L'Économie de l'Égypte est en 2024 la 2e puissance économique du continent africain en matière de PIB PPA et la si l'on prend le PIB nominal, juste derrière l'Afrique du Sud et le Nigeria. Étant donné le climat désertique du pays, la plupart de l'activité humaine et économique se retrouve concentrée le long du Nil. L'Égypte dispose d'une économie diversifiée, à la différence de nombreux pays africains. Ainsi, en 2015, 16 % du PIB était dû aux secteurs manufacturiers, 12 % aux secteurs extractifs (à comprendre l'exploitation de ressources naturelles comme le pétrole), 13 % au commerce de gros et de détail, etc. Le gouvernement a entrepris depuis des réformes afin de réduire la forte centralisation héritée du président Gamal Abdel Nasser.
La politique de réformes et d’ouverture économique entreprise par l’Égypte entre 2006 et 2008 a permis des taux records de croissance élevés à 7 % l'an, et cela aurait probablement pu continuer sur une plus longue période s'il n'y avait pas eu la crise des subprimes. Malgré tout, une grande partie de la population (40%) est restée sous le seuil de pauvreté, ce qui a entraîné une situation politique et civile instable et une révolution.
Histoire
Période Nasser Le gouvernement de Gamal Abdel Nasser entreprend de moderniser les infrastructures et de doter l’Égypte d'une industrie. Des nationalisations sont effectuées et le secteur public devient prépondérant. De nombreuses politiques sociales sont impulsées (réforme agraire, gratuité de l'enseignement, salaire minimum, réduction du temps de travail des ouvriers, etc).
Période Sadate Dans les années 1970, Anouar el-Sadate lance la politique de l'Infitah (ouverture) qui vise, en réduisant le rôle de l’État, à attirer les investissements étrangers. Une classe de nouveaux riches se développe rapidement. En 1975, on compte plus de 500 millionnaires en Égypte mais plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et des bidonvilles se développent autour de la capitale.
Par ailleurs, le pays accumule une dette monumentale durant les années de l'Infitah. Pour la restructurer, le FMI demande la suppression de toutes les subventions aux produits de base ce qui provoque des émeutes en . Le gouvernement fait intervenir l'armée, provoquant un nombre de victimes inconnu. Dans les campagnes, Sadate cherche à obtenir le soutien des élites rurales traditionnelles, dont l'influence avait décliné sous le nassérisme. Des paysans sont expulsés des terres contestées.
Période Moubarak Hosni Moubarak poursuit la politique de libéralisation de l’économie, notamment par la réduction des subventions à l'agriculture et à la consommation, et par la libéralisation des prix. En 1992, il fait annuler les dispositions régissant la location des terres. Généralement appelée « loi pour chasser les paysans de leurs terres », cette loi, combinée aux autres mesures de désengagement de l’État dans l’économie, accroît le mécontentement des populations rurales pauvres en particulier en Haute-Égypte. Le fait que les conditions de vie du peuple ne se soient pas améliorés mènent finalement à des manifestations de grande ampleur puis à une révolution qui voit le renversement d'Hosni Moubarak et l'élection du président de façon démocratique pour la première fois dans toute l'histoire du pays.
Période al-Sissi Le régime du maréchal Abdel Fattah al-Sissi s'oriente vers une politique d’austérité consistant notamment à réduire les subventions à l’énergie et à l’électricité, à imposer une TVA et à augmenter le prix des billets du métro du Caire. Cette forme d’imposition régressive fait peser une charge plus lourde sur les classes populaires et moyennes qu'auparavant ; au contraire, l’impôt sur le revenu des sociétés a diminué. Un nouveau plan d'austérité est adopté en et se traduit en particulier par le gel des salaires des fonctionnaires. Le nombre de bénéficiaires des subventions pour l'alimentation a reculé de à la suite de ces réformes..
La dette atteint un niveau record en ( de dollars), ce qui représente une augmentation de 17 % en une seule année. La dette est en particulier la conséquence du poids du budget militaire (les importations d’armes ont augmenté de 215 % en 2013-2017 par rapport à 2008-2012) et du paiement des intérêts, qui ont atteint 31 % du budget annuel pour l’exercice 2016-2017, et 38 % en 2018. En revanche, les investissements en matières d'éducation, de santé et d'infrastructure sont insuffisants. Environ 60 % de la population égyptienne vit dans la pauvreté ou la précarité selon un rapport publié par la Banque mondiale en . Les conditions de vie générales tendent à se détériorer. La pauvreté a progressé de plus de 11 % dans les plus grandes villes du pays (Le Caire, Alexandrie, Port-Saïd, Suez). La moitié la plus pauvre de la population ne bénéficie que de 17 à 18 % du PIB.
Secteurs économiques Agriculture vignette|Récolte de canne à sucre. vignette|Grains cultivés en Égypte : de haut en bas, lentilles, haricots, lentilles (autre variété), maïs et blé. Depuis toujours, et jusqu'à la construction du barrage d'Assouan, sa crue du Nil assurait la fertilisation des terres. Encore actuellement, il permet l'irrigation de sa vallée et assure de bonnes récoltes au milieu du désert. Sa vallée est une oasis linéaire. Le barrage d'Assouan procure une réserve de pêche, et retenant plusieurs années de crue, permet d'irriguer des espaces supplémentaires. Le tiers de la population travaille dans le secteur agricole. vignette|Usine de ferro-alliages de la Egyptian Ferro Alloys Company (EFACO) près de la ville d'Edfu
Hydrocarbures
Les hydrocarbures représentent plus de 9 % du PIB, et 40 % des exportations (en 2008). Les réserves en pétrole placent l'Égypte au en Afrique ( de barils) et au pour le gaz naturel ( de m avec de m de réserves probables).
Ces secteurs sont administrés par des monopoles d’État : l’Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) pour le secteur pétrolier et l’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS) pour le secteur gazier. Les subventions dans le secteur de la commercialisation représentent en 2012 10 % du PIB. Un plan de diminution des subventions est en place depuis 2008 mais a été ralenti par la crise économique mondiale de 2010. En , une réforme progressive des subventions à l’énergie a été annoncé par le Premier ministre.
Une forte hausse de la demande intérieure en pétrole a provoqué une chute des exportations.. Toutefois, plusieurs gisements pétroliers importants ont été découverts depuis 2008 dans le désert occidental par l’American Apache Corporation. (la production nette d'Apache en Égypte représentait en 2012 un volume quotidien moyen de de pétrole brut et de m de gaz. Sinopec, groupe pétrolier chinois, a pour projet de racheter 33 % des actifs de Apache en Égypte durant l'année 2013).
Depuis 2011, l'Égypte consomme plus de pétrole qu'elle n'en produit..
L'Égypte possède Environmental and Social Assessments, ce qui est insuffisant pour le marché intérieur. Elle est donc obligée d'importer des carburants. De nouvelles constructions sont envisagées avec des investisseurs saoudiens, koweïtiens et la Libye.
Plus de de tonnes d'engrais (essentiellement phosphates et engrais à base de nitrate) sont produits dans permettant une faible exportation vers des marchés de petite taille..
La production, la commercialisation et l'exportation du gaz naturel sont en forte augmentation. grâce à d'importantes découvertes récentes au large du Delta du Nil en mer Méditerranée (Port Faud, Temsah du Sud et Wakah) et dans le désert occidental. Le gazoduc arabe transporte le gaz naturel vers le Moyen-Orient (et à terme vers l'Europe - projet Nabucco) : Jordanie, Syrie, Turquie, Israël. Ce pays devrait devenir le premier exportateur de gaz naturel liquéfié devant l'Algérie (la recette des exportations de gaz est passée de USD en 2005 à USD en 2008).
Des trains de liquéfaction DNL (ensemble des unités d’une usine ou d’une installation mobile assurant le traitement et la liquéfaction du gaz naturel) sont en fonctionnement depuis 2005 dans des partenariats avec Petronas (Malaisie), GDF Suez (France). et Union Fenosa (Espagne)http://www.otfinance.com/references.htm.
En 2012, l’Égypte s'est engagée sur la voie de la fracturation hydraulique, dans le désert occidental. Les réserves seraient de de m de gaz..
En 2015, le groupe italien ENI annonce la découverte du « plus grand gisement offshore de gaz naturel dans les eaux territoriales de l'Égypte, une découverte qui aura des répercussions sur la stabilité énergétique de la Méditerranée. », ce gisement sera nommé Zohr. Et, en 2018, la même compagnie annonce une découverte de gaz dans la zone de prospection et d'exploration Faramid South qui se situe à au nord-ouest de la concession Melehia dans le désert égyptien occidental..
Construction En Égypte, les grandes entreprises de construction utilisent des sous-traitants et les recruteurs de main-d'œuvre pour avoir accès à une main-d'œuvre flexible, plutôt que d'embaucher des travailleurs directement par des contrats légaux. On estime que 90 pour 100 des travailleurs de la construction manuelle sont embauchés de façon occasionnelle en tant que travailleurs salariés ou sont des travailleurs autonomes. Les Coffeehouse des travailleurs de la construction sont les endroits où les sous-traitants et les artisans qui se rencontrent et se socialisent et où le recrutement s'effectue. Les artisans sont embauchés parmi des parents et des amis. Les liens solides entre les employeurs et les travailleurs (patrons et clients) et la cohésion entre les membres du même groupe restreignent l'accès aux emplois par des « étrangers ». Mais le marché pour les travailleurs (qui attendent en dehors des cafés) est plus ouvertAssaad, Ragui. 1993. “Formal and informal institutions in the labor market, with applications to the construction sector in Egypt”, in World Development (Oxford, Pergamon Press), Vol. 21, No. 6, ., cité dans The construction industry in the twenty-first century: Its image, employment prospects and skill requirements. Sur le site de l'Organisation internationale du travail, ilo.org.
Tourisme
Le tourisme est l'une des premières ressources en devises de l'Égypte et l'un de ses principaux secteurs d'activités avec des recettes de de dollars en 2025https://english.ahram.org.eg/UI/Front/Inner.aspx?NewsContentID=567773. Cependant les revenus touristiques ont été fragilisés à plusieurs reprises, notamment par les attentats qui ont visé des sites touristiques en 1997 et 2004. Dans les années 2010, le tourisme a diminué de 11 % à cause de l'instabilité politique du pays. Fin 2012 avait aussi été marqué par la demande des salafistes faite auprès du gouvernement égyptien pour détruire les pyramides de Gizeh qu'ils jugent comme des monuments païens..
L'Egypte vise 30 millions de touristes par an d'ici 2030.
Télécommunication En 2025, 81,9% de la population utilise internet., alors que ce taux n'était que de 20% en 2009https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/IT.NET.USER.ZS?locations=EG.
Canal de Suez En 2022, le Canal de Suez a rapporté 7,5 milliards d'euros à l'Etat égyptien, essentiellement grâce aux taxes et frais de passage imposés aux navireshttps://www.bilan.ch/story/les-revenus-generes-par-le-canal-de-suez-battent-des-records-749504340285.
Toutefois, le canal est très dépendant de la situation géopolitique de la région. Les grands armateurs internationaux peuvent choisir (comme certains l'ont fait en 2024) d'emprunter des itinéraires plus longs pour éviter les zones à risque de la mer rougehttps://www.agenceecofin.com/actualites/2712-124597-chute-des-revenus-du-canal-de-suez-l-egypte-perd-7-milliards-en-2024.
Aides internationales