modeste place en raison d'une défaillance dans l'étape de Cauterets remportée par Richard Virenque et marquée par le décès de son compatriote Fabio Casartelli.
Il participe ensuite au Tour d'Espagne afin de se préparer pour les championnats du monde. Après avoir, comme il l'avait prévu, abandonné la Vuelta (non-partant à la ), il finit du championnat du monde sur les hauts plateaux de Duitama, en Colombie derrière les Espagnols Abraham Olano et Miguel Indurain.
Quelques jours plus tard, une collision avec un chauffard lors de la course Milan-Turin le laisse avec une jambe cassée en deux endroits (double fracture ouverte tibia-péroné).
Le retour (1997) 220px|thumb|right|Marco Pantani, vainqueur à l'Alpe d'Huez sur le Tour de France 1997. Après une saison 1996 principalement consacrée à la rééducation, Pantani passe à la Mercatone Uno en 1997, équipe dans laquelle il est dirigé par Giuseppe Martinelli, qui était déjà l'un de ses directeurs sportifs chez Carrera. Le groupe fonctionne alors sur le modèle des anciennes équipes, organisée autour d'un seul leader, en l'occurrence Pantani. Ce dernier réalise un bon début de saison : troisième du Tour du Pays basque, quatrième du Critérium international, huitième de Liège-Bastogne-Liège, septième de la Flèche wallonne notamment. Mais il ne finit pas le Giro d’Italia en raison d'une chute provoquée par un chat ayant traversé sa route au cours de la huitième étape menant à Cava de' Tirreni.
Pantani revient ensuite à la compétition en participant au Tour de Suisse ainsi qu'au Championnat d'Italie, qu'il termine dixième. Le Tour de France devient son grand défi de la saison. Après des débuts difficiles, au cours desquels Pantani est retardé par de nombreuses cassures ou chutes, l'Italien montre qu'il n'a pas perdu son coup de pédale en montagne. Il termine notamment troisième de la première étape pyrénéenne à Loudenvielle et deuxième à Andorre-Arcalis, derrière Jan Ullrich et devant Richard Virenque. La traversée des Alpes est encore plus fructueuse : victoire dans la à l'Alpe d'Huez, où Pantani lâche un à un tous ses rivaux pour terminer en solitaire, puis victoire dans la à Morzine, après une échappée dans le col de Joux Plane. À l'arrivée à Paris, Pantani termine encore une fois du Tour de France.
Un grimpeur sur le toit du cyclisme (1998-1999) Le doublé Giro-Tour (1998) En 1998, l'équipe Mercatone Uno reçoit le soutien financier de la marque de cycles Bianchi. L'un de ses dirigeants, Felice Gimondi, devient alors l'un des conseillers du Pirate. Il s'agit du dernier vainqueur italien du Tour de France. Parallèlement, l'effectif s'étoffe avec l'arrivée, notamment, du Russe Dimitri Konyshev. Cette année 1998 est la plus grande année de Pantani. Elle commence sous les meilleurs auspices avec une victoire d'étape en montagne au Tour de Murcie et une troisième place au classement général de cette épreuve. Le premier grand objectif de Pantani est le Tour d'Italie. Il doit y affronter le Suisse Alex Zülle, double vainqueur du Tour d'Espagne, le Russe Pavel Tonkov, vainqueur en 1996, ou encore le vainqueur sortant, l'Italien Ivan Gotti. Animateur infatigable des dix premiers jours, Pantani semble néanmoins inférieur à Zülle. Même sur son terrain de prédilection, la montagne, Pantani semble devoir s'incliner. C'est le cas dans l'étape arrivant au sommet de Lago di Laceno : Pantani attaque au pied de l'ascension, mais est finalement repris puis battu par Zülle. Après une courte victoire au sommet de Piancavallo devant Tonkov et Zülle, Pantani s'incline très largement dans le contre-la-montre de Trieste.
La surprise survient dans la dix-septième étape menant à Selva-di Val Gardena. Pantani attaque loin de l'arrivée, intègre un groupe d'échappés et parvient à reléguer Zülle à 4 minutes et 37 secondes. L'Italien, deuxième de l'étape derrière Giuseppe Guerini, endosse le maillot rose de leader, avec 30 secondes d'avance sur Pavel Tonkov. Ce dernier devient rapidement le principal rival de Pantani : il remporte ainsi l'étape suivante au sommet de l'Alpe di Pampeago, battant Pantani au sprint. L'explication finale a lieu au cours de la dernière étape alpestre qui s'achève à Montecampione. Alors que Pantani semble incapable de lâcher Tonkov, ce dernier subit une violente défaillance à deux kilomètres de l'arrivée, perdant près d'une minute sur Pantani. Le dernier contre-la-montre, à Lugano, voit contre toute attente Pantani conforter son avantage. Finalement, Pantani remporte son premier grand tour, avec 1 minute et 39 secondes d'avance sur Tonkov et 6 minutes et 51 secondes d'avance sur Guerini. Le Pirate remporte également le classement du meilleur grimpeur, termine deuxième du classement par points et deuxième du classement par équipes avec la Mercatone Uno.
Comme en 1994, Pantani décide de participer au Tour de France après le Giro. Le Pirate est discret durant les dix premiers jours de course, marqués par l'éclatement de l'affaire Festina et l'exclusion de ses coureurs, notamment le Français Richard Virenque, l'un des favoris. Mais dès la première étape de montagne, dans les Pyrénées (Pau-Luchon), Pantani montre qu'il n'a pas perdu sa forme du Tour d'Italie. Dans le col de Peyresourde, l'Italien s'échappe du groupe Ullrich pour finalement terminer deuxième de l'étape derrière son compatriote Rodolfo Massi et reprendre 23 secondes à Jan Ullrich. Pantani est alors du classement général, à 4 minutes et 41 secondes d'Ullrich. Dans la deuxième étape pyrénéenne menant au Plateau de Beille, Pantani s'échappe à nouveau, rattrape le Suisse Roland Meier et remporte l'étape en solitaire. Il est alors quatrième du général, à 3 minutes et une seconde d'Ullrich. Pantani prendra le maillot jaune à l'issue de la entre Grenoble et les Deux Alpes, en attaquant dans le col du Galibier, sous la pluie et le froid. A l'issue de cette étape qui restera comme sa plus grande victoire, il relègue à près de 9 minutes le favori Jan Ullrich, à la dérive. Après avoir résisté aux assauts d'Ullrich sur les pentes du col de la Madeleine, dans l'ultime étape alpestre s'achevant à Albertville, il termine troisième du contre-la-montre menant les coureurs au Creusot. Pantani s'impose finalement au classement général devant Jan Ullrich et Bobby Julich. Il sera Vélo d'or et Mendrisio d'or en fin d'année pour son doublé Grande Boucle - Giro.
Début 1999: un Pantani inarrêtable