thumb|right|400px | Le don d'organes est le prélèvement d'organes et de tissus (on parle dans ce cas de don de tissus) d'un corps humain (appelé donneur) pour traiter des patients (appelés receveurs) dont les organes essentiels sont gravement atteints. Le prélèvement chirurgical peut s'effectuer sur des personnes mortes en état de mort cérébrale (don d'organes post mortem) ou sur des personnes vivantes (don d'organe de son vivant). Il s'agit de la première étape avant la réalisation d'une transplantation chez un receveur.
Un grand nombre d'organes peuvent être donnés et permettre ainsi de sauver des vies humaines, ou en améliorer grandement la qualité. La majorité des greffes sont réalisées à partir d'organes prélevés sur des personnes mortes, en état de mort encéphalique.
Sous certaines conditions bien précises (contraintes temporelles notamment) les organes (rein et foie) de personnes en arrêt cardiaque et respiratoire définitif, après échec de réanimation, peuvent être prélevés (voir Prélèvement d'organes à cœur arrêté). On sait aujourd'hui que les résultats des greffes de ces organes sont aussi bons que ceux provenant de donneurs en mort encéphalique.
La compatibilité HLA est de moins en moins indispensable, compte tenu des progrès des traitements immunosuppresseurs. Néanmoins, lorsque cette compatibilité est grande, le traitement peut être allégé.
Le don d'organes se différencie du don du corps à la science. Ce dernier a pour but de faire progresser la médecine ainsi que les connaissances et le savoir-faire des chercheurs et des étudiants. On peut être donneur d'organes et donner en même temps son corps à la science.
Législations du don d'organes La législation du don d'organes dépend de chaque pays.
Belgique Depuis la loi du , toute personne inscrite au Registre de la Population ou au Registre des Étrangers depuis plus de six mois est réputée être donneur d'organes, sauf s'il est établi qu'une opposition a été exprimée, dans le cas contraire et selon la loi belge, le « qui ne dit mot consent » est obligatoirement utilisé, mais très peu pratiqué.
Toute personne peut signaler expressément ses dernières volontés à cet égard dans un sens ou dans l'autre en remplissant un formulaire ad hoc à l'administration communale (formulaire de « prélèvement et transplantation d'organe après le décès »). Un tel geste permet d'inscrire la transplantation dans une logique de don choisi et assumé, et ainsi de dépasser sa dimension utilitaire.
Canada Au Canada le don d'organe est régi par les provinces, cela relevant des ministères de la santé qui est un champ de compétence provincial. Cela dit, il existe certaines normes dictées par Santé Canada ainsi que certains organismes tels que le Conseil canadien pour le don et la transplantation (CCDT) qui agissent au niveau pancanadien. Pour ce qui est des normes fédérales, il y eut un tollé lorsqu'à la fin de l'année 2007 Santé Canada décida de ne plus accepter les dons des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes dans les cinq années précédentes. Les médecins canadiens ainsi que la communauté gay protestent contre ce règlement et se déclarent « préoccupés du manque de consultation avec à la fois la communauté médicale et la communauté gay et lesbienne […] ; nous avons les technologies et les moyens de dépister des maladies dans le sang et les organes »« Transplantation d'organes : Dons refusés » sur le site officiel de Radio-Canada.
Sociétés provinciales vouées au don d'organes20px AlbertaSouthern Alberta HOPE (Human Organ Procurement and Exchange ProgramNorthern Alberta HOPE Program and Comprehensive Tissue Centre20px Colombie-BritanniqueBritish Columbia Transplant Society20px ManitobaTransplant Manitoba 20px Nouveau-BrunswickDon d'organes et de tissus au Nouveau-Brunswick20px Terre-Neuve-et-LabradorOrgan Procurement and Exchange of Newfoundland and Labrador20px Nouvelle-ÉcosseRegional Tissue BankMulti-Organ Transplant Program20px OntarioRéseau Trillium pour le don de vie20pxÎle-du-Prince-ÉdouardPEI Coalition on Organ and Tissue Donation20px QuébecTransplant-Québec20px SaskatchewanSaskatchewan Coalition for Organ Donor Awareness (SCODA)
France La situation étant telle que le nombre de donneurs est largement inférieur au nombre de personnes dans l'attente d'une greffe, le régulateur cherche à augmenter le nombre de donneurs pour satisfaire le plus de demandeurs possible. (loi relative à la bioéthique de 2004).
Pour autant, le don d'organes est extrêmement réglementé en France. Les règles relatives au don d'organes sont très différentes selon qu'il s'agit d'un don post mortem ou d'un don d'organes de son vivant (don du vivant).
Le don post-mortem concerne les organes suivants : cœur, foie, reins, poumons, pancréas, os et cartilage, cornées, peau, intestin, veines-artères, tendons, ligaments, valves cardiaques.
Le don du vivant concerne les reins, la peau, des fragments osseux et exceptionnellement le lobe hépatique et lobe pulmonaire (en pratique, il s'agit essentiellement du rein). Ces prélèvements du vivant se font majoritairement dans le cadre du cercle familial après une recherche de compatibilité auprès des proches. Les donneurs volontaires cherchent souvent à sauver un être cher.
La majorité des prélèvements se font toutefois sur des donneurs décédés. Un protocole strict doit être respecté car le décès est attesté par la mort cérébrale et les organes doivent être en bon état.
Le prélèvement à cœur arrêté dit aussi « don à partir de cœur non battant » ou don qui suit la mort cardiaque est un résultat de progrès techniques. Pendant longtemps, il n’était envisageable de prélever des organes que sur des personnes dont la fonction hémodynamique avait pu être artificiellement conservée. L’arrêt du cœur en détruisant les organes rendait toute greffe impossible. Il en est aujourd’hui autrement mais à condition que des procédés de sauvegarde des organes soient mis en œuvre dans les minutes qui suivent le décès, ce qui suppose que des équipes médicales soient présentes au moment où celui-ci se produit.
En France en 2019, 3641 greffes d'organes étaient réalisées, dont 508 à partir de donneurs vivants, 1729 sur des donneurs en état de mort cérébrale, 459 sur des patients en état Maastricht 3, et le taux de personnes refusant de donner est de 30 % dans la populationLes greffes d'organes repartent à la hausse en 2019 en France, 20minutes.fr, 22 janvier 2020.
Don post-mortem Principe de consentement présumé Le don d'organes post-mortem repose, depuis la loi Caillavet de 1976, sur le principe du . "Ce prélèvement peut être pratiqué dès lors que la personne n'a pas fait connaître, de son vivant, son refus d'un tel prélèvement" (loi de bioéthique).
Chaque Français est donc considéré comme un donneur potentiel après sa mort, à moins de s'y être opposé de son vivant en s'étant inscrit dans le Registre National des RefusTerrasson de Fougères A. : << Que votre oui soit oui : plaidoyer pour un registre des acceptations de prélèvement d'organes >> (R.D.Sanit.soc.2000.339), ce registre devant être obligatoirement consulté par les médecins dès qu'un prélèvement est envisagé. Cette inscription a valeur légale... Depuis le , il est possible de s'inscrire en ligne à ce registre, en plus de la voie postale..
Conformément à la loi de bioéthique, si la personne morte n'était pas inscrite sur le registre national des refus ou n'avait pas fait part à ses proches de son opposition au don d'organes de son vivant, le prélèvement d'organes est possible.
Cas de figures du don Un prélèvement est envisagé uniquement sur une personne morte, établie : en état de mort encéphalique, attestée soit par deux électro-encéphalogrammes à activité isoélectriques, établis à quatre heures d'intervalle, ou bien plus employé actuellement, un angioscanner (permettant simultanément une étude morphologique des organes) ou sur des personnes décédées après arrêt cardiaque protocole Maastricht 3 (donneurs décédés après arrêt circulatoire à la suite de la limitation ou de l’arrêt des thérapeutiques).
Volonté du donneur En pratique, lorsqu'un prélèvement d'organes est envisagé, si l'équipe médicale n'a pas directement connaissance de la volonté du défunt, elle doit s'efforcer de recueillir auprès de ses proches sa position sur le don de ses organes, éventuellement exprimée de son vivant, par tout moyen ; il s'agit du rôle du Médecin Réanimateur, assisté de l'Infirmier(e) Coordinateur de prélèvement d'organes, de l'établissement de soins.
La situation est beaucoup plus simple si la personne morte a fait connaître de son vivant sa volonté de donner ses organes.
Pour cela, différents organismes proposent gratuitement des cartes de donneur d'organes, comme la carte d'ambassadeur du don d'organes et de tissus de l'association France ADOT reconnue d'utilité publique depuis 1978. La carte SESAM Vitale II comporte également un champ permettant à tout médecin de mentionner que son titulaire est informé à propos de la loi sur le don d'organes.
Pour autant, les cartes de donneur ne sont pas des documents légaux (le consentement étant présumé) et, en pratique, ne sont retrouvées que très rarement lorsqu'un don d'organes est envisagé. Il est donc recommandé de faire connaître sa volonté à ses proches, pour qu'ils puissent en témoigner.
Anonymat Le don d'organes post-mortem est totalement anonyme : le receveur ne connaît pas l'identité du donneur et la famille du donneur l'identité des différents receveurs. Il a cependant existé une exception notoire : lors d'une greffe de visage, la famille de la donneuse a su l'identité de la receveuse du fait de sa médiatisation a posteriori.
Don d'organes de son vivant Dans la majorité des cas, le don du vivant concerne un rein mais il est possible de donner d'autres organes mais pas entièrement comme le foie par exemple. Une personne vivante peut faire un don d'organe dans l'intérêt thérapeutique direct d'un receveur. Le receveur est obligatoirement un proche.
Principes de libre consentement et de gratuité Le don du vivant est gratuit et librement consenti. Le don est par définition non rémunéré car l'organe n'est pas considéré comme un objet patrimonial au sens juridique, conformément au principe de non-patrimonialité du corps humain.
Quel que soit le lien entre le donneur et le receveur, toute forme de pression psychologique ou financière est interdite par la loi.
Lien entre le donneur et le receveur Une personne majeure vivante, volontaire et en bonne santé peut donner un rein dans les conditions définies par la loi de bioéthique française du 7 juillet 2011 qui a élargi le cercle des donneurs vivants d’organes qui peuvent être le père ou la mère et, par dérogation, un fils ou une fille, un frère ou une sœur du receveur, son conjoint, ses grands-parents, oncles ou tantes, cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint du père et de la mère.
Le donneur peut également être toute personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec le receveur ainsi que toute personne pouvant apporter la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveurQui peut donner de son vivant ?.
Don croisé Depuis 2011 est également autorisé le « don croisé » d’organes entre deux paires donneur/receveur répondant chacune aux conditions relationnelles du don et de la greffe d’organe mais non compatibles.