La polonisation (en In Polish historiography, particularly pre-WWII (e.g., L. Wasilewski. As noted in Смалянчук А. Ф. (Smalyanchuk 2001) Паміж краёвасцю і нацыянальнай ідэяй. Польскі рух на беларускіх і літоўскіх землях. 1864–1917 г. / Пад рэд. С. Куль-Сяльверставай. – Гродна: ГрДУ, 2001. – 322 с. (2004). Pp.24, 28.), an additional distinction between the Polonization () and self-Polonization () has been being made, however, most modern Polish researchers don't use the term polszczenie się.) désigne le processus d'acquisition ou d'imposition d'éléments de la culture polonaise, en particulier la langue polonaise. Ce processus s'est produit à certaines périodes historiques parmi les populations non polonaises des territoires contrôlés par ou sous l'influence substantielle de la Pologne. Comme dans d'autres cas d'assimilation culturelle, la polonisation peut être volontaire ou forcée ; elle est en tous cas plus visible dans le cas des territoires où la langue ou la culture polonaise étaient dominantes et/ou où leur adoption pouvait entraîner un prestige ou un statut social accru, comme ce fut le cas pour la noblesse de Ruthénie et de Lituanie. Les autorités politiques ont dans une certaine mesure administrativement promu la polonisation, en particulier pendant la Seconde République polonaise et dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire La polonisation peut être considérée comme un exemple d'assimilation culturelle. Une telle vision est largement considérée comme applicable à l'époque de la république des Deux Nations (1569–1795), lorsque les classes supérieures ruthènes et lituaniennes étaient attirées par une culture polonaise plus occidentalisée et les avantages politiques et financiers qu'elle apportait ; ainsi que, parfois, par la pression administrative que cette dernière exerçait sur leurs propres institutions culturelles, principalement sur l'Église orthodoxe. La conversion à la foi catholique romaine (et dans une moindre mesure, protestante) était souvent la partie la plus importante du processus de polonisation. Pour les Ruthènes de cette époque, être polonais culturellement et catholique romain par religion était presque la même chose. Ce recul de l'Église orthodoxe était très mal vécu par les masses biélorusses et ukrainiennes. En revanche, les Lituaniens, qui étaient pour la plupart catholiques, risquaient d'y perdre leur identité culturelle en tant que nation, mais les Lituaniens ne s'en rendirent pleinement compte qu'au moment du renouveau national lituanien au milieu du .

D'autre part, les politiques de polonisation du gouvernement polonais durant l'entre-deux-guerres étaient elles aussi à double objet. Certaines d'entre elles étaient similaires aux politiques d'assimilation pour la plupart forcées mises en œuvre par d'autres puissances européennes aspirant à la domination régionale (à l'instar par exemple de la germanisation ou de la russification) ; tandis que d'autres ressemblaient aux politiques menées par des pays visant à accroître le rôle de leur langue et de leur culture d'origine dans leurs propres sociétés (comme par exemple la magyarisation, la roumanisation, l'ukrainisation). Pour les Polonais, il s'agissait d'un processus de reconstruction de l'identité nationale polonaise et de récupération du patrimoine polonais, y compris dans les domaines de l'éducation, de la religion, des infrastructures et de l'administration ; qui avaient souffert durant les 123 ans d'occupation étrangère sous la coupe de Russie, de la Prusse, et de l'Autriche-Hongrie. Cependant, comme un tiers de la population de la Pologne recréée était ethniquement non polonais, et que nombre de ces « non-Polonais » sentaient leurs propres aspirations à la nationalité contrecarrées par la Pologne, de larges segments de cette population ont résisté à des degrés divers aux politiques visant à les assimiler. Une partie des dirigeants du pays a souligné la nécessité d'une homogénéité ethnique et culturelle de l'État à long terme. Cependant, la promotion de la langue polonaise dans l'administration, la vie publique et surtout l'éducation, a été perçue par certains comme une tentative d'homogénéisation forcée. Dans les régions habitées par des Ukrainiens de souche, par exemple, les actions des autorités polonaises considérées comme visant à restreindre l'influence des orthodoxes et de l'Église gréco-catholique ukrainienne ont provoqué un ressentiment supplémentaire vis-à-vis de Varsovie et ont été considérées comme étroitement liées à la polonisation religieuse.

La démolition de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevski de Varsovie, financée par une souscription, illustre cette ambivalence de la polonisation menée par la Deuxième république. 190 églises orthodoxes ukrainiennes ont été elles aussi détruites.

Pologne médiévale vignette|La Pologne sous Casimir III le Grand. Ce roi est le premier à intégrer substutantivement des territoires allogènes (l'ancienne principauté de Galicie-Volhynie) à la Pologne. droite|vignette| La seconde prise de la Ruthénie. Richesse et éducation, peinture à l'huile de 1888 de Jan Matejko représentant la pose de la première pierre de la première église catholique romaine de Lviv par Casimir III le Grand de Pologne. Entre le , de nombreuses villes de Pologne ont adopté les droits dits de Magdebourg qui ont favorisé le développement et le commerce dans les villes. Ces droits étaient généralement accordés par le roi à l'occasion de l'arrivée de migrants, notamment les Grecs et les Arméniens. Ces migrants ont adopté la plupart des aspects de la culture polonaise mais ont conservé leur foi orthodoxe. Dès le Moyen Âge, la culture polonaise, influencée par l'Occident, rayonne à son tour vers l'Orient, amorçant le long processus d'assimilation culturelle.

Union polono-lituanienne (1385–1795) vignette| Abécédaire du polonais (en lituanien), dédié aux Lituaniens de souche, Vilnius, 1766 thumb|Langues majoritaires dans la République des Deux Nations au .

Grand-duché de Lituanie Les Polonais sont arrivés en Lituanie bien avant l'union des deux pays. Dans une lettre qu'il adresse aux franciscains allemands, le grand-duc Gediminas demande d'envoyer des moines sachant parler le samogitien, le ruthène ou le polonais. D'autres sources mentionnent des maîtres d'esclaves et des précepteurs polonais. Tout cela témoigne de la présence de Polonais en Lituanie, probablement des prisonniers de guerre ou leurs descendants. L'influence polonaise s'est considérablement accrue après l'union de Krewo (1386). Le grand-duc lituanien Jogaila s'est vu offrir la couronne polonaise et devient ainsi le roi de Pologne Władysław II Jagiełło. Ceci marque le début de la polonisation progressive et volontaire de la noblesse lituanienneDavid James Smith. The Baltic States: Estonia, Latvia and Lithuania. Routledge. 2002. p. 7.Romuald J. Misiunas, Rein Taagepera. The Baltic States, years of dependence, 1940–1980. University of California Press. 1983. p. 3.. Jogaila fait bâtir de nombreuses églises sur les terres païennes lituaniennes et leur offre de vastes domaines ; il accorde aussi des terres et des positions aux catholiques, favorise l'installation de Polonais dans les villes et les villages, et accorde aux plus grandes villes et villages les droits de Magdebourg dans leur variante polonaise.

Les nobles lituaniens ont obtenu des privilèges calqués sur ceux détenus par la noblesse polonaise. 47 familles de la noblesse lituanienne ont été adoptées par 45 familles polonaises et dotées d'armoiries polonaises. La Lituanie a adopté les solutions politiques et les institutions polonaises. Les offices de voïvodes et châtelains apparaissent, le pays est divisé en voïvodies et en powiats, un Sejm sur le modèle polonais est créé. Cependant, contrairement au Sejm polonais, le vote des magnats était décisif, et la petite et moyenne noblesse ne faisait qu'approuver que les décisions du conseil du magnat. Depuis la fin du , les mariages entre magnats lituaniens et polonais sont devenus plus fréquents. Cela a rapproché encore plus les Lituaniens de la culture polonaise. Le premier mariage de ce type a été celui entre et la fille d'Alekna Sudimantaitis en 1478.

L'influence polonaise s'est intensifiée dans la période précédant l'union de Lublin ; la cour royale ayant pris diverses mesures pour rendre le système politique et économique de la Lituanie plus similaire à celui de la Pologne. Une étape importante en a été l'introduction du système de volok (une unité de mesure polonaise de superficie, importée donc en Lituanie), basé sur le modèle polonais. La réforme a été introduite par des spécialistes polonais, principalement de Mazovie, dirigés par . D'autres unités de mesure polonaises de superficie et de distance ont été introduites, ainsi qu'un modèle agriculturel basé sur le système d'assolement triennal.

Pendant la Réforme, des voix se sont élevées pour que le latin devienne la langue des Lituaniens, en raison de la prétendue proximité des deux langues et de l'origine romaine légendaire de la noblesse lituanienne. Cependant, cette intention a échoué et le latin n'a jamais atteint la même position en Lituanie qu'au sein de la couronne polonaise. Au lieu de cela, le polonais a rapidement pris la place de langue officielle dans le grand-duché de Lituanie. Au début du , les instructions et les résolutions des (parlements locaux) étaient écrites en langue polonaise. Dans la période 1620-1630, le polonais a supplanté le ruthène dans les livres de la . Lorsqu'en 1697 le Sejm du Commonwealth adopta une résolution pour remplacer la langue ruthène par le polonais dans tous les actes officiels, il n'a fait qu'approuver un statu quo de longue date. En plus du polonais, le latin était également utilisé dans les documents de la chancellerie lituanienne faisant référence à l'Église catholique, aux villes soumises au droit de Magdebourg, à la Livonie, et aux étrangers.

Au début du déjà, le polonais devient la première langue des magnats lituaniens. Au siècle suivant, il est adopté par la noblesse lituanienne en général — même la noblesse de Samogitie se met à l'employer. Au début du , la langue polonaise est adoptée par toute la noblesse du grand-duché — lituanienne, ruthène, allemande et tatare. La langue polonaise pénètre également d'autres couches sociales : le clergé, les citadins, et même les paysans.

Cela dit, la polonisation sur le plan linguistique n'impliquait pas nécessairement une polonisation complète au sens étatique ou ethnique du terme. La noblesse lituanienne se sentait unie à la noblesse polonaise dans le sens d'une nationalité commune au sein de la république des Deux-Nations, bénéficiant des mêmes privilèges, libertés et droits. En ce sens, ils se désignaient souvent comme la « noblesse polonaise » ou même les « Polonais ». Dans le même temps, le séparatisme et la défense de la séparation nationale lituanienne au sein de l'État fédéré étaient très forts. La noblesse lituanienne était fortement attachée aux lois, traditions et symboles du grand-duché. De plus, la distinction entre Polonais et Lituaniens était également défendue par les membres de familles ethniquement polonaises s'installant en Lituanie.

Église et éducation vignette|Les religions en Pologne-Lituanie vers 1573. Les terres orthodoxes y figurent en vert ; on peut dire que, de façon générale, il s'agit de territoires majoritairement ruthènes et biélorusses.