La bataille de Sedan a lieu le , durant la guerre franco-allemande. Elle oppose l'armée française, dite l'Armée de Châlons, forte de et de et commandée par l'empereur Napoléon III, à l'armée prussienne sous le commandement du futur Kaiser (Guillaume de Prusse), forte de et de . Il s'agit d'une victoire décisive des forces allemandes, l'empereur ayant lui-même été fait prisonnier, mettant fin à la guerre en faveur de la Prusse et de ses alliés (la Bavière notamment), bien que le combat continuât sous la nouvelle République.

L'armée française, commandée par Napoléon III et Patrice de Mac Mahon, tente vainement de lever le siège de Metz, mais elle est interceptée par l'armée prussienne stationnée en Meuse, et défaite à la bataille de Beaumont. L'armée de la Meuse et la Troisième Armée Prussienne du Feld-Marschall Helmuth von Moltke, accompagné par le roi Guillaume de Prusse et le chancelier Otto von Bismarck, font jonction et encerclent les restes de l'armée française à Sedan. Mac Mahon avait été blessé durant les affrontements et le commandement avait été assuré par Auguste-Alexandre Ducrot.

Prémices de la bataille de Sedan Après les défaites subies en Alsace le à Wissembourg et à la bataille de Reichshoffen le , le maréchal de Mac-Mahon reconstitue une armée composée de quatre corps d'armée, , et (dite armée du camp de ChâlonsPlus précisément le camp de Mourmelon) pour protéger Paris. L'armée du Rhin commandée par le maréchal Bazaine s'efforce aussi de rejoindre le camp de Châlons afin d'unir ses forces avec celles de Mac-Mahon. Malgré la victoire à la bataille de Mars-la-Tour au sud de Metz , Bazaine n'exploite pas son avantage sur la prussienne du prince Frédéric-Charles, neveu du roi de Prusse, pour lui donner le coup de grâce ou alors se replier en ordre sur Châlons. Au contraire, Bazaine se laisse couper la route de retraite de Verdun et de Châlons préférant reconstituer ses forces en vivres et munitions sur le flanc ouest de la citadelle de Metz. Helmuth Karl Bernhard von Moltke, chef du grand état-major général de l'armée prussienne, profite de ce répit et renforce la par la du général Steinmetz et celles-ci vont à la suite de la bataille de Saint-Privat le , contraindre l'armée du Rhin à se replier sur Metz. L'action combinée des deux armées prussiennes a pour effet d'encercler celle de Bazaine dans la citadelle de Metz, le .

Le , l'armée Mac-Mahon se dirige vers Reims, le camp de Châlons est incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains des Allemands. À Reims, au camp de Courcelles, Mac-Mahon complète ses effectifs, réorganise son armée et se prépare à défendre la capitale. Mais il reçoit l'ordre de secourir l'armée du maréchal Bazaine assiégée à Metz par les et allemandes. Le , la régente et le conseil des ministres ordonnent à Mac-Mahon d'aller secourir Bazaine. Mais Helmuth Karl Bernhard von Moltke est renseigné de l'objectif de Mac-Mahon par la presseAu Corps législatif, un député a déclaré que « le général qui abandonnerait son frère d’armes serait maudit de la patrie » et Le Temps a repris cette information en ajoutant que Mac-Mahon, au lieu de revenir défendre Paris, « avait pris la résolution soudaine de courir au secours de Bazaine ».

Le chef d'état-major prussien dispose, en plus des deux armées qui assiègent Metz, de ( et ), il envoie la armée à marche forcée au-devant des troupes françaises en direction de Châlons. Pour éviter les Prussiens de la , Mac-Mahon décide alors de remonter au nord vers le département des Ardennes pour ensuite se diriger sur Metz. Cependant le stratège français a sous-estimé l'importance des forces prussiennes, leur rapidité et leur tactique d'ensemble. Car outre la prussienne, Von Moltke a placé la du prince royal de Saxe sur la rive droite de la Meuse, la stratégie de Mac-Mahon paraît compromise, la route directe de Metz par Montmédy est bloquée par les troupes saxonnes. Les options pour le commandant de l'armée de Châlons sont celles-ci : soit il prend la direction de Metz, avec la perspective de se voir couper la route par les Saxons et voir aussi l'armée prussienne remonter des environs de Châlons en le prenant à revers, soit il renonce et vient défendre Paris. Il semble que Mac-Mahon tergiverse. Ses corps d'armée piétinent entre le 25 et entre le secteur de Rethel et de Vouziers. Pendant ce temps l'armée du prince royal de Prusse se dirige vers lui.

Le , Mac-Mahon décide ainsi de renoncer à sauver Bazaine. Mais à Paris la régente et le conseil des ministres lui ordonnent encore de secourir Bazaine, en lui affirmant que les troupes prussiennes sont à de marche, alors qu'elles le talonnent. Mac-Mahon reprend l'option d'aller sur Metz et de passer la Meuse vers le secteur de Stenay, mais à force de tergiverser sous la pression des autorités et sous l'action combinée des deux armées des princes allemands, la situation de son corps d'armée se fragilise. Le corps d'armée français remonte de plus en plus au nord et risque de se voir acculer à la frontière franco-belge. En effet, l'armée de Châlons commence par être harcelée par les avant-gardes de la prussienne à Buzancy le 27, à Nouart et Belval-Bois-des-Dames ainsi que Stonne le 29, qui à chaque fois retarde la progression de l'armée de Châlons.

Imprécis dans sa tactique, Mac-Mahon ne reçoit de sa cavalerie de reconnaissance aucun renseignement précis sur les mouvements de l’adversaire, il croit n’être poursuivi que par alors que , Bavarois, Saxons et Wurtembergeois commencent à le prendre en tenaille. Le , les troupes françaises () chargées de protéger le flanc droit de l'armée de Mac-Mahon sont défaites par une partie de la allemande le , à la bataille de Beaumont (au sud-est de Sedan). Poursuivi et harcelé par les et , Mac-Mahon décide alors de se réfugier, au moins quelques jours, aux alentours de la ville de Sedan, citadelle située non loin de la frontière belge. Sedan est située sur la rive droite de la Meuse dans une gigantesque cuvette entourée de collines avec deux défilés vers Mézières (ouest) et Carignan (est), ce qui réduit fortement les possibilités de s'en échapper. Mac-Mahon a le choix entre la retraite sur Mézières, située à de Sedan, ou l'offensive en forçant le passage vers Carignan où se trouve la du prince de Saxe pour se diriger vers Metz. Le en soirée, sous la menace de la du prince de Prusse, Mac-Mahon fait passer la Meuse à une partie de son armée, le et une partie du défait à Beaumont, à Remilly près de Sedan. Le même jour, le reste du défait à Beaumont, le et le l'ont passée près de Mouzon. Plus de cent-mille hommes se dirigent vers Sedan, la bataille est inéluctable, l'armée du camp de Châlons va faire face à des troupes nettement supérieures en nombre car les deux armées allemandes vont faire jonction autour de Sedan.

Les troupes en présence vignette|gauche|upright=0.65|Helmuth von Moltke, chef du Grand État-Major général de l'Armée prussienne. Les troupes françaises comptent une armée d'environ répartis en quatre corps d'armée (, , et ), relativement liés entre eux dans l'espace de Sedan. Le commandement des troupes françaises dépend d'abord du maréchal Mac-Mahon. Mais celui-ci est blessé dès le début de la bataille sur une colline du village de Balan, alors qu'il observait le déroulement des combats sur Bazeilles. Le général Ducrot le remplace, mais il est obligé de s'effacer devant le général de Wimpffen, plus ancien en grade et muni d'un ordre du ministre le désignant en cas d'empêchement de Mac-Mahon. Cette succession de commandants en chef est à l'origine d'ordres, de contrordres et de tergiversations sur la stratégie. Napoléon III est avec l'armée de Mac-Mahon à Sedan, mais ne se mêle pas des opérations militairesL'Empereur s'est dessaisi du commandement militaire le 12 août au profit de Bazaine, lequel, s’étant entretemps laissé encercler à Metz, ne commande plus qu’à sa propre armée. En outre Louis Napoléon a abdiqué de ses pouvoirs civils en quittant Saint-Cloud pour accompagner l'armée de Châlons et les a abandonnés à Eugénie, nommée régente ; à telle enseigne qu’elle ne lui a pas demandé son avis pour remplacer le gouvernement Ollivier par un ministère à sa dévotion..

Les troupes de la confédération allemande () sont divisées en deux armées : la sous les ordres du prince héritier Frédéric-Guillaume de Prusse et la sous les ordres du prince héritier Albert de Saxe. À von Moltke revient le commandement suprême des deux armées des États allemands coalisés. Le roi Guillaume de Prusse et son état-major ainsi que son chancelier Otto von Bismarck sont présents, ils vont assister à la bataille depuis une colline près de Frénois, un village au sud-ouest de Sedan.

Ordre de bataille

L'ensemble des unités citées sont faites prisonnière.

Infanterie de ligne

Régiments de marche

de marche d'infanterie de marche d'infanterie de marche d'infanterie de marche d'infanterie

Chasseurs à pied

de chasseurs à pied de chasseurs à pied de chasseurs à pied de chasseurs à pied de chasseurs à pied de chasseurs à pied de chasseurs à pied

Zouaves

1er régiment de zouaves 2e régiment de zouaves 3e régiment de zouaves

Tirailleurs algériens

de tirailleurs algériens de tirailleurs algériens de tirailleurs algériens

Cavalerie

Artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie d'artillerie du train d'artillerie

Génie du génie du génie

Train des équipages du train des équipages du train des équipages du train des équipages

Infanterie de marine d'infanterie de marine d'infanterie de marine d'infanterie de marine d'infanterie de marine

Artillerie de marine d'artillerie de marine d'artillerie de marine d'artillerie de marine d'artillerie de marine

La bataille vignette|300px|Plan de bataille vignette|300px|Épisode de la guerre franco-prussienne.Tableau par Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville. 300px|vignette|Un épisode du combat de La Moncelle le .|alt=

Mac-Mahon décrète placidement : « Repos pour toute l'armée demain Alain Frèrejean, article publié dans le numéro spécial 58 de la revue Historia.. » Sans se donner la peine de couper les ponts sur la Meuse, il se borne à concentrer son armée sur une hauteur boisée, juste au nord-est de Sedan, dans le triangle Floing-Illy-Bazeilles, entre la Meuse élargie par les inondations et deux ruisseaux, le Floing et la Givonne. Les corps d'armée français se positionnent adossés à la citadelle : le du général Félix Douay entre Floing et Givonne, le du général Ducrot entre Givonne et la Moncelle, le du général De Failly éprouvé par la bataille de Beaumont près de la citadelle de Sedan au fond de Fond-de-Givonne, enfin le sur La Moncelle, Bazeilles et Balan.

L’après-midi du , les Allemands commencent à encercler Sedan ; l’armée du prince héritier de Prusse occupe Frénois et Donchéry à l’ouest ; celle du prince royal de Saxe attaque par Daigny pour déboucher sur le plateau d'Illy et le bois de la Garenne. Le général Ducrot conseille plutôt au maréchal de concentrer toutes les troupes au nord de Sedan adossé à la frontière, sur le plateau d’Illy, ce qui permettrait de filer sur Mézières si les Prussiens venaient à encercler Sedan, coupant toute possibilité de retraite. Mais très mal renseigné sur les forces prussiennes, Mac-Mahon l’écoute d’une oreille distraite : « Nous ne sommes pas ici pour nous éterniser. » L’Empereur pourrait aussi se retirer sur Mézières tant que la route est libre ; il y serait en sûreté et pourrait revenir activer la défense de Paris ou traiter de la paix avec l’ennemi.