Les élections au Parlement d'Andalousie de () se tiennent le dimanche de manière anticipée, afin d'élire les de la du Parlement d'Andalousie pour un mandat de quatre ans. Le scrutin se tient le même jour que les élections aux Cortes Generales.

La législature sortante est marquée par « », une opposition conjointe du Parti populaire et de la Gauche unie qui bloque l'action du gouvernement minoritaire du président de la Junte socialiste, Manuel Chaves. Ainsi, après avoir échoué deux années consécutives à faire voter son projet de loi de finances Manuel Chaves dissout le Parlement et choisit de faire coïncider les élections régionales avec les élections générales.

Le scrutin connaît l'un des plus forts taux de participation d'Andalousie, grâce à la concomitance des élections générales et à la perception d'un véritable enjeu quant au vainqueur. Les résultats aboutissent à la cinquième victoire consécutive du Parti socialiste, qui se renforce au détriment de la Gauche unie, sans toutefois reconquérir la majorité absolue perdue deux ans plus tôt. Le Parti populaire, donné vainqueur par les sondages, perd un siège.

Cinq semaines et demi après la tenue des élections, Manuel Chaves est de nouveau investi président de la Junte, après s'être assuré du soutien du Partido Andalucista, avec qui il forme un gouvernement de coalition.

Contexte Majorité relative du Parti socialiste Lors des élections de 1994, le Parti socialiste perd, pour la première fois depuis l'accession de l'Andalousie à l'autonomie, sa majorité absolue au Parlement. Il compte désormais 45 députés sur 109, contre 41 pour le Parti populaire et 20 pour la Gauche unie, qui enregistrent tous deux une forte progression..

Après avoir échoué lors des deux premiers tours de vote en raison du refus de toutes les oppositions.., le président de la Junte socialiste sortant, Manuel Chaves, obtient l'investiture du Parlement six semaines après le scrutin. Il bénéficie de l'abstention de la Coalición Andalucista et d'un vote de la Gauche unie non-conforme au règlement qui annule de fait leurs suffrages..

Instabilité et dissolution La législature est marquée par une instabilité chronique, qui sera connu comme (), pour faire référence à la collaboration de fait et non officielle entre le Parti populaire et la Gauche unie pour bloquer le fonctionnement du Parlement et mettre le Parti socialiste en difficulté.. Ainsi, le bureau tente en 1994 de forcer Manuel Chaves à poser la question de confiance, ce qui relève de sa compétence exclusive, et une seule loi est adoptée au cours de la législature..

Le , il annonce le retrait du projet de loi de finances pour 1995 et qu'il gouvernera en prorogeant le budget 1994, en raison des amendements adoptés par les oppositions limitant la marge de manœuvre de son exécutif dans l'exécution budgétaire.. Après que le Parlement a voté, le , une motion de renvoi du projet de loi de finances pour 1996, Manuel Chaves annonce, le même jour, son intention de dissoudre l'assemblée et de provoquer des élections anticipées en 1996..

Il indique, le , que le scrutin se tiendra le , afin de coïncider avec les élections générales anticipées..

Mode de scrutin vignette|Hémicycle du Parlement, dans l'ancien hôpital de las Cinco Llagas. Le Parlement d'Andalousie () est une assemblée parlementaire monocamérale constituée de (), élue pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct selon les règles du scrutin proportionnel d'Hondt par l'ensemble des personnes résidant dans la communauté autonome où résidant momentanément à l'extérieur de celle-ci, si elles en font la demande.

Convocation du scrutin Conformément à l'article 26 du statut d'autonomie, le Parlement est élu pour un mandat de quatre ans.. L'article 14 de la loi électorale andalouse du , combiné aux dispositions l'article 42 de la loi électorale nationale, précise que les élections sont convoquées au moyen d'un décret du président de la Junte d'Andalousie, signé avant la fin du mandat et publié au Journal officiel, le scrutin devant se tenir le suivant la publication du décret mais pas entre le et le . Cette interdiction a été instaurée en , suivant des débats préalables aux élections de , afin d'éviter une chute de la participation causée par la combinaison des vacances et des fortes chaleurs habituelles en Andalousie à cette période.

Nombre de députés par circonscription Puisque l'article 26 du statut d'autonomie prévoit que , l'article 17 de la loi électorale indique que le nombre de parlementaires est fixé à 109 et attribue à chaque circonscription d'office, les restant étant distribués en fonction de la population provinciale.. L'article 28 du statut énonce effectivement que et précise qu'aucune circonscription ne peut avoir plus du double de représentants qu'une autre.

Le décret de convocation des élections, publié le , dispose que les sièges sont répartis ainsi. : CirconscriptionsDéputésCarte Séville19300px|Nombre de députés par circonscription. Cadix et Malaga15 Cordoue et Grenade13 Jaén12 Almería et Huelva11

Présentation des candidatures Peuvent présenter des candidatures : les partis ou fédérations politiques enregistrées auprès du registre des associations politiques du ministère de l'Intérieur ; les coalitions électorales de ces mêmes partis ou fédérations dûment constituées et inscrites auprès de la commission électorale au plus tard après la convocation du scrutin ; et les électeurs de la circonscription, en nombre d'au moins 1 % des inscrits.

Répartition des sièges Seules les listes ayant recueilli au moins 3 % des suffrages valides peuvent participer à la répartition des sièges à pourvoir dans une circonscription, qui s'organise en suivant différentes étapes : les listes sont classées en une colonne par ordre décroissant du nombre de suffrages obtenus ; les suffrages de chaque liste sont divisés par 1, 2, 3... jusqu'au nombre de députés à élire afin de former un tableau ; les mandats sont attribués selon l'ordre décroissant des quotients ainsi obtenus.

Lorsque deux listes obtiennent un même quotient, le siège est attribué à celle qui a le plus grand nombre total de voix ; lorsque deux candidatures ont exactement le même nombre total de voix, l'égalité est résolue par tirage au sort et les suivantes de manière alternative.

Campagne Principales forces politiques Force politiqueChef de fileIdéologieRésultats en 1994Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie PSOE-AManuel Chaves(Président de la Junte)Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme, nationalisme38,7 % des voixParti populaire PPJavier ArenasCentre droit à droiteConservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme34,4 % des voixGauche unie Les Verts – Appel pour l'Andalousie IULV-CAGaucheCommunisme, écologisme, nationalisme19,1 % des voixPartido Andalucista PA(Maire de Jerez)Centre gaucheSocial-démocratie, fédéralisme, nationalisme5,8 % des voix

Résultats Total régional +Résultats des élections au Parlement d'Andalousie de 1996.Représentation en hémicycle sur un axe gauche-droite du résultat.PartisVoix%+/-Sièges+/-Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie (PSOE-A)44,0652Parti populaire (PP)33,9640Gauche unie Les Verts – Appel pour l'Andalousie (IULV-CA)13,9713Partido Andalucista (PA)6,664Parti communiste du peuple andalou (PCPA)0,170Nation andalouse (NA)0,1400,100Autres listes0,180Vote blanc0,77Votes valides99,37Votes nuls0,63Total100 – 109Abstentions22,06Inscrits / Participation77,94

Par circonscription CirconscriptionAlmeríaCadixCordoueGrenadeSièges11151313Nombre%Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00100,00Abstentions22,8926,7917,7121,35Votants77,1173,2182,1978,65Nuls0,530,790,640,56Exprimés99,4799,2199,3699,44PartisVoix% Sièges+/-Voix% Sièges+/-Voix% Sièges+/-Voix% Sièges+/-PSOE-A5667PP39,67532,51531,65437,525IULV-CA10,28112,76219,75312,441PA3,29013,7825,7103,870Autres0,550,750,480,61Blanc0,620,720,670,71

CirconscriptionHuelvaJaénMalagaSévilleSièges11121519Nombre%Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00100,00Abstentions24,7316,3525,2020,40Votants75,2783,6574,8079,60Nuls0,980,600,600,52Exprimés99,0299,4099,4099,48PartisVoix% Sièges+/-Voix% Sièges+/-Voix% Sièges+/-Voix% Sièges+/-PSOE-A66610PP32,84436,17537,34629,746IULV-CA11,47112,20115,80213,862PA5,3403,2905,7017,541Autres0,470,430,720,55Blanc0,630,620,880,93

Analyse vignette|Parti arrivé en tête par circonscription et intensité de son score. Le scrutin est marqué par une forte participation, supérieure de l'ordre de dix points de pourcentage à celle des élections de 1994. L'abstention est ainsi l'une des plus faibles de l'histoire d'Andalousie, après celle des élections générales de 1977 et de 1982. Si elle est la plus élevée dans les circonscriptions de Cadix et de Huelva, elle n'y dépasse pas les 30 % des inscrits. Cette affluence aux urnes s'explique par la concomitance des élections générales et régionales, et par l'enjeu pour le Parti socialiste de conserver le gouvernement régional face à des sondages adverses..

Pour la cinquième fois en cinq scrutins, la victoire revient au Parti socialiste. Il progresse de sept sièges au détriment de la Gauche unie, qui subit selon El País un . et d'après ABC une ., profitant du mais sans reconquérir la majorité absolue. De même, le Parti populaire, donné favori, ne parvient pas à accéder au pouvoir alors qu'il remporte, parallèlement, les élections générales. Aussi bien la campagne de la Gauche unie sur la de l'État envers la communauté autonome que le discours modéré et peu idéologique du Parti populaire ne portent pas leurs fruits.

S'il gagne en deux ans., le Parti populaire est victime de la concentration de ses soutiens, puisque 61 % de ses suffrages proviennent des villes de plus de , là où le Parti socialiste y concentre 53 % des bulletins de vote reçus en sa faveur, étant ainsi capable de mobiliser le monde rural à son avantage. Ainsi, le Parti populaire l'emporte dans sept capitales de province sur huit, mais le Parti socialiste arrive en tête dans les huit circonscriptions. À Linares, Vélez-Málaga ou Úbeda, les socialistes devancent les conservateurs, qui en occupent pourtant les mairies. Ceux-ci virent également en tête à Estepona ou Marbella, bastions du président de l'Atlético de Madrid, Jesús Gil, qui avait publiquement appelé à voter pour le Parti populaire..

Le Partido Andalucista gagne un siège supplémentaire en convaincant plus de électeurs, ses quatre députés pouvant faire de lui la de la stabilité du futur gouvernement.

Suites Dès le lendemain du scrutin, la direction régionale du Parti socialiste se montre favorable à une entente avec le Partido Andalucista. Le chef de file de ce dernier, , semble ouvert à des accords ponctuels, mais sans pacte de législature.. Pourtant, le , Manuel Chaves signe avec le président du Partido Andalucista, , un accord garantissant la stabilité institutionnelle pour les quatre années de la mandature, et qui entérine de fait l'entrée des nationalistes au gouvernement régional..

Le , à l'issue de deux jours de débats, Manuel Chaves est investi pour un troisième mandat de président de la Junte par 56 voix pour et 53 contre, bénéficiant du soutien du Partido Andalucista et de l'opposition du Parti populaire et de la Gauche unie.. Il constitue son gouvernement quatre jours plus tard, dans lequel les nationalistes obtiennent les départements des Relations avec le Parlement, et du Tourisme et des Sports..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Président du Parlement d'Andalousie Junte d'Andalousie

Liens externes .

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