L'histoire des anime commence au début du , lorsque des réalisateurs japonais s'essaient aux techniques d'animation qui avaient été explorées en Occident. Malgré ces expérimentations précoces, avec notamment un premier long métrage, Le Serpent blanc, en 1958, il faut attendre Astro, le petit robot, créé en 1963 par Osamu Tezuka, pour toucher au succès populaire. Durant les années 1970, les anime continuent à se développer, se séparant de leurs racines occidentales et développant des genres uniques tels que les mecha. On retrouve à cette époque des œuvres comme Lupin III et Mazinger Z. Durant cette période, plusieurs réalisateurs deviennent fameux, notamment Hayao Miyazaki et Mamoru Oshii.

Dans les années 1980, les anime sont intégrés à la culture populaire et la production explose. Le démarrage de la franchise Gundam et les débuts de la carrière de Rumiko Takahashi marquent le commencement de la décennie. En 1988, Akira obtient le record du coût de production d'un anime.

Pendant les années 1990 et les 2000, les anime reçoivent plus d'égards à l'étranger qu'auparavant. Akira, Ninja scroll (1993) et Ghost in the Shell (1995) deviennent célèbres à travers le monde. Des séries comme Neon Genesis Evangelion et Cowboy Bebop triomphent au Japon, mais captent aussi l'attention en Occident. Le Voyage de Chihiro reçoit le ex æquo du Festival du film de Berlin 2002 et remporte l'Oscar du meilleur film d'animation en 2003, et le Festival de Cannes 2004 place Innocence : Ghost in the Shell 2 en compétition officielle.

Le plus ancien anime connu, découvert en 2005, fut produit ca. 1907 et se composait de 50 images dessinées directement sur un ruban de celluloïd. Ce court essai montrait un jeune garçon écrivant les caractères chinois pour « film » (映画), puis se tournant vers le spectateur et lui tirant son chapeau. L'identité du créateur reste inconnue.

La première génération d'animateurs japonais Très peu d'œuvres dessinées à cette époque sont parvenues jusqu'à nous. Les raisons varient mais sont principalement commerciales. Après avoir été exploitées, les bobines, propriétés des cinémas, étaient vendues à de plus petits cinémas à travers le pays puis découpées et vendues en petites bandes, voire en image par image.

Oten Shimokawa : Caricaturiste politique et illustrateur ayant travaillé pour le magazine Tokyo Puck. Sa carrière débute grâce à la Tenkatsu, qui l'embauche pour réaliser une animation. Pour des raisons médicales, il ne fait que 5 films, dont Imokawa Mukuzo - Genkanban no maki, avant de retourner à son travail d'illustrateur.

Jun'ichi Kōchi : Caricaturiste et peintre, ayant également étudié l'aquarelle. En 1912, il pénètre le secteur de l'illustration, puis, en 1916, il est embauché par Kobayashi Shokai pour une animation. Il est considéré comme l'animateur japonais le plus techniquement avancé des années 1910. Son travail compte environ 15 films.

Seitarō Kitayama : À la différence des autres pionniers de cette ère, Kitayama fabrique des animations par lui-même. Il fonde d'ailleurs son propre studio, Kitayama Eiga Seisakujo, qui ferme ses portes par manque de succès commercial. Sa technique consiste à animer sur tableau noir, puis sur papier (avec ou sans arrière-plans pré-imprimés). Son travail compte plusieurs films, dont Urashima Tarō.

La seconde génération d'animateurs japonais Yosuji Murato, Hakuzan Kimura, Sanae Yamamoto et Noburo Ōfuji ont été disciples de Seitarō Kitayama et travaillaient dans son studio de film. Kenzo Masaoka, un autre animateur important, travaillait dans un studio plus mineur. En 1923, le Grand tremblement de terre de Kantō détruit la majeure partie du studio Kitayama et les animateurs résidant se dispersent et fondent de nouveaux studios, comprenant l'intérêt financier de l'animation.

Pendant ce temps, les premières lois de protection des enfants sont adoptées, amenant à la censure de certains anime destinés aux enfants de moins de 15 ans. Parallèlement, les films éducatifs étaient encouragés par le Monbusho (Ministère de l'éducation). Des centaines de milliers de yens furent dépensés dans leur promotion. L'animation trouva un usage durable dans l'enseignement, la politique et l'industrie, entraînant une forte demande de nouveau contenu.

Durant la guerre

Durant les années 1930, le gouvernement japonais pratique une politique forçant au nationalisme culturel, qui s'applique par une censure stricte et par un contrôle des médias publiés. De nombreux animateurs sont "encouragés" à produire des anime glorifiant l'esprit japonais. Les films sont projetés dans les NEWS-Cinemas comme des forgeurs d'opinions et jouissent d'une forte notoriété. En effet, après que le Japon eut son propre support de film par l'intermédiaire du tout nouveau Fujifilm, les News-Cinema explosèrent et l'industrie de l'animation atteint son pic grâce à ces films officiels. À cette époque, de nombreux petits studios sont fermés ou fusionnent : il ne reste après cet "épuration" que trois gros studios, qui dominent un large marché.

Walt Disney exerce une forte influence sur les animateurs, mais de par les problèmes commerciaux de l'animation japonaise à cette époque, les standards de production demeurent peu élevés et les productions s'avèrent être de pâles imitations des longs-métrages Disney (répétant les scènes et les gags, enregistrant les bandes sonores de façon séparée...). Disney utilise très tôt des films incorporant le son, mais cette intégration reste bien trop coûteuse pour la plupart des studios japonais des années 1930.

Jusqu'aux années 1930, l'industrie du film japonais est dominée par les cinémas, qui commandent des animations à de petits studios ou à des animateurs isolés. De par la fusion et la croissance des studios d'animation, des projets de plus en plus gros deviennent possibles, mais les fonds nécessaires ne viennent pas du Monbusho ou des gros conglomérats de cinémas. De nombreuses animations sont à la place financées par les militaires, montrant les Japonais rusés et rapides face aux forces ennemis dépassées : les Japonais y figurent souvent sous la forme de singes, ce qui rappelle encore le patrimoine de l'archipel (la légende de Son Goku).

En 1942, Momotarō no Umiwashi (桃太郎の海鷲) de Geijutsu Eigasha, totalisant 37 minutes, devient la plus longue et la plus techniquement avancée des œuvres animées d'Orient. Elle narre l'histoire d'une unité de marine, constituée de l'humain Momotaro et de plusieurs espèces animales représentant les ethnies de l'Extrême-Orient; qui combattent ensemble pour un même but. Trois ans plus tard, le , Shōchiku Dōga Kenkyūsho produit Momotaro, le divin soldat de la mer qui, fort de ses 74 minutes, est considéré comme la première animation japonaise de durée standard par rapport aux projection de cinéma.

Toei Animation et Mushi Productions

1948 voit la création de Toei Animation, qui produit le premier anime coloré en 1958, Le Serpent blanc. Adaptation par la légende chinoise homonyme, le film est très marqué par un ton proche des Disney, avec des numéros musicaux et des animaux en seconds rôles. Il est diffusé aux États-Unis sous le titre Panda and the Magic Serpent. Durant les années 1960 et le début des années 1970, Toei poursuit dans ce style de productions et publie par la suite deux des anime les plus connus : Dragon Ball (1986) et Sailor Moon (1992).

Le style Toei est caractérisé par l'importance accordée au principe que chaque animateur apportait ses propres idées à la production. L'exemple le plus extrême en est le film Horus, prince du Soleil d'Isao Takahata. Horus est souvent considéré comme une rupture majeure avec le style normal des anime et le commencement d'un mouvement ultérieur d’anime d'auteurs, ou anime progressistes, qui englobera plus tard des réalisateurs comme Hayao Miyazaki et Mamoru Oshii.

Une contribution majeure du style Toei aux anime modernes est le money shot. Conçue pour réduire les coûts, cette méthode d'animation propose de mettre l'accent sur certains plans importants en les animant avec plus de détails que le reste du travail (dont le temps est souvent restreint). L'animateur de Toei Yasuo Ōtsuka commence à expérimenter avec cette méthode, pour la développer plus encore à la télévision.

Osamu Tezuka ouvre une compagnie rivale, Mushi Production. Son premier succès, Astro, le petit robot, s'impose en 1963 comme la première série animée populaire à la télévision. Contrairement aux idées reçues, Astro ne fut pas la première série animée diffusée au Japon. Cet honneur revient à Manga Calendar, dont la diffusion débuta en 1962. Cependant, Astro est la première série à présenter des héros récurrents au sein d'une intrigue s'étirant sur de nombreux épisodes. Le programme est adapté et réécrit pour les États-Unis en 1964. Le succès d'Astro permet l'émergence de nombreux autres titres au Japon, comme Tetsujin 28-gō de Mitsuteru Yokoyama, Le Roi Léo de Tezuka ou Mach Go Go Go de Tatsuo Yoshida, ce dernier produit par Tatsunoko Production Co., Ltd.

À la fin des années 1960, les anime ouvrent leurs horizons. Tezuka fraye ce chemin par l'entremise de trois films expérimentaux, connus sous le nom de "films Animerama" : Les Mille et Une Nuits (Senya Ichiya Monogatari, 1969), Cleopatra (Kureopatora, 1970), et La belladone de la tristesse (Kanashimi no Belladonna, 1973). Tous sont conçus pour un public adulte. Belladonna, le plus expérimental, donne naissance à Utena la fillette révolutionnaire (1997). Par ailleurs, la première série pour adultes, Lupin III, est diffusée à cette époque (1971) et, malgré des débuts difficiles, finit par rencontrer une vraie gloire.

Les années 1970 Au cours des années 1970, le marché japonais du film s'écroule face à la concurrence de la télévision. La Toei arrête progressivement la production de comédies musicales somptueuses inspirées de Disney pour se consacrer à la production de séries télévisées. Mushi Production est mis en banqueroute, dispersant ses animateurs dans de nouveaux studios, par exemple Madhouse Production et Sunrise. À cause de cela, de nombreux jeunes animateurs accèdent à la réalisation même, sans avoir été promus à ce poste. Cette injection de jeunes talents apporte un nouveau souffle, une grande variété d'expérimentations et de visions.

La série Heidi (1974) d'Isao Takahata est un exemple de ces expérimentations. Au départ, ce programme se vend péniblement, jugée trop réaliste pour des enfants. La plupart des chaînes de télédiffusion pensent qu'il ne sera pas apprécié car les enfants ont besoin de quelque chose de plus "fantastique" pour s'immerger dans la fiction. Heidi est finalement un succès mondial, exporté dans de nombreux pays européens où il demeure très populaire. Au Japon, le succès est si colossal qu'il permet à Hayao Miyazaki et Isao Takahata de lancer une série d’anime basée sur des œuvres littéraires, le cycle des Chefs-d'œuvre du théâtre mondial. Bien que Miyazaki et Takahata délaissent le projet à la fin des années 1970, la série perdure jusqu'au milieu des années 1990.

Un autre genre, le mecha, apparaît à cette époque. Mazinger Z (1972-1974), Kagaku ninja-tai Gatchaman (1972-1974), Yamato (1974-1975) et Mobile Suit Gundam (1979-1980) en sont quelques-uns des plus symboliques. Ces titres montrent une progression du genre science-fiction dans les anime, marqué par un changement d'une orientation fantastique "super-héros" vers une orientation space opera "réaliste", proposant des scénarios de plus en plus complexes et de moins en moins manichéens. Char Aznable de Mobile Suit Gundam en est un exemple fameux, passant du statut d'ennemi dans les premières séries pour devenir un allié dans les suites Mobile Suit Zeta Gundam puis à nouveau un ennemi dans le film Mobile Suit Gundam : Char contre-attaque.

L'âge d'or des anime