Le Dassault Super-Étendard est un avion d'attaque et de chasse français, construit par Dassault, destiné à être embarqué à bord de porte-avions. Successeur de l'Étendard IV, il a été produit à mis en service par la Marine nationale française et l'Argentine.
La version initiale du Super-Étendard est parfois désignée de façon abrégée SUE (pour Super-Étendard), tandis que la version modernisée apparue à la fin des années 1980 est désignée SEM (pour Super-Étendard modernisé).
Conception vignette|gauche|Un Super-Étendard modernisé standard 4 avec son armement complet en présentation lors d'une journée portes-ouvertes, le , sur la base d'aéronautique navale de Landivisiau.On trouve au point d'accrochage ventral : 1 nacelle de désignation laser Damocles. Sous l'aile gauche : on voit l'avant d'un réservoir supplémentaire et un lance-leurres. Au sol : un support pour réservoir supplémentaire de (au ), deux supports d'armement, une bombe guidée laser de , une bombe lisse de , deux canons DEFA de calibre montés sur leur châssis, sur le chariot jaune : 1 nacelle de désignation laser Atlis et au fond un missile AS30 laser. vignette|gauche|Le Super-Étendard 71, dernier livré à la marine nationale, avec les saumons repliés. À la fin des années 1960, la Marine nationale française lance des études pour remplacer ses Étendard IV et Vought F-8 Crusader au sein de son aviation navale. Elle accepte en 1969 le projet du Jaguar M (version navalisée du Jaguar franco-britannique), mais celui-ci est abandonné en 1973. L'achat d'avions américains comme le Douglas A-4 Skyhawk ou le Vought A-7 Corsair II est également envisagé, mais le gouvernement français impose finalement le choix du Super-Étendard proposé par Dassault.
Ce Super-Étendard est en fait un Étendard IV avec un nouveau réacteur ATAR 8K50 (un ATAR 9K50 dépourvu de postcombustion), une avionique entièrement modifiée comprenant en particulier un nouveau radar Agave nécessitant de modifier le nez, et une nouvelle voilure dont les dispositifs hypersustentateurs sont améliorés. Deux prototypes sont réalisés à partir d'Étendard IVM modifiés, et un troisième Étendard IVM est utilisé uniquement pour tester la nouvelle voilure.
Le premier prototype fait son vol inaugural le . Le second est destiné à tester le système d'armes et vole pour la première fois le . Une fois que le troisième Étendard IV modifié a validé la nouvelle voilure, celle-ci est installée sur les deux autres prototypes, et l'avion récupère ses ailes d'origine pour être rendu à la Marine.
Le radar Agave construit par Thomson-CSF en collaboration avec Électronique Marcel Dassault était une adaptation du Radar Cyrano IV du Dassault Mirage F1 avec des capacités air-air limitées mais très optimisé pour le mode air-mer ce qui lui permettait de détecter les grosses frégates de l'époque à plus de , afin d'en faire une excellente plateforme de lancement du missile antinavire AM-39 Exocet dont le développement se fait en parallèle.
Le premier exemplaire de série s'envole le . Il est officiellement livré à la Marine nationale le . La flottille 11F est déclarée opérationnelle en . Le dernier avion est livré en 1982.. Ils sont déployés à partir des porte-avions Foch et Clemenceau.
Conçu dès l'origine avec une capacité de bombardement nucléaire avec la bombe lisse AN-52, la flottille 17 est qualifiée flottille nucléaire dans le cadre de la Force aéronavale nucléaire depuis le et effectue le premier tir opérationnel d'un missile à charge nucléaire ASMP le à partir du porte-avions Foch. Le , la 11F reçoit également le missile ASMP qui renforce sa vocation nucléaire préstratégique avec une capacité de frappe estimée à , soit vingt fois les bombes d'Hiroshima par missile. Le Super-Étendard n'était pas capable d'apponter avec ce missile. La configuration dissymétrique devait être compensée par un réservoir externe. Cette mission cessa en 2010.
Afin de permettre de prolonger la durée d'utilisation des avions, un programme Super-Étendard modernisé (ou SEM) fut lancé en : l'avion est doté d'un nouveau radar Anémone à antenne à balayage électronique passive. et bénéficie d'une mise à niveau de l'électronique de bord et d'une modernisation du poste de pilotage. Le premier avion modifié est livré fin , et le dernier en .
En 1997 est livré le premier SEM dit Standard 3 capable d'emporter une nacelle de désignation laser ATLIS. Il est suivi du Standard 4 qui concerne et leur permet d'effectuer des missions de reconnaissance (en remplacement des Étendard IVP réformés) avec la nacelle CRM 280 et améliore leur système d'autoprotection contre les missiles avec l'ajout de lance-leurres Alkan 5081 électromagnétiques et infrarouges en gondole extérieure au point 0 et le détecteur de menace Sherloc, et augmente les capacités offensives par l'emport de la nacelle de désignation laser Damoclès de Thales.
Le Standard 5, apparu en 2006, concernait (certains appareils venant au standard 5 à partir du standard 3). C'est la dernière version de l'avion, dont les derniers exemplaires ont volé au sein de l'aéronavale jusqu'en 2016. Cette dernière modernisation inclut des jumelles de vision nocturne, l'utilisation de la nacelle de désignation laser Damoclès en mode nocturne, l'installation d'un poste crypté Saturn Have Quick, une capacité de transmission de données par modem IDM, une planchette de navigation Fightacs, un transmetteur de flux Vidéo Rover, une radio VHF/FM pour la communication avec les troupes au sol, des pylônes bi-bombes, l'emport des bombes à guidage laser GBU-49 de et GBU-58 de .
Utilisateurs Marine nationale
vignette|Un Super-Étendard équipé de nacelles de roquettes Matra à bord du Foch durant la guerre du Liban en 1983. vignette|Deux Super-Étendard français ravitaillés en vol par un A-6 Intruder américain lors d'un exercice en 1996. vignette|Un Super-Étendard effectue un posé-décollé sur le . Les premières missions de guerre des Super-Étendard français furent conduites au-dessus du Liban dans le cadre de l'opération Olifant au début des années 1980. Ainsi, le ils attaquèrent avec succès des batteries d'artillerie de l'armée syrienne qui avaient tiré sur les positions du contingent français, tandis que le de la même année ils effectuèrent, lors de l'opération Brochet, un raid avec huit appareils contre un camp terroriste près de Baalbek en représailles à l'attentat du Drakkar à Beyrouth..
Les Super-Étendard modernisés (SEM) participèrent ultérieurement à des frappes aériennes lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine, du début 1993 et puis en 1994, 1995, 1996 sur les porte-avions Clemenceau et Foch, puis durant la guerre du Kosovo dans le cadre de l'opération Trident II à partir du , ils participent aux frappes de l'OTAN. Quatre cent quinze sorties de combat sont effectuées par les Super-Étendard pour 202 missions et 127 attaques, ainsi que deux-cent-soixante de ravitaillement en vol. 85 objectifs ont été visés au Kosovo et en Serbie. Avec 9 % des moyens français engagés, la flottille 11F effectue 33 % des sorties, délivre 39 % des munitions guidées, détruit 45 % des objectifs assignés à la France, avec un pourcentage de coup au but de 73 %, soit le meilleur de l'alliance. La flottille 11F des Super-Étendard se verra décerner la croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures.
Le , la flottille reçoit les premiers Super-Étendard modernisés (SEM) Standard 4 et assure une mission supplémentaire : la reconnaissance tactique moyenne et basse altitude.
À partir de 2001, les Super-Étendard opèrent à partir du porte-avions Charles-de-Gaulle, admis au service actif le de cette même année. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 et du déclenchement de l'intervention armée en Afghanistan, les Étendard de la marine nationale sont engagés dans le cadre du dispositif français (opération Héraclès lancée le ). À ce titre, ils effectuèrent de nombreuses missions au-dessus de l'Afghanistan, tant de reconnaissance que d'appui-feu (opérant dans ce cas en binôme, un premier appareil désignant la cible au laser, un second larguant une bombe guidée laser de ), en particulier lors de l'opération Anaconda engagée par les Américains le dans l'est du pays. La distance parcourue lors de ces missions est de l'ordre de , nécessitant trois ou quatre ravitaillements en vol. Les SEM de la flottille 17F seront de nouveau déployés au-dessus du théâtre afghan en .
En 2006, la flottille 11F reçoit les premiers SEM Standard 5 et à partir de participe à l'opération Héraclès AIR INDIEN au-dessus de l'Afghanistan et réalise pendant plus d'un mois des missions d'appui et de reconnaissance au profit des forces de l'ISAF. En Les Super-Étendards de la Marine sont en Afghanistan au , totalisant à cette occasion de vol (, dont , tirant notamment les nouvelles bombes guidées laser+GPS GBU-49).
Du au , les Super-Étendard du porte-avions Charles-de-Gaulle sont engagés en Libye., dans le cadre de l'application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies (opération Harmattan).
Le porte-avions Charles-de-Gaulle et les neuf Super-Étendard de la 17F sont à nouveau engagés à partir du dans les opérations contre l'organisation terroriste État islamique dans le cadre de la mission Arromanches qui se déroule de au . La première frappe d'un SEM est effectuée par le qui bombarde le avec une GBU-49. Les durées de mission sont limitées à (par l'huile moteur) avec l'emport d'une seule GBU-49 ou de deux GBU-58, le canon de calibre étant systématiquement approvisionné en obus. Les patrouilles types sont constituées de deux SEM, le chef de patrouille avec deux GBU-58, un nacelle Damoclès ou Atlis II et l'ailier avec une bombe GBU-49, les deux appareils emportent chacun un réservoir central additionnel de .
Leur retrait du service a été annoncé en , pour effet à l'été 2016. Le dernier catapultage d'un Super-Étendard de la 17F, piloté par son commandant de flottille, a eu lieu le . L'avion n'est plus embarqué sur le Charles de Gaulle depuis cette date. Après la participation à un ultime meeting aérien à Biscarosse le , ils sont officiellement retirés du service à l'issue d'une cérémonie qui s'est déroulée le à la base d'aéronautique navale de Landivisiau.
Marine de la République argentine
vignette|gauche|Posé-décollé d'un appareil argentin le sur l'. En , l'Argentine commanda quatorze Super-Étendard pour son aviation navale. Cinq appareils avec cinq missiles Exocet, avaient été livrés lorsqu'éclata la guerre des Malouines en 1982. Les neuf autres, ainsi que leurs neuf missiles, furent bloqués par l'embargo et livrés seulement une fois le conflit achevé. Le Super-Étendard a été choisi par la marine argentine en raison de sa capacité à être mis en œuvre depuis son porte-avions . En raison des longues indisponibilités puis du retrait du service de celui-ci en 1999, les Super-Étendard argentins ne sont plus embarqués sur porte-avions qu'à l'occasion d'exercices réalisés avec la marine brésilienne grâce au Nae Minas Gerais puis au Nae Sao Paulo.
L'Argentine a utilisé ses Super-Étendard pendant la guerre des Malouines. Faisant usage de missiles AM39 Exocet, ils coulèrent deux navires de la flotte britannique : le destroyer (le ) et le bâtiment logistique Atlantic Conveyor (le ).
vignette|Un Super-Étendard de la Marine argentine. L'attaque du se déroula le de la façon suivante : thumb|Deux Etendard argentins en 1982, le 3-A-202 participa à l'attaque du "Sheffield". Le 3-A-204 participa à l'attaque de l'"Atlantic Conveyor".