Une motoneige (également appelée scooter des neiges en France et, par antonomase, Ski-Doo au Québec, habituellement écrit skidoo (marque déposée par BRP) est un petit véhicule motorisé, mû à l'aide d'une ou deux chenilles, et équipé de skis pour la direction. Elle ne nécessite ni route, ni piste. Conçue pour un usage utilitaire ou de loisir, elle est alors utilisée pour la randonnée dans les régions urbanisées du sud des pays nordiques. Son développement au cours du a considérablement modifié les déplacements dans les régions arctiques en remplaçant les moyens de transport traditionnels tels que les traîneaux à chiens ou à rennes en augmentant grandement la mobilité des populations concernées.. Un pilote de motoneige ou une personne pratiquant ce sport est un motoneigiste..
Description thumb|upright=1.5|Photo détaillée des différents éléments d'une motoneige.|alt=Photo détaillant les différents éléments d'une motoneige Une motoneige a la forme d'un traîneau équipé à l'avant de skis pour la direction et d'une chenille comme système de propulsion sous la partie arrière. Les motoneiges sont propulsées par des moteurs à deux temps refroidis à air ou à eau. Avec l'augmentation de la cylindrée, ils sont progressivement remplacés par des moteurs à quatre temps à refroidissement liquide, nettement moins polluants. Cependant, les moteurs à deux temps qui sont toujours commercialisés ont été améliorés pour réduire les émissions polluantes, notamment en remplaçant les carburateurs par des systèmes d’injection d'essence.
La cylindrée des moteurs proposés aux randonneurs, d'un à quatre cylindres, varie de .. En 2007, la moyenne des modèles, selon les sites de différents constructeurs, se situe entre ... Les moteurs utilisés pour les courses (drag), plus puissants, peuvent atteindre , donnant des vitesses de pointe de en moins de cinq secondes avec des cylindrées de plus de . Ces grosses cylindrées sont proposées par certains constructeurs au public..
La transmission automatique est à variation continue avec courroie trapézoïdale et poulies variables (poulie motrice à embrayage centrifuge et poulie menée sensible au couple). Certains modèles sont dotés également d'une boîte de vitesses permettant la marche arrière et parfois aussi de changer le rapport final de la transmission, surtout dans le cas de motoneiges conçues pour le travail. Sur les modèles à moteur deux temps, la marche arrière se fait électroniquement en inversant le sens de rotation du moteur.Technologie électronique inventée par Bombardier en 1998 et maintenant utilisée par les 4 manufacturiers..
Le système de freinage est généralement composé d'un frein à disque qui peut ralentir ou bloquer la rotation de la chenille selon le besoin. L'étrier est actionné soit mécaniquement (à l'aide d'un câble d'acier) ou hydrauliquement, comme c'est le cas sur la plupart des motocyclettes. Sur certains modèles, l'étrier de frein est refroidi par liquide. Le levier du frein est situé sur la poignée gauche du guidon et le levier d'accélérateur sur la poignée de droite.
La suspension avant, qui était originellement à lames, est maintenant généralement à double bras en A avec amortisseur au centre d'un ressort hélicoïdal (jambe de force). Les suspensions avant télescopiques ont été utilisées par de nombreux manufacturiers dont Yamaha (style train avant d'avion) et Bombardier qui produit toujours une motoneige utilitaire avec ce type de suspension avant. La suspension arrière à bogies (roues en tandem sur axe central) introduite par Bombardier a été utilisée jusqu'en 1970 pour être graduellement remplacée par la suspension à glissières où la chenille glisse sur 2 rails munis de glissières en plastique. La suspension arrière à glissières est habituellement composée d'un chassis trapézoïdal avec deux jambes de forces en tandem ; la jambe arrière est souvent remplacée par des ressorts à torsion. Certaines motoneiges plus sophistiquées ou de compétition ont des suspensions plus élaborées.
Histoire Aéroglisseurs sur neige
Le premier brevet américain visant à protéger les droits de l’inventeur d’une machine pouvant se déplacer au sol grâce à la force d’une hélice arrière fut accordé à James McDuff, de New York, le , soit deux ans avant l'utilisation des hélices lors du vol historique des frères Wright.
Vers 1910, Igor Sikorsky, qui deviendra plus tard un pionnier des hélicoptères, fabrique son «aerosani», un aéroglisseur équipé d’un moteur Anzani de dix chevaux (Alessandro Anzani : pionnier des moteurs en étoile). L'aerosani est un véhicule léger fait de bois, monté sur des skis et muni à l'avant d'un moteur et d'une hélice d'avion. L'armée russe a développé des modèles militaires qui ont été utilisés pendant les deux guerres mondiales.
D’autres brevets suivront tels que : Karl E. Lorch (The Lorch Snowplane - 1928.), John Fudge (The Fudge Snow Sedan - 1929.), Paul Strom (The Strom Snowplane - 1930), J. A. Davreux (The Davreux Snowplane), Fred Mansoff et la compagnie Trail-A-Sled. En 1922, la première réalisation de J.-Armand est un aéroglisseur construit avec un moteur de Ford T jugé irréparable par le propriétaire original.
Ces véhicules, principalement employés sur des lacs gelés, sont inutilisables sur les terrains en pente et dans la neige poudreuse.
Autoneige
Les pionniers vignette|Ford modèle T avec « snowmobile attachment ». En 1910, le Français Adolphe Kégresse invente une chenille souple et transforme plusieurs automobiles de luxe pour le tsar Nicolas II. Aux États-Unis, la popularité des automobiles Ford, incite plusieurs constructeurs à les modifier pour leur permettre de rouler sur la neige en hiver. En 1913, Virgil D. White, transforme une automobile en semi-chenillé. En 1917, il obtient un brevet pour une trousse de conversion de modèle Ford T qui inclut un essieu libre, deux roues additionnelles, les chenilles (de style patins d'acier reliés par mailles carrées) et les skis.
À l'hiver 1919-1920, le Québécois Adalbert Landry, assisté de son mécanicien en chef Antoine Morissette, met au point une autoneige dont le train chenillé s'apparente à celui de Kégresse. Le , Landry parcourt entre Mont-Joli et Rimouski. Il fait breveter son invention en 1923 au Canada et aux États-Unis. En , Landry se rend à Montréal () en conduisant un de ses modèles qu'il présente à l'Exposition annuelle d'automobile. Sur une photo d'un journal de l'époque le nom « l'autoneige Landry » est peint sur la portière. De 1924 à 1948, une centaine de véhicules sont modifiés, principalement des camions pour l'industrie forestière..
Parallèlement à ces expérimentations, en 1926, Joseph-Delphis Bureau met au point à La Reine, en Abitibi-Témiscamingue, un véhicule motorisé adapté à la neige, appelé « motor sled ». Construit à partir d’une automobile modifiée munie d’une chenille et de skis à l’avant, cet engin constitue un exemple précoce de véhicule motorisé conçu pour circuler sur la neige, bien avant la commercialisation à grande échelle des motoneiges modernes.
En 1935, Tucker invente une chenille d'acier qui tourne autour d'un ponton (comme les premiers chars d'assaut) et fabrique le Sno-Cycle à trois skis et trois passagers assis au-dessus de la chenille. Il poursuit la recherche et, en 1938, il fabrique un semi-chenillé appelé Sno-Cat (à deux chenilles et deux skis avant). La manœuvrabilité étant très limitée par la direction primitive à essieu pivotant et à skis sans suspension, Tucker continue le développement. En 1948, le Sno-cat est muni de quatre chenilles lorsque Tucker invente le premier véhicule à chenilles, avec servo-direction articulée qui est encore fabriqué (avec des chenilles de caoutchouc).
Autoneige Bombardier vignette|gauche|Autoneige B-12 de Bombardier.|alt=Photo d'un autoneige B-12. Joseph-Armand Bombardier., de Valcourt au Québec, a l'idée de faciliter les déplacements durant la période hivernale à la suite de la perte d'un fils qu'il n'avait pu emmener à temps à l'hôpital ; il rêvait d'équiper les habitants des zones rurales de l'équivalent sur la neige d'une automobile individuelle. Après avoir expérimenté avec un aéroglisseur et la modification d'automobiles, il invente en 1935 la chenille à patins d'acier embouti fixés transversalement à des courroies de convoyeur et entrainée par un barbotin recouvert de caoutchouc pour réduire les vibrations, avec un train chenillé de roues sur pneumatique. En 1936, il dépose une demande de brevet qui est émis le (brevet canadien no 367104.). Durant l'hiver 1936-1937., il vend ses premières autoneiges B7 (B pour Bombardier et 7 pour sept passagers). Ce système de traction accroît instantanément l'efficacité des autoneiges Bombardier par rapport aux autres véhicules à chenilles de métal de l'époque. Le B7 est un succès qui ne satisfait pas pour autant son inventeur ; en 1941, il met au point une autoneige plus spacieuse et plus aérodynamique, le B-12 pouvant accueillir 12 passagers (plutôt à l'étroit par rapport aux normes d'aujourd'hui).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il conçoit le B-1. qui est une version renforcée du B-12 avec espacement des chenilles plus large pour répondre aux demandes des militaires (1942) ainsi qu'une chenillette blindée avec chenilles deux fois plus larges, le Mark I. Après la guerre, le C-18 est une version civile du B-1 à cabine plus large, qui sert d'ambulances, d'autobus scolaires et de moyens de transport local en hiver en zone rurale, aux côtés de la série des B-12.. Vers 1949, l'entrée en vigueur d'une loi québécoise obligeant les municipalités à déneiger leurs routes met un terme à ce créneau de vente. Les Industries Bombardier se tournent alors vers le travail en forêt et produisent de grosses chenillettes de transport. Plus tard, elles produisent des véhicules qui servent à damer les pistes de ski et des appareils plus petits comme les chasse-neige de trottoirs..
Motoneige
Eliason/Four Wheel Drive gauche|vignette|1941 Modèle D, Four Wheel Drive Auto Co.