Simon Loueckhote, né le , est un homme politique français. Il est notamment sénateur représentant la Nouvelle-Calédonie de 1992 à 2011.
Origines et jeunesse D'origine kanak, il est né le à la tribu de Nyimëhë (ou Nimaha), dans le district coutumier de Fayaoué à Ouvéa (Nouvelle-Calédonie), dans une famille originaire de l'île. Il a toutefois été éduqué, au gré des affectations de son père, à la tribu de Gatope à Voh, puis à Koumac et enfin à Nouméa.
Fidèle de Jacques Lafleur Instituteur de formation, il entre toutefois assez tôt en politique. Kanak anti-indépendantiste, élevé dans une famille de tradition gaulliste, repéré par le sénateur Dick Ukeiwé, c'est un ancien membre du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) sous les couleurs duquel il remporte les élections municipales de 1983 à Ouvéa (il s'allie toutefois à son principal adversaire en lui laissant la fonction de maire et en prenant le poste de premier adjoint, alliance qui se clôt par l'union des élus municipaux indépendantistes de l'île à partir de 1985 qui le relègue dans l'opposition) et dont il fut la tête de liste dans les Îles Loyauté lors de toutes les élections provinciales de 1989 à 2004, il a également été le président du Congrès, l'assemblée délibérante du territoire, au nom de ce parti de 1989 à 1995 et de 1998 à 2004. Il est l'un des signataires de l'Accord de Nouméa pour le RPCR le Accord sur la Nouvelle-Calédonie signé à Nouméa le 5 mai 1998, JORF n°121 du 27 mai 1998 page 8039, site de Légifrance.
Parlementaire Fidèle de l'ancien leader de ce parti et ancien député Jacques Lafleur, il est son suppléant dans la avant d'être choisi pour remplacer Dick Ukeiwé, autre Kanak hostile à la l'indépendance, pour représenter le Territoire au Sénat en 1992. Le , il l'emporte de peu face au candidat du FLNKS, le grand-chef de Saint-Louis Rock Wamytan, par 192 voix de grands électeurs contre 188, et est ainsi à l'époque le benjamin de la chambre haute du Parlement français. Réélu le face à la veuve du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, Marie-Claude (par 52,63 % des suffrages exprimés contre 47,37 %), il siège au groupe RPR de 1992 à 2002 puis UMP désormais. De 1993 à 1995, il est d'ailleurs secrétaire national du RPR auprès du secrétaire général, Alain Juppé.
Au Parlement, il préside l’Intergroupe parlementaire de l’outre-mer de 2002 à 2004 ainsi que la commission nationale d'évaluation de la Loi de Programme pour l'Outre-mer depuis 2006. Il est également président délégué du groupe France - Vanuatu - Îles du Pacifique. Plusieurs fois membre de la commission des Affaires sociales (d'octobre 1992 à juin 1998, de juillet 1998 à janvier 1999, de février à octobre 1999), des Lois constitutionnelles, de la Législation, du Suffrage universel, du Règlement et d’Administration générale (de juin à juillet 1998, de janvier à février 1999, ces deux fois pour participer aux travaux parlementaires liés aux négociations de l'Accord de Nouméa et à son application, étant notamment nommé le comme membre titulaire de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi organique relatif à la Nouvelle-Calédonie et du projet de loi relatif à la Nouvelle-Calédonie, il est de nouveau membre de la commission des Lois d'octobre 1999 à mai 2000 et de juin à juillet 2009 cette fois pour travailler à la révision de la loi organique), des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées (de mai 2000 à octobre 2005, il en est alors l'un des secrétaires à partir du , de janvier 2008 à juin 2009 et depuis juillet 2009, il a acquis une certaine spécialisation pour les questions de défense et de sécurité internationale en étant auditeur de la de l'Institut des hautes études de défense nationale de 2003-2004 et de la de l'Institut national des hautes études de sécurité de 2005 à 2006, il s'est notamment beaucoup impliqué dans le débat sur l'embuscade de Surobi qui a causé, le en Afghanistan, la mort de 10 soldats français dont l'un de ses parents, le caporal Mélam Baouma, 22 ans, et s'insurge particulièrement contre une caricature parue dans le quotidien belge De Morgen qu'il juge « infâmante et blessante à l'égard de la France, de son armée » ainsi que pour la « Nouvelle-Calédonie au lendemain du rapatriement du corps de Mélam Baouma » dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy« Polémique : Une caricature de mauvais goût », Marianne, 03/09/2008, repris dans le blog officiel de Simon Loueckhote, 08/09/2008) et de la commission de la Culture, de l'Éducation et de la Communication (d'octobre 2005 à janvier 2008)Biographie de Simon Loueckhote sur son blog officiel.
Il s'est particulièrement mobilisé au Sénat, à l'instar des députés Jacques Lafleur et Pierre Frogier, pour lutter contre la révision constitutionnelle votée par le Parlement réuni en Congrès le sur le « gel » du corps électoral pour les élections provinciales (le limitant aux seules personnes présentes en Nouvelle-Calédonie avant le ). Il déclare notamment, lors des débats, que son adoption se ferait « contre la volonté de l'une des parties signataires, le RPCR, qui a accepté, par sa signature, le principe d'un corps électoral glissant » et qu'il s'agirait d'« une entorse à l'esprit et à la pratique qui ont toujours prévalu entre les signataires »Séance du 16 janvier 2007 (compte rendu intégral des débats), site du Sénat. À la suite du vote du texte, il parle de « déni de démocratie »H. LEPOT, « Le gel du corps électoral inscrit dans la Constitution », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/02/2007.
Aux Îles Loyauté Membre du Congrès du Territoire puis de la Nouvelle-Calédonie de 1985 à 1988, de 1989 à 2009 et depuis 2011, il est conseiller du Conseil de la Région des îles Loyauté créée par le statut Fabius-Pisani en 1985 (il le préside même de 1988 à 1989, et est donc à ce titre membre du Conseil exécutif instauré par le statut dit Pons II en 1988 et boycotté par les indépendantistes). Puis il siège à l'Assemblée de la province des îles Loyauté de 1989 à 2009. Il est d'ailleurs de cette institution entre 1995 et 1996 à la suite du soutien apporté par les élus de sa liste au grand-chef de Maré et président du petit parti indépendantiste LKS Nidoïsh Naisseline, il s'oppose toutefois rapidement à lui à propos de ses choix financiers et économiques, notamment en critiquant sa volonté de laisser les sièges des différentes filiales de la SODIL à Nouméa, l'échec financier du ferry « Marie-Hélène » ou les rebondissements dans la construction du port de Tadine, une « politique d'exclusion » raciale et politique dans son choix du personnel provincial et sa manière de présider jugée trop autoritaire et sans partage du pouvoirla Lettre Calédonienne : décembre 1998. Il s'allie néanmoins de nouveau avec Naisseline et au chef de file dans les Îles du petit parti indépendantiste modéré FCCI Cono Hamu dans une liste commune appelée « Un nouveau défi pour les îles » (UNDL) et tirée par le grand-chef maréen à la suite de l'annulation du scrutin des provinciales de 1999 dans les Îles par le Conseil d'État et l'organisation de nouvelles élections pour le . Si cette coalition anti-FLNKS arrive en tête, avec 44,9 % des suffrages exprimés contre 37,3 % à la liste Union calédonienne du président sortant Robert Xowie et 17,8 % au Palika, la composition de l'assemblée née des élections de 1999 n'est pas modifiée par ce nouveau scrutin : l'UC de Xowie retrouve ses six sièges, le Palika ses deux élus et les six conseillers UNDL sont exactement ceux du RPCR, LKS et FCCI d'avant la dissolution. Le suivant, Simon Loueckhote et Cono Hamu se présentent tous deux contre Robert Xowie au perchoir de l'hémicycle provincial : Nidoïsh Naisseline et son colistier du LKS décident de voter chacun pour l'un des deux candidats de l'opposition, tandis que Robert Xowie est réélu au premier tour avec huit voix. Candidat à tous les postes de vice-président, Cono Hamu, qui fait alors le plein des voix de l'UNDL, est battu à chaque fois par le candidat de l'UC-PalikaDossier des élections provinciales de 1999 sur le site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
Il est par la suite l'un des plus ardents critiques de la gestion de la présidence Xowie. Lors de la campagne des provinciales du , marquée par une situation délicate des Îles (la dette de la Province s'élève alors à 1,5 milliard de Francs CFP, soit environ 12,6 millions d'euros, ce qui lui vaut d'être mise sous tutelle financière de l'État pour le budget 2004), il estime que « la province des îles n’a plus d’âme, plus personne n’y croit, la situation financière est catastrophique, le "je m’en foutisme" est généralisé » et que l'obtention d'une rallonge financière ne suffira pas à rétablir la situation. Il demande un renouvellement total des cadres dirigeants de la Province et une mise sous tutelle budgétaire de celle-ci par l'État. Il se dresse également contre ce qu'il appelle la « kanakisation » précipitée des cadres administratifs : « Beaucoup de responsables d’origine européenne ont été évincés. Ils ont été remplacés par des jeunes Mélanésiens insuffisamment formés. ». Le jour du scrutin, il fait le plein des voix anti-indépendantistes de la Province, soit 2 440 votes et 17,19 % des suffrages exprimés, sa liste se plaçant comme la deuxième force politique loyaltienne après celle de l'UC désormais menée par le maire de Lifou Néko Hnepeune mais maintenant sa représentation à seulement 2 élus sur 14 à Wé « Publication des résultats de l'élection des membres du Congrès et des Assemblées de Province du 9 mai 2004 », Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie, 12/05/2004.
Soutien longtemps inconditionnel de Jacques Lafleur, il a suivi ce dernier dans sa dissidence du RPCR en prenant la présidence du tout nouveau Rassemblement pour la Calédonie (RPC) en 2006.
Dirigeant du LMD Bien que jusqu'alors engagé politiquement dans les Îles Loyauté et dans l'île d'Ouvéa, dont il fut conseiller municipal de 1983 à 2001, il a décidé de se présenter dans le chef-lieu du territoire, Nouméa, lors des élections municipales de 2008. Lui et sa liste baptisée « Nouméa, la diversité en mouvement » se sont ainsi positionnés en troisième position au le avec 12,53 %, se qualifiant donc pour le second tour au cours duquel il réunit 17,47 % des suffrages exprimés et gagne 4 élus sur 53Résultat des élections municipales de 2008 à Nouméa sur le site du ministère de l'Intérieur. Il décide toutefois de ne pas bénéficier lui-même de son siège, démissionnant immédiatement du conseil municipal, et fonde, à partir de sa liste et de plusieurs membres du RPC, un nouveau parti, le Mouvement de la diversité (LMD) qui, tout en se positionnant contre l'indépendance et à droite de l'échiquier politique local, veut défendre le multiculturalisme dans la société et les institutions néo-calédoniennesP. Frédière, « Simon Loueckhote crée un nouveau parti », Les Nouvelles calédoniennes, 10/04/2008. Il rompt ainsi définitivement avec Jacques Lafleur, qui ne l'avait pas soutenu lors des municipales. Il est également depuis lors d'un des tout premiers hommes politiques néo-calédoniennes à utiliser massivement les nouvelles technologies de l'information et tout particulièrement internet et le web 2.0, il dispose ainsi d'un blog depuis le Premier article sur son blog officiel mis à jour régulièrement (il y met notamment en ligne, toutes les semaines, son agenda)Agenda de la semaine du 4 décembre 2009 mis en ligne sur son blog et d'un compte Facebook, et est la première personne interrogée par podcasting sur le Territoire, sur le blog généraliste Calédosphère le F. THÉRIAUX, « Le Sénateur Simon Loueckhote "podcasté" », Calédosphère, 31/03/2009.