Simon Quéheillard, né en 1977 à Talence, est un artiste contemporain français. Son œuvre prend appui à la fois dans l’art vidéo, la photographie, la poésie contemporaine et l’univers du cinéma burlesque, et se distingue par une dimension à la fois contemplative et comique.
Biographie
Formation Lors de son séjour, il fait la connaissance de l’artiste Berlinois Karl-Heinz Eckert dont l’œuvre majeure, une camera obscura naturelle géante découverte dans un tunnel à la frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-EstHanns Zischler, « Berlin est trop grand pour Berlin », Editions Mille et une nuits, 1999. , a initié sa réflexion sur la formation de l’image photographique, et son rapport à la ville.
D’abord musicien, Simon Quéheillard enregistre un album solo en 2001, sur le label Mobil de Florent Mazzoleni, avec le guitariste Thomas Bonvalet, ainsi qu'un album avec le groupe hardcore Cheval de Frise, Fresque sur les parois secrètes du crâne, sur le label Ruminance, sorti en 2003.
Il fréquente la galerie Jean-François Dumont, à Bordeaux, où il découvre l’œuvre des artistes Laurent Pariente et Hubert Duprat.
2001-2002 : Les premières œuvres 3 dessins 4 poèmes à l’oblitérateur (2001) est une série de dessins sur papier soie (), d’une dimension de . Elle a été réalisée lors de déplacements dans les bus en circulation dans la ville de Bordeaux en utilisant l'oblitérateur comme machine et technique d’impression. Les dessins décrits par l’artiste « comme une tentative de poésie visuelle avec des chiffres »Marie Pierre Quintard, « Simon Quéheillard, le mécano de l’art / 40 portraits pour les du Frac Aquitaine. », Publication Instragram par le Frac Méca N.A., juin 2023. ont parfois l’apparence d’un dessin d’enfant, proches des calligrammes du poète Apollinaire.
Installé à Paris, il participe en 2005 à l’exposition L’œil du touriste (commissariat Jeanne Truong) à la galerie Frédéric Giroux.
2003-2008 : La période « flaques d’eau » Lors de sa première exposition personnelle, L’image dans le papier, à la galerie Frédéric Giroux, en 2006, Simon Quéheillard expose une série de vidéos, photographies et textes, à partir de l‘observation de flaques d’eau sur les trottoirs de Paris qu'il fabrique lui-même. Il montre aussi L’image comme trésor (2002) une boîte étanche qui contient un négatif révélé mais non fixé.
Il réalise le diptyque vidéo Ce que j’ai sous les yeux et une série de photographies intitulée Quinze flaques sur ma table, autour de la notion de fragment, que l’artiste dédie à Emmanuel HocquardLa réponse d’Emmanuel Hocquard a été publiée dans le du Cahier du Refuge, Centre International de poésie Marseille, en juillet 2011.. Le texte des flaques (2004) et L’image dans le papier (2008) sont deux livres qui relatent ses expériences, sur la question de l’image et du lien entre image photographique, image latente et flaques d’eau.
Le poète Jean-Pierre Balpe décrit le livre de Simon Quéheillard comme « une tentative de saisie de moments fugaces où des images se font et se défont dans les circonstances les plus imprévisibles et le plus aléatoires »Jean-Pierre Balpe, « Lectures de Janvier », 2009.
À partir d’observations de situations quotidiennes (une flaque d’eau, un papier qui s’envole, le compostage d’un ticket…), Simon Quéheillard révèle les mécaniques et les procédés qui participent de la fabrication des images"Simon Quéheillard, L'art tout contre la machine #1", Compte-rendu du séminaire aux Collèges des Bernardins, Paris, mars 2018 : http://www.abraslecorps.com/pages/magazine.php?id_mag=410&id_type=8&page=2.
2009-2021 : La période « burlesque » La période burlesque se distingue à travers quatre œuvres vidéos principales : Le travail du piéton (2009-2017), Maître-vent (2012), De commencements en commencements (2016)Unifrance : https://www.unifrance.org/film/45617/de-commencements-en-commencements, Une embuscade en suspens (2021)Unifrance : https://www.unifrance.org/film/54843/une-embuscade-en-suspens.
Quasiment des performances filmées, ces œuvres au ton burlesque (un fatras de bricoles en équilibre précaire soufflés par le vent, des arbres qui tombent sur des objets qui ne devraient pas se trouver là, un homme qui marche et sur lequel des choses tombent), inspirées par le travail d'artistes conceptuels comme Robert Barry ou Douglas Huebler, évoquent avec une poésie émouvante, « absurde, bizarrement prenant[e] », un univers où « les objets se transforment en marionnettes et acquièrent ce pouvoir de compréhension immédiate et de métamorphose ludique que nous perdons en sortant de l’enfance »Didier Arnaudet, « La comédie de la destruction » Junkpage #86, novembre 2021..
2022-2023 : La période « langage » En 2020, l’artiste publie le livre Un grand monde pâle, ébauché, dans lequel il met en jeu les rapports entre langage et perception, en relation à la peinture. Depuis 2022, l’artiste entame une nouvelle série d’œuvres, installations, moulages en céramiques, œuvres sur papier, sous l’influence de la lecture des œuvres des poètes et Claude Royet-Journoud. Son œuvre Les petites cavités du langage (moulages de l’intérieur de la bouche / moulages de l’intérieur de la main) est directement inspirée du livre La notion d’obstacle, de Claude Royet-JournoudProjet soutenu par le Centre National des Arts plastiques en 2022 / https://www.cnap.fr/soutien-la-creation/artistes/resultats/resultats-2022. Lors d’un entretien, il déclare : « Il m’aura fallu vingt ans pour mettre du langage dans l’art ».
Collections publiques Fonds national d'art contemporain Artothèque de Pessac Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA
Publications Le texte des flaques, 2004, Editions Mix. L’image dans le papier, 2008, Éditions Mix. Un grand monde pâle, ébauché, 2020, Anthologie Triages, Éditions Tarabuste.
Références
Liens externes
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