Louis Viannet est un syndicaliste français, né le à Vienne (Isère) et mort le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à Annonay (Ardèche), secrétaire général de la Confédération générale du travail de 1992 à 1999. Cet ancien secrétaire général de la fédération des PTT a amorcé le renouveau de la CGT et sa prise de distance avec le PCF en quittant le bureau national de ce Parti en 1996.
Biographie Originaire de la région lyonnaise, Louis Viannet est issu d'une famille ouvrière. Il est l'aîné des quatre enfantsPrécisions biographiques issues de l'article présentant le , paru le 19 juin 1982 dans le journal L'Humanité. d'un ouvrier des usines Rhône-Poulenc.
Il suit des études secondaires au lycée de Saint-Étienne (Loire), grâce à une bourse d'études. Titulaire du baccalauréatJean Emmanuel Ducoin, « "Loulou", un parfum de renouveau », dans L'Humanité, 30 janvier 1999, il passe, un peu avant ses vingt ans, deux concours administratifs : l'un pour les Impôts, l'autre pour les PTT. Il est reçu au deuxième, celui des contrôleurs des PTT et débute dans cette administration au début de l'année 1953.
Après son service militaire effectué en métropole, il se marie et a deux enfants.
Quelques aspects de l'homme privé Le militantisme syndical et politique ne lui fait pas oublier le jazz, dont il est amateur ni la batterie qu'il pratique dans ses loisirs, ni la chasse et la cueillette des champignons, dont il apparaît fervent du fait des marches qu'elles permettent dans la nature« Syndicaliste et musicien » (entretien de Louis Viannet avec le journaliste Jean-Pierre Chauvel), dans La Vie ouvrière, janvier 1994..
Louis Viannet le syndicaliste L'engagement Il suit un cours de formation professionnelle à Paris, quand, à l'été 1953, des grèves secouent l'ensemble des services publics français. C'est au cours de ces événements qu'il adhère à la CGT, suivant en cela l'exemple de son père, syndiqué à la CGT et il participe activement à ce mouvement social inédit, qui, parti d'une grève locale aux PTT, affecte la plupart des services et des entreprises publics.
La montée du responsable en 1956, à la suite de son service militaire, il réintègre les PTT et est affecté au bureau de Lyon-Chèques. Le centre des CCP de Lyon a été créé en 1918, en même temps que le service des Chèques postaux eux-mêmes. Comme dans les autres centres de chèques, une vingtaine environ pour toute la France, le travail y est parcellisé, la discipline y est stricte et lourde, toutes les procédures sont faites manuellement, et les revendications syndicales sont nombreusesSylviane Mangiapane, Les filles des Chèques postaux, contribution à l'histoire du syndicalisme PTT, 1945 - 1978, éditions Le Temps des Cerises, 2003.. L'accroissement du trafic est à la mesure de la croissance économique des « Trente Glorieuses ». En 1950, comptes sont ouverts à la Poste, engendrant 359 millions d'opérations. En 1960, comptes sont ouverts, pour 771 millions d'opérationsPostes et Télécommunications françaises, une chronologie au siècle (voir bibliographie).. Sorti des grèves de 1953 , Louis Viannet occupe progressivement des postes de responsable syndical plus élevés. En 1962, il est secrétaire du syndicat des PTT du Rhône. En 1967, il entre au bureau fédéral de la Fédération CGT des PTT. En 1972, il est élu secrétaire général adjoint de cette Fédération. En octobre et , lors du conflit social majeur qui affecte les PTT et le pays durant six semaines, il est parmi les principaux intervenants de la fédération CGT des PTT dans l'animation des meetings, la centralisation des revendications, puis dans les négociations menées avec le ministère des PTT. En , il succède à Georges Frischmann, en étant élu au secrétariat général de cette Fédération, lors de son Congrès.
Dirigeant national de la CGT Louis Viannet, membre de la Commission exécutive de la CGT depuis 1972Dominique Andolfatto, Dominique Labbé, La Cgt, organisation et audience (voir bibliographie)., est élu au Bureau confédéral de la CGT en , lors du 41 Congrès. Il quitte la direction de la Fédération des PTT à la fin de cette même année.
Au Bureau confédéral une tâche de premier ordre lui est dévolue : il succède à Henri Krasucki, promu secrétaire général de la Centrale syndicale, au poste de directeur de l'hebdomadaire de la CGT, La Vie Ouvrière. Durant dix années, Louis Viannet fait figure d'orthodoxe, face à Henri Krasucki, dont l'image de réformateur s'impose progressivement. C'est avec cette étiquette, attribuée par la presse, qu'il lui succède en en étant élu secrétaire général de la CGT, lors du congrès confédéral de celle-ci. , lit-on dans la presseJ-M Normand, « Trois virages à négocier pour la CGT », dans Le Monde, 2 février 1992..
Réformateur , confie-t-il au moment de son départ. Le contexte de son élection à la direction de la Confédération peut donner à croire en un déclin d'une CGT incapable de renouveler son discours et sa pratique. Or lorsqu'il quitte son poste en , les six années du mandat de Louis Viannet se soldent par un bilan tout autre. Sur le plan international, en 1995, la CGT quitte la Fédération syndicale mondiale, condition nécessaire pour préparer son adhésion à la Confédération européenne des syndicats réunissant les syndicats réformistes. Sur la question majeure des liens (sous-entendus de dépendance) avec le Parti communiste français, Louis Viannet se retire spectaculairement en 1996 du Bureau national du PCF. Il est à noter qu'il demeure membre, jusqu'en 1999/2000, du Conseil national de ce parti. Le mouvement social de l'hiver 1995 permet à la CGT de renouveler ses thèmes, de dynamiser son image et de renouveler ses militants. Bernard Thibault, l'une des figures emblématiques du conflit social de l'hiver 1995, assure la succession de Louis Viannet lors du congrès de la CGT en . Les élections prudhommales de témoignent de l'ancrage maintenu de la CGT à la première place des organisations syndicales françaises, recueillant les suffrages de plus de 33 % de votants, devant la CFDT, 25,3 %, et FO, 20,5 %. Un journalAlain Beuve-Méry, dans Le Monde, 12 décembre 1997 commente ainsi les résultats: ils de la CGT. Louis Viannet laisse derrière lui l'image d'un pragmatique réformateur réussissant à stopper le déclin de la première centrale syndicale de France.
Louis Viannet au PCF Le militant politique Louis Viannet adhère au Parti communiste français en 1953, dans la foulée de son engagement syndical , selon son témoignage. Son engagement politique se limite au Comité fédéral du Rhône dont il est membre depuis 1967Numéro spécial des Cahiers du communisme, Congrès du Parti communiste français, février 1982, présentation des membres du Bureau politique élus, p. 413. jusqu'à son accession au Comité central du PCF, en . Permanent syndical, il est alors présenté comme Numéro spécial Congrès du Parti communiste français, février-mars 1976, p. 397..
Le cumul des responsabilités nationales CGT-PCF, et sa fin en 1996 Il accède au Bureau politique du PC en à l'issue du Congrès de ce parti. Les explications données à cette promotion de Louis Viannet, alors secrétaire général de la Fédération CGT des PTT, sont explicitement exprimées : . De fait il assume l'entière succession de Georges Frischmann tant au niveau syndical qu'au niveau politique. Quelques semaines plus tard, son élection au Bureau confédéral de la CGT éclaire mieux sa promotion. Mais les différentes crises qu'a connues, depuis 1980, l'instance nationale de la première centrale syndicale française, posent, parmi d'autres, le problème de la compatibilité du cumul des mandats avec l'affirmation de l'indépendance du syndicalisme à l'égard des forces et partis politiques. Cette question resurgit lors de chacun des Congrès de la CGT. Élu en 1982 secrétaire général de la Confédération, Henri Krasucki a d'emblée été jugé à l'aune de son manque d'indépendance vis-à-vis du Parti communiste. Sa volonté de changer en ce domaine n'est pas avérée. Louis Viannet succédait à Henri Krasucki en 1992. La perte d'audience du PCF rend de plus en plus inconfortable la double appartenanceAlain Beuve-Méry et Ariane Chemin, « La Confédération souhaite se démarquer davantage du PCF », dans Le Monde, 6 avril 1996.. Louis Viannet franchit le pas en annonçant dans le cadre de la préparation du Congrès de son Parti () qu'il renonce à siéger au Bureau politique du PCFChristian Langeois, Entre hier et demain Louis Viannet - 1933-2017, , .. À la surprise des observateursMichel Noblecourt, « quand Loulou réenchantait la CGT », Le Monde.fr, 2 octobre 2024., c'est un homme jusqu'alors réputé pour son alignement qui met ainsi fin à une tradition cégétiste qui perdure depuis 1945Dominique Andolfatto, « Les doubles dirigeants de la CGT et du Parti communiste », dans la revue Communisme, N° 51-52, 1998, p. 123-156..
Notes et références
Annexes Publication Louis Viannet (entretiens avec Jean Claude Poitou), Syndicat, les nouveaux défis, Éditions de l'Atelier- VO éditions, 1996.
Bibliographie La Vie ouvrière, Le Monde , L'Humanité, numéros publiés à l'aplomb des Congrès de la CGT, du en 1982 au en 1999. Dominique Andolfatto et Dominique Labbé, la CGT, organisation et audience depuis 1945, éditions La Découverte, Paris, 1997. Guy Groux et René Mouriaux, la CGT, crises et alternatives, Éditions Economica, Paris, 1992. Communisme, revue d'études pluridisciplinaires : numéro 35-37, 1994, Les communistes et la CGT, numéro 51-52, 1998, P.C.F., numéro 57-58, 1999, Le Congrès de la CGT, éditions L'Âge d'Homme, Paris. Claude Pérardel (dir.), Postes et Télécommunications françaises, une chronologie du , édition FNARH, Nancy, 2004. 608 p., Christian Langeois, Entre hier et demain Louis Viannet - 1933-2017, éditions Arcane 17, 2024. 274 p.
Article connexe Bureau confédéral de la Confédération générale du travail
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