Netscape Communications (anciennement Netscape Communications Corporation et Mosaic Communications Corporation à ses débuts, communément nommée Netscape) était une entreprise d'informatique américaine qui a été pionnière du World Wide Web avec son navigateur web Netscape Navigator. Créée en 1994, l'entreprise a été rachetée en 1998 par AOL dont elle devint une filiale jusqu'à sa fin en 2003.
Le navigateur de Netscape a été utilisé par plus de 90 % des internautes en 1996, avant la première guerre des navigateurs. À partir du lancement d'Internet Explorer, fourni gratuitement avec Windows, ses parts de marché s'érodèrent régulièrement. Courant , le nombre d'utilisateurs des navigateurs Netscape était inférieur à 1 % et en régression.
La marque Netscape est toujours utilisée, en particulier pour un fournisseur d'accès à Internet bon marché et pour un portail web... Tom Drapeau, directeur de la marque Netscape pour AOL, fit savoir en que la compagnie délaisserait les opérations de support et de développement du navigateur à compter du Dans le blog de la communauté Netscape, AOL propriétaire de Netscape Corporation annonce le 28 décembre 2007 l'arrêt du support du navigateur à partir du premier février 2008 : http://blog.netscape.com/2007/12/28/end-of-support-for-netscape-web-browsers/Browser to Die a Quiet Death in February 2008 url=http://blog.wired.com/monkeybites/2007/12/netscape-naviga.html.
Histoire de l'entreprise Les premières années L'entreprise est créée sous le nom Mosaic Communications Corporation le par Marc Andreessen et Jim Clark. Elle était la première entreprise à miser sur le développement d'Internet alors naissant à l'époque.
Le , elle sortit alors le navigateur web Mosaic Netscape 0.9. Ce navigateur fut rebaptisé Netscape Navigator par la suite, et l'entreprise prit également le nom Netscape le pour éviter les problèmes de détention de nom de marque avec National Center for Supercomputing Applications, où les premiers employés de Netscape avaient créé le navigateur web NCSA Mosaic. Cette version de Netscape est la première à intégrer la fonctionnalité de cookie, introduite par Lou Montullihttp://www.governingwithcode.org/case_studies/pdf/Cookies.pdf. À noter que le navigateur Netscape Navigator n'a aucun code source commun avec NCSA Mosaic.
Vendu via le site internet de Netscape, Netscape Navigator connaît alors une diffusion exponentielle. Netscape réussit brillamment son entrée en bourse (IPO) le , où le cours de son action passa en un jour de 28 à (en culminant à 75 $), ce qui était pratiquement un record (le cours était à l'action ; une décision de dernière minute a doublé l'offre initiale à par action). : Netscape, qui a 80 % du marché de la navigation, réussit son Introduction en bourse, valorisé 2 milliards de dollars, 25 fois un chiffre d'affaires de 85 millions de dollars avec une perte de 6,61 millions"Valeur du jour : Netscape tient sa revanche" par Philippe Le Cœur et Enguérand Renault, dans Le Monde le 20 mai 1998 . En 1995 cependant, les revenus de l'entreprise ont doublé chaque trimestre.
Netscape Navigator était fourni sur plusieurs systèmes d'exploitation (Windows 3.1, Windows NT, Mac OS Power PC, Mac OS 68x, Unix, Linux, etc). L'interface de Netscape était identique sur tous ces systèmes. Netscape a ensuite expérimenté plusieurs prototypes d'un système axé sur le Web qui auraient permis à un utilisateur d'accéder à ses fichiers et de les modifier à travers tout le réseau, indépendamment du système d'exploitation et de l'ordinateur utilisé.
Alors qu'en 1993, Bill Gates déclarait n'être pas intéressé par Internethttp://www.slothmud.org/~hayward/mic_humor/mic_quotes.html "The Internet? We are not interested in it" Bill Gates, 1993, en , plusieurs dirigeants de Microsoft se sont rendus au siège de Netscape pour proposer un partage du marchéhttps://www.nytimes.com/1998/10/23/business/microsoft-disputes-netscape-meeting-account.html Article du NY Times : malgré les dénégations de Bill Gates, l'existence de cette réunion est confirmée par le compte rendu d'un collaborateur de Microsoft adressé à Gates par courriel et produit en justice, Microsoft revendant la version Windows de Netscape et laissant à Netscape les versions pour les autres systèmes d'exploitation. La proposition fut refusée.
En 1996, le chiffre d'affaires de Netscape est multiplié par quatre, à 346 millions de dollars, débouchant sur un premier bénéfice de 19,52 millions de dollars.
En réaction, Microsoft développa son propre navigateur web à partir de Mosaic. Selon Eric Sink, ancien développeur de Spyglass, cette version d'Internet Explorer n'était pas basée sur NCSA Mosaic comme on le pense souvent mais sur une version de Mosaic développée par Spyglass. Microsoft le livra dans le pack Microsoft Plus! pour Windows 95, et sortit ensuite plusieurs versions successives d'Internet Explorer, toujours avec Windows. Cette période a été désignée comme étant la guerre des navigateurs. Malgré son avance technique et ses parts de marché, Netscape ne pouvait pas lutter contre un produit que Microsoft donnait – gratuitement – avec Windows. Cette pratique contraire aux règles de libre concurrence a valu à Microsoft un procès à rebondissement et de nombreuses condamnations.
Netscape perd en particulier son allié Apple, qui renonce à utiliser ses produits lors de la paix Apple-Microsoft de 1997, pour sortir de grosses difficultés financières, Microsoft entrant en échange à son capital.
Netscape n'a pu lutter contre cette stratégie d'étouffement. Cependant, l'entreprise a dû faire face aux critiques pour résoudre les bogues présents dans ses produits. Netscape a majoritairement été perçu par l'opinion publique comme étant David contre Goliath, puis cette image s'est ensuite lentement effondrée, en particulier lorsque Netscape a connu son premier mauvais trimestre (fin 1997), puis de nombreux licenciements en .
L'alliance de mai 1996 avec Oracle et Sun Le à San Francisco (Californie), un an après son entrée en Bourse Netscape s'allie à IBM, Apple, Sun et Oracle pour lancer une nouvelle génération de machines à mi-chemin entre le PC et le Minitel, dont les capacités de stockage et de traitement des informations seraient réduites, afin de ne pas coûter plus de 2500 francs, et de transférer l'« intelligence » vers le cœur de réseau, pour contrer Microsoft et Intel deux quasi-monopoles qui « accaparent » la valeur ajoutée des PC"Cinq ténors de l'informatique américaine veulent imposer un ordinateur bon marché" par PHILIPPE LE COEUr le 22 mai 1996 .
« Les compagnies de téléphone pourraient fort bien les donner gratuitement à leurs abonnés et faire payer seulement les services », déclare Lawrence Ellison, PDG d'Oracle. Selon lui, les japonais NEC, Toshiba, Fujitsu et Hitachi ont . France Télécom prévoit de les expérimenter dès qu'ils seront disponibles. L'objectif est de permettre aux entreprises des économies : , elles n'auraient plus qu'à agir sur les serveurs. Alors qu'IBM et Apple étaient alors en perte de vitesse, Oracle et Sun Microsystems semblaient les piliers et les initiateurs de cette alliance, qui ne peut que doper les serveurs rapides et les bases de données innovantes.
Sun Microsystems martèle en particulier le slogan, « The network is the computer », plusieurs fois traduit dans le mauvais sens par la presse française "Un petit rien pour tout changer", par Francis Pisani, dans Le Monde du 20 janvier 1999 "Microsoft entre dans l'après-PC", par Francis Pisani, dans Le Monde du 6 octobre 1999 , promu par John Gage, son directeur scientifique"The Network Is The Computer, Again" par Patrick Hubbard, le 6 mai 2014 et par Hubert Zimmermann"LE RÉSEAU CYCLADES ET INTERNET : QUELLES OPPORTUNITÉS POUR LA FRANCE DES ANNÉES 1970 ?" Séminaire Haute Technologie du 14 mars 2007 du Comité d'histoire du Ministère des finances , cofondateur depuis 1986, avec Michel Gien, son ex-collègue du réseau Cyclades, de la société de logiciels Chorus systèmes, spécialiste des "micro-noyaux" Unix assez simples pour être polyvalents"Le succès mondial d'un logiciel français", dans L'Usine nouvelle du 9 juin 1994 , rachetée en par Sun Microsystems"Sun Microsystems rachète le français Chorus Systèmes", dans Les Échos du 11 septembre 1997 .
Ce même à San Francisco, Oracle déclare qu'Intel pourrait bientôt rejoindre l'alliance, mais en attendant, les microprocesseurs viendraient de Digital Equipment Corporation, Motorola et Cirrus.
Microsoft dénonce cette perspective en estimant que la faible vitesse d'acheminement d'informations sur les réseaux, y compris Internet, « limitera les performances graphiques par exemple ». Au cours de l'été qui suit, les gammes Pentium et Windows NT forcent la cadence de leur expansion, en utilisant un nouveau canal de distribution, le fabricant de PC à la demande Dell Computer, qui va passer dans les 4 années suivantes de la à la place mondiale, en promouvant les grappes de petits serveurs et de PC sous Windows NT dans les entreprises.
Un an après, Le Monde observe en que grâce au langage de programmation Java développé par Sun Microsystems et au logiciel de navigation Netscape, , pour contrer le duopole Microsoft-Intel, souvent baptisé Wintel, qui domine le marché mondial plus encore qu'un an avant"Microsoft parie sur l'ordinateur de réseau avec une technologie française" par MICHEL ALBERGANTI, dans Le Monde du 8 mai 1997 .
Le Monde note cependant que cette architecture n'est , très répandue dans les années 1970 et les années 1980, mais que les progrès de l'électronique depuis dotent beaucoup mieux ces postes de travail (écran couleur, interface graphique, souris...), seule l'enregistrement des données sur un bloc de serveur alloué pouvant être réellement avantageuse et utilisable par les internautes, à condition que les débits sur Internet approchent deux des lignes numériques (RNIS).
Cependant, le succès de Sun, dirigé par Scott McNealy, grâce au langage Java, auprès des développeurs du monde entier est tel que Microsoft annonce en un virage à 180 degrés en présentant à Las Vegas sa propre offre d'ordinateur de réseau, à rebours de toutes ses déclarations précédentes, dans lesquelles il qualifiait le NC de « terminal stupide ».
Vers l'open source fut aussi le mois pendant lequel Netscape a commencé son projet open source nommé Mozilla. Sachant qu'Internet Explorer était devenu le navigateur web dominant du marché, Netscape décida d'ouvrir au public le code source dans l'espoir qu'il finirait par devenir un projet open source populaire. Le code fut placé sous la licence NPL (Netscape Public License), qui était similaire à la licence publique générale GNU (GNU GPL) mais permettait à Netscape de continuer à publier des produits propriétaires contenant le code ouvert au public.
Cette évolution intervint à partir de la version 4.0, qui connaît un autre changement : Netscape Navigator est intégré dans une suite logicielle nommée Netscape Communicator. Cette suite se compose de Netscape Navigator, de (un logiciel de messagerie), de Netscape Adress Book (un gestionnaire d'annuaire), et de Netscape Composer (un composeur de pages HTML). Les deux produits sont intégrés dans une interface unifiée. Le tout prenant le nom de Netscape Communicator 4.0. Après avoir ouvert le code de Communicator 4.0, Netscape s'est concentré par la suite à Communicator 4.5 et à l'amélioration des fonctionnalités destinées aux entreprises et à la messagerie électronique.