Le Fairchild Republic A-10 Thunderbolt , également connu sous le nom de « Warthog ». (phacochère en anglais) ou « Hog », est un avion américain d'appui aérien rapproché, en service depuis 1975.

Il fut spécialement conçu pour ce rôle durant la guerre du Vietnam à partir des leçons tirées de l'usage du Skyraider. Il est construit autour de son armement principal : le canon automatique de GAU-8 Avenger. C'est un avion simple et rustique, qui peut utiliser des aérodromes rudimentaires. Il est résistant, avec notamment un blindage en titane conçu pour résister à un coup direct de la défense antiaérienne comme le ZSU-23-4, et la capacité de rentrer à sa base avec de gros dégâts comme avec un de ses deux turboréacteurs à double flux hors service. Il a prouvé qu'il était économique, robuste et efficace pour attaquer la plupart des cibles au sol, en particulier les chars d'assaut et les véhicules blindés, et son retrait du service, plusieurs fois envisagé, n'est plus à l'ordre du jour avant 2030..

Conception et développement vignette|gauche|Dessin en coupe d'un A-10. Le , l'USAF propose à de lancer une étude pour son programme Attack Experimental (ou A-X) d'avion d'attaque au sol peu coûteux pour des missions de Close Air Support (ou CAS). Six compagnies répondent à l'appel, dont Fairchild et Northrop, qui reçoivent des contrats pour construire des prototypes répondant au cahier des charges de l'US Air Force dont 7,26 tonnes de bombes sur 11 points d'emport.

En 1969, l'ingénieur Pierre Sprey et ses collègues John Boyd, Everest Riccioni et Harry Hillaker, formant le groupe familièrement appelé , précisent les caractéristiques voulues de l'appareil. Il s'agit de tenir compte des leçons de la guerre du Vietnam. Les jets tels que le F-100 Super Sabre, le F-105 Thunderchief et le F-4 Phantom se sont avérés inefficaces la plupart du temps pour un appui aérien rapproché, car pas assez maniables et trop rapides pour bien viser.

Plus lents, les chasseurs-bombardiers A-1 Skyraider avaient été plus efficaces, mais durement touchés par les canons de DCA, les missiles sol-air nord-vietnamiens, et même les tirs improvisés d'armes légères. Enfin, bombes et missiles air-sol avaient montré une précision décevante. L'avion à concevoir sera donc spécialisé dans l'attaque au sol, armé principalement d'un canon capable de détruire ses cibles, et assez maniable même à des vitesses relativement basses pour donner au pilote le temps matériel de viser avec la précision requise. Surtout il devra être robuste, capable même en étant très endommagé de ramener le pilote indemne à sa base. Enfin, l'armée veut un appareil économique, facile à entretenir et réparer, pour offrir un fort taux de disponibilité au moindre coût..

Partant de ce principe, les concepteurs misent sur le principe de l'efficacité et de la disponibilité la plus importante possible au combat avec des technologies éprouvées et robuste pour l'emporter sur la partie adverse.

Ils sollicitent également de manière discrète l'expérience de l'as allemand Hans-Ulrich Rudel qui a publié ses mémoires en 1951 Pilote de Stukas qui confirme, de part son expérience sur le front de l'Est, le besoin d'un appareil simple, robuste et pouvant décoller de n'importe quel terrain pour échapper aux attaques au sol ennemies .

Enfin, l'équipe d'ingénieurs part du principe observé au sein du Japon dans les années 1950, que tout nouvel appareil mis en service doit aussi et obligatoirement l'emporter sur son prédécesseur.

Le premier vol du prototype YA-10A de Fairchild a lieu le . Le , l'A-10 est déclaré vainqueur de la compétition face au Northrop A-9 par l'US Air Force qui souhaite sauver Fairchild alors en grande difficulté financière.

Les premiers A-10A sont livrés en à la base aérienne Davis-Monthan, dans l'Arizona.

De 1975 à 1984, (dont un biplace) sont construits pour l'USAF. L'assemblage se faisait à Hagerstown, dans le Maryland, les ailes étant fabriquées à Long Island et le fuselage à Farmingdale (New York)..

L'A-10 Thunderbolt a cependant été assez fraîchement accueilli dans les forces aériennes américaines. Du côté de la fighter mafia qui avait été à l'origine du concept en poussant la logique d'un avion destiné au soutien aérien, on aurait préféré un engin encore plus minimaliste, sans bombes et missiles sol-air jugés inutiles et dangereux en exposant l'appareil à une riposte de la DCA. D'autre part, il existe au sein de l'Air Force une tendance à laisser le travail d'appui au sol à la branche aérienne des forces terrestres, l'US Army Aviation, qui avait développé à cette fin des hélicoptèresFrédéric Lert, A-10 : la terreur vient du ciel (voir bibliographie), p. 8., tels l'AH-1 Cobra puis l'AH-64 Apache. Néanmoins, l'US Air Force, si elle refuse le nouvel appareil, est alors directement menacée par la suppression du budget nécessaire au développement et à l'achat de l'hélicoptère Cheyenne AH-56 pour ses missions de Close Air Support. Ce qui aboutit au déblocage de la situation.

De nombreux appareils ont été convertis en observateurs avancés (OA-10A) par de très légères modifications, cette désignation étant abandonnée dans les années 1990/2000. Boeing, en partenariat avec Korea Aerospace Industries, avait prévu de livrer avec des ailes neuves entre 2012 et 2018, et prévu qu'ils resteront en service jusqu'en 2040..

Caractéristiques vignette|Un nouvel A-10C arrive à Davis-Monthan AFB, le 29 novembre 2006. vignette|Un A-10 en mission au-dessus de l'Afghanistan.

Un des grands avantages de l'A-10 est son excellente manœuvrabilité à basse vitesse et basse altitude, et la grande précision de son armement. C'est aussi un avion particulièrement robuste, conçu pour optimiser ses chances de survie"A l'intérieur de l'A-10 Warthog" - Blue Paw Print - documentaire YouTube - durée 24 min 33 secondes - 2025.

Synthèse technique visuelle détaillée établie à partir des sources suivantes :.

L'appareil est constitué à 95 % en aluminium à haute résistance et résistant à la corrosion

Les pièces de l'appareil sont facilement interchangeables (gauche et droite), même les moteurs, le train d'atterrissage, les dérives, les plaques de revêtement des ailes et les ailerons.

Ses turboréacteurs, identiques à ceux du S-3 Viking, sont très écartés afin de réduire la probabilité qu'ils soient touchés simultanément tandis que la double dérive cache leur chaleur aux systèmes thermographiques adverses. La position haute de ces moteurs diminue également les risques d'absorption de corps étrangers quand l'appareil décolle de terrains sommaires. Les éléments comme les ailettes qui composent les compresseurs des moteurs sont accessibles via des trappes tout le long du fuselage afin de réduire le temps d'intervention sans avoir à démonter l'ensemble du bloc moteur.

L'habitacle et les systèmes de contrôle vitaux sont entourés par de blindage en titane, dont la forme rappelle celle d'une baignoire. Ce blindage est capable de résister à des obus perforants de , voire des explosions d'obus de .. Son épaisseur, variable en fonction de la zone à protéger dans le cockpit, a été modulée en fonction des risques d'impacts statistiquement probables. Elle est donc plus importante sur la partie ventrale et sur les cotés du cockpit et plus faible sur le haut, c'est-à-dire proche de la verrière.

La partie frontale de la verrière est capable de résister à des impacts d'armes légères de petit calibre et pour éviter les éclats, les parois intérieures de l'habitacle sont également tapissées de plusieurs couches de nylon.

Conçu pour assurer une survivabilité maximale, les systèmes hydrauliques de l'A-10 sont doublés avec un système de secours en commandes manuelles, pour permettre au pilote de se poser en cas de problème : en l'absence de système informatique, et comme l'appareil est particulièrement stable (à l'exception d'une légère instabilité en tangage), il peut être piloté manuellement, contrairement aux chasseurs actuels, qui sont étudiés pour être instables (afin d'améliorer leur maniabilité en combat serré)..

Les réservoirs de kérosène, un central et deux dans les ailes, sont protégés par une mousse auto-obturante, qui a la propriété de colmater les trous de l'intérieur en cas d'impact. Elle est fabriquée de telle sorte que celui-ci n'explose pas sous les tirs. Le système est complété par deux extincteurs au halon.

L'avionique comprend les communications, des systèmes de navigation inertielle, un contrôle de tir et un système d’approvisionnement des armes, une aide à l'acquisition des objectifs et des lunettes de vision de nuit. L'affichage tête haute (, ou HUD) fournit de nombreuses indications telles que la vitesse, l'altitude, l'angle d'assiette, des informations de navigation ou bien encore l'état des armes. Enfin, des missions de nuit peuvent être exécutées à l'aide de lunettes de vision de nuit dont sont alors munis les pilotes. L'A-10 peut également gérer des systèmes de contremesures électroniques sous forme d'une nacelle externe (voir photo).

Le GPS a été installé sur tous les modèles. Bien qu'il ne soit pas équipé à l'origine d'un système autonome de désignation des cibles par laser (sauf pour la version A-10C, dernière livrée, qui peut emporter une nacelle LANTIRN), il peut par contre détecter le faisceau d'un autre appareil ou d'une équipe au sol via son récepteur AN/AAS-35 Pave Penny, situé le long du cockpit à droite en bas du fuselage de l'appareil, et donc lâcher des armements guidés.

Il peut voler à moins de d’altitude avec une visibilité allant jusqu'à . Ses décollages et atterrissages courts (au lancement du projet, les exigences pour le décollage sont de moins de (env. ) à charge maximale.., et sa course de décollage avec une charge de est effectivement de .) lui permettent d'opérer à proximité des lignes de front. L'avion peut également utiliser des autoroutes ou des pistes mal préparées, grâce à un train d'atterrissage robuste et à un risque réduit d'ingestion de débris par les moteurs du fait de leur position haute.

En cas de problème de sortie de train, il est aussi possible de poser l'appareil en position ventrale, le train rentré, à la vitesse de avec un angle de 20° par rapport au sol permettant d'occasionner des dégâts mineurs sur la structure et permettant son réemploi.

Canon vignette|L'aspect du canon de l'A-10. thumb|Munitions de calibre 30 x 173mm. Toute la cellule de l'A-10 a été construit autour de son canon modèle gatling de 7 tubes. Ce qui fait dire que si les autres avions possèdent un canon, ce canon possède un avion.

Le canon GAU-8 Avenger de calibre peut tirer jusqu’à à la minute (soit par seconde). Originellement, il pouvait tirer aux rythmes de (haute cadence de tir) et à la minute (basse cadence). Cependant, la cadence de par minute a été ramenée à par minute au début des années 1980, et la cadence de par minute a été supprimée (il a été jugé inutile de prendre plus de temps pour mettre le même nombre d'obus dans la cible).

Le GAU/8 est légèrement excentré sur la droite du nez par rapport à l'axe central de l'A-10. Toutefois, il a été positionné pour que le tir au moment de la sortie des obus s'effectue lorsque la bouche du canon tireur soit dans l'axe central de l'A-10.

Le canon tire un « mélange de combat » d'obus à la fois perforants/incendiaires et explosifs/incendiaires, dans un ratio de 5:1, soit cinq obus perforants en uranium appauvri avec pointe gainée au béryllium pour un obus hautement explosif.