Jean-Baptiste Estève de Latour, né le à Entrecasteaux dans le Var et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie

Du simple soldat au chef de bataillon Fils de François Estève, muletier, et de Élisabeth Verlaque, Jean-Baptiste Estève naît le et est baptisé le 3 janvier à Entrecasteaux dans le département du Var Archives départementales du Var, Entrecasteaux, BMS 1760-1791 cote 7 E 54_3, page 78/360, avant avant dernier acte. C'est le benjamin d'une fratrie de 2 frères et 1 sœur.

Soldat dans le régiment de Normandie, il obtint son congé le . Alors perruquier, il se marie, le 1er août 1791 à Entrecasteaux, avec Elisabeth Lombard, fille d'un cordonnier Archives départementales du Var, Entrecasteaux, BMS 1780-1792 cote 1MIEC411, page 160/184, dernier acte page de gauche.

Admis comme gendarme national à la résidence de Brignoles (Var), le , Estève fit partie de la deuxième division de gendarmerie organisée en guerre à Fontainebleau et rejoignit l'armée du Rhin au commencement de 1793. En l'an II, il passa à l'armée de la Moselle et se trouva au combat de Tripstadt, où il se rendit maître d'une batterie ennemie eu se précipitant au galop sur les canonniers qu'il sabra et mit en fuite. À l'affaire de Kaiserslautern, il chargea vivement un corps de hussards ennemis. L'année suivante, à la prise du fort Merlin, de la forteresse de Mayence, comme il se trouvait en ordonnance auprès du général Argoud, il reçut deux coups de feu, dont un à la cheville et l'autre à la cuisse droite. À son retour dans l'intérieur, il fut nommé sous-lieutenant dans la légion de police le ; après le licenciement de ce corps, il se rendit à Dunkerque où le général Quantin le nomma le capitaine dans la des Francs, dite des Déserteurs étrangers, avec laquelle il embarqua sur la flotte destinée à une descente en Irlande. Cette expédition ayant échoué, et la légion des Francs ayant été dissoute le , mis en subsistance dans la le , se trouvait à Paris aux journées des 18, 19 et et y fut employé utilement par le général Augereau.

Choisi comme aide de camp par le général Quantin le , et capitaine à la suite de la légère le , il fit une partie de la campagne de l'an VIII à l'armée du Danube, où il exerça successivement les emplois de commandant de place à Morat et à Arau, et devint, au mois de ventôse, chef d'état-major de général Broussier, à Berne. Attaché ensuite au corps du général Lannes, il pénétra en Italie avec l'armée de réserve et se trouva au passage du Pô à la tête d'une compagnie de la . Comme une partie de cette demi-brigade fléchissait devant l'ennemi et faisait retraite dans la petite plaine qui s'étend entre les deux digues, Estève accourut avec sa compagnie, rallia les fuyards et culbuta l'ennemi sous les yeux du général Lannes. À la bataille de Montebello, il conduisit toute la à l'ennemi, et à Marengo il courut à la tête des troupes jusque sous le feu des batteries autrichiennes, où il eut deux chevaux tués sous lui.

Nommé le capitaine adjoint à l'état-major de l'armée d'Italie, il fut fait chef de bataillon le , par un arrêté du premier Consul, à qui le général Lannes avait plusieurs fois vanté sa bravoure. La deuxième jour complémentaire de la même année, admis avec son grade dans la demi-brigade légère, il la suivit à Saint-Domingue, fut atteint de deux coups de feu, l'un à la poitrine et l'autre au bras, pendant la marche du général Hardy de Doudon à la plaine du Nord, le , et se maintint à la tête des carabiniers, malgré ses deux blessures: il reçut, à la suite de cette affaire, un sabre d'honneur des mains du général en chef. De retour en France à la fin de l'an XI, et le incorporé dans le de la garde de Paris, il reçut la décoration d'officier de la Légion-d'Honneur le de la même année, étant de droit membre de l'Ordre depuis vendémiaire précédent, comme ayant à cette époque reçu une arme d'honneur.

Sous l'Empire Employé en République batave en l'an XIII, et promu au grade de major du de la garde de Paris le , il en conduisit un des bataillons de guerre en Espagne au mois d'octobre 1807. Il était à l'affaire du pont d'Arcole, qu'il enleva d'assaut le , à la prise de Cordoue le même jour, et au combat d'Andujar, où, après avoir résisté trois jours aux troupes espagnoles, il fit retraite sur Baylen. Bien qu'il eût combattu victorieusement dans la journée du depuis trois heures du matin jusqu'à deux heures de l'après-midi, il eut le malheur de se voir compris dans la capitulation signée le 23, un décret du 13 du même mois lui avait conféré le grade de colonel à la suite du régiment. Retenu comme prisonnier de guerre en violation de la capitulation, et conduit avec ses malheureux compagnons sur le ponton la Vieille-Castille, en rade de Cadix, il parvint à s'échapper avec une centaine d'hommes dans la nuit du 15 au , fut recueilli sur la plage par l'armée française, et prit, le , le commandement du de ligne, à la tête duquel il reçut un coup de feu au côté gauche à la bataille de Salamanque, le .

Baron de l'Empire le dans le cours de cette campagne, il passa en qualité de major au de voltigeurs de la jeune garde le , rejoignit la division de la jeune garde à la grande armée, fut nommé chevalier de l'ordre de la Réunion et général de brigade le , et placé au corps à la réorganisation qui suivit la bataille de Leipzig, le suivant, il fit encore la campagne de France avant de se retirer dans ses foyers où Louis XVIII lui envoya la croix de Saint-Louis le . Il fut placé dans le cadre de réserve de l'état-major général le puis rentra dans sa position de retraite le . Le général Estève meurt le .

Titres et distinctions : officier de la Légion d'honneur (remis le aux Invalides) : baron d'Empire

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1813 Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Chevalier de l'ordre de la Réunion Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1804 Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Naissance en janvier 1768 Catégorie:Naissance dans la province de Provence Catégorie:Naissance dans la province de Provence (dans le département actuel du Var) Catégorie:Décès en février 1837 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 69 ans